Ça fait maintenant un an que j'ai déménagé en Nouvelle-Zélande. C'était une idée que j'avais depuis pas mal de temps. D'abord, quand j'avais cinq ans, j'ai décidé que quand je serai grande je déménagerai en Australie, parce que j'avais regardé un reportage sur la Seconde Guerre mondiale et ils avaient mentionné plein de pays mais pas l'Australie, donc je pensais que l'Australie était le seul pays au monde qui n'avait jamais connu la guerre, et que du coup, statistiquement, j'avais de meilleures chances de survie là-bas en cas d'holocauste nucléaire. (Je pensais beaucoup à la guerre nucléaire quand j'étais petite. Je pensais que la planète allait exploser dans le feu nucléaire, parce que c'est ce qui était montré à la fin du générique de Il Était une Fois l'Homme.) Quelques années plus tard, j'ai réalisé qu'en fait l’Australie avait connu la guerre quand même, mais l'idée était là depuis trop longtemps, donc je me suis dit : rien à foutre, j'irai quand même. Et puis j'ai vu un documentaire de National Geographic sur la faune Australienne et j'ai dit :
- En fait c'est bon. J'étais en train de commencer à projeter mes envies de voyages futurs vers le Canada (aux neuf ans de ma copine Sandra, sa mère avait fait des crêpes et j'avais goûté du sirop d'érable pour la première fois de ma vie), quand une amie de ma mère est partie vivre en Nouvelle-Zélande, et nous a envoyé une carte postale. C'était une carte postale d'un paysage de l'ïle du Sud, et c'était la plus belle chose que j'avais jamais vue de ma vie. A ce moment-là, je me suis jurée que j'irai habiter dans ce pays une fois grande, et que je deviendrai garde forestier ou ermite (je sais pas si les concours de garde forestier sont difficiles, alors au cas où) et que tous les matins je me réveillerai devant un paysage comme celui-là. Et puis, deux ans plus tard, j'ai vu le Seigneur des Anneaux pour la première fois de ma vie, et bon, t'as qu'à jeter un oeil au nom de ce blog pour comprendre où ça m'a mené. C'était donc tout prêt dans ma tête : je passe mon bac, je fais mes études en France où c'est pas cher, je déménage en Nouvelle-Zélande, je rencontre Peter Jackson, on devient potes, je deviens assistante de réalisation sur ses films, il me présente Elijah Wood, on se marie, on vit heureux, générique. (Et, dans la version plus réaliste : je passe mon bac, je fais mes études en France où c'est pas cher, je déménage en Nouvelle-Zélande, je rencontre Peter Jackson et je pousse des couinements de fangirl, je trouve un boulot cool, je rencontre un Kiwi, on se marie, on se trouve un chalet dans la Southland, et tous les matins je me réveille devant un paysage du Seigneur des Anneaux.) (Oui, ben j'ai jamais dit que ce serait HYPER réaliste non plus.) Finalement j'ai passé mon bac et rencontré Professeur Flaxou dans la même foulée, et, quand je l'ai entendu parler Anglais, j'ai mis de l'eau dans mon vin par rapport à mon projet d'avenir. Surtout que Professeur Flaxou était le genre de personne qui te dit : - Bah voyager c'est cool pour les vacances, mais bon j'vois pas bien l'intérêt de partir vivre dans un autre pays. Faut tout réapprendre, c'est fatigant. Pis faut rencontrer des gens et trouver du travail et une maison et moi je suis bien ici j'ai un PC et y'a une boulangerie en bas de chez moi, qu'est-ce qu'il te faut de plus? Donc je me suis dit : tant pis. J'irai pas vivre en Nouvelle-Zélande. J'irai en vacances, peut-être que ce sera mieux comme ça, après tout je sais rien de la Nouvelle-Zélande à part les making-of du Seigneur des Anneaux, si ça se trouve à visiter c'est génial mais pour y vivre c'est pourri. Et oui, bien sûr, quand je pensais à l'idée de rester en France toute ma vie, ça me faisait un petit pincement au coeur, mais bon je suis pas folle non plus, si je dois choisir entre un pays et une personne, je choisis la personne, le pays il va nulle part. (Au pire j'attends que Professeur Flaxou meure de vieillesse, et là, paf! J'me casse!) Mais ensuite, il s'est passé un truc génial. Je me suis cassée en Angleterre pendant un an, (presque) toute seule. (Y'avait Adèle et Chloé qui me faisaient des coucous de leur petit coin du Nord.) Et c'était nul parce que j'étais (presque) toute seule, mais c'était génial parce que j'ai tellement manqué à Professeur Flaxou qu'il a décidé de dire oui à toutes mes idées (ce qui incluait se marier et déménager en Nouvelle-Zélande). Du coup on s'est mariés et on a déménagé en Nouvelle-Zélande(faut pas me dire les choses deux fois). En arrivant j'avais aucune appréhension, parce que j'avais le cerveau trop plein à ras bord de couinements de fangirl et que j'avais à peine le temps de respirer entre mes piaillements de "c'est génial c'est génial tout est géniaaaaaal". Et puis on a trouvé une maison, on a trouvé du boulot, et j'ai commencé à rentrer dans ma petite routine. Et là, j'ai commencé à me poser LA question. Est-ce que ça vaut vraiment le coup? Est-ce que ça vaut le coup de me couper de presque tous les gens que j'aime, de mes repères, de ma famille, de ma culture, et de toute cette putain de bouffe tellement délicieuse(mais comment j'ai pas réalisé avant la déliciosité de la bouffe française, j'avais des œillères sur les papilles ou quoi?), tout ça juste pour vivre dans une banlieue d'Auckland et faire la même chose que ce que je faisais en France? Tout ça pour me lever le matin, marcher dans la rue, prendre le bus, bosser neuf heures par jour devant un ordinateur, prendre un bus, marcher dans la rue, manger, passer encore du temps devant un ordinateur, bouquiner et dormir, insert coin et on recommence? Donc j'ai fait le bilan d'un an en Nouvelle-Zélande. Le voilà :
J'ai visité l’Île du Sud :
Et j'ai visité l’Île du Nord :
Mais je suis aussi allée moins loin.
Je suis allée au boulot :
Et au bout de la rue chez moi :
Et à dix minutes en voiture :
Et à trente minutes en ferry :
Y'a eu des fois où le soleil c'était cool :
Mais quand même, la plupart du temps, le soleil ça reste une GROSSE PUTE :
On a goûté la fine fleur de la gastronomie Kiwie :
On a dormi dans des endroits étranges :
On s'est dégoté un petit foyer sympa :
J'ai retrouvé des potes de fac par le hasard le plus incroyable du monde - flash-back juin 2012, Strasbourg, les couloirs de l'ITIRI: - Charlotte! Anna m'a dit que tu allais déménager en Nouvelle-Zélande? - Ouais ouais, en décembre. - Guilherme et moi aussi!! - NAAAAAAAN? - SIIIIIIII! - MAIS C'EST TROP BIEEEEENNN!
Mais j'ai aussi rencontré des gens super : mes colocs, mes collègues, les gens du Monday Night Dinner où tout le monde s'appelle Sarah. Je fais de la rando les week-ends. Je fais des pique-niques à la plage. Je mange des chips devant Big Bang Theory (parce qu'il y a des rituels qui ne doivent pas changer). Et, tous les vendredis, quand je vais à la bibliothèque (et quand il pleut pas), je passe par Albert Park pour m'asseoir un moment, respirer l'odeur des roses, et finir mon livre vite vite parce que c'est le dernier jour pour le rendre et plutôt mourir que de le faire renouveler (j'ai des principes). Dans ces moments, je fais des petites pauses dans ma lecture, je regarde autour de moi:
Et je vois les étudiants en pause, les gens en costard qui rentrent du boulot, les joggeurs qui filent devant moi et qui me font culpabiliser avec leurs corps fermes et musqués. Je sens les odeurs de la baraque à saucisses et de la friture du Chinois du bas de la rue et je double-culpabilise parce que ça me donne faim alors que ça sent plus le triple pontage que la vraie bouffe. J'entends les cloches de l'église pas loin et la musique de Noël toute pourrie qui passe en boucle au Whitcoulls depuis le premier novembre (et après on s'étonne que les gens fassent du shopping en ligne, ben excuse-moi mais chantonner "Last Christmas I gave you my heart" jusqu'à avoir envie de se tirer une balle, c'est pas une alternative qui m'enthousiasme énormément). Et je me dis : Ça fait maintenant un an que j'ai déménagé en Nouvelle-Zélande. Et c'est la meilleure chose que j'aie jamais faite.
Donc, tu t'en doutes, quand le Hobbit est sorti au cinéma, j'étais la première dans les rangs.
(Voir le Hobbit en Nouvelle-Zélande, c'est un peu la consécration de tous les fanboys. Surtout le voir dans LA salle de Wellington où y'a eu toutes les avant-premières de Peter Jackson, et qui est équipée avec la technologie des fameuses 48 images/seconde, bla bla.) (Je m'en fous de la technologie, je sais pas si ça se voit.) (Je voulais juste m'asseoir là où s'est potentiellement assis Viggo Mortensen.) (Ta gueule, c'est possible.)
Et en fait, le Hobbit m'a fait, dans une moindre mesure, le même effet que le dernier volet de Batman : c'est un film que j'ai attendu des années, donc j'avais ZÉRO objectivité au moment de la sortie. Pendant le film, j'étais prise dans l'action, intéressée et divertie. Et puis, peu à peu, insidieusement, j'ai réfléchi à tous les points du film qui capotaient. Et j'ai été rétrospectivement déçue.
MAIS dans une bien moins grande mesure que The Dark Knight Rises, disons-le. Déjà y'avait pas Marion Cotillard dans le Hobbit, ça compense pas mal.
Sérieux, pour moi, avoir Marion Cotillard dans un film, c'est du gâchis. Chaque minute où elle est à l'écran, le film baisse en qualité. Si on me demande ce que j'ai pensé de Inception ou Midnight in Paris, je dis : oui, c'était un bon film globalement. Sauf les moments où y'avait Marion Cotillard dedans. Là, j'avais envie de la baffer et de lui dire :
- Putain mais casse-toi Marion, merde! Casse-toi avec tes grands yeux ronds et ton accent pourri! Tu nous fais chier! Suicide ton personnage, qu'on puisse avoir un bon film!
(Je ne me l'explique pas, c'est physique. Y'a plein d'acteurs comme ça que je peux pas blairer.) (En plus dans Midnight in Paris y'avait aussi Léa Seydoux, c'était "apprécier ce film : hardcore mode".)
Bref bref.
Le Hobbit est donc rétrospectivement un assez mauvais début pour une trilogie de laquelle on attend beaucoup (en tout cas, de laquelle j'attends beaucoup).
Même si j'ai pleuré toutes les larmes de joie de mon corps en voyant le premier plan de la Comté parce que c'était comme de rentrer à la maison après dix ans et rien n'avait changé comme quand j'avais quatorze ans à l'époque où cette histoire c'était toute ma vie, et Bilbo me regardait et me disait "Bienvenue chez toi".
(Ouais, j'ai pleuré de joie au générique d'un film, mais j'ai pas pleuré à mon mariage.) (C'est bon juge pas, tu connais pas ma vie okay?)
Alors je sais que beaucoup de monde a critiqué le film parce qu'il était simpliste, que les nains n'avaient pas beaucoup de substance, que les actions s’enchaînaient trop vite, et les aigles pourquoi ils les amènent pas directement a la montagne du dragon hein?
Cette dernière question, mais qu'est-ce qu'elle m’énerve. Elle mérite la même réponse que celle des 10 dernières années : Les aigles c'est pas ta bonniche, connard. Déjà ils sont sympa de te rendre service et c'est bien parce qu'ils avaient une dette envers Gandalf qu'ils viennent sortir ton cul des flammes, alors sois content du coup de pouce et ferme ta gueule geignarde, bordel de bite. (Ouais je suis vulgaire, mais j'aime pas les petits malins.) (C'est pareil pour les petits malins qui disent "Han mais si Hermione a un appareil a faire remonter le temps, pourquoi ils remontent pas dans le temps sauver les parents de Harry? Pourquoi ils vont pas tuer la mère de Voldemort avant qu'elle tombe enceinte? Pourquoi ils reviennent pas en 1933 assassiner Hitler?" MAIS TU VEUX UNE HISTOIRE OU TU VEUX PAS UNE HISTOIRE?)
Du coup, dans le film, je trouve qu'ils s'en sortent pas si mal.
MAIS c'est quand même très, très différent du livre.
Bon, au depart, ca s'annoncait pas trop mal, c'etait tout comme dans le film : Bilbo est un jeune Hobbit de 50 ans (mais comme les Hobbits vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, il a l'air un peu plus jeune, disons dans les 35-40 ans) (rappelons que Frodo avait 33 ans quand il a commencé son aventure, ce qui équivaut à l'âge de la majorité chez les Hobbits, donc dans les 18-20 ans).
Bilbo est un peu un aristocrate de chez les Hobbits, parce qu'il a une grande maison super classe (sur ce point le film est absolument merveilleux pour le retranscrire) et qu'il en rame pas une de la journée (alors que, faut pas déconner, on est pas dans le monde merveilleux des Schtroumpfs communistes où personne ne travaille et tout le monde est heureux. D'ailleurs, dans le Seigneur des Anneaux, Frodo et ses cousins Merry et Pippin font tous partie de l'aristocratie Hobbite, tandis que Sam est un prolo jardinier qui appelle Frodo "maître" dans le bouquin - oui bon, c'est un vieux bouquin hein.)
Bilbo est donc assis tranquillement devant chez lui à fumer sa pipe, quand survient Gandalf le magicien, à qui Bilbo souhaite une bonne journée. Gandalf lui révèle qui il est (rappelons que, dans la Comté, il est surtout connu pour faire des jolis feux d'artifices, et pas pour être un super-sayan de mage level 90) et lui dit qu'il va exaucer son voeu et l'inclure dans son aventure, ce qui sera "très amusant pour moi, et très bon pour vous" (ah ben sympa, j't'envoie te faire bouffer par un dragon, on va bien se poiler dis donc).
(Notons que Gandalf dit exaucer le voeu de Bilbo en se basant uniquement sur un petit lapsus de la part de ce dernier, qui lui dit que "quand vous étiez dans le coin, la vie était inter- enfin vous avez pas mal foutu le bordel hein".)
Et puis Bilbo rentre chez lui, et Gandalf s'en va, non sans auparavant graver un mystérieux signe sur la porte d'entrée de Bilbo avec son bâton.
Le lendemain, Bilbo est prêt à manger tranquillement, quand on toque à la porte. Il y va en pensant trouver Gandalf (qu'il avait invité pour le souper) quand, à la place il trouve un Nain, Dwalin. Le nain entre chez lui, pas gêné, et lui demande à manger. Bilbo est choqué comme un bon Anglais Hobbit, mais s'exécute. Et puis on toque à nouveau à la porte. Et bon je vais pas te faire un dessin, en gros 13 Nains s'invitent chez Bilbo qui est bien emmerdé, mais que la coustoisie légendaire des Anglais Hobbits empêche de les foutre à la porte.
Alors, parmi les critiques les plus courantes du film, on a souvent celle des Nains qui revient. Bon, pour être honnête, le fait que les personnages soient critiqués pour leur manque de profondeur, ça me fait bien rigoler, parce que quand on lit le bouquin, on se rend compte que Peter Jackson s'est vraiment donné du mal pour essayer de donner un semblant de personnalité aux 13 nains, puisque dans le livre, on a à peu près cette description en 350 pages de bouquin (attention, ceci est une description EXHAUSTIVE des nains) :
- Thorin : le chef, sale caractère.
- Balin : le sage, il est vieux.
- Bombur : le gros qui sert à rien et ralentit tout le monde.
- Fili : le plus jeune, il a une bonne vue.
- Dori : celui qui semble apprécier Bilbo le plus.
- Ori, Nori, Kili, Dwalin, Bifur, Bofur, Oin, Gloin : Tous complètement interchangeables.
(Ah si, Gloin c'est le père de Gimli. Mais c'est pas dit dans le livre. Donc voilà, voilà.)
Par contre, j'ai été assez déçue de voir Peter Jackson formater ses personnages pour les faire coller au schéma du Seigneur des Anneaux, en faisait de Thorin et Kili des Aragorn et Legolas du pauvre pour plaire au public qui voulait "Le Seigneur des Anneaux, la suite".
Parce que, j'ai eu beau chercher, aucune description des Nains dans le Hobbit ne mentionnait "Badass avec une voix sexy et des yeux profonds comme l’océan", et encore moins "Jeune Bégé SANS BARBE (d'ou? Mais d'ou un Nain sans barbe?) et qui fait du tir a l'arc".
(Sérieusement? Un Nain avec un arc? Nan mais vas au bout de ton idée Peter, fais-le surfer sur un caillou, tant qu'on y est!)
Bref.
Les Nains mangent, commencent à chanter plein de chansons (eh, on est chez Tolkien, tu te rappelles), et enfin, annoncent à Bilbo qu'ils vont partir avec lui dans une quête et peut-être ne jamais revenir, après quoi Bilbo fait un genre de crise d'hystérie et comprend par la suite que Gandalf l'a engagé dans l'aventure en le vendant comme un cambrioleur auprès des Nains.
(Sympa, Gandalf. Super manière de faire
chier à la fois les Nains et Bilbo.)
Donc, forcément, les Nains sont pas super
convaincus, surtout après que Bilbo leur ait raconté qu’il fallait pas abîmer
ses napperons en dentelle ou le service en porcelaine de feu sa mère (c’est
vrai que, comme démonstration de loubard, on a vu mieux), et Bilbo, quant à
lui, n’est pas très chaud non plus pour se mettre à la colle avec une bande de
suicidaires qui ont décidé de récupérer un royaume des griffes d’un dragon avec
leur nombre de treize. (Parce que là, à moins d’être Jésus et ses apôtres, je
vois pas trop bien comment treize couillons peuvent venir reconquérir un
royaume les mains dans l’slip.)
Et donc ça pourrait être la fin logique de
l’histoire (mais une histoire bien chiante, on est d’accord) où les Nains
partent se faire rôtir le cul par un dragon pendant que Bilbo reste peinard
devant sa cheminée, MAIS c’est sans compter sur Gandalf, qui sort sa méga-évolution
en mode super badass wizard.
(Bon, en vrai, il se rend juste plus grand
et plus dark et il prend une grosse voix de Batman.)
Et donc Gandalf gueule sur tout le monde
en disant, en substance :
- Bon maintenant ça suffit ces conneries,
le mec le plus important dans cette troupe c’est moi, j’ai dit que je vous
trouverais un cambrioleur et j’ai décidé que c’était Bilbo. Maintenant vous
allez pas venir m’emmerder avec des broutilles comme le fait qu’il ne soit pas
vraiment un cambrioleur, j’en ai rien à foutre que personne ne soit d’accord,
vous faites comme je vous dis ou ça va chier des bulles.
(C’est moi, ou Gandalf est un peu un
connard, dans cette histoire ?)
Mais Bilbo se rebelle de tout son petit
cœur d’Anglais de Hobbit et déclare que non c’est non, il ne participera
pas à cette quête, de toute façon il est déjà pété de thunes et en plus jeudi
c’est le festival de la citrouille sur la place du marché, s’agirait pas de
manquer ça.
Donc les Nains passent la nuit et s’éclipsent
au petit matin. Bilbo se réveille seul dans sa jolie maison vide (et qui doit
probablement sentir le bouc, après les folies de la veille), et puis là d’un
coup, pouf ! Il se dit qu’en fait une aventure ce serait vache de cool, et
puis avec un peu de chance il pourra faire des photos et faire une grande soirée
diapo en rentrant a la Comté.
Alors il sort de sa maison en courant, il
rattrape les Nains à pied (c’est qu’on va pas vite, à dos de poney), et en
voiture Simone !
(Après y’a plein de musique grandiloquente
et des plans aériens sur des crêtes de montagnes et y’a des gens qui trouvent ça plombant, moi je dis rien parce que c’est mes plans préférés du monde
entier.)
Et c’est à ce moment que le film commence à
dévier du livre (et, si tu veux mon avis, à devenir un peu chiant.)
Alors bon, on le savait qu'en adaptant un
livre de 300 pages en trois films de trois heures chacun, clairement, le Hobbit
allait devoir déborder des contours de son œuvre. L'idée ne m'avait pas
emmerdée plus que ça, étant donné que Tolkien a écrit suffisamment de matériel
dans ses Appendices pour meubler facilement 8 films (après, est-ce que ce
serait des films intéressants, c'est une autre histoire) (les annales des rois
du Gondor, m'est avis que ce serait quelque peu contemplatif).
Le truc qui m'a emmerdée, c'est que Peter
Jackson a puisé dans sa propre imagination plutôt que dans l'œuvre de Tolkien,
et, disons-le tout de suite, les scénarios originaux, c'est pas son fort.
Petit récapitulatif : les points
forts des films de Peter Jackson : les adaptations, les scènes de bagarre,
les décors, les effets spéciaux, l’humour de nerd, les costumes, le maquillage,
le gore, la photographie, la musique.
Les points faibles des films de Peter
Jackson : les scénarios originaux, les scènes tristes (tous ces ralentis dès
qu’un pékin meurt, mon Dieu, est-ce qu’on est en 1989?), et les loooonnngeuuuuuurs
(puisque Peter Jackson est apparemment dans l’incapacité totale de faire un
film de moins de trois heures, quitte à ce que le spectateur doive subir des scènes
épouvantables d’ennui (humhumKingKong)).
Alors ce qui s’est passé avec le Hobbit, c’est
pas vraiment des trucs que Peter Jackson a inventé tout seul, mais limite :
disons qu’il part d’une mention absolument minuscule dans un coin de bouquin de
Tolkien, et qu’il en fait des scènes de 30 minutes.
(A l’inverse, dans le Seigneur des
Anneaux, on avait un livre tellement dense qu’il a fallu enlever plein
d’intrigues secondaires afin de couper à l’essentiel.)
(Oui oui ! Tu crois que je te vois pas
avec ton petit sourire narquois ? Douze heures de film, je te jure, c’est
RÉSUMER le Seigneur des Anneaux sur ses points les plus basiques. Et parfois,
je t’assure, ça valait mieux. )
(Et je dis ça en tant que fan absolue du
livre, mais même moi, j’aurais pas voulu me taper la version intégrale de trucs
comme le concile d’Elrond, alias 48 pages de discours d’Elfes qui te racontent
toute leur généalogie avant d’accoucher d’une nouvelle toute pourrie : « …..Et voilà
l’ascendance complète du côté de ma mère. Sinon, alors on a chopé Gollum dans
la forêt de Mirkwood, et pis y s’est échappé, maintenant on sait pas trop où il
est, voilà. »)
Dans le Hobbit, on trouve par exemple une scène
de dix minutes qui te raconte la
bataille aux portes de la Moria: l’histoire, c’est qu’une fois forcés à l’exil
par le dragon Smaug, les Nains, menés par le père de Thorin, ont tenté de reconquérir
la Moria (un ancien royaume Nain tombé aux mains des Orques, et où la Communauté
de l’Anneau fera l’excursion qu’on connait cinquante ans plus tard).
Et d’ailleurs, ca, dans le Seigneur des
Anneaux :
C’est la tombe de Balin, ce nain-là.
(Donc à la fin, il meurt. Ha ha, comment
je t’ai spoilé !)
Donc les Nains se castagnent avec les
Orques, et on apprend que c’est dans cette bataille que Thorin a gagné son nom
de Oakenshield (en français « Thorin Écu-de-chêne », mon dieu que c’est
moche) puisque son bouclier étant fendu en deux, Thorin se saisit donc d'une
branche de chêne et s'en servit come d'une protection et d'une massue. (C’est aussi dans le
bouquin.)
Là où le film brode, c’est d’abord que
Thror, le père de Thorin, a été tué par Azog bien avant la bataille d'Azanulbizar :
cette bataille est en fait le point culminant d’une longue guerre de plusieurs années
entre Nains et Orques, dont le point déclencheur était justement le meurtre de
Thror. (M’enfin là, je pinaille.)
Non, là où le film diverge vraiment de l’histoire
écrite, c’est qu’Azog (le gros Orc albinos) aurait dû mourir lors de cette
bataille ! Mais à la place, Peter Jackson décide :
- On dirait qu’il perdrait un bras et qu’ensuite
il traque la troupe de Thorin et ce serait lui le grand méchant du film.
Ouais. C’est vrai qu’au départ, comme méchants,
on avait juste des trolls, des gobelins, Gollum, des loups, des araignées géantes,
et UN PUTAIN DE DRAGON, donc ça faisait un peu juste.
D’ailleurs, pour te montrer la différence,
voici la totalité de l’histoire d’Azog, telle qu’elle est contée dans le
Hobbit:
"Your
grandfather Thror was killed, you remember, in the mines of Moria by Azog the
Goblin." (Gandalf)
Tu conviendras que c’est quelque plus plus
condensé. (Je m'excuse, j'ai que la version anglaise du bouquin sous la main, donc si tu veux de la mauvaise traduction, faudra que tu ailles acheter la version française toi-même.) (Et NON, je ne suis pas injustement méchante avec les traducteurs de Tokien : traduire "Shadowfax", alias le cheval de Gandalf, alias le roi d'une super-race de chevaux magiques de la mort, par "Gripoil", alias le cheval de ma tata Gertrude, pardon mais c'est simplement criminel.)
Même chose avec l’histoire de Radagast le
Brun, le troisième magicien de la Terre du Milieu (je dis « trois »
parce que oui, OK, je sais, les deux Istari bleus, mais bon de toute évidence même
Tolkien n’en avait rien à foutre de ces deux-là, il s’est même pas emmerdé à
leur donner des noms – et pour un mec qui a fait l’arbre généalogique détaillé de chaque Hobbit du Quartier Sud, ça veut dire ce que ça veut dire).
Dans le livre, Radagast est brièvement
mentionné par deux personnages : Gandalf, qui l’appelle son « cousin »
et Beorn, qui indique à Gandalf qu’il ne l’a pas vu depuis un petit moment. Et
c’est tout.
Alors que dans le film, on a droit à tout
un long passage où on nous présente Radagast (joué par l’excellent Sylvester
McCoy, l’un des docteurs de Dr Who dans les temps jadis et qui est très gentil
dans la vraie vie et qui est aussi tout petit comme moi !) dans une scène
avec le hérisson en CGI le plus choupi du monde.
(Avis à Marion Cotillard : même un
personnage en images de synthèse meurt mieux que toi. Voilà, c’est dit.)
Radagast, donc, fait sa tournée matinale
dans les bois, en bon ermite qu’il est, quand il se rend compte qu’un mal
inconnu ronge la vie alentour : les plantes dépérissent, les animaux
meurent, ah oui et aussi accessoirement y’a des putains d’araignées géantes qui
viennent lui caillasser sa maison(mais bon, rien de bien alarmant). Du coup,
il enfourche son traîneau tiré par des lapins, et QUOI ?
Un traîneau tiré par des lapins géants ?
J’ai bien vérifié dans toute ma collection
de livres, et je peux t’assurer que NULLE PART dans toute l’œuvre de Tolkien il
est mentionné un traîneau tracté par des lièvres. Alors je sais pas trop ce que
Peter Jackson avait fumé quand il a décidé que les lagomorphes c’était le
mode de transport du futur, mais je veux la même drogue.
Pendant ce temps, chez la troupe de
Thorin, Gandalf fait un caca nerveux et abandonne tout le monde :
- On devrait aller voir Elrond.
- Oui mais c’est moi le chef des Nains et
je dis qu’on n’ira pas voir Elrond.
- EH BEN SI C’EST COMME CA J’ME CASSE !
(Est-ce que Gandalf est une adolescente de
15 ans ?)
La troupe est donc bien emmerdée, parce que maintenant ils ont perdu à la fois leur tank et leur healer, moi je serais eux j’aurais les boules aussi cousin.
Surtout qu’a peine Gandalf le dos tourné, c’est la merde : Bilbo et les poneys se font kidnapper par des trolls à l’accent Cockney (sur ce point, je suis curieuse quant à l’accent des trolls dans la VF : est-ce qu’on leur a donné des accents de petits weshs de banlieue parisienne, pour coller à l’idée ?). Du coup, les Nains arrivent pour le sauver, bien évidemment ils se font tous poutrer la gueule (c’est ce qui se passe quand on va se taper un boss alors qu’on a personne pour prendre l’aggro – bande de n00bs). Heureusement, Bilbo parvient à gagner du temps en disant aux trolls de ne pas manger les Nains parce qu’ils sont plein de vers (c’est un peu gros, mais heureusement pour lui, les trolls sont très cons).
Pendant que les trolls débattent des vertus de la cuisson de Nain, qui c’est qui rapplique ? C’est Gandalf ! Et il les sauve en…faisant tomber un rocher. (Comme ça la lumière du soleil frappe les trolls de plein fouet et les change en pierre.) C’est un peu pourri, comme magie, tout ça, Gandalfinou. Tu m’avais habituée à mieux.
Trèves de bavardages, c’est le moment du loot ! En fouillant la caverne des trolls, Gandalf déniche des épées elfiques de l’âge d’or de Gondolin (ce qui est un peu comme de trouver un œuf de Fabergé dans un poulailler). Il en garde une pour lui et une pour Thorin, et Bilbo gagne Sting en prime.
(Mais non, pas celui-là !)
Sur ces entrefaites arrive Radagast, avec son traîneau de lapins (nan, désolée, mais je m’y ferai jamais) et de mauvaises nouvelles : les araignées géantes aperçues dans Mirkwood sont des rejetons d’Ungoliant, une araignée monstrueuse des temps jadis (Shelob, l’araignée qui attaque Frodo dans le Retour du Roi, est l’un de ses enfants) et que les traces de magie noire mènent vers Dol Guldur (l’ancienne forteresse de Sauron), où se cache l’ombre de Sauron, rassemblant ses forces.
Ensuite tout le monde fume de la beuh pour se calmer.
(Heureusement que c’est une histoire pour les enfants.)
Et Radagast remet à Gandalf une lame de Morgul (en fait, c’est l’épée du Roi-Sorcier d’Angmar, celui qui blesse Frodo dans la Communauté de l’Anneau et qui se fait ensuite démonter par Eowyn de la manière la plus cool du monde).
Mais trêve de discussions ! Des Orques montés sur des wargs viennent à la poursuite de nos héros ! C’est le moment d’une belle bataille d’images de synthèse dans des paysages qu’on croirait en images de synthèse, mais en fait non, parce que j’y étais (ha ha!).
(Nan, mais, les photos de ta lune de miel aux Maldives, elles sont bien aussi. Moi j'étais en Terre du Milieu, après chacun son truc. La plage c'est bien, hein. Les crabes, tout ça.)
Finalement, toute la troupe s’enfuit par un passage secret et arrive à Rivendell, la demeure d’Elrond.
Apres s’être fait accueillir par Bret de Flight of the Conchords (qui en vrai est super mignon mais, déguisé en Elfe imberbe, a l’air du mec le moins sexy du monde)
(La magie qu’une barbe peut faire, c’est fou)
Gandalf retrouve Elrond (qui a l’air plus vieux que dans le Seigneur des Anneaux alors que de 1 c’est un Elfe et il ne vieillit presque pas et de 2 les événements du Hobbit se passent avant ceux du Seigneur des Anneaux, alors à moins d’une cure de Botox, je ne vois pas trop comment ça marche).
Thorin, après bien des hésitations (après tout, les Elfes, c’est de la saloperie, c’est bien connu) donne sa carte d’Erebor a Elrond, qui lui indique que les runes inscrites sur le parchemin contiennent un message secret qui ne peut être lu qu’à la lumière de la lune du jour où il a été écrit, et il faut que les phases de la lune soient au même stade. Concrètement, tu peux lire le message une nuit tous les trois cent ans, en moyenne.
Sauf que là, coup de bol ! C’est pile ce soir que le message peut être déchiffré ! (Qu’est-ce que la vie est bien faite, des fois.)
Elrond et Thorin déchiffrent donc le message secret, qui dit qu’une porte secrète donne accès à la montagne, si on se tient un jour précis au bon endroit, au coucher du soleil. Dis donc, ils sont sacrément emmerdants ces Nains, avec leurs messages secrets.
T’imagines si, dès que tu voulais envoyer un message privé à quelqu’un, tu devais lui dire :
- Alors voilà mon message, maintenant monte au sommet de la cathédrale de Strasbourg le 15 février 2023 à 16h47, et par la lumière du soleil couchant, s’afficheront les ru… - Et si y’a pas de soleil ? - Bah faut attendre huit ans et recommencer.
NORMAL.
Elrond convoque un concile (décidément ce mec est en amour des réunions qui servent à rien. Dans une autre vie, il devait être chargé de com) et invite Saroumane et Galadriel. Pourquoi ? Je ne sais pas. Ça n’a aucun sens.
Saroumane, déjà, il est le chef de l’ordre des magiciens, donc si concile il y a, c’est lui qui le convoque, et tu peux bien croire que ce sera que les magiciens qui y seront conviés.
Bon, après, on peut se dire que c’est parce qu’il s’agit de la résurrection de Sauron, c’est donc une affaire urgente qui demande l’attention de tous les gens importants de la Terre du Milieu, donc on convoque les Istari et les porteurs des anneaux de pouvoir. Seulement, alors : où sont les trois autres Istari ? (Je veux bien que les deux magiciens bleus vivent super loin, mais Radagast, il est juste à côte, quoi !) Et où est Cirdan, le porteur du troisième anneau de pouvoir elfique ? Où est la logique dans tout ça ?
Et puis alors, le plus incroyable, c’est quand Gandalf sort la lame de Morgul au milieu du conseil, et qu’on se rend compte qu’en fait, Elrond, Saroumane et Galadriel n’avaient aucune idée du retour de Sauron.
Donc en fait, ils ont fait des centaines de kilomètres pour participer à un concile sur le thème « C’est treize Nains en voyage, et on en a quelque chose à foutre » ? GENRE !
Et puis j’adore le fait que, pendant tout le concile, on assiste à un dialogue entre Saroumane et Gandalf, tandis que Galadriel fait rien que de se promener autour de la table (« Nan, mais vous ne comprenez pas ! Si je m’assieds, on verra pas les jolis plis de ma robe de huit kilomètres de long ! ») et occasionnellement fait de la télépathie avec Gandalf comme deux collégiens qui s’échangeraient des textos sous le nez du prof de maths :
- Haha Saroumane comment il déblatère comme un vieux croûton ! - Hi hi, ouais et pendant ce temps les Nains sont partis ! - LOL ! - XPTDR !
(Et voilà quinze minutes de ma vie que je ne reverrai jamais.)
Pendant ce temps, les Nains et Bilbo se sont remis en route, plans panoramiques, musique et tralala. Et puis ils se font choper au milieu d’une bataille de géants de pierre, qui était aussi très documentée dans le bouquin:
"He saw that across the valley the stone-giants were out, and were hurling rocks at one another for a game, and catching them, and tossing them down into the darkness where they smashed among the trees far below, or splintered into little bits with a bang."
(Fin de la citation.)
Bilbo et les Nains finissent par trouver refuge dans une grotte et y passent la nuit. Seulement, Bilbo a les boules parce que Thorin a été méchant avec lui en lui disant qu’il avait rien à faire avec eux (parce que Bilbo a eu la bonne idée de presque mourir emporté par un glissement de terrain, ah mais j’vous jure, quel empoté). Du coup, il décide de rentrer chez lui (oh là là, mais c’est la Saint Vexé dans ce film ou quoi ?), sauf que d’un coup, hop, tout le monde est fait prisonnier par des gobelins, sauf Bilbo qui fait une chute de plusieurs dizaines de mètres dans un gouffre plein de cailloux, mais qu’on se rassure, il n’a rien, parce que Y’AVAIT DES CHAMPIGNONS POUR AMORTIR SA CHUTE.
(Vraiment ? Vraiment, Peter ?)
Bilbo se relève dans l’un des tunnels les plus profonds de sous la montagne, et se rend compte qu’il n’est pas seul : il a atterri dans la caverne ou vit Gollum.
Gollum, je te le présente pas (si tu vois pas qui c’est, je sais même pas ce que tu viens faire sur ce blog, retourne vivre sous ton caillou).A cette époque, rongé par le pouvoir de l’Anneau Unique, Gollum tapait le squat chez les gobelins, caché tranquillou en bouffant du poisson cru et en se caressant l’Anneau toute la journée(bah ouais, mais quand on n’a pas la télé, on fait ce qu’on peut).
Gollum, donc, voudrait bien se faire un petit gratin de Bilbo, histoire de varier un peu le menu, mais Bilbo propose à Gollum une partie d’énigmes, à la place : si Bilbo gagne, Gollum lui montre la sortie. Si Gollum gagne, Bilbo se fait bouffer.
Au final, Bilbo gagne par une grosse
tricherie : il demande « Qu’est-ce que j’ai dans ma
poche ? » (Ce qui, on en convient, n’est pas une vraie énigme.) Ce
qu’il a dans la poche, c’est l’Anneau Unique, qui a échappé à Gollum un peu avant.
Mais évidemment, Gollum ne le devine pas.
Enfin, pas sur le coup. Parce qu’il est
pas con non plus l’asticot, il a une visite dans son trou tous les Saint
Anselme, c’est pas compliqué de se dire que la disparition de l’Anneau en même
temps que l’apparition de Bilbo, ça a comme un parfum de couille dans le potage.
Gollum se lance donc à la poursuite de
Bilbo, mais ce dernier enfile l’Anneau par erreur - une manière de plus de nous
montrer que les lois de la gravité sont bien différentes en Terre du Milieu,
parce que le coup de faire ça :
Je l’ai essayé tout plein de fois avec mon
alliance (qui est une réplique de l’Anneau Unique, mais sans les inscriptions
en Elfique – je suis une nerd qui ne s’assume pas), eh ben je peux te dire que ça
marche PAS.
Bref.
Bilbo, rendu invisible par le pouvoir de l’Anneau,
est tenté de tuer Gollum, mais a pitié de la misérable créature, et se contente
de s’échapper de la grotte en faisant du saute-mouton sur Gollum (pas cool).
Pendant ce temps, les Nains étaient prisonniers du roi des
gobelins (une espèce d’énorme tas de pus), mais ils s’échappent sans trop de problèmes
avec l’aide de Gandalf. Laisse tomber le fait qu’ils sont quatorze contre
plusieurs milliers de gobelins, on est dans une optique d’histoire pour
enfants, l’ennemi meurt donc très facilement.
Tout le monde se retrouve donc dans la
forêt, et Thorin fait son connard (j’ai envie de dire « comme d’hab »)
et raconte des méchancetés sur Bilbo dans son dos comme une vulgaire étudiante
de CAP coiffure.
- Nan, et pis bon il fait que se plaindre-an,
c’est trop chiant, j’veux dire, laisse tomber, tu peux trop pas compter sur lui
quoi-an.
Puis Bilbo apparaît, et les Nains sont sur
le cul de voir qu’il est sorti vivant de l’emprise des Gobelins (pourtant, mous
comme ils étaient contre les épées des Nains, ça devrait pas les étonner
tellement).
Mais avant qu’ils aient le temps de se
poser plus de questions, ils sont pris en chasse par l’infâme Azog le Manchot et
sa horde d’Orques montés sur des wargs.
(Sauf que dans le bouquin, c’étaient des
loups géants qui parlent, et je trouve ça vachement plus cool, parce que quand
j’étais petite je me les imaginais comme le méchant super terrifiant de l’Histoire
Sans Fin et ça me faisait des frissons dans tout le dos.)
(Et ensuite je faisais des cauchemars où je me faisais manger par des loups, mais bon on n’a rien sans rien.)
Donc les Nains, Gandalf et Bilbo montent
se réfugier dans les arbres comme des poules effarouchées (c’est pas comme si
vous aviez un putain de mage surpuissant avec vous, hein) et Azog fait un long
discours en langue Orque (c’est moi ou ça ressemble mot pour mot à la langue
des Dothraki dans Game of Thrones ?) (Y’a eu des vilains copieurs quelque
part dans cette histoire).
Les Orques attaquent la troupe, et Gandalf
se défend en… allumant des pommes de pin avec son bâton et en les jetant sur
les wargs(c’est pas comme si vous aviez un putain de mage surpuissant avec
vous, bis).
Mais, malgré cette riposte fougueuse
(humhum), ils se retrouvent bien baisés, puisque leur arbre commence à se déraciner
et à tomber dans le vide. Les Nains se retrouvent donc dans la position
bien connue de tous les fils d’action dite « du héros dans le vide
suspendu à un autre héros ».
(Perso, dans une situation pareille, avec
mes bras en yaourts, je lâche au bout d’une seconde et demie, et tu peux
bouffer ton suspense.)
Bon bon bon.
Tout ce bordel, ça n’est pas vraiment pour
plaire à Thorin, qui entre en mode « gros badass avec des flammes en arrière-plan »,
saute de son arbre et s’avance vers Azog pour lui péter sa gueule….
Sauf qu’en fait non, il se fait démonter
la tronche.
(Par un gobelin manchot, faut-il le
rappeler.)
Bilbo et les autres Nains volent alors à
son secours (enfin, sauf ceux qui sont sur le point de tomber dans le vide)
(nan, eux, ils sont bien là où ils sont, on peut les oublier un petit moment).
Tout le monde se bat vaillamment pendant
un petit moment, et puis les Nains qui étaient suspendus dans le vide en ont
enfin assez de faire des tractions et tombent…. Pile sur le dos des aigles géants !
(Ah ben ça, si c’est pas du timing de
cocu.)
Les aigles en profitent pour mettre la pâtée
aux Orques et aux wargs, puis emmènent Thorin et sa troupe jusqu’au sommet d’une
montagne, alors que le jour se lève.
QUOI ? MAIS QUOI ?
Y’a pas comme une distorsion dans l’espace-temps, là ?
Quand Azog a lancé la poursuite sur les
Nains, le soleil se couchait. Ensuite, la bagarre qu’on a vue, elle a duré, quoi? Une heure, deux maxi? Mais alors, comment t’expliques que le jour se lève
alors que les aigles viennent secourir Thorin et Compagnie ?
Merde, quoi, les mecs ils travaillent avec
un fond vert, c’est quand même pas bien compliqée de s’entendre sur la durée
moyenne d’une nuit !
(Et puis aussi : je ne suis pas de
ceux qui bitchent sur l’intervention des aigles, cf. le début de cet article,
mais quand même, c’est un peu bâtard de les poser tout en haut d’un sommet. Parce
que là, ça va leur prendre une-demi-journée rien que pour redescendre. Pas cool.)
Thorin reprend conscience en haut de la
montagne et, pour une fois, ne fait pas son connard avec Bilbo ; je sais
pas si c’est la contusion crânienne massive qu’il s’est ramassée, mais d’un
coup il est tout gentil et plein d’amour et de câlins. Limite je m’attendais à
le voir distribuer des fleurs et des chatons.
Tiens, d’ailleurs, j’en profite au passage
pour te faire remarquer que Thorin s’est tout récemment pris un coup de
Morgenstern dans la tête (ce qui n’est pas vraiment de l’acupuncture, faut-il
le rappeler)ET s’est fait mâchouiller par un loup géant croisé avec une hyène,
qui a l’air d’avoir des dents bien pointues, mais n’a AUCUNE séquelle de ce petit désagrément, à part
deux-trois égratignures au visage (film pour enfants, on te dit).
Et ça finit sur la troupe en train de
contempler Erebor à l’horizon, et Bilbo qui dit qu’il pense sincèrement que le
pire est derrière eux.
PARDON ?
T’as pas oublié le léger détail du DRAGON
CRACHEUR DE FEU, par le plus grand des hasards ?
(Putain, les mecs, on n’est pas sortis de
l’auberge.)
(En plus le prochain film c’est celui avec
les araignées géantes.)