dimanche 14 avril 2013

Life, the universe, and everything.



Depuis que j'ai emménagé à Auckland, ma vie est plus ou moins la même qu'en Alsace.

Je me lève, je prends mon bus, je bosse, je rentre à la maison, je joue au PC, Flaxou me fait à manger et je corrige ses lettres de motivation. Oui, c'est plus ou moins exactement la vie qu'on avait à Strasbourg (juste avec moins d'amis). (Mais j'ai pas besoin d'amis en Nouvelle-Zélande. Mon PC il a Facebook, c'est bon.)

Y'a juste quelques petits détails qui sont là de temps en temps pour me rappeler que je suis dans un autre pays : les palmiers devant mon arrêt de bus. Les gens pieds nus dans la rue à 8 heures du mat' qui vont au travail. Les matins quand je sens l'odeur de la mer en sortant de chez moi (même si je la vois pas). (Tu veux pas encore que j'aie une maison avec vue sur la mer? je suis pas Jérôme Cahuzac, merci bien.)

(Oui, je suis les actualités françaises. Les actualités Kiwies, on a vite fait le tour : du sport, des faits divers, du sport, du sport, et au fait on vous avait parlé de sport ou pas? je me souviens pas. Bon, dans le doute, on va vous parler de sport.)

(Sérieusement, faut le voir pour le croire. TOUS les sports qui se déroulent vaguement en Australasie passent au journal. Même les équipes féminines juniors de ligue 3 de netball ont droit à leur 15 minutes au journal national!)

Mais, ce qui m'aide à me souvenir que je suis à l'autre bout du monde dans un pays ultra cool (et pas coincée en Europe dans le sixième mois consécutif d'hiver), c'est les petites excusions en terre inconnue qu'on se paye de temps en temps avec Flaxou.

Depuis notre grand road trip de décembre, on n'a plus eu le temps (ou la thune) de bouger vraiment loin. Heureusement, la Nouvelle-Zélande est un petit pays, et on a bien fait exprès de ne pas inclure Auckland et les 200 km à la ronde dans notre tour initial du pays, histoire de se ménager du suspense pour la suite.

Ainsi, le week-end dernier, on a repris nos sacs de rando et nos boîtes de bouffe pour chat (quand tu sors à plus de 50 km d'une ville, c'est indispensable d'emporter de la bouffe et une jerricane d'essence, parce que des fois, t'as des surprises). 

Et on est allés passer le week-end à Coromandel Peninsula.

Coromandel Peninsula, à deux heures de route d'Auckland, c'est un petit coin de bush et de plage comme la Nouvelle-Zélande sait si bien les faire, avec, paumés au milieu, une "ville" de 30 pékins avec deux auberges de jeunesse et trois restaus à emporter qui ne font que du fish&chips ou des burgers (les deux grands plats nationaux de la Nouvelle-Zélande) (oui, c'est assez ironique).

Alors, comme d'habitude, on a visité des petites plages désertes, ça en devient presque lassant tellement on a pris l'habitude.


En plus Cathedral Cove c'était bondé, mais alors, y'avait genre VINGT personnes!


(Laisse tomber la neige comment on s'est barrés tout de suite.)

Par contre, le lendemain, on a visité des trucs un peu plus originaux. D'abord, on est allés à Paeroa, ville entièrement insignifiante et banale, et qui ne vaudrait absolument pas le détour, si ce n'est qu'elle est le lieu de naissance d'un véritable mythe Kiwi : le L&P.


Le L&P (de son nom complet Lemon&Paeroa), ce n'est ni plus ni moins que LA boisson préférée des Néo-Zélandais. C'est une limonade ma foi franchement bonne, mais c'est surtout un incontournable des sodas Kiwis : on en trouve partout, et tout le monde en boit. Il faut s'imaginer ça un peu comme le Coca-Cola dans n'importe quel autre pays. (D'ailleurs, je précise qu'on trouve aussi du Coca partout ici, faut pas croire que la Nouvelle-Zélande a échappé au rouleau compresseur.)

Mais le L&P reste tout de même la boisson gazeuse la plus consommée en Nouvelle-Zélande, ce qui a d'ailleurs poussé Coca-Cola à racheter l'entreprise familiale (je vous avais dit, on n'y échappe pas).

La particularité du L&P, c'est que, malgré son extrême popularité chez les Kiwis, on n'en trouve tout bonnement pas en dehors du pays. Ce qui a poussé les Kiwis, qui ne sont pas les derniers pour la déconne, à lui donner comme slogan "World Famous in New Zealand". (Un slogan depuis devenu célèbre et réutilisé moult et moult fois.) 

A Paeroa, on trouve donc des mémorandums de la célèbre boisson un peu partout : des affiches dans la rue, des bancs à l'office de tourisme :


Et surtout, cette statue qui nous salue à l'entrée de la ville, et qui motive à elle seule un voyage à Paeroa.


(Je ne déconne pas. Les gens font le détour juste pour voir cette bouteille. Y'avait genre 4 familles qui faisaient la queue pour prendre des photos quand on est arrivés.)

Après ce petit détour rafraîchissant, on s'est dirigés vers Karangahake Gorges, des anciennes mines d'or désormais abandonnées et ouvertes au public (certaines parties, du moins). Comme d'habitude, on y est allés à l'arrache (notre grande spécialité dans la vie) et on s'est retrouvés ici, à l'entrée des mines...



... Sans lampe de poche.

On a donc passés les deux heures suivantes à explorer des tunnels qui s'enfonçaient jusqu'au noyau terrestre (en tout cas c'était mon impression), éclairés avec un portable (un seul, j'avais pas pris le mien) avec 12% de batterie restante.

Autant te dire que j'ai passé tout le trajet à agripper le téléphone avec l'énergie du désespoir, priant tous les dieux de Tolkien pour que le téléphone ne nous lâche pas au milieu d'un dédale de tunnels souterrains, et en ayant de brusques flash-backs de The Descent à chaque fois qu'on croisait un caillou à l'air menaçant.

Mais sinon, c'était fun fun fun. Je me sentais un peu comme Fievel au Far West.



Et pour finir ce week-end en beauté, on est allés faire un tour à Hot Water Beach à marée basse (vers 23h). Cette plage a la particularité d'avoir des sources d'eau chaude juste sous la surface du sable, ce qui fait qu'en théorie, on peut y débarquer avec sa petite pelle, creuser un petit trou dans le sable, et hop! Jacuzzi gratuit!

Oui. En théorie.

En pratique, ça s'est traduit par Flaxou et moi débarquant sur un parking désert et entièrement plongé dans le noir (avec encore une fois pour seule source de lumière le téléphone portable, maintenant à 5% de batterie) (emmener son chargeur en week-end c'est pour les faibles, Flaxou il aime le challenge). On a trouvé l'escalier menant au sable à tâtons, et ensuite on s'est dirigés au son des vagues vers le bord de l'eau.

Quand soudain, Flaxou (en train de nous guider) pose son pied dans l'eau, et on se rend compte qu'on était au bord d'une étendue d'eau insondable, qui barrait le seul chemin d'accès à la plage.

Et là, Flaxou se tourne vers moi et dit :

- Bah c'est pas grave, on n'a qu'à enlever nos pantalons et traverser à gué.

Mais oui! Bien sûr!

Mettons-nous en maillot de bain par 15 degrés et traversons guillerettement une étendue d'eau noire à la profondeur insoupçonnable! 

Faisons fi de tous les instincts de conservation qui ont permis à notre espèce d'avancer assez loin pour inventer la physique nucléaire et bafouons toutes les lois de la logique en s'aventurant dans un état de la matière regorgeant sans nul doute de créatures qui veulent notre mort!

(Toutes les créatures marines veulent ta mort. Des requins aux oursins. TOUTES.)

Flaxou, pas échaudé par mon discours plein de bon sens, s'est contenté de hausser les épaules et d'entrer dans l'eau en m'abandonnant sur le rivage.

J'ai regardé la petite lumière de son téléphone s'éloigner de plus en plus, et puis je me suis dit que c'était en fin de compte encore pire de me retrouver toute seule dans le noir même si j'étais sur la terre ferme, parce qu'après tout y'a aussi des créatures terrestres qui veulent ta mort (les zombies).

Donc j'ai enlevé mon jean en frissonnant, j'ai noué mes chaussures autour de mon cou, et je suis entrée dans l'eau en priant tous les dieux de Tolkien pour qu'il n'y ait pas un requin embusqué derrière 20 centimètres d'eau. (C'est possible.)

J'étais à mi-chemin, l'eau avait déjà atteint mes cuisses, et j'étais un peu à ça de la crise d'angoisse, quand j'ai été sauvée par un truc.

Flaxou avait disparu derrière une dune. Je le savais parce que j'arrivais à voir cette dune. Je voyais aussi vaguement le bout de l'étendue de l'eau. Je me suis dit : comment je peux voir ça si Flaxou s'est barré comme un crevard avec la seule source de lumière?

Et c'est là que j'ai vu les reflets des étoiles dans l'eau.

J'avais pas pensé à lever la tête depuis qu'on était arrivés, trop préoccupée par le sable dans mes chaussures et essayer de pas me noyer dans un mètre d'eau.

Mais là, j'ai levé la tête, et j'ai vu le truc le plus dingue du monde.

J'ai vu le ciel.

Le VRAI ciel. 

Le ciel qu'il y a au-dessus de nos têtes toutes les nuits et qu'on ne voit jamais, je l'ai vu pour la première fois de ma vie.

J'ai vu tellement d'étoiles que c'était impossible de toutes les calibrer. J'ai vu des constellations que je ne reconnaissais pas, parce qu'elles existent pas en Europe. J'ai vu des étoiles blanches, des rouges, des jaunes. J'ai vu des étoiles filantes.

J'ai vu la voie lactée. 

LA PUTAIN DE VOIE LACTÉE!

Je savais même pas qu'on pouvait simplement voir la voie lactée, comme ça, tranquillou, sans instruments ni rien! Je pensais toujours que ce genre de photos étaient photoshopées!


(Tu te rends compte qu'on a la voie lactée juste au-dessus de nos gueules tous les jours de notre vie et qu'on la voit jamais? Bonjour la vie de merde.)

Après ma découverte du monde, de la vie et des mystères de l'univers, c'était donc un peu difficile d'apprécier les joies des sources d'eau chaude.

Surtout qu'on a passé une-demi heure à grelotter sur la plage en cherchant où est-ce qu'on avait chaud aux pieds pour savoir où creuser, et qu'ensuite, on s'est rendus compte que, non seulement c'était impossible de creuser une piscine parce que le sable arrêtait pas de tomber dans ce qu'on creusait, mais surtout que les sources étaient moins proches de la température "bain chaud" et plus proches de la température "MAGMA EN FUSION".

(J'ai encore les pieds qui pèlent des brûlures que je me suis infligée cette nuit-là.)

Mais c'était quand même chouette, parce qu'on a rencontré un bus de jeunes touristes prêts à partager leurs pelles et leurs bières, et donc on a discuté avec, les pieds dans de la flotte brûlante et les têtes en-dessous de la voie lactée, c'était quand même relativement sympathique comme expérience.

(Le retour était moins sympa. La marée avait monté et l'étendue d'eau a bien failli me tuer.)

(Jusqu'au menton! J'ai jamais été aussi profond dans l'eau de toute ma vie!)

Tout ça pour dire : dans ma vie quotidienne, des fois, j'oublie que je suis en Nouvelle-Zélande.

Heureusement, c'est un pays qui a une manière très agréable de se rappeler à toi.



PS : Je te jure, j'essaye de trouver des trucs désagréables à te raconter, pour que t'aies pas trop la haine de te peler les meules dans un pays de tarés où les citoyens manifestent contre l'égalité sociale pendant que les ministres se tirent avec la caisse. Mais j'y peux rien, c'est génial ici.

(Franchement, lecteur, déménage. Viens nous rejoindre, Flaxou et moi.)

(On plantera des choux à choucroute et de la cannelle et on fera une Alsace 2.0.)

mercredi 3 avril 2013

Brève pascale


Et donc comme c'était Pâques, Flaxou et moi (et nos amis) on a fêté ça de la manière traditionnelle Kiwie, et on est allés faire une balade en forêt.

(Toi aussi, fête les événements à la manière Kiwie! C'est très facile : d'octobre à mars, on va à la plage (avec une tente!) et on fait un barbecue. Le reste de l'année, on mange des choses rôties au four et puis on va faire une balade en forêt.)

On était dans la forêt et on chantait des chansons histoire de se donner du courage (y'avait une pente et j'ai plus fait de sport depuis le Bac en 2006).

Et là, j'entends Professeur Flaxou, tranquille au milieu des fougères, en train de chanter :

- Oh wimbowé, oh wimbowé, oh wimbowé, go Martinique...

(Alias : les paroles les plus yaourts de l'histoire du monde.)

Donc je me concentre pour capter l'air, puisque Professeur Flaxou n'a absolument pas d'oreille, mais quand je dis "pas d'oreille" je te jure que c'est à un point effrayant. (Il arrive même pas à fredonner une chanson, parce qu'il n'entend pas la différence entre les notes d'une gamme, donc le résultat, en général, est complètement méconnaissable.)

(Et je ne parle même pas de son problème de rythme. C'est quand même le seul fan de Star Wars qui n'arrive pas à chanter le générique parce qu'il confond les "PAM" longs et les "PAM" courts.)

Donc, après cinq minutes où je sèche toujours (ce qui est ironique parce qu'on s'était fait surprendre par une averse et que j'étais très mouillée) (LOL) je lui demande : mais dis donc, Flaxounet, c'est quoi donc ta chanson?

Et là Professeur Flaxou me dit :

- Ah mais je sais pas pourquoi je l'ai dans la tête! Tu sais, c'est la chanson "Go Martinique" là. Dans les films, les blacks ils chantent cette chanson tout le temps, à l'église et tout.
- A l'église? Ils chantent "Oh wimbowé go Martinique" à l'église?

Et là.

Réalisation soudaine de ce qu'était la chanson.



- Ah pardon Flaxou, je suis désolée, mais là, ça va sur le blog.
- Non, pas le blog! Ça mérite pas le blog! 

Moi je pense que si.

(Et j'en rigole encore.)

mardi 26 mars 2013

L'instant Kiwi

Quand tu déménages dans un nouveau pays, chaque jour est une aventure. Et chaque jour, t'apprends des trucs nouveaux.

Malheureusement, y'a pas toujours la substance pour en faire un article de blog entier.

J'ai donc décidé de regrouper les petites différences culturelles et les nouveaux apprentissages de ma vie dans un truc que je nommerai : l'instant Kiwi.

Dont acte.


Instant Kiwi n°1: le Kiwi.


(Je fais les choses bien, tavu)




(Le meilleur chocolat du monde? Oui oui, c'est ici. Remballe ta Suisse.)

"Kiwi" étant un mot qui désigne 3 choses différentes ici, on utilise des termes un peu différents de chez nous. Kiwi tout court sera utilisé pour désigner l'habitant de Nouvelle-Zélande, tandis que l'oiseau poilu et le fruit tout aussi poilu seront désignés par les termes respectifs de Kiwi Bird et Kiwi Fruit (cf. la tablette de chocolat ci-dessus).

(Est-ce que le Kiwi tout court est aussi poilu que ses homonymes aviaires et fruitiers? Le mystère reste entier.)

On dira donc par exemple : "I was eating a kiwi fruit salad when I saw a kiwi bird passing in front of me. I called my Kiwi friend to tell him the news."




(Ça va, tu t'en sors?)

Et si on oublie de préciser de quel type de kiwi on cause (du genre "Yesterday I ate a kiwi" ou bien "I saw some kiwis at the zoo"), les gens se vexent. Genre ils savent pas de quel type de kiwi tu parles. C'est vrai que c'est trop compliqué de faire la part des choses. (Quel type de kiwi as-tu bien pu manger? Oh dis donc, le suspense m'étreint).

(Quelles chochottes ces mecs. Nous en France on a le même mot pour le temps qui passe et le temps qu'il fait, on doit expliquer continuellement duquel on parle, et tu nous vois pas nous plaindre.)



Instant Kiwi n°2 : Le Prénom.

Il faudra qu'on m'explique par quelle distorsion de l'espace spatio-temporel est-ce que le prénom Richard est devenu un parangon de génialitude dans l'esprit des Kiwis. Sérieusement, en Nouvelle-Zélande, un homme sur deux (toutes générations confondues) s'appelle Richard.

Mon coloc s'appelle Richard. Mon patron s'appelle Richard. Le facteur de ma boîte s'appelle Richard. Le chauffeur du bus 550 s'appelle Richard. Le présentateur de la météo sur TV One s'appelle Richard. Le mec qui a emballé mes courses l'autre jour au Pak'n'Save s'appelait Richard!



Il semblerait que la seule chose qui puisse aider un enfant à s'échapper du gouffre des Richard, Matt, James et autres Jack soit d'être d’ascendance Maorie. Auquel cas il a environ 50% de chances de se faire attribuer un nom traditionnel (Matai, Manawa, ou encore Temuera, par exemple) (C'est une langue polynésienne, y'a plus ou moins que des voyelles).

Sinon, il a 50% de chances de s'appeler Richard.



Instant Kiwi n°3 : Vis ma vie de Hobbit.

Depuis que j'habite ici, je vois des gens pieds nus PARTOUT.

Et c'est pas des clochards ni des étudiants en art, hein! (Pléonasme).

Non, c'est des gens normaux comme toi et moi, mais juste, ils se baladent pieds nus.

J'ai vu des gens pieds nus dans le parc (normal), j'en ai vu dans la rue (normal), j'en ai vu au centre commercial (ah bon?), j'en ai vu au supermarché (hein?), j'en ai même vu plein dans le BUS.




(Mais à la plage, ils mettent des tongs! NORMAL!!)
Et, alors que je racontais mon expérience des gens pieds nus dans le bus à mes colocs, en mode full Française ("Iiiih mais dans le bus! mais les gens VOMISSENT dans le bus, et les gens crachent par terre dans le bus, mais c'est dégueulasse oh c'est dégueulasse aaah et après ils vont choper des verrues aaah je vais vomir"), mon coloc Richard m'a quand même sorti que lui, des fois, il allait au BOULOT pieds nus.

- Ouais, quand c'est l'été et qu'il fait chaud, c'est agréable. 
- Mais mais mais... et ton patron, il dit rien?
- Pourquoi il dirait quelque chose?
- ....
- Ah, je vois ce que tu veux dire! Nan mais y a pas de dress code à mon boulot, hein.

AH BEN OUI C'EST SUR.

(Donc, ici, "pas de dress code" veut vraiment dire "freestyle du slip", apparemment.)

Quant à moi, j'ai malheureusement un code vestimentaire en vigueur au boulot (tous les jours je dois mettre des collants, laisse-moi mourir), du coup, je n'aurai pas le bonheur de tester la vie pieds nus au travail.

MAIS la semaine dernière, je suis allée au centre commercial pieds nus, et ça s'est presque bien passé, hein!

A part l'impression persistante que j'étais en train de faire un cauchemar (puisque le tiers de mes cauchemars consiste à rêver d'un rendez-vous extrêmement important où je me pointe sans chaussures) (l'autre tiers je tombe d'une tour, l'autre tiers c'est des zombies), et la paranoïa tenace que tout le monde regardait mes pieds et me jugeait parce qu'ils pensaient que j'étais pauvre ou sale ou étudiante en art.




(Illustration des gens du centre commercial tels qu'ils apparaissaient à mes yeux.)

Je pense que je vais mettre un peu de temps à m'habituer.

mercredi 20 mars 2013

Ma vie palpitante sur des plaques tectoniques


(Je vais brûler en Enfer.)


Je sors de mon hibernation internetienne (eh, c'est l'automne ici, hein) (il fait plus que 20 degrés, la sère-mi) pour te conter l’histoire de comment j'ai failli mourir.

Comme tu sais, j'ai déménagé aux Antipodes (mais finalement ça sert à rien, ma mère m'appelle quand même deux fois par semaine pour voir si j'aurais pas oublié de manger des légumes). En Nouvelle-Zélande. Ce qui est un peu le Graal pour les fans de Tolkien, mais un peu débile pour tous les autres gens.

Pourquoi débile? Parce que demande-toi une fois comment deux grandes îles ont bien pu surgir au beau milieu de l'océan Pacifique, à trois mille kilomètres du continent le plus proche?

Et là, si t'étais pas au fond de la classe en train de jouer avec le bec Bunsen en cours de sciences nat', tu me répondras : "Par le mouvement des plaques tectoniques, madame!"

(C'est bien, mais la prochaine fois, tu lèves la main s'il te plaît.)

Donc la Nouvelle-Zélande est un pays entièrement situé au-dessus de deux plaques tectoniques qui décident que des fois elles s'emboîtent, des fois elles reculent, des fois elles font tourner les serviettes parce que c'est la fête dans le manteau terrestre.

Concrètement, ça veut dire que je suis constamment encerclée de volcans actifs ou endormis. 

(A Auckland, ils sont majoritairement endormis, mais en fait ça veut rien dire, vu qu'on dit "Oh il est endormi, il a pas pété depuis mille ans", sauf que bon mille ans c'est un peu comme un clignement d'yeux en années volcan, alors merci bien, faut pas m'appeler Jambon.)

(J'ai regardé le Pic de Dante pour m'entraîner en cas d'éruption spontanée. C'est cool, maintenant je sais qu'une Toyota peut rouler dans la lave sans encombres.) 



(Ils sont forts, ces Japonais.)

Ça veut aussi dire qu'on est dans une forte zone d'activité sismique, comme en témoignent les tremblements de terre de Christchurch de 2011 qui ont détruit la quasi-totalité du centre ville et profondément traumatisé la nation, qui n'est pas vraiment habituée aux catastrophes naturelles, malgré l'histoire des plaques tectoniques qui font tourner les serviettes.

Et figure-toi que dimanche dernier, alors que j'étais tranquillou dans ma cuisine, en train de faire de la pâtisserie en regardant Modern Family, j'ai été victime d'un tremblement de terre.

Ouais, ouais.

Bon, ça fait badass et tout, mais en vrai, ce qui s'est passé, c'était pas super glamour :

En fait j'ai senti le sol trembler un peu comme quand t'es sur le quai de la gare et qu'il y a un train de marchandises qui passe sans s'arrêter. La maison a été un peu secouée, ça a duré 5 secondes, et puis c'était fini. Fla est arrivé dans la cuisine et m'a dit :

- Eh j'ai pas rêvé, c'était un tremblement de terre?

J'ai fait :

- Boh t'es parano.

Et je suis retournée à ma série. 

(J'avais même pas ralenti le battage de mes blancs d'oeufs.) 

Sauf qu'en fait Flaxou le parano avait raison, comme je l'ai découvert le lendemain en lisant le journal.

J'ai donc pu me rendre compte qu'on avait en réalité subi non pas un, mais DEUX tremblements de terre (le premier étant tellement ridiculement petit qu'on l'a même pas senti alors qu'on était genre à 10 km de l'épicentre).

L'article du NZ Herald regorgeait d'ailleurs de témoignages tous plus LOL les uns que les autres, parce qu'ils avaient décidé de traiter l'histoire du tremblement de terre de manière un peu "film catastrophe" sauf que bon, c'était magnitude 3.9, ce qui équivaut à "petite flipette" sur l'échelle de Richter :



On a donc eu droit à des témoignages de gens qui disaient au journal : 

"Mon bureau s'est mis à trembler et les étagères faisaient du bruit, je n'ai jamais vu ça de toute ma vie, c'était assez effrayant" (aucun second degré).

On a eu toutes sortes de comparaisons toutes plus terrifiantes les unes que les autres ("c'était comme une bourrasque de vent", "c'était comme un camion qui passait sur la route", "c'était comme quand mon voisin écoute AC/DC", ou encore "j'ai cru que c'était le sèche-linge").

Mais le mieux, c'est encore le récit palpitant du mec qui se trouvait à l'épicentre, sur l'île de Motutapu, et qui nous raconte, encore visiblement fébrile :

- On aurait dit que quelqu'un avait claqué la porte d'entrée très fort. Je suis allé réprimander le coupable, mais il n'y avait personne.

(J'en tremble encore.)

Tout ça pour dire : j'ai vécu mon premier tremblement de terre. 

Mais ça va, je pense que je m'en remettrai. 


vendredi 8 mars 2013

brève nécrologique

Je parlais à Sarah sur Skype et elle m'a dit "Fais un article sinon tes lecteurs vont croire que t'es morte".

Alors je tenais juste à préciser, pour ceux qui s'inquiètent :

OUI, il y a effectivement des requins blancs mangeurs d'homme qui rôdent sur la plage à 10 kilomètres de chez moi. NON, je ne fais pas partie des victimes. (Je vais pas dans l'eau au-dessus du menton.)

Nan mais c'est pas des conneries, y'a vraiment des requins blancs mangeurs d'homme à côté de chez moi. La plage où je me suis baignée sans peur et sans reproche (mais pas au-dessus du menton parce qu'il faut pas déconner non plus), parce qu'on est en Nouvelle-Zélande le pays des gentils, et que je pensais que tous les animaux horribles de la terre étaient en Australie, donc on était bons.

(Oui, l'un d'entre eux est bien un ver de terre.)

Laisse-moi te dire : heureusement que l'automne approche, parce que moi, je mets plus un pied dans l'eau. C'est bon, cette année j'ai vaincu les araignées, on attendra un peu pour les autres phobies.

(Et Professeur Flaxou qui voulait aller faire de la plongée, fais-moi rigoler.)

(Il peut se carrer sa bouteille d'oxygène au cul, parce qu'elle ira pas ailleurs.)

Bref, tout ça pour dire que si j'écris pas d'articles en ce moment, c'est juste parce que j'ai pas d'inspiration. C'est pas parce que je suis morte ou en dépression. 

Encore que faire le ménage dans son disque dur et retomber sur des photos de moi il y a 6 ans et 10 kilos, ça n'aide pas vraiment pour le moral.


- Regarde cette photo!
- Ben ouais, c'est toi quoi.
- Nan mais regarde! Regarde comme j'étais JEUNE! Regarde comme j'étais MINCE! Regarde comme la vie est une sale PUTE!

Je vois ma tête tous les jours, du coup je la vois pas bouger. Moi dans ma tête j'étais immortelle et invieillissable, telle Benjamin Button ou Laurent Romejko.

En fait il s'avère que non. (Je suis très déçue.) 

(Franchement, les photos de Professeur Flaxou et moi à Prague, on dirait qu'on est en colo tellement on a l'air de gamins.)


(Et maintenant que j'y pense, j'avais effectivement dû emmener mon Autorisation de Sortie du Territoire pour ces vacances.)

(Ah, ça nous rajeunit pas ma petite dame.)

Mais sinon ça va bien, Imhotep (oui, ma langue, elle, n'a pas quitté l'adolescence, elle parle encore comme en 2003). Je bosse, je me balade, je me refais Pokémon Rouge, je joue à Mario Kart avec mes collègues les vendredis soirs, je fais de l'escalade avec Professeur Flaxou les week-ends de pluie.

J'ai plein de temps pour écrire des articles, mais ça veut pas.

Alors va falloir être patient et attendre un peu que mon inspiration veuille bien se remettre en marche.

Pour te faire patienter, je te mets un GIF de chaton :


A plus dans le bus!

(Si jamais t'es dans la région d'Auckland, on peut peut-être se voir vraiment dans le bus, moi je le prends tous les jours.) 

(Ce serait cool.)