samedi 10 janvier 2009




(Moi je dis qu'il y a une arnaque quelque part)



Au moment de l'inscription dans les TD d'anglais du deuxième semestre, je devais choisir un groupe pour la littérature britannique.


Le premier groupe c'était "La poésie lyrique en Angleterre du Moyen Age à la mi-Renaissance ; forme et aspects de la rime trochaïque". Donc j'ai dit nan moyen.


Le deuxième groupe c'était : "Herman Melville, génie incompris sauf par nous les profs de littérature", puisque tout les gens normaux qui ont essayé de lire Moby Dick jusqu'à la fin se sont tous pendus avec leur ceinture, leurs lacets, le fil de leur souris, leur câble Vialis, y'en avait même un qui avait la wi-fi eh ben il a essayé quand même.


Et là je me suis souvenue de mon expérience traumatisante avec Moby Dick, un an et demi pour le finir (à cette époque-là j'abandonnais jamais, jamais un bouquin quand je l'avais commencé, et même aujourd'hui ça m'arrive qu'avec du Marc Levy) et je me suis dit que jamais au monde je ne me soumettrai à la torture de relire le chapitre de trente-deux pages intitulé "La tête de la vraie-baleine, vue contrastée". Et les schémas, oh, Hitchcock tout-puissant, les schémas. J'en ai les yeux qui saignent rien que d'y repenser.


Après les gens ils s'étonnent quand je leur dit que j'ai lu le Seigneur des Anneaux trois fois en français et deux fois et demi en anglais (je suis à la moitié là) en comptant la préface, les cent premières pages sur la culture de l'herbe à pipe dans le quartier Sud de la Comté, les annales de tous les rois du Gondor, les règles de grammaire elfique, l'étude des noms propres chez les orques, tout.

Les gens ils me regardent comme si je venais de leur avouer que mon hobby préféré c'était de balancer des sacs remplis de chatons contre des murs, et ils disent :


- Ah ouais, t'es une vraie fan, hein.


Mais en fait non (enfin si, mais juste un peu). C'est simplement que Herman Melville a redessiné toute ma géographie personnelle de la chiantise. Moby Dick, c'est l'ultimatum, c'est le boss de fin de niveau, c'est le mètre-étalon de tous les La Bruyère, Flaubert, Balzac et autres Yves Bonnefoy.


Donc j'ai pris le troisème groupe : "Richard II, la tragédie historique chez Shakespeare". Shakespeare, alias le mec absolument génial et sur-kiffant, que j'ai lu Roméo et Juliette cinquante fois en pleurant, que j'ai lu Hamlet et ensuite je détestais toute l'humanité pendant trois mois, que j'ai lu Macbeth et c'est là que j'ai réalisé que Tolkien lui avait tout piqué (Eh dis-moi John Ronald Reuel, le coup du "aucun homme ne peut me tuer" c'était un peu gros quand même)


Donc j'étais contente.


J'achète mon petit livre, et le mec me dit qu'il reste qu'une édition bilingue. Là je me dis "Haha naïf enfant, comme si j'avais besoin d'une édition bilingue, c'est pas comme si je partais en Angleterre l'an prochain".
Et puis j'ouvre le livre, et je vois ça :

Old John of Gaunt, time-honoured Lancaster,
Hast thou, according to thy oath and band,
Brought hither Henry Hereford thy bold son,
Here to make good the boisterous late appeal,
Which then our leisure would not let us hear,
Against the Duke of Norfolk, Thomas Mowbray?

Et maintenant, juste maintenant, je me souviens que Shakespeare a vécu au seizième siècle.

Peut-être qu'ils m'autoriseront à rejoindre le groupe 2 à la rentrée.

dimanche 4 janvier 2009

la perle du mois!


Les dernières perles de 2008 !

Certaines sont un peu alcoolisées, mais dans l'ensemble, ça reste compréhensible.

EDIT : Ouh, égalité ! On a donc en vainqueurs, Flavien et .... Flavien. Vous me désespérez.

- Aujourd'hui y'a un oiseau qui s'est écrasé sur les vitres du magasin, et tout le monde regardait.
- C'est à ça qu'on voit que la crise est pas si grave : si les gens avaient vraiment eu faim, ils l'auraient bouffé.

- Fla quand il s'ennuie il fait que des conneries.
- La dernière fois que je me suis ennuyé, je suis sorti avec toi.



1) "Je me suis sentie mal tellement ça puait la forêt et...les arbres" Coralie, homme des bois

2) "Vous êtes nulles et je vais...je vais attacher mon sac !" Moi

3) "J'hésite entre le poulet et le boeuf...je vais prendre du porc" Moi

4) "Non mais moi je m'émerveille pour un rien. Rappelle-toi du jour où j'ai réalisé que l'inventeur des escaliers, il aurait juste pu faire une pente" Moi

5) "Ce serait génial comme vie : manger des insectes" Sarah

6) "T'as déjà vu des raisins faire du patin à glace ?" Cyril, salade de fruits façon Candeloro

7) "Faudrait que t'aies des chaussures couleur parquet" Cyril

8) "Marianne James, on dirait qu'elle a mangé tous ceux qui se sont fait recaler à la Nouvelle Star" Cyril

9) "Moi je veux de la salade de fruits de Dieu" Flavien

10) "J'vais crever avant de mourir" Flavien

11) "N'importe quoi ! Il est pas mort Jacques Brel !!" Flavien, ou le paradoxe Bob Dylan

12) "Ouh ! J'ai envie de copuler avec le sapin !" Flavien

13) "On tire sur mon cravate : on m'embrasse !" Flavien

14) "Je trouve quand même que le supermarché, il se fait arnaquer : moi je leur donne des sous, mais en échange, j'ai à manger !!" Moi, ou l'optimisme du trader en période de krach boursier


La bande en action :

15) - Ne l'enferme pas sur le balcon !
- Mais si, c'est mon nouveau concept : le premier zoo urbain.


16) - Un poisson rouge c'est nul, tu peux pas le caresser.

- Adopte un poisson rouge portugais.


17) - Je suis un aimant à boulets.

- Regarde Chacho.


18) - Moins les filles sont jolies, mieux ça vaut.

- Boh, je suis pas difficile.

- Regarde Chacho.


19) - Cyril t'as fait une bite dans le dos ?!

- Sois heureux qu'il me l'ait mise que dans le dos.

21) - C'est le héros du Roi Lion.

- PUMBAA !
(Flo, frère de Flavien)

22) - J'adore la musique de Louis Armstrong

- Il était pas cosmonaute ?

- Non, ça c'est Neil Armstrong.

- Il faisait pas du vélo ?


jeudi 1 janvier 2009


(Bonjour, je m'appelle Charlotte, mon passe-temps c'est de mettre ma tête dans des bols à motifs chinois. Toi aussi, passe à Incroyable Talent)



En 2008, j'ai rencontré des gens chelou, j'ai fait des trucs chelou, j'ai rempli des carnets à conneries.


Je suis retournée en Russie et c'était génial, je suis allée en Pologne et c'était presque encore mieux.
J'ai retrouvé ma bibliothèque d'été, et j'ai passé un mois à dire "Kein Blitz und bitte die Bilder nicht touchen" dans un musée froid.


Je me suis rapproprié ma chambre de Colmar et ma ville de Strasbourg, je suis devenue fainéante tellement j'ai aucune distance à parcourir sur mon fidèle El Mocho.

J'ai presque tacitement emménagé avec Professeur Flaxou même s'il n'est pas encore chez moi tous les jours (mais attendez le semestre prochain, je lui ai offert une console à mettre chez moi pour qu'il s'ennuie moins).


J'ai dit au revoir à deux amies, pour des raisons d'éloignement (géographique ou psychologique) et j'attends avec impatience le retour d'une québécoise/alsacienne/bas-alpine au bercail strasbourgeois.

J'ai presque passé mes partiels, et j'ai signé pour passer un an au fin fond de l'Écosse, à donner des cours de français à des mômes sous la pluie, dans un château hanté (y'a pas d'écoles en Écosse, c'est que des châteaux hantés partout).


Je suis allée en boîte et j'ai dansé jusqu'à quatre heures du matin
, que se passe-t-il Michel Drucker ? C'est le dieu du Red Bull qui avait dû envahir mon corps parce que d'habitude, à vingt-deux heures, c'est rideau et bonne nuit mamie zombie. Comme quoi ça peut servir de boire un truc qui ait un goût aussi profondément dégueulasse. (entre les gens qui aiment le Red Bull et moi, c'est plus un mur, c'est un fossé, c'est une faille tectonique d'incompréhension)


J'ai survécu à une gastro qui s'est déclarée le 29 décembre, les boules. J'ai passé tout mon deux-jours-avant-nouvel-an à vomir dans les toilettes, le lavabo, un seau, mon verre d'eau, un peu tout ce qui passait pas loin aussi. C'était deux jours de chiotte (au sens propre AHAHA) mais le timing était on ne peut mieux choisi.


Toi aussi, après les fêtes, perds trois kilos en deux jours !
Le vrai régime des stars enfin divulgué au grand public ! (garanti presque sans aucune douleur, à part quand tu te mets à vomir du sang, à ce moment-là ce serait bien d'arrêter même si tu ne rentres toujours pas dans ta robe de Nouvel An, jeune grosse)


J'ai fêté Nouvel An chez moi et j'en ai même pas profité pour boire tellement j'avais peur que des gens se mettent à vomir sur le tapis, merci l'endoctinement Mamantesque :


- Bon, je te laisse la maison, mais ce sera exactement les mêmes règles que quand ta soeur a fêté Nouvel An 2000 ici avec ses copains.
- Euh, mais elle avait 16 ans, et tous ses potes en avaient 15.
- Oui ben tes amis c'est pareil, fais pas ta grande.

Je fais pas ma grande, c'est juste qu'on avait 23 ans de moyenne d'âge et que personne n'a vomi, arraché un bout de barrière, ou jeté des mégots de joints sur la pelouse de notre mètre carré de jardin, comme au nouvel an 2000. Personne n'est allé en prison non plus, et ça c'est chouette.


Bon, y'a eu un petit incident im
pliquant des gens, des stylos Bic et le tout nouveau canapé, mais K2R est notre ami, et donc il ne s'est rien passé (geste de Jedi).

Y'a aussi eu le gros con de l'entreprise d'en face qui est venu nous surveiller quand on pétait des pétards (achetés en France cette fois-ci) sur son parking et qui a tourné comme un chacal autour de nous d'un air ouais ouais che fous ai à l'oeil. Il avait peur de quoi, qu'on foute le feu à son entrepôt en béton avec nos claque-doigts ? Gros con. Peut-être qu'il avait peur qu'on brûle son Hummer de huit mètres de haut qu'il gare sur trois places de parking et qu'il laisse tourner pendant des heures on sait pas trop pourquoi, peut-être il a juste envie de dire aux passants eh regardez je crame de l'essence alors que c'est trop cher, la classe. Gros con.


Mais c'était un chouette Nouvel An.


Et c'était une chouette année.


J'ai hâte de voir ce que celle-ci me réserve. Avec plus d'épreuves à affronter, loin de ma famille, de mes amis, et loin de ma maison.

Mais toujours avec vous.


Bonne année 2009 à tous.

dimanche 28 décembre 2008







J'avais commencé à écrire un article joyeux.


Un de plus parmi les dizaines de brouillons qui s'entassent et que je supprime petit à petit, un de plus parmi les articles médiocres que je relis et qui ne me font pas rire (oui, parce que je suis pas très exigeante comme fille, ça m'arrive souvent de me faire rire toute seule)


Mais je n'ai pas le cœur à rire, ni à faire rire, en ce moment, et je pense que ça se voit.


Depuis que je suis assez grande pour m'en souvenir, j'ai toujours adoré Noël, et maintenant, tout ça a changé. C'est difficile de se dire que cette fête n'en sera jamais plus vraiment une.


Avant, c'était les cadeaux bien sûr, mais aussi le sapin de Noël illuminé, les odeurs qui s'échappaient de la cuisine, le foie gras que je mangeais jamais et les escargots dégueu, le Champomy pour faire comme les grands.

Avant, on fêtait là-bas, dans l'appartement au deuxième étage, et il faisait toujours tellement froid parce qu'il y avait pas de double vitrage. Il y avait les chocolats accrochés au sapin en décoration, un sur deux au kirsch, c'était pas évident de tomber sur les bons du premier coup.


Il y avait les cousines, Juju toujours laissée un peu derrière parce que c'était la petite. On jouait à action ou vérité, et en action, il fallait toujours aller dire à mamama qu'on avait encore faim, parce qu'à chaque fois elle tombait dans le panneau, alors qu'on avait déjà englouti des kilos de pflöta chacune.


Le grenier glacial, Mélanie qui nous faisait répéter pour des pièces de théâtre qu'on devrait jouer devant les adultes, et Marie et moi grelottantes en train de la supplier, Mélanie on a froid laisse-nous descendre, et elle nous disait d'une voix d'airain :


- Oui eh ben vous pourrez descendre quand vous jouerez mieux que ça.


On jouait avec les petites voitures, on disait qu'on serait des espionnes et on espionnait les parties de belote des grands (en plus tout le monde parlait alsacien alors pour comprendre c'était Tchernobyl), on construisait des tours de Lego pour les démolir ensuite, on lisait pour la quarantième fois l'album de Gaston Lagaffe, le tout vieux, celui où il fume tout le temps.
Le meilleur jeu, c'était après le repas, quand tout le monde agonisait à moitié, plein de coq au vin et de crémant.

On allait voir papapa, et il fallait taper sur son ventre le plus fot possible. On y allait à coup de coude, de tête, avec toute notre force de mouche, et ça rebondissait, et lui il rigolait. Ensuite, on lui demandait de monter les jouets des Kinder Surprise, et là, il rigolait moins.

Et puis à la fin de la soirée, mamama sortait sa boîte de boutons et on avait toutes le droit de faire un collier et de le garder.


C'était les meilleurs moments de ma vie d'enfant.


Et maintenant, Noël, ça restera le jour où mamama est morte.


Ça restera le jour des regards gênés et des sourires toujours un peu forcés, ça restera mes larmes silencieuses dans le T-Shirt de Flavien, le soir.

Ça restera le jour où je réalise qu'ils sont partis pour toujours, et que je ne verrai plus jamais un Noël sans les imaginer assis à leurs places, sans penser à l'appartement vendu dans lequel on ne retournera jamais.


Il y a tellement de choses que j'aurais aimé leur dire, mais tout est allé tellement vite que même maintenant j'arrive à peine à m'en rendre compte.

J'aurais aimé leur parler de mes études et de mes projets, et les entendre m'encourager.

J'aurais aimé leur présenter Flavien, pour qu'ils sachent qu'il n'y avait pas à s'en faire pour moi, parce que je pourrai toujours compter sur lui pour me protéger, m'aimer, me consoler.


J'aurais aimé leur dire qu'un jour j'arrêterai de pleurer en pensant à eux, même si c'est un mensonge.

Je sais maintenant que chaque Noël se finira avec une larme, et que la seule raison qui fait qu'ils ne me manquent pas constamment, c'est parce que je me force à penser à autre chose. Je sais qu'à chaque Noël sans eux, ce sera un petit bout de mon cœur qui se tordra en moi en réalisant à quel point ils me manquent.


Je déteste les cimetières. Je n'ai pas besoin de me rendre sur leurs tombes pour les pleurer. Tous mes souvenirs d'eux, maintenant, ils tiennent dans un tiroir : des vieilles photos, une carte d'identité, un vieux permis de conduire, des cartes d'anniversaire "Joyeux anniversaire pour tes cinq ans, quelle grande fille tu es".


La montre de papapa à mon poignet
, elle est trop grande pour moi, mais je la porterai jusqu'à ma mort, ou jusqu'à ce que j'aie un enfant à qui la donner.


Et un collier de boutons.

mercredi 24 décembre 2008

On pense à tout le monde chez Tindomerel






JOYEUX NOEL
, plein de cadeaux !

JOYEUX HANNOUKA, plein de cadeaux !

JOYEUX JE-SAIS-PLUS-LE-NOM-DE-LA-FETE-MUSULMANE-QUI-EST-AUX-ALENTOURS-DE-NOEL (c'est l'Aïd, ou bien c'est déjà passé, ou bien je me goure complètement de fête ?), plein de cadeaux !

JOYEUSE SAINT MARX (les cocos), plein de cadeaux !

JOYEUSE MINI-BUCHE (les gens qui fêtent tout seuls), plein de cadeaux !

JOYEUX COUNTER STRIKE (les no-life), plein de cadeaux virtuels !

JOYEUSE BRANCHE DE CELERI (les végétariens), plein de cadeaux aussi !

JOYEUX BOL DE NOUILLES (les gens qu'aiment pas Noël), plein de cadeaux quand même !


JOYEUX RIEN ! (les gens qu'ont pas de sapin)