vendredi 13 mai 2011

Essential What The Fuck



Pendant les exams j'avais besoin de détente, alors un soir, j'ai dit à Professeur Flaxou (qui s'apprêtait à passer le week-end sur Starcraft pendant que je révisais) : tiens, si on allait au cinéma. Comme il fait tout ce que je lui demande, il a dit oui, alors on a regardé ce qui passait dans le ciné à côté de chez moi.

On voulait voir "Source Code" (Flaxou parce qu'il aime bien la science-fiction, moi parce que j'aime surtout les yeux de Jake Gyllenhaal) mais ça passait que dans le ciné de perpète-les-oies. (Et en VF en plus! Abomination! Sacrilège! Autres adjectifs excessifs!)

Du coup, j'ai regardé quel film avait le plus de bonnes critiques, et je suis tombée sur "Essential Killing". Alors, au début, je me suis un peu méfiée, parce que le réalisateur c'était Jerzy Skolimowski, qui avait un article de cinq pages dans le dernier Télérama. Oulah! ça sent l'art et l'essai, et ça peut me valoir une malédiction éternelle de la part de Professeur Flaxou, qui n'accroche aux films d'art et d'essai que s'il y a de la science-fiction dedans (ça limite un peu la chose).

Mais ensuite, j'ai vu le résumé :

"Capturé par les forces américaines en Afghanistan, Mohammed est envoyé dans un centre de détention tenu secret. Lors d’un transfert, il réchappe d’un accident et se retrouve en fuite dans une forêt inconnue. Traqué sans relâche par une armée sans existence officielle, Mohammed fera tout pour assurer sa survie."

Bon, ça fait pas intello du tout, ça fait même plutôt film de mec à la testostérone. 

Mais bon, j'ai flairé le piège quand même (après tout, c'est un réalisateur polonais) et je me suis dit : attention, on va peut-être avoir des plans interminables sur le mec qui survit dans la forêt inconnue, et des interrogations existentielles jusqu'à plus soif, façon Gus Van Sant. ("Last Days" m'a donné envie de faire un trou dans ma télé: mais je m'en fous que ce soit Kurt Cobain ou n'importe quel pékin, fais-le faire autre chose que d'errer dans la forêt! Fais-le prendre une douche, déjà, hein.)

Mais ensuite, j'ai lu les critiques, et j'ai vu :

"la dynamique haletante d'une chasse à l'homme digne des meilleurs films d'action hollywoodiens", "une chasse à l'homme époustouflante", " filante comme l'éclair", "mise en scène aiguisée", "un film à la tension constante", "impressionnante expérience sensorielle", et pléthore de critiques sur l'acteur principal absolument fantastique.

Soit, ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille que les Cahiers du Cinéma aient mis CINQ étoiles (les mecs qui mettent trois étoiles et demi à Tarantino, "pour l'effort"). Et j'ai un peu tiqué quand Charlie Hebdo a dit que ça rappelait un peu "Gerry" de Gus Van Sant. (Alors pour les gens qui ont pas vu, je te résume "Gerry" : c'est deux mecs qui marchent dans le désert pendant deux heures, et à un moment donné du film ils parlent, et on s'aperçoit qu'ils s'appellent tous les deux Gerry. Générique.)

Mais attends, on a lu les mêmes critiques, ils sont tous d'accord pour dire que c'est haletant de suspense, quand même. Après si ça se trouve c'est le journaliste de Charlie qui a voulu se la péter, genre je fais des références de ouf. (Ça arrive plus souvent qu'on le croit. Surtout chez "le Monde". Hier ils ont fait une analyse sociologique de "B.A.T - Bon à tirer" des frères Farrelly. Ça va très loin.)

Et donc, j'ai fait taire mes doutes éventuels, et on est allés voir "Essential killing".

EH BEN PUTAIN QU'EST-CE QU'ON S'EST FAIT CHIER !

Je commence à penser que les critiques étaient tous sous l'effet d'un hallucinogène quand ils ont vu ce film. Genre on leur a mis un ecstasy dans leur verre de champagne, et après ils étaient tellement speed qu'ils ont cru que le film était haletant. Parce que je l'ai cherché, moi, l'haletant. De toutes mes forces. Avec tout mon cœur. Mais j'ai rien trouvé.

Alors déjà, l'histoire, elle est exactement comme ce qu'ils disent dans le résumé. Mais quand je dis "exactement", c'est-à-dire que pendant tout le film, tu n'auras AUCUNE info supplémentaire.

Je t'explique le film. Le héros est dans un canyon, il tue des américains au lance-roquette (c'est même pas des soldats, donc on sait pas trop pourquoi il les tue, mais on peut penser que c'est parce qu'il est taliban et qu'il tue tout ce qui est américain, je sais pas). Ensuite il se fait choper, on le torture, on l'emmène avec d'autres prisonniers dans un avion (qui va où?), puis on les met dans des fourgons (qui vont où?), le fourgon a un accident, le héros s'évade en brisant ses chaînes (oui, parce que c'est bien connu, les menottes de l'armée, tu les fais sauter avec un trombone, les doigts dans le nez). Et là, il se met à courir dans la neige, dans une forêt immense, avec les militaires au cul. Et ensuite, pendant une heure, il mange des fourmis et des écorces, il boitille, et il marche.

Et le réalisateur le montre en train de faire absolument n'imp, et on comprend pas pourquoi. Genre à un moment, il passe 15 minutes à le filmer en train d'essayer de monter une pente, il arrête pas de tomber, et il recommence, tu te dis bon dieu mais qu'est-ce qu'il peut bien y avoir en haut de cette pente? Le mec est absolument perdu dans la forêt, tu te dis que ça doit être quelque chose d'important, sinon il ferait demi-tour. Et là, plan suivant, il est dans un endroit complètement différent. Pourquoi il montait sa pente alors? Il est arrivé en haut ou il a fait demi-tour, finalement? On sait même pas!

Mais en fait, c'est pas le pire moment de n'imp du film. En fait, ce film, il aurait pas dû s'appeler "Essential killing", mais plutôt "Essential WTF?", parce que c'est vraiment ce qui vient à l'esprit quand tu le vois.

Parce qu'il y a des trucs vraiment à l'arrache. Genre le héros, il est sourd (parce que les américains ont fait exploser une bombe à côté de lui). Mais en fait, il est sourd qu'une fois sur deux. Par exemple, au début du film, il pique la voiture des américains, y'a de la musique à fond, et il l'entend pas. Par contre, le lendemain, il est dans sa forêt, et il est attiré dans une clairière par le bruit d'un camion. Hop, magie, il est plus sourd!

Et le meilleur moment, c'est quand même quand le héros va téter le nichon d'une femme enceinte parce qu'il a faim. Tu te dis, bon il a faim, ça se comprend. Mais  la meuf, elle a des commissions dans son sac! Juste à côté d'elle! (Enfin bon, après chacun fait ce qu'il veut, moi je suggère juste.)

Sinon y'a aussi le fait que l'armée américaine décide de transporter des talibans en avion et en fourgon, tu te dis, bon, peut-être qu'ils les amènent à Guantanamo. Ensuite ils sont dans la neige, bon, tu te dis, ils les ont peut-être amenés se faire juger aux Etats-Unis, bien que ça n'aie aucun sens. Mais non, en fait c'est encore mieux que ça! En fait ils l'amènent dans un pays qui a presque rien à voir du tout avec le conflit afghan! Ils l'amènent en Pologne! (Pour info, la Pologne est, certes, engagée dans le conflit afghan, mais au même titre que tous les autres pays de l'OTAN, donc il n'y a pas d'explication.)

Bref, le héros tue des gens pour pas se faire attraper (il aurait pu juste s'enfuir, mais il est taliban, il est plus à ça près), il trouve refuge chez une paysanne qui l'héberge et le soigne, on sait pas pourquoi (moi perso un mec couvert de sang et de neige se pointe chez moi, je m'enfuis en courant). La nana, pas du tout, les flics viennent sonner chez elle en disant "on cherche un mec super dangereux", elle dit non non il est pas chez moi, et ensuite elle l'aide. Sans rien demander. Ça pourrait être un violeur d'enfants, on s'en fout.

Ensuite la nana donne un cheval au héros, il part à cheval, il se met à cracher du sang plein le cheval, et puis tu vois le cheval tout seul qui broute de l'herbe, et c'est fini. Il est mort? Sûrement que oui. Bon.

A quoi il servait, en fait, ce film?

J'ai mieux compris l'histoire en lisant le résumé Allociné qu'en regardant les une heure quarante-cinq!  

Même - et ça c'est carrément génial - on trouve PLUS d'infos dans le résumé Allociné! Eh oui! Parce que toi, dans ton film, tu sais pas que le mec s'appelle Mohammed. C'est l'homme sans nom. Forcément, il lâche pas un mot du film entier. Peut-être parce que l'acteur est américain et pas du tout afghan, et que ça aurait un peu plombé sa crédibilité de l'entendre parler arabe avec l'accent new-yorkais, enfin c'est juste une idée (tu me diras, on aurait au moins rigolé un peu).

D'ailleurs, ce film, c'est un peu la fête du casting qui a rien à faire ici : le mec est en Pologne, il arrive dans une maison, et paf! Emmanuelle Seigner qui lui ouvre la porte! Donc là, moi je me dis : attends, Emmanuelle Seigner, si elle était polonaise, ça se saurait quand même. Ben non, elle parle pas un mot de polonais (à moins que Roman Polanski lui ait appris, mais elle aurait un accent quand même).

Donc, dans le film, elle fait quoi? Elle dit rien. Et pourquoi elle dit rien? Parce qu'elle est muette.

Alors là, ça sent quand même la grosse ficelle scénaristique, je suis désolée.

- Ecoute, pour le rôle de la paysanne, je veux absolument Emmanuelle Seigner.
- Mais elle parle pas polonais.
- C'est pas grave, on dirait qu'elle serait muette.
- Mais alors comment on fait passer la partie où elle lui parle?
- Ça on s'en fout, y'a pas besoin.

Oui, Jerzy, pour toi y'a pas besoin, tu le connais ton film, c'est toi qui l'a écrit. Mais pour nous autres, je t'assure, ça peut servir.

En plus, pour ce qu'elle sert, Emmanuelle Seigner, dans ce film. C'est sûr que c'est une bonne actrice, mais franchement, on la voit cinq minutes à tout casser, n'importe quelle actrice aurait fait l'affaire. Même une mauvaise actrice. Même Mathilde Seigner. (C'est dire.) (Y'a une répartition de talent un peu injuste, dans cette famille.)

Et puis c'est pas pour dire, mais Vincent Gallo, meilleur acteur du monde et tout le tralala : moi je veux bien, mais bon, c'est pas avec ce film qu'on peut tester sa palette de jeu, vu qu'il a que deux expressions : la souffrance, et la surprise. C'est vrai qu'il fait très bien la souffrance et la surprise. Mais comme il est filmé en gros plan pendant une heure trente, ça finit par lasser un peu.

Professeur Flaxou a également remarqué, avec son oeil de faucon, que notre héros se trimballe tout le long du film par -10 degrés dans une forêt, avec un bonnet sur la tête, qui est en fait une cagoule remontée, puisqu'on voit les trous des yeux sur le rebord du bonnet.

- Il est con, pourquoi il a pas déroulé la cagoule, il aurait eu moins froid!
- Il est afghan, il a sûrement jamais vu une cagoule de sa vie.
- Ouais enfin c'est pas trop dur de comprendre que t'as moins froid quand tu mets du tissu sur ton visage.
- D'accord. Ensuite, il aurait eu chaud. Mais du coup, il aurait pas eu l'Oscar.
- Tout s'explique!

Bref, au moins ça me fait des choses à raconter (j'aurais préféré qu'on me rembourse mes 4 euros, mais on peut pas tout avoir dans la vie). 

Si vous connaissez vous aussi un film complètement aberrant, envoyez vos suggestions dans les commentaires. 

jeudi 5 mai 2011

Everything about you is so easy to love




En fait, Professeur Flaxou commence à m'énerver. A cause de lui, j'arrive plus à m'intégrer socialement.

T'sais, quand tu parles avec des filles qui sont en couple, il y a toujours un moment dans la conversation où elles vont se plaindre de leur mec. C'est pas des trucs grave, c'est des petits trucs chiants, surtout. Et la dynamique du groupe, c'est : une fille se plaint, et ensuite les autres filles lui remontent le moral en disant "Ah mais ça c'est les mecs hein, bien tous les mêmes, t'inquiète j'ai le même à la maison hein, ils sont difficiles mais bon on les changera pas." Et ensuite, elles comparent quel copain pète le plus au lit, quel copain l'empêche le plus souvent de regarder "un dîner presque parfait" pour voir le foot, quel copain râle le plus quand elles parlent de fringues.

Donc moi, j'essaye de participer, normal.

Seulement j'ai rien à dire!

Professeur Flaxou déteste le foot. D'ailleurs il aime pas la télé non plus. Il pète souvent, c'est vrai (et pas genre des trucs d'être humain, plutôt genre du gaz moutarde - j'te jure, ça t'irrite les yeux) mais c'est jamais au lit (sinon je serais déjà morte asphyxiée). Et quand je parle de fringues, ou de Sarah, ou de mes cheveux, il râle pas - il arrête juste de m'écouter. (Moi je m'en fous, je veux juste qu'il fasse semblant de m'écouter, et il y arrive très bien.) Il joue beaucoup au PC, mais si je lui demande d'arrêter pour passer du temps avec moi, il le fait (même des fois il arrête spontanément alors qu'il jouait depuis seulement 6 ou 7 heures, si c'est pas l'amour fou ça). Et sinon, en règle générale, il fait tout ce que je lui dis.

Du coup j'essaye de dire des trucs un peu méchants quand même, pour m'intégrer, tu vois.

- Et là il me dit : "Ouais, ça fait trois ans que tu regardes "Top Chef", et tu fais quand même que de la merde à bouffer".
- Ah nan mais écoute, moi mon mec c'est ex-ac-te-ment pareil! La dernière fois, je lui demande si ma nouvelle robe ne me boudine pas trop, et il me dit "cherche pas, de toute façon, avec le poids que t'as pris, t'auras l'air grosse dans n'importe quoi".
- Ah nan mais Fla c'est pareil, il m'a trop énervé l'autre jour. Je lui dis "ouais Fla tu me fais un verre de sirop steuplaît", et je précise avec pas trop de sirop et beaucoup d'eau. Eh ben il a mis tout plein de sirop! Putain!

Après les filles elles me lancent des éclairs sinueux avec leurs yeux, mais j'essaye juste de faire comme vous!

- Il me coupe toujours dans mes activités, ça m'énerve. L'autre jour je voulais faire un cake à la banane, il débarque "Ah mais faut absolument que tu repasses ma chemise blanche, j'en ai besoin pour dans 5 minutes!" Il pouvait pas me le dire avant!
- Ah mais ça c'est typique, quoi. Ty-pique!
- Ah nan mais Fla c'est trop pareil! L'autre jour, je lisais mon bouquin tranquille, un passage super intéressant et tout, et là il arrive, il se plante devant moi, et il dit "t'es jolie quand tu lis", non mais j'te jure. 
- ....
- Et puis c'est pas la première fois hein! Nan, il faut qu'il me parle tout le temps quand je suis occupée! "Oh ma chérie, tu es si merveilleuse, t'es la femme de ma vie, je veux des enfants de toi, tu es magnifique". Non mais c'est bon, change de disque quoi, j'entends ça toute la journée! Si t'es en manque d'amour, achète-toi une peluche! 
- ...
- Hein? J'ai pas raison? Hein?

Après elles s'énervent, mais c'est quand même pas de ma faute si vos mecs ils puent!

(Quels genre de garçons ne disent pas tous les jours à leur copine qu'elle est formidable, belle et intelligente? C'est des goujats, voilà tout.)

Du coup je me fais engueuler parce qu'apparemment mon mec est trop bien pour que je me plaigne de lui. Bon, je veux bien arrêter de me plaindre. Mais en fait, quoi que je dise, tout le monde me déteste.

- Il m'a dit que le mariage, selon lui, c'était juste une dépense énorme d'argent pour une fête sans aucune signification.
- Ah, mais Fla disait exactement la même chose, il était complètement anti-mariage. Mais ensuite, il a réfléchi, il s'est dit que mon bonheur devait passer avant tout le reste, et le matin de Noël, il m'a fait une proposition surprise avec une bague en diamant.

Après les filles me jettent des cailloux, mais quoi, c'était pas une plainte cette fois-ci!

Donc voilà, je sais pas si c'est parce que je suis avec Professeur Flaxou depuis cinq ans que je ne vois plus à quel point il est génial, ou bien si c'est que les autres mecs sont vraiment des rustres. 

Dans tous les cas, ça signifie encore beaucoup d'années à emmerder les autres nanas.

Je suis bien contente.







(Eh, toi, jeune fille en fleur derrière ton écran! Oui, toi! Tu crois que je t'ai pas captée à fantasmer sur mon copain?)

(Même pas en rêve.)

dimanche 1 mai 2011

Mon entourage ménager a juré ma mort.

(Surtout ma balance)

Ça a commencé par le barbecue électrique, qui m'a traîtreusement brûlé au dix-huitième degré quand je l'ai saisi par les résistances pour le bouger de la table. (Bon, c'est ma mère qui l'avait allumé sans me le dire, alors peut-être que c'est un acte manqué. Si c'est le cas, je vais lui remplacer toutes ses fourchettes par du plastique.)

Maintenant j'ai quatre cloques parfaitement alignées sur quatre doigts, c'est la chose la plus ridicule du monde.

Donc bon, pour ce coup j'ai pas dit grand-chose, parce que c'est un peu ma faute aussi. (Il me semble que ce n'est recommandé dans aucun cas de saisir un appareil par les résistances. Mais bon, on va pas faire les chochottes pour une petite centaine de degrés.)

Ensuite, tout de même, j'ai commencé à sentir le complot.

Il y a mon imprimante qui est tombée en panne d'encre sans m'avoir prévenu au préalable (juste quand c'est bien vide, beau travail) juste au moment où je devais imprimer mon devoir d'allemand, dix minutes avant le début du cours.

Il y a mon journal qui m'entaille une phalange chaque matin sans faute. On dirait pas, parce que c'est une coupure microscopique, mais ça fait super mal. (Et je suis une fille, je m'y connais en douleur. Je m'épile le maillot.)

Il y a mon stylo qui a fuit traîtreusement sur toute ma copie de droit diplomatique (heureusement que j'avais un effaceur neuf) et j'ai dû réécrire tout un quart de page, et j'ai eu les mains toutes bleues jusqu'au lendemain. (Et en plus, comme je suis petite, le bleu, ça fait tout de suite Schtroumpf.)

Et pour finir, il y a ma balance qui me dit systématiquement que j'ai pris du poids. C'est vraiment dégueulasse. En plus je suis dans une période un peu sensible de ma vie, genre tous les soirs je rentre chez moi en pensant que ma vie est fichue. 

Oui, les examens, ça fait cet effet-là. T'en rates un, et c'est la fin du monde entier, scénario 2012, tornades et météorites. Au lieu de rationaliser en pensant:

- Bon, ben au pire je vais aux rattrapages, hein.

A la place, tu fais :

- Ah naaaaan je me suis trompé de date! La Convention de Vienne sur les relations diplomatiques c'était en 1961! En 1963 c'était celle sur les relations consulaires! Ma vie est un abîme de désespoir! Je ne suis qu'un cloaque de la misère humaine! Je ne mérite même pas de fouler du pied le grandiose linoléum de l'ITI-RI!

Alors que bon, j'ai passé le premier semestre en rendant une copie de droit pleine de taches de sang et à moitié illisible, et j'ai quand même eu la moyenne, donc j'en déduis que les profs sont plus indulgents qu'on le pense. (Le stress me fait saigner du nez.)

Mais ma balance me donne quand même envie de pleurer. Genre une semaine je fait 62,5 kilos, et elle me dit "vous avez pris 400 grammes" (oui, ma balance c'est K2000, c'est la pointe de la technologie, elle a une fonction "mémoire"). Soit. (Je mange du chocolat pendant les révisions. J'ai l'impression que le cacao aide à fixer les choses dans ma mémoire.)

Mais la semaine suivante, je fais 61,9 kilos, je suis toute contente, et là, elle me dit "Vous avez pris 500 grammes". 

C'est Skynet qui t'a conçue, hein, connasse?

vendredi 8 avril 2011

La princesse au petit pois

 (Oh naaan, j'ai oublié d'aller me brosser les dents!)

Je vous ai conté beaucoup de contes et légendes stupides sur ce blog.

Mais il n'y en a aucun qui vaut celui-ci. (Accrochez-vous à vos slips, c'est un truc de malade.)

Alors il était une fois un prince qui devait trouver une princesse, histoire d'avoir une boniche pour repriser ses chaussettes, et accessoirement de ne pas rester dépendant de sa mère le reste de sa vie. Mais il voulait une vraie princesse. Qu'est-ce que le vrai dans une princesse? On sait pas trop, mais apparemment le prince non plus n'était pas trop sûr.

En fait, au lieu de faire la guerre dans les contrées lointaines, d'escarmoucher des infidèles à Jérusalem, ou de lire des choses en latin sur les bords de la Tamise (oui, j'ai décidé que mon prince était Anglais, je fais ce que je veux, c'est mon histoire) il passait ses journées à cheval, à aller de château en château, à la recherche de sa véritable princesse. Et avec chaque princesse qu'il rencontrait, il y avait toujours quelque chose. Même pas forcément de défaut apparent, c'est juste qu'il y avait toujours une chose qui les empêchait d'être parfaites.

(Non mais cherche pas plus loin, mec, t'es gay et puis c'est tout.)

Un beau soir, en fait c'était un très moche soir parce qu'il y avait un orage de ouf (paye ton royaume en Angleterre), le prince entend frapper à la porte de son château. Il envoie son majordome (eh tu pensais pas qu'il allait ouvrir la porte lui-même, non plus?) et le majordome lui ramène une fille.

Cette fille, elle faisait peine à voir, parce que comme je te parle d'une époque lointaine, il est raisonnable de supposer que c'était une époque à laquelle ils n'avaient pas encore inventé le parapluie. (Qui, rappelons-le, n'a été commercialisé en Europe qu'en 1730. Oui, je ressors mes exposés de l'école primaire, et alors, c'est mon histoire.)

Du coup, la nana, elle s'était bien fait avoir par l'orage, alors elle dégoulinait de partout, elle avait la robe qui gouttait sur les tapis persans, les cheveux emmêlés, la chair de poule, le nez rouge, le mascara qui coule, bref elle ressemblait à un gros raton laveur.

Et là, la meuf, elle se pose, tranquille:

- Ouais salut, le prince! T'sais quoi chuis une princesse, je suis venue convoler en juste noces avec toi. Bon et sinon elle est où ma chambre? Et au fait vous servez quoi au petit déjeuner, non parce que je suis allergique au lactose alors les céréales très peu pour moi. Et t'utilises quoi comme shampooing? Non parce que moi le Pétrole Hahn il me rend les cheveux gras, alors on risque d'avoir un problème.

Genre elle s'y croit carrément.

Le prince se sent obligé de lui accorder l'hospitalité, parce qu'on sait jamais, peut-être que malgré son apparence horrible c'est quand même une vraie princesse, et imagine il la renvoie chez elle et son père c'est un malade mental? Après il a une guerre sur les bras et tout! Donc ça nous rassure un peu, le prince a passé son éducation à courir le guilledou, mais il a quand même des rudiments de droit diplomatique.

Alors le prince fait préparer la chambre de la princesse, et là, il a une idée fulgurante pour tester si son invitée est une vraie princesse : il fait empiler vingt matelas, par-dessus il fait empiler vingt édredons en plume, et, tout en bas de l'édifice, il glisse sous le premier matelas un petit pois.

(A ce stade de l'histoire, j'ai quand même envie de m'exclamer : à une époque où les congélateurs n'existaient pas, on peut soupçonner que le petit pois glissé dans le lit était frais. Et dans ce cas, c'est pas pour dire, mais un petit pois, même cru, tu empiles vingt matelas et vingt édredons dessus, je peux te dire qu'il s'écrase, et t'as juste gagné une tache verte dans tes draps.)

Le prince fait conduire la princesse à sa chambre, il part en se frottant les mains, et puis il va se coucher, parce qu'il est quand même presque 22 heures, hein, et que la camomille ne va pas se boire toute seule. (Et le reste de la nuit, il grelotte, parce qu'il a filé tous les édredons du palais à la princesse.)

Alors maintenant, c'est le moment de t'expliquer l'idée de génie du prince : le coup du petit pois, c'est un test, parce que selon son cerveau malade, une princesse peut sentir un petit pois à travers un lit qui nécessite une échelle pour accéder au sommet.

Le lendemain matin, il voit arriver la princesse, encore plus moche que la veille, avec les cheveux en bataille et des cernes sous les yeux, genre Professeur Flaxou après une nuit sur Starcraft. (Pas une nuit à jouer! Non non! Une nuit à regarder les matchs des autres! Non mais n'importe quoi. Est-ce que moi je regarde les combats Pokémon des inconnus, je vous le demande bien.)

Et là, le prince lui demande si elle a bien dormi, et la princesse répond :

- Genre ça se voit pas assez à ma tête! Non, figure-toi, j'ai carrément pas fermé l'œil de la nuit! Non mais c'est quoi ces matelas pourris sur lesquels vous couchez, dans ce pays! T'aurais pu me donner une planche à clous, ça aurait été pareil! C'était tellement dur, regarde, j'ai des bleus partout. Regarde, j'te dis!

Le prince, s'il avait été normal, aurait été terrifié par cette psychopathe qui, non seulement, n'a pas une once de bonnes manières (v'la la princesse, quoi. A part les bonnes manières, elles ont RIEN à apprendre!) mais en plus a de toute évidence un gros problème de victimisation. (Genre "han, j'ai mal dormi, j'vais me SUICIDER! Tout ça c'est de ta faute!")

Et donc, le prince, au lieu de s'enfuir à toutes jambes, il fait quoi? IL L'ÉPOUSE!

(C'est la meuf de Twilight au masculin, ce prince : tu vas voir qu'après, sa princesse va aller passer des nuits à le regarder dormir debout dans un coin de sa chambre, et il va trouver ça super normal.)

Et pourquoi il l'épouse? (Déjà c'est certainement pas pour son caractère facile.) Parce que, selon monsieur, le fait d'avoir senti le petit pois à travers les épaisseurs de matelas et d'édredons démontre de manière empirique que madame est une princesse, car seule une princesse peut avoir la peau aussi sensible.

Non, seul un cancéreux peut avoir une peau aussi sensible. Un petit pois? Quarante couches de plumes? Je suis désolée, mais non. NON! C'est scientifiquement impossible, et je me révolte qu'on puisse raconter cette histoire à des enfants! 

(Alors que des histoires de princesses qui dorment pendant 100 ans, sans mourir, c'est possible. Cryogénisation. Et pan.)

Donc en fait, pour résumer l'histoire de la princesse au petit pois, on peut dire :

C'est l'histoire d'un prince philosophe qui se demandait "qu'est-ce que le vrai?", et qui a fini par épouser une princesse qui était une monstruosité de la nature.

Et ils vécurent très heureux, et n'eurent aucun enfant, la princesse ne supportant pas qu'on effleure sa peau, et le prince étant gay de toute manière.

FIN.

lundi 4 avril 2011

Les recherches du mois de mars

Je sais, c'est un article facile. Mais j'ai plus de vie sociale, plus de vie amoureuse, plus rien. J'ai juste une vie où je me lève le matin et où je bouffe du marketing. 

Et puis de toute façon vous avez décidé de plus commenter, alors quid pro quo Clarice.