dimanche 17 janvier 2016

Les enfants, ça sert à rien


Et donc je reviens de vacances.

Même si je me refuse encore à appeler « vacances » ce marathon de bouffe, de pinard et de famille que sont désormais devenus chacun de mes jours de congés des trois dernières années.

(C’était bien la peine de déménager au bout du monde pour passer toutes les vacances en Alsace, tiens.)

(Le tourisme est un peu moins enthousiasmant quand c’est pour voir des trucs que t’as eu sous le museau toute ta vie.)

(Ouah, le musée Unterlinden! C’est pas comme si j’avais passé UN MOIS À BOSSER DEDANS, hein.)

Bref, c’est bon, j’ai évacué le moment crispant ‘First World Problems’ (« bububu je vis dans le pays le plus génial du monde et je dois passer mes vacances dans genre le dixième pays le plus génial du monde : ma vie est un enfer ! »), maintenant on va pouvoir se concentrer sur les choses cool de mon séjour.

Parce qu’en fait c’était quand même super cool, ce séjour. Je fais ma victime qu’on a gavée comme une oie, mais faut pas se leurrer, quand je suis toute seule en Nouvelle-Zélande je me gave aussi, hein. Juste que c’est des chips goût ketchup et pas des repas gastronomiques dans des restaurants étoilés, du coup le changement est plutôt bienvenu.

(J’te raconte pas le choc culturel d’aller manger dans des restaus avec des nappes sur les tables.)

(À Auckland, même dans les restaus chics, on te fait boire ta bière au goulot.)

Mais évidemment, je n’étais pas venue que pour la bouffe, mais surtout pour voir ma famille d’amour.

(Et la famille de Fla, que j’aime d’amour aussi.)

(Surtout maintenant qu’il y a Sarah dedans.)

(Comment avoir les meilleurs repas de famille du monde ? Case ta BFF avec ton beau-frère.)

(Hashtag ‘life hack’)

Ma famille, donc, qui était très heureuse de me revoir. Sauf une petite personne qui n’en avait rien à foutre.

Cette personne, tu l’as deviné, c’est ma petite nièce, qui vient de faire ses trois ans, et attention c’est pas un cadeau la bestiole. Parce que ouais okay elle est mignonne et tout, mais elle a le pire caractère de cochon du monde, assorti d’une tendance bien autoritaire – mais pas autoritaire genre « prof de français », hein. Autoritaire genre « pas-de-l’oie et uniformes kakis », tu vois le délire.

(Ou, comme le formule ma mère : « Ah ben oui mais ça c’est les Scorpions, faut pas chercher ».)

Par contre, elle a hérité de l’amour de la mode de ma sœur, mais comme c’est une mini-dictatrice, j’te raconte pas les efforts qu’il faut faire pour marcher droit, c’était comme de passer trois semaines dans un crossover chelou entre ‘les Reines du Shopping’ et ‘1984’.

Par exemple, le jour où je suis arrivée de l’aéroport, j’avais mes baskets violettes, qui m’ont valu un magnanime « Elles sont jolies tes chaussures, tata ». Moi je me disais «Mais dis donc, cette enfant est devenue vraiment adorable, super duper!».

Et puis le lendemain, je suis allée la chercher à la maternelle :

- Salut Lyson ! T’as vu c’est moi qui te chercher auj…

- Tata pourquoi t’as pas mis tes chaussures violettes?




(Ah ben super accueil Johnny Cash, bonjour à toi aussi, hein.)


Moi, je me remets tant bien que mal de ce vent magistral, et je lui explique :

- C’est parce qu’il pleut, alors j’ai mis mes chaussures en cuir pour pas avoir les pieds mouillés.

- Mais tu sais, je pense qu’il vaut mieux avoir les pieds mouillés, parce que ça, c’est très moche.
- ….
- Bon maintenant on va chez Maminette, comme ça tu peux aller changer de chaussures.

Non mais si je voulais me coltiner ce genre de réflexions toute la journée, j’aurais épousé Sarah, hein.


(Sarah qui m’a interdit de porter mes chaussures à Nouvel An parce qu’elles allaient pas avec ma tenue et que « Je te prêterais bien des chaussures à moi, mais j’veux pas que tu les déformes avec tes pieds de Hobbit ».)

(Et pourquoi mes chaussures n’allaient pas avec ma tenue ? Parce que Sarah m’a aussi empêchée de porter la tenue que j’avais prévue pour Nouvel An, sur le doux ton de : « TU T’FOUS D’MA GUEULE ? VA TE CHANGER TOUT DE SUITE ! »)

(Alors que oui, okay, c’était un pull Star Wars, mais avec des paillettes. Festif, quoi.)

(Fashion police partout, fashion justice nulle part.)

Bref, j’ai passé pas mal de temps avec ma nièce pendant ces vacances. Ce qui était assez étrange pour moi, parce que j’ai pas passé de temps avec des enfants depuis l’époque ou j’en étais un moi-même. Y’a donc certaines choses que je prends pour acquises chez les gens, mais qui font cruellement défaut à la gent marmaillesques.

Genre la patience. Ou la propreté. Ou la politesse.


Ou à peu près tout ce qui fait de nous une civilisation et pas un troupeau de sauvages.


Parce qu’en fait, je m’en rendais pas compte à l’époque, mais les enfants sont des animaux.

(Rousseau et l’État de nature, c’est bon, c’était pas la peine d’aller chercher sous l’Équateur, mec. Si t’avais pas abandonné tes cinq enfants dès leur naissance, tu l’aurais trouvé tout de suite, l’État de nature.)

(Bouffon.)

Parce que moi j’étais partie du principe que ma nièce, maintenant qu’elle avait trois ans, qu’elle avait passé l’âge terrible du foutage de merde, qu’elle allait à l’école et tout, ben elle serait un peu plus posée.

Eh ben mon vieux, j’étais pas au bout de mes peines.


- Bon, pendant que Maminette fait à manger, on va jouer ensemble. Qu’est-ce que tu veux faire ?
- Un dessin !
- Et si je te dessinais un sapin de Noël, et après on le décore ensemble ?
- Ouais !
- Voilà, alors on met des boules, des guirlandes, et…
- J’VEUX JOUER AUX CUBES !
- Mais on n’a pas fini le dess…
- LES CUBES !

Et après une minute à jouer aux cubes :

- Tu me racontes une histoire ?

- Si tu veux.
- Lis-moi ‘Camille fête Noël’ !
- D’accord. « C’est le soir de Noël chez Camille. Tout le monde est arrivé pour faire la fête : les cousins, papi et mamie… »
- J’VEUX REGARDER LA REINE DES NEIGES !



- On va pas regarder la Reine des Neiges maintenant, parce qu’on va bientôt manger. Écoute ton histoire.
- JE VEUX TÉTINE !
- Non, Maman a dit que c’était que pour la sieste.
- MAAAAAIIIIIIS JE VEUUUUUX TÉTIIIIIIINE !
- Meuf, tu m’as prise pour un jambon ou quoi ?

Qu’on se le dise, les gosses sont nuls en négociations : ils se contentent de répéter ce qu’ils veulent sans avancer de nouveaux arguments, mais attends gamine t’iras nulle part avec une attitude pareille ! (T’es pas jolie à ce point.)

(Bonus pour la technique pas flag du tout « Je fais les bruits de pleurs mais sans aucune larme ». CREDIBILITAY.)

Niveau tact, ça pèche un peu aussi à cet âge-là, cf. les remarques bien vexantes que je me suis mangées dans la gueule pendant mon séjour :

- Tata pourquoi t’as pas mis de maquillage aujourd’hui ?

- Parce que j’avais pas envie.
- Mais tu sais, il faut mettre du maquillage tous les jours, parce que t’es pas très belle.

(Merci du conseil, BELZÉBUTH.)

Enfin, l’avantage des gamins de cet âge, c’est qu’ils sont impossibles à vexer (je pense que t’as pas de fierté quand on doit encore te torcher le cul), du coup c’était pratique, j’avais jamais besoin de faire dans la dentelle :

- Tu manges quoi ?
- Une tartine de miel. T’en veux?
- Mais tu sais, t’as pas le droit de manger des tartines quand il fait nuit, parce qu’après tu vas manger le dîner.
- Meuf, je suis une adulte, je mange ce que je veux.
- Non c’est pas vrai.
- Ah si si, c'est vrai. 
- ....
- Regarde, hop, je sors du chocolat du placard, et je le mange! Il est sept heures du soir, je m’en balek!
- T’AS PAS LE DROIT !



(J'vais me gêner, tiens.)

Mais même là, je me faisais encore avoir :

- Tata, tu me donnes un Curly ?
- Bon, je t’en donne un, mais tu le dis pas à Maman, d’accord ?
- D’accord.
- Tiens.
- MAMAN MAMAN, TATA ELLE M’A DONNÉ UN CURLY ALORS QU’ON VA BIENTÔT MANGER !!


Alors je sais pas si c’est tous les enfants de trois ans qui sont particulièrement teu-bé, mais mon vieux, tu sens bien qu’elle est pas complètement finie.

J’en veux pour preuve la partie de cache-cache la plus What the Fuck de l’univers, ou je me suis retrouvée au milieu du salon à compter, tout en la surveillant du coin de l’œil. Je compte, je compte, et cette gole-mon ne bouge pas ! Donc je compte plus lentement en lui redonnant les instructions (« Seeeept, huiiiiit, va te cacher, neuuuuuf, va te cacher ») et je la vois qui va nonchalamment se poser SUR le canapé, genre même pas cachée derrière un coussin, nan !

Du coup, magnanime, je me tourne de l’autre côté histoire de faire semblant de la chercher au moins trois secondes, je découvre mes yeux et je fais :

- Quatorze, quinze ! J’arrive !


Et là, j’entends une petite voix fluette derrière moi qui fait :

- Je suis làààà !




Je pense que le concept de cache-cache n’est pas encore bien présent dans sa tête.

(Pourtant tout est dans le nom.)

Et c’est pas faute d’avoir essayé de lui expliquer :

- Non, Lyson, tu dois te cacher quand je compte ! Par exemple, tu vas dans le placard, ou sous le lit…

- Non, j’ai peur !
- Ben alors, tu te caches là ou t’as pas peur.
- Non mais j’ai peur de me cacher.
- Ah ben oui, alors là c’est sûr qu’on va pas y arriver.

Car oui, cette enfant est la pire pétocharde que j’aie jamais vu de ma vie.


Apparemment ma sœur était une immense trouillarde aussi étant petite, mais comme elle a cinq ans de plus que moi, je l’ai jamais connue à cet âge-là. Et moi j’ai jamais eu ce problème – je partais jouer toute seule dans la forêt tous les soirs après l’école, et je me viandais régulièrement dans le fond de ravins ou au pied des arbres en pourchassant des oiseaux ou des souris.

(Une fois je me suis liée d’amitié avec un écureuil, je lui amenais des noix et tout, j’espérais qu’on devienne potes comme Spirou et Spip, mais en fait non, mais c’était sympa quand même de le regarder manger.)

(Vis ma vie de future vieille dame aux chats.)

Et ma petite nièce, au lieu d’avoir peur des choses saines et normales (comme les loups-garous, les requins et les pantins), à la place, elle a peur de TOUT.

Elle a peur du noir, elle a peur des chevaux, elle a peur des chiens, elle a peur des inconnus, elle a peur de courir, elle a peur de sauter, elle a peur des chenilles, elle a peur des piscines, elle a peur de l’autoroute, elle a même peur des CHATS.

(Sérieusement ?)

(Le truc tout mignon et tout doux qui ressemble à une peluche, on est d’accord ?)

Bref, c’est une sacrée précieuse.

Au tout début de mon séjour, on est allées faire les courses, je l’ai mise dans le caddie en disant « on fait la course ? », puis je me suis mangée une heure de sermon :

- Tu sais tata il faut pas aller vite parce que c’est dangereux et on peut tomber et se faire très mal, et d’abord le supermarché c’est pas un endroit pour faire la course….


(3615 ‘Enfant le moins fun du monde’.)

Idem quand on est parties faire une marche en montagne, au début de laquelle elle nous a assuré qu’elle marcherait tout du long, pour s’écrouler par terre 20 minutes plus tard en chouinant qu’elle était FATIGUÉEEEEE.

(Évidemment.)

Donc comme je suis la tata la plus sympa du monde, je l’ai prise sur les épaules, et c’était la panique à bord :

- Je veux pas que tu me poooortes ! J’ai peuuuuuur !

- Tu préfères marcher ?
- ….
- C’est bien ce que je pensais. Petite ingrate.

Inutile de dire que mes tentatives d’alléger l’ambiance en faisant le cheval ont été sèchement réprimandées :


- Tata il faut pas courir parce qu’il y a des cailloux et c’est très dangereux, il faut marcher très doucement et regarder bien où on va sinon on peut tomber sur les cailloux et se faire très très mal, et aussi il faut faire attention parce qu’il y a de la gadoue et ça glisse et on peut tomber et….





(C’est comme d’avoir le Walkman le plus chiant du monde.)


Mais ce qui me désole le plus, c’est que ma nièce est la petite fille la plus ‘fille’ de l’univers entier.

J’espérais faire des trucs fun avec elle, genre aller sur la balançoire (elle a peur), faire du vélo (elle a peur), jouer au loup (elle aime pas courir), ou même juste faire de la pâte à modeler ou des Lego, mais tout ça, elle s’en fout.

(Et cache-cache, on voit ce que ça a donné.)

Car les activités préférées de ma nièce sont, dans l’ordre :

1. Jouer à la cuisine

2. Jouer à la maîtresse
3. Jouer à la maman
4. Regarder la Reine des Neiges
5. Dessiner
6. Regarder Peppa Pig
7. Jouer à faire le ménage

SÉRIEUSEMENT ?


JOUER à FAIRE LE MÉNAGE ??


(Nan mais c’est bon, enlève-lui son droit de vote tout de suite, c’est clair qu’elle s’en servira jamais.)

Bref, je me retrouve tata d’une gamine qui déteste faire tout ce que moi j’adorais à son âge (se salir, aller dehors, se battre avec des bâtons, faire la course dans la forêt avec des chevreuils) et adore tous les trucs que je détestais (les princesses, les poupons, les petits poneys à la crinière rose).

Et quand on essaye de faire un truc relativement fun, genre jouer à la marchande, ça fonctionne pas des masses :

- Bonjour madame la marchande ! Qu’est-ce que vous vendez aujourd’hui ?
- J’ai des patates.
- D’accord, alors je vous prends une patate, s’il vous plait.
- Non.
- Comment non ?
- Non parce que je te donne pas mes patates !
- Mais c’est pour faire semblant, Lyson. Regarde, là je te donne la pièce…
- Ma pièce !
- Et maintenant je prends la pata…
- Non ! Ma patate ! Ma piece!

(Okay, donc pour le concept de ‘partage’, je pense qu’on repassera l’an prochain.)

J’ai quand même réussi à lui faire faire une bataille de sabres lasers/bâtons lors d’une balade (ce qui était mon plus fier moment en tant que tata):



Même si, à la seconde ou elle m’a terrassée, elle s'est jetée sur moi en disant :

- Maintenant tu es à l’hôpital !

- Okay.
- On va te donner les médicaments, et après tu vas mettre le sparadrap.
- Mais… on joue plus à la bagarre ?
- Maintenant on va regarder dans les oreilles et on va écouter le cœur.
- …
- Et après tu iras chez le dentiste, il faudra être très sage et puis t’auras une sucette.

(Chassez le naturel, tout ça tout ça.)

Bref, c’était quand même sympa de passer du temps avec elle, et puis au moins maintenant mon utérus est calmé pour les cinq prochaines années.

(Y’a pas de petites victoires.)

- Eh Tata Charlotte, je m'ennuie.
- Ben, t'as qu'à compter les sapins.
- D'accord. Un, deux, huit, onze, quatre,....
- Dis donc, ils t'apprennent vraiment que dalle à la maternelle.
- Chut! Je compte. Huit, seize, deux...



(Mais une petite voix comme ça rend tout mignon.)


Sur ce, à bientôt pour plus d'aventures trépidantes au pays de la tête en bas!

dimanche 10 janvier 2016

La perle de l'année, édition 2015


Salut les p'tits loups!

Ouais, je sais, ça faisait un bail.

J'ai loupé les traditionnels articles de Noël, de bonne année, et tout ça, mais j'ai une bonne excuse, j'étais en Alsace en train de m'empiffrer et de passer des bonnes vacances oklm avec ma famille passive-agressive:

- Et sinon tu reviens quand?
- Ben je viens d'arriver là, donc pour le moment, je sais pas trop.
- Tu seras là pour l'anniversaire de mamie?
- Etant donné que je viens de prendre tous mes jours de congé et qu'un billet coûte deux mille cinq cent euros, je pense que non.
- Ah bon ben si t'as pas envie de nous voir, on va pas te forcer, hein.


(Ça va bien chez toi, sinon?)

BREF, avant de parler de mes vacances et de ma famille (attends-toi à un article de tata gâteuse de derrière les fagots), je vais recommencer en douceur, parce que c'est pas que je viens de me farcir 35 heures d'avion et que je bosse demain, mais bon, voilà hein.

Du coup, comme j'ai profité de ces vacances pour aussi revoir mes fabuleux amis, je t'ai mitonné une perle de l'année aux petits oignons (cette tradition me manque, mais mes amis Kiwis ne sont pas drôles).

Pour les petits nouveaux qui ne seraient pas au courant de ce qu'est la perle du mois (ou, en l'occurrence, de l'année), je rappelle le concept: je suis quelqu'un qui se balade avec un petit carnet sur elle en permanence, et quand quelqu'un dit quelque chose de drôle, je le note dedans. Et comme en France j'ai plein d'amis très drôles, je faisais autrefois un article mensuel où je regroupais toutes leurs conneries, et ensuite les gens votaient pour leurs préférées.

(Pour les plus intéressés, vous pouvez retrouver toutes les perles du mois en suivant ce lien.)

Bon vote!


EDIT: La gagnante de l'année est donc la perle que Sarah m'avait fait jurer de ne pas mettre sur le blog ^^ 


4. "Moi j'ai été élevée en mode "La fille doit savoir faire la cuisine et tenir une maison pour que l'homme n'aille pas voir ailleurs." Plus tard j'ai découvert que lui sucer la bite ça suffisait." Sarah

(J'espère que vous êtes contents, bande de cochons.)




1. "Schoko-bons, attrapez-les tous!" Sarah

2. "Eh mais t'es roux! Tu devrais pas avoir le droit de passer à la télé!" Sarah

3. "Je dis pas que t'es maladroite, je me demande juste comment t'as encore toutes tes dents." Sarah

5. "Tu veux pas qu'on t'appelle Cha, tu veux pas qu'on t'appelle Lotte, en fait on peut juste t'appeler "rrrr", c'est ça?" Sarah

6. "Est-ce qu'il y a des gens qui t'appelaient Lolotte quand t'étais petite? ...Ah pardon. J'oubliais que t'avais pas d'amis." Sarah

7. "Derrière la gazinière on a genre six cuillères en bois. On a même dû en racheter. On aurait juste pu déplacer la gazinière, mais on est tellement feignants qu'on a préféré en racheter." Sarah

8. "C'est mignon Aliénor... j'ai déjà appelé des Sims comme ça." Sarah

9. "Mon chat il s'est jamais comporté comme un chat... c'était plus comme un Pokémon, en fait." Sarah

10. "Un jour j'ai goûté de la glace à la rose parce que Charlotte m'avait dit que c'était bon, mais c'était avant que je comprenne que chaque fois que Charlotte dit que quelque chose est bon, c'est dégueulasse." Sarah

11. "Mon chat, si elle était humaine, elle serait en CLIS." Sarah

12. "Je suis un vieux couple moi. Je m'épile mieux pour le gynéco que pour Flo." Sarah

13. "Ça m'énerve ces gens qui commencent bien l'année. Oui regarde chez moi, y'a du bordel partout, on est en train de décuver. Connasse!" Sarah

14. "Plus jamais je bois du crémant. Et du vin. Et de la margarita. Et du mojito." Sarah

15. "J'ai bu trop de crémant et maintenant les bulles ressortent par mon cul." Sarah

16. "J'aime bien regarder Parks and Rec parce que Anne et Leslie me font penser à toi et moi: moi la jolie fille, et toi la tarée" Sarah

17. "Fla c'est ma bite par alliance." moi

18. "J'espère que ce chocolat chaud me reste sur l'estomac, comme ça je pourrai continuer à le roter jusqu'à ce soir." moi

19. "Nuttea. Le mec il a un nom de barre de céréales." Flo

20. "Fla il a des oreilles tellement minuscules, on dirait une otarie." Flo

21. "Je compte les jours avant de revoir Fla: les journées sont longues, mais je reste zen... j'ai la Flattitude" Maman de Fla

22) - Si un jour on a un fils je voudrais bien l'appeler Paul. (moi)
- Comme ça plus tard il sera strip-teaseur. (Fla)
- ...
- Il fera du Paul Dancing.

23) - Ton chat il me lèche les cheveux. 
- Peut-être que t'as un shampooing odeur souris. (Sarah)

24) - Un jour à la Saint Nicolas on m'a assise sur l'âne, et c'était le plus beau jour de toute ma vie. 
- Tu comptes le jour de ton mariage? (Sarah)
- ...Oui.

25) - Tu sais toujours pas écrire droit! (Jean)
- Jean, quand on était au CE2, je savais pas écrire droit. (moi)
- Je sais. Et ça m'énervait déjà.

26) - Jean il a pas trop le côté tombeur. 
- Ouais. Il en a fait tomber une, et c'était bon. (Nono)

27) - Pourquoi tu regardes mes SMS? 
- Je vérifie si "Maman" c'est pas un nom de code pour "Amant". (Sarah)

28) - Si moi j'étais une des filles de "Friends", je serais qui? 
- ROSS! (Marie)

29) - Y'a des déchets partout dans la maison... y'en a même un dans ma salle de bains. (Sarah)
- ...
- Je parle de toi. 
- J'avais compris. (moi)

30) - Pour le boulot j'ai des gants en latex et des gants en nitrile. (Jean)
- T'AS DES GANTS EN MITHRIL??? (moi)

31) - Ça me fait trop penser au clip avec le gars qui se balade avec une tête de lapin. (Marie)
- Oui, enfin là c'est une grenouille. (Jean)

32) - Moi chuis pas ton amie??! (moi)
- Toi T’ÉTAIS son amie. (Flo)
- Ouais. Maintenant t'es un truc qui me colle. (Sarah)

33) - T'as fait deux cent mille kilomètres pour venir nous voir? (Marie)
- Tout à fait. J'habite sur la lune. 

34) - Ils sont vraiment spécials. (Flo)
- Spéciaux. 
- Spécials. Un par un.

35) - C'est vachement bien Skype, quand même. (moi)
- C'est sûr que si je devais t'écrire des lettres, ça fait longtemps qu'on serait plus amies. (Sarah)

36) - Avec Patrice on veut se faire incinérer quand on meurt (Maman de Fla)
- Ouais, parce que les bourrelets, ça brûle bien. (Patrice)


Et je t'ai gardé pour la fin une participation spéciale de ma Mamie le soir de Noël:

37) - Oh, il est si tard! Une heure dix du matin! 
- Oui mamie.
- ... Et maintenant une heure onze!


Bonne année!

dimanche 6 décembre 2015

Brève geek


Et sinon j’ai enfin laissé tomber Skyrim.

Nan parce que c’est sympa et tout, mais finalement, après 675 heures de jeu, on se lasse vite.

Et si tu penses que ça c’est triste, t’as rien vu.

Parce que je dis que j’ai laissé tomber, mais en vrai, je vais juste faire autre chose pendant six mois, et puis je vais y retourner.

Parce que quand je trouve un truc que j’aime, j’ai tendance à être juste un poil obsessionnelle. 

L’obsession dure pendant un moment plus ou moins long (ca peut aller de quelques mois à plusieurs années, cf. ma période « JRR Tolkien forever » qui s’est quand même étirée entre la Seconde et la Terminale) (big up à mes amis de l’époque pour être restés mes amis) (sérieux, même moi je sais pas comment vous avez fait).

Sauf que quand c’est fini, en fait, c’est pas fini !

Parce que mes obsessions se tarissent au bout d’un moment, mais jamais complètement. Je tombe hors du mode fangirl, mais j’y retourne quand même de temps en temps.

Je peux citer comme exemple flagrant Friends, alias ma série marronnier depuis 1998 (et jusqu’à l’heure de ma mort), à laquelle je retourne périodiquement quand la mouche de « eh je reverrais bien un épisode d’une série que j’ai vu plus de mille fois » me pique. Alors que non seulement je pourrais regarder l’une des neuf séries jamais entamées qui patientent sur mon compte BetaSeries, mais en plus, je pourrais aussi choisir de revoir une autre série bien que j’ai vu qu’une seule fois ! (Breaking Bad et Vikings sont en ce moment sur ma liste de « faudrait se faire un marathon ».)

Mais à la place, non non ! Moi je décide de regarder pour la quarante millième fois l’épisode ou Joey et Chandler échangent leur appartement avec Monica et Rachel. Tout va bien dans ma tête.


(Bon, mais après, c’est vrai qu’il est drôle quand même cet épisode.)

On peut ajouter à ma liste d’obsessions cycliques et inépuisables :

- Relire la trilogie de la Croisée des Mondes (tous les trois-quatre ans depuis 1999)
- Relire le Seigneur des Anneaux (tous les trois-quatre ans depuis 2002)
- Revoir la trilogie du Seigneur des Anneaux pendant un long week-end (tous les ans depuis 2004)
- Recommencer une partie de Pokémon (une à deux fois par an depuis l’an 2000)
- Me faire un marathon Star Wars (tous les ans depuis 1997, et visionnés dans le Machete Order depuis 2013)
- Pleurer devant le Roi Lion (tous les ans depuis 1994) (quand même).

Et on peut terminer cette liste de malade mentale avec : « Recommencer une partie de Skyrim – tous les six mois depuis 2014 »

(Mais sinon ça va, je suis pas routinière du tout.)

Bref.

Du coup, en attendant que je retrouve l’envie de jouer à Skyrim, je joue à The Witcher.

Sauf que comme mon PC est un peu vieux, je joue à The Witcher 1 et 2 (en édition remastérisée quand même, on n’est pas des bêtes).

Et c’est pas aussi addictif que Skyrim, mais j’avoue que c’est bien sympa.

Si l’on fait abstraction de la traduction française sous acide qui, non contente de me balancer des « Sorceleur » à tour de bras dans tous les dialogues, me gratifie régulièrement de perles hilarantes dans les sous-titres.

Exemple : Geralt est sur le point de se battre avec des malfrats, il annonce « Vous voulez danser ? » dans la VO polonaise, et le sous-titre français me sort : « Dansons la gaudriole ! »

DANSONS.

LA.

GAUDRIOLE.

(Je sais pas ce qu’ils prennent chez Atari, mais je veux la même chose.)



(Expressions de mamie Simone bonjour) 

Big up aussi aux graffitis traduits par des fans de De Caunes/Garcia à la grande époque :


En fait, je crois que les traducteurs se sont juste fait plaiz' sur ce jeu:


Mis à part les moments de déconne, je kiffe bien l’histoire, les ennemis, les combats, la mythologie, par contre MON DIEU CES CINÉMATIQUES A N’EN PLUS FINIR MAIS BORDEL !

Je veux bien que les cinématiques soient intéressantes pour le scénario, mais là, je peux pas rentrer dans une maison sans me taper une cinématique de deux minutes ! Et en plus y’a rien qui se passe dans la cinématique ! C’est juste un gus qui parle, et puis Geralt qui parle, et puis le gus à nouveau, mais QUEL EST LE BUT ??

Et quand je sors de la cinématique, c’est juste parce qu’il faut que je fasse des choix dans ENCORE PLUS DE DIALOGUES !

Et quand j’ai enfin toutes les infos qu’il me fallait, je sors de la maison, et y’a un gars qui m’attend dehors et PUTAIN DE COUILLE ENCORE UNE CINÉMATIQUE SUIVIE D’UN AUTRE DIALOGUE !!

(À ce stade-là, c’est plus un jeu vidéo, c’est un épisode de Derrick.)

Non bon, je râle, mais faut avouer que c’est chouette d’avoir des moments de réflexion et pas juste du bourrinage d’ennemis – surtout quand on sait que les choix du personnage affectent le scénario, ce que je trouve absolument génial parce que je savais même pas que c’était possible de faire ça dans un jeu vidéo.

(3615 n00b.)

Par contre, faut bien avouer que Geralt de Rivia, c’est un super combattant et tout, mais niveau détective, c’est pas vraiment Nestor Burma :

- Bonjour, chef de la police.
- Bonjour, Geralt.
- Du nouveau dans l’affaire de la Salamandre ?
- Oui, je suspecte que le patron de la banque de Wyzima est mêlé à l’affaire. Mais c’est un très gros bonnet, alors il va falloir opérer avec beaucoup de précautions tant que nous n’avons pas de preuves tangibles.
- N’en dites pas plus.

*cinq secondes plus tard*

- BOUM BÉBÉ C’EST GERALT ! Salut patron, désolé pour ta porte, j’aime bien les entrées dramatiques. Dis donc c’est sympa chez toi ! Attends deux secondes, je vais vite fouiller dans tes tonneaux pour voir si y’a des trucs sympa à grailler. Alors comme ça il parait que t’es le chef des mafieux ?

(JE SUIS UN DÉTECTIVE HURR DURR.)

Ah oui, et tant qu’on en parle : je sais bien que dans les RPG d’heroic fantasy, le réalisme n’est pas vraiment de mise, mais c’est quoi ce truc de piller les maisons des gens ?

J’veux dire, dans Pokémon, tu peux rentrer dans toutes les maisons et parler aux gens, mais tu peux pas leur piquer leurs affaires ! (Des fois ils te donnent des trucs quand tu leur parles, ou bien, éventuellement, tu trouves des poke balls dans leurs poubelles.) Et dans Skyrim ou Fallout, y’a un système d’étiquetage des objets : donc okay, tu peux techniquement prendre n’importe quel item chez n’importe qui, mais si tu prends ceux marqués en rouge, c’est considéré comme du vol.

Tu rentres pas juste comme ça chez un gars que t’as jamais vu et tu lui piques son fromage dans le placard !

Mais dans The Witcher, t’es trop en mode j’m’en balek :

- Salut à toi, étranger. On ne voit pas souvent des sorceleurs dans ce quartier de miséreux. D’ailleurs j’ai grand-faim, tu n’aurais pas un morceau de pain ?
- Nan, par contre je vais entrer dans ta hutte et choper l’or que tu gardes dans le placard, le poulet qui traîne dans ton tonneau, ta torche et ton bouquin sur les plantes, et puis le châle de ta femme aussi.
- Ça marche!

MAIS QUOI ???

MAIS MÊME LES PNJ S’EN BATTENT LA RACE QU’ON LEUR PILLE LEURS MAISONS ?

(J’veux dire, je sais que c’est le Moyen Age, ils sont habitués aux pillards, mais quand même.)

(Même pas le mec il sort une fourche, ni rien.)

De toute façon, les PNJ font n’importe quoi dans ce jeu, donc j’ai laissé tomber le raisonnement. Particulièrement quand j’ai découvert les options, disons, « romantiques ».

Parce que bon, moi, j’ai toujours joué à des RPG plutôt chastes : dans Skyrim, tu peux te marier, mais tu baises jamais (mais vraiment genre pas une seule fois – même tes mômes sont adoptés). Dans les Sims, tu peux baiser, mais bon, ils te représentent l’acte avec des gros pixels ET sous une couverture (ceinture et bretelles, les enfants). Dans Pokémon, y’a rien du tout, mais en même temps ton perso a genre onze ans, alors encore heureux. Et dans Fallout, t’es trop occupé à tuer des créatures mutantes et à essayer de pas mourir irradié pour te soucier de ce genre de détails.

Et Flaxou avait sciemment omis de me parler du côté sulfureux de The Witcher, juste pour voir ma tête. Et mon vieux, il a été gâté.

Parce qu’au tout début du jeu, tu rencontres une meuf qui te connait et avec qui tu as eu une histoire romantique. Sauf que t’es amnésique alors tu t’en rappelles pas. Bon.

Après y’a une attaque de méchants, la meuf se fait blesser, elle est genre dans le coma, et tu vas chercher une potion pour qu’elle aille mieux. Et puis elle se réveille, elle te dit merci, et un truc du genre « Ne me laisse pas toute seule, j’ai besoin de toi ». Moi, trop pure et innocente, je me dis « Bah oui la pauvre, elle a quand même failli mourir, elle est encore sous le choc de l’attaque, je vais rester la réconforter, c’est normal. Genre y’aura peut-être l’option de lui faire une tasse de tisane ? »

AH NAN EN FAIT JE LA TRINGLE.

OKAY.

Et j’étais à peine remise du choc initial que Geralt avait fini son affaire, et là il reçoit UN STICKER PANINI DE LA MEUF QU’IL S’EST TAPÉ ?!!


SÉRIEUSEMENT ??!!

Sérieusement.

Tu reçois une carte à collectionner pour chaque meuf que tu te fais dans le jeu.



(Et bien sûr elles sont DE TRÈS BON GOUT N'EST-CE PAS)

Genre Geralt c’est censé être un sorcier/guerrier badass, sombre et mystérieux, est-ce que t’es vraiment en train de me dire qu’il se balade avec un scrapbook de toutes les gonzesses qu’il a baisé comme le dernier des minables ?

Et en plus, c’est pas comme si c’était particulièrement difficile à obtenir, comme récompense, hein !

Non non ! 

Je dois repousser les filles avec une pelle pour éviter qu’elles se jettent sur moi les cuisses écartées !

Vraiment, absolument toutes les meufs que tu croises dans ce jeu ont le feu au cul, quelque chose de violent. Les options de dialogue sont complètement en roue libre :

- Bonjour madame, je cherche le chemin du moulin…
- EH VAZY ON NIQUE.



(Réalisme !)

Limite je me sens mal pour ce pauvre Geralt qui passe son temps à se faire agresser sexuellement par tout ce qui a une paire de miches. Parce que comme l’idée d’un album Panini rempli de meufs à poil me faisait frissonner de dégoût, maintenant, je passe mon temps à repousser les nanas en chaleur :

- Merci d’avoir accompli ma mission, beau gosse ! J’ai tes 200 orins. À moins que tu ne préfères un autre… moyen de paiement ?
- NAN LES SOUS MERCI SALUT.

(Elle est marrante la radasse, mais moi j’économise pour m’acheter une armure, c’est pas son cul qui va payer le forgeron.)

Alors je sais pas trop si c’est les développeurs qui se sont fait plaiz, ou si c’est fidèle aux bouquins d’origine – ce qui ne m’étonnerait qu’à moitié, vu la tendance des bouquins d’heroic fantasy à faire des relations amoureuses calibrées sur des fantasmes de môme de quatorze ans (où toutes les conquêtes se calquent sur le modèle « Laissez-la tranquille, bande de porcs ! » > dérouillée victorieuse > « Oh mon preux chevalier, je suis toute à toi ! »).

Bref, quoi qu’il en soit, ça emballe sévère dans The Witcher. Et c’est pas le seul truc « mature » dans ce jeu.

Comme je l’ai mentionné plus haut, j’ai mis le jeu en VO polonaise, avec les sous-titres en français, en me disant « C’est cool, ça me fera réviser, j’ai peut-être encore des restes ! »

Eh ben mon vieux, ça m’a bien fait réviser tous mes gros mots, ça c’est sûr.


En effet, pour le plus grand bonheur de mon petit coeur de charretier, ça jure de tous les côtés dans The Witcher. Et c’est là que je suis bien heureuse d’avoir fait du polonais LV3, parce que la VF est très épurée par rapport au texte original – quand c’est pas des gros mots qui passent carrément à la trappe, c’est des édulcorations mignonnes, genre le sous-titre qui t’annonce poliment « ces bâtards » quand l’acteur polonais vient de s’exclamer « CES FILS DE PUTE ! »

(C’est fun.)

De toute façon, le jeu n'est pas vraiment fait pour être politiquement correct, cf. le foutage de gueule en règle des druides écologistes, qui me racontent qu'ils prévoient de faire des manifs (en pleine guerre civile):




Donc, au cas où tu ne l'aurais pas compris, ce jeu a été codé par des trolls.

Exemple typique : j’arrive dans un village et je parle à une vieille (c’est toujours utile de parler aux vieux dans The Witcher, parce qu’ils ont souvent des bons conseils sur les monstres du coin). Bref, la vieille me dit « Han, j’ai si faim, j’ai pas mangé depuis trois jours », du coup je lui donne un bout de pain, et en remerciement, elle m’apprend des trucs sur les monstres des marais.

OK, cool.

Mais ensuite je fouille dans son placard et je trouve deux cuisses de poulet, un sandwich au jambon, et TROIS MEULES DE FROMAGE.

Meuf ! T’as pas mangé depuis trois jours, et t’es littéralement DEBOUT A COTÉ D’UN PLACARD REMPLI DE BOUFFE !



Mais, pour équilibrer, les développeurs n’ont pas été cruels qu’avec les PNJ : ils sont aussi salauds avec Geralt.

Par exemple, au détour d'une quête dans une crypte (où je me fraye un chemin à l'épée parmi les goules, vampires, brouxes, fantômes, et autres créatures de la nuit), je remarque qu’un pan de mur de la crypte est affaissé. Je lance un sort dessus, le mur s’effondre et me révèle un long couloir.

Je le suis, je combats plus de monstres, et je tombe enfin sur une pierre de téléportation (qu’on active en lançant une combinaison de signes magiques dessus). 

Je me casse un peu la tête pour trouver la combinaison, je trouve enfin, et je suis téléporté dans une autre crypte où se trouve un instant gang-bang d’ennemis. Je les combats tant bien que mal, et, une fois remis sur pied après la bataille, j’avise une sépulture assez classe, le genre qui renferme du butin pas trop mal.



Du coup je vais l’ouvrir, et là :



Une myrtille ?

UNE MYRTILLE ???!

ET C’EST LE SEUL LOOT DE TOUTE LA CRYPTE !

La crypte super cachée et pleine d’ennemis où on ne peut se rendre que par téléportation, elle ne contient qu’une PUTAIN DE MYRTILLE !!!

(Qu’on se le dise, les Polonais ne sont pas les derniers pour la déconne.)

(Pour ceux qui se demanderaient à quoi les myrtilles servent dans ce jeu : tu peux les manger, et elles te redonnent un point de vie. Voilà voilà.)

Mais à part les moments trollesques, j’aime beaucoup ce jeu, surtout pour son scénario.

Déjà, j’adore la Pologne, et oui d’accord okay l’histoire se passe dans un monde de fantasy et ça s’appelle la vallée du Pontar, mais sans déconner c’est carrément la Pologne au Moyen Age, les gars du jeu n’essayent même pas de le cacher : ça va des petits clins d’œil mignons (les villageoises qui te tapent la discute en te donnant des recettes de bigos) à des trucs vachement plus anxiogènes, genre TOUT LE SCENAR DU JEU :

Si on met de côté les éléments de fantasy et qu’on se concentre sur l’aspect géopolitique, The Witcher, c’est l’histoire d’un petit royaume coincé au milieu de voisins beaucoup plus puissants, et qui se mange invasion sur invasion et n’a pas d’autre choix que de regarder ses villages brûler. Ah oui, et il y a aussi un organe indépendant (le Conclave) composé de mages, et chargé de réguler la paix internationale, mais bizarrement, quand le pays de Geralt est attaqué, le Conclave ne fait rien.


(3615 allusion subtile.)

Ajoute à ça le fait que chaque ville dans le jeu a un quartier spécial pour les « non-humains », et ça sent quand même furieusement l’Europe de l’Est dans cette nation fictive.

(Ah bah ouais, ça serait pas le Moyen Age en Europe sans des ghettos Juifs.)

(Pardon, « Nains ».)

D’ailleurs, le choix principal du jeu dans Witcher I et II est de s’allier aux humains ou aux non-humains (Elfes et Nains). Geralt est accepté dans les deux camps, officiellement parce que c’est un mutant, mais surtout parce que c’est une putain de machine à tuer et si j’étais eux, je voudrais clairement pas le voir dans l’équipe d’en face.

Le truc avec ce choix, c’est que c’est un peu comme le choix entre les Impériaux et les Stormcloaks dans Skyrim : est-ce que je vais m’allier avec les connards racistes, ou avec les connards totalitaires?

(Que de choix, que de choix.)

Dans Witcher I, j’avais choisi de m’allier avec les humains, parce que les « rebelles » étaient en fait des terroristes qui faisaient sauter des bombes parmi les civils, prenaient des gens en otage, et faisaient de la guérilla dans les marais, et moi je négocie pas avec les fils de pute.

Mais au final, les chevaliers humains qui étaient en mode « nobles et valeureux » au début du jeu se sont en fait avérés être des fanatiques religieux qui ont brûlé tous les non-humains qui croisaient leur chemin (y compris les civils, les femmes, les enfants, tout le toutim) et le Grand Maître de l’Ordre était un traître à la Couronne qui travaillait main dans la main avec la mafia.

Et moi, j’ai choisi d’aider ces gars-là.

(L’expression « choisir entre la peste et le choléra » n’aura jamais été aussi appropriée.)

Du coup, là, j’ai commencé The Witcher II, et pour équilibrer un peu, j’ai décidé de m’allier avec les non-humains cette fois-ci. (Ça se passe dans une autre région, j’ai le vague espoir que les gens soient un peu moins des connards).

Mais de toute façon, je ne me prends pas trop la tête sur les décisions dans ce jeu, parce que quoi tu te choisisses, c’est toujours la merde.

A l’opposé de Skyrim, où les choix avaient peu d’incidence sur le jeu, et où tu finissais de toute façon toujours gagnant, dans the Witcher, tous les chemins mènent à Rome… si « Rome » était un mot de code pour désigner la mort de tous les gens qui te sont chers.

Surtout que moi, ayant été élevée par les films américains, je faisais des choix de héros au début. Dans The Witcher I, quand je suis tombée sur des terroristes qui avaient enfermé des civils dans la crypte avec des monstres, j’ai fait le choix d’aller sauver les civils, en me disant « Bah tant pis, ce n’est que partie remise, je choperai les gars plus tard. » Sauf qu'en sortant de la crypte, je me retrouve face à une montagne de cadavres, et le chef des gardes qui me dit :

- Ou étais-tu passé ? On t’a cherché partout ! Les terroristes ont mis la ville à feu et à sang !

Mec, t’es le chef de la garde ! Qu’est-ce que tu fais planté comme un poireau à attendre que je sorte du cimetière pendant que les gars pillent la ville ? C’est trop te demander de te sortir les doigts des fesses UNE SEULE FOIS ?

(On sent le respect de l’uniforme chez les scénaristes de ce jeu.)

Du coup, maintenant, je me fais plus avoir :

- Oh non, le bourgmestre corrompu s’est échappé ! Geralt, rattrape-le !
- Geralt ! Les femmes et les enfants sont coincés dans la tour en flammes ! Qu’allons-nous faire ?
- EH BEN ILS VONT CRAMER MICHELINE, QU’EST-CE QUE TU VEUX QUE J’TE DISE.

Maintenant je pourchasse toujours les méchants en priorité, parce que c’est le seul moyen de minimiser les pertes civiles. À chaque fois que j’essaye de sauver les innocents, je me retrouve avec le double des cadavres sur les bras, parce que tous les gars que je laisse courir sont des putains de psychopathes (qui se baladent probablement avec des Jeep et des Uzis quand personne ne regarde, parce qu’autrement, je vois pas comment ils peuvent faire autant de morts à la seconde).

Et encore, ça c’est des conséquences un peu dark, mais relativement logiques.

Mais d’autres fois, je fais tout comme il faut, et le jeu me punit PARCE QUE j’ai fait les trucs bien !

Une fois, dans une taverne, un chevalier de bonne famille m’a demandé de retrouver sa sœur, qui avait disparu. Je l’ai retrouvée dans un bordel, et j’ai été OBLIGÉ de la niquer pour faire avancer l’enquête. (Sérieusement, y’a pas moyen de finir la quête sans passer par là.) (Et pour 500 pièces d’or en plus !) (ça fait cher le jambon.) Bref, passons l’immonde carte Panini :




(Très classe, comme toujours)

Je découvre donc suite à ma culbute que la fille a des traces de morsure sur le cou.

(Une partie du corps que je n'aurais pas pu voir si elle n'avait pas été toute nue, évidemment.)

Bref, je fais mon enquête, je découvre que la fille a été envoûtée par la tenancière du bordel, qui est une vampire. Je vais la voir, elle me propose de me taper toutes ses filles gratos si je la laisse en vie, je dis non, je la bute, bien joué Geralt.

Sauf qu’après je retourne voir la fille pour lui dire « Eh bonne nouvelle, j’ai tué la vampire qui te maintenait sous son emprise, tu es libre » et elle me crache dessus en me disant qu'on m'avait rien demandé, qu'elle était là de son plein gré, et que j’étais le dernier des enculés.

(Pardon de tuer des monstres suceurs de sang, hein.)

Bref, un peu dépité, je retourne voir le chevalier, qui me demande :

- Alors ? Vous avez trouvé ma sœur ? Elle va rentrer à la maison?

Et j’avais le choix de mentir et de dire « oui oui », ou de raconter la vérité. Moi, sympa, je dis la vérité, et le gars me lance :

- N’importe quoi ! Ma sœur ne choisirait jamais de devenir une courtisane ! Vous êtes vraiment un détective en carton. Pas de récompense pour vous !

Du coup, pour avoir fait les choix moraux et justes, je me retrouve exactement comme avant la quête, mais plus pauvre de 500 boules.

(Ça m’apprendra à être honnête.)

Bref, je m’amuse bien, je chasse des monstres, et j’ai toujours pas de vie sociale.

(Mais je peux aller à la plage tous les week-ends maintenant que c’est l’été, alors ma vie est quand même meilleure que la tienne.)



PS : Avis à tous ceux et toutes celles qui ont joué à The Witcher I, II ou III : qu’est-ce que vous en avez pensé ? Quel volet est le meilleur (ou le pire) ? Est-ce que vous avez des conseils à me donner pour le II ou le III ? Ci-mer d’avance !