mardi 9 février 2016

Séries 2015, Top & Flop – Partie 3: les bouses


On finit cette série d’articles qui m’a surprise moi-même par sa logorrhée (des fois je réalise pas que j’ai tellement de choses à dire sur un sujet avant de me lancer) (je m’excuse pour ceux et celles qui n’en ont rien à carrer des séries, mais chez moi c’est du sérieux, alors voilà).

(Si tu veux je te fais des articles sur les autres choses qui me passionnent au point d’en parler pendant des heures – ce sera des sujets encore plus obscurs, pour une audience encore plus de niche.)

(On pourra discuter mythologie comparée, creuser dans la symbolique du Silmarillion, ou bien parler de toutes les théories de fans sur Game of Thrones.)

(Le livre, hein, pas la série.)

(On n’est pas chez les p’tits joueurs par ici.)

Bref, tout ça pour dire : okay, je viens d’aligner trois articles uniquement sur les séries de 2015, mais, comme tu vois, quand je me lâche, ça peut être bien pire.

On finit donc par mon Flop personnel 2015 niveau séries, où je te présente celles que j’ai arrêté de regarder.

Parce que oui, quand on suit 30 séries de front, faut bien faire le tri, sinon on s’en sort plus.

(Et je sais que j’ai pas beaucoup de vie sociale, mais quand même.)

Mon tri cette année a été assez sage, parce que, comme tu l’as vu, y’a eu avalanche de bons programmes en 2015. Mais j’ai quand même mis deux-trois trucs à la poubelle, et les voici :


12 Monkeys


Une série pour laquelle j’étais pas super branchée dès le départ, étant donné que j’ai jamais vu le film donc elle est tirée. Mais je me suis retrouvée à la regarder quand même, parce que Professeur Flaxou était CHAUD PATATE.

(Les meilleurs films du monde selon Flaxou : 1. Starship Troopers, 2. District 9, 3. L'Empire Contre-Attaque, 4. Alien 3, 5. Stargate.)

(SENS-TU COMME UN THEME?)

Et maintenant tu comprends mieux pourquoi je vais souvent au cinéma avec des copains :

- Mais si, tu verras, Wes Anderson c’est trop un génie, y’a une brochette d’acteurs incroyables, l’histoire est drôle et tendre à la fois….
- Oui mais EST-CE QUE Y’A DES VOYAGES SPATIAUX ?

(Le souci, c’est quand personne n’est libre pour aller au ciné, et que je me retrouve à faire de la gymnastique verbale pour traîner Flaxou au cinéma.)

(« Mais en fait, d’une certaine manière, on peut dire que ‘The Imitation Game’ c’est du post-apo, parce que ça se passe pendant la guerre, et aussi, on peut dire qu’il y a des aliens, parce que Benedict Cumberbatch joue dedans. »)

Bref bref.

Tout ça pour dire que j’avais pas beaucoup d’attentes devant ’12 Monkeys’… et j’ai été déçue quand même.

Déjà, on commence par le plus flagrant : l’histoire n’est pas originale.

Et pas seulement parce qu’elle est adaptée du film ‘L’Armée des Douze Singes’, qui est lui-même adapté d’un autre film, ‘La Jetée’ (qui est lui-même adapté de… nan j’déconne c’est tout). Mais même sans ça, la trame de « Je vais dans le passé pour sauver le futur », c’est vu, revu, et re-revu. Et du coup, toutes les intrigues de la série sont elles aussi vues, revues et re-revues.

(« Je reviens dans le temps pour te rencontrer, mais en fait on s’est déjà rencontrés, mais on s’est rencontrés dans ton futur qui est mon passé, du coup tu n’as aucune idée de qui je suis », STEUPLAIT, copyright Marty MacFly, quoi.)

Ensuite, les acteurs ont l’air de se faire chier (mais quand on voit les dialogues qu’on leur donne, c’est plutôt compréhensible), et les effets spéciaux font un peu trop série B, même pour une série SyFy.

Mais la grosse faute de ’12 Monkeys’, c’est que leur logique temporelle PUE DU CUL.

Alors je veux bien être magnanime : c’est vrai que c’est compliqué de saisir les tenants et les aboutissants du voyage dans le temps. C’est un principe extrêmement casse-gueule si on n’a pas un doctorat en thermodynamique, d’autant qu’il existe plusieurs écoles concernant la manière dont le voyage pourrait marcher.

Je vais essayer de te résumer ça de manière extrêmement simplifiée :

D’une part, on a l’école de la ‘timeline mobile’, ou de ‘l’effet papillon’ : quand je voyage dans le passé, mes actions ont des conséquences directes sur le futur (soit je créé un futur parallèle quand je change un élément du passé, comme dans ‘X-Men : Days of Future Past’ ; soit il n’y a qu’une seule timeline et je réécris l’histoire directement, comme dans ‘Retour vers le Futur’).


D’autre part, on a l’école de la ‘timeline immobile’ : le passé est une ligne fixe, et donc les actions commises par le voyageur temporel faisaient déjà partie de l’histoire – c’est ce qu’on trouve dans le premier ‘Terminator’, ou dans la série des ‘Harry Potter’.


En plus de ça, on a environ quarante mille différentes écoles de pensée qui se fixent par-dessus, ce qui fait que, selon les principes auxquels tu souscris, tu peux affecter le passé ou non, affecter le futur ou non, être ton propre grand-père, te tuer toi-même dans le passé mais être quand même vivant dans le futur, bref, c’est du gros n’imp.

Donc je peux comprendre que ce soit difficile d’envisager tous les paradoxes et tous les soucis causés par le voyage temporel. Et je peux comprendre que certaines œuvres de fiction se mélangent les pinceaux entre ce qui est possible et impossible dans la ligne de conduite qu’elles se sont choisies.

Mais quand même, quand on fait une série CENTRÉE sur le voyage dans le temps, c’est plutôt craignos de faire n’importe quoi.

Et là, la série est partie sur le principe de « On change les règles du voyage temporel selon ce qui nous arrange ce soir », et ça me TUE.

Genre Cole nous bassine depuis le début de la série avec l’histoire que, s’il réussit à stopper l’épidémie, il disparaîtra pour toujours (mais il sera vivant dans une autre timeline), et ensuite il créé une timeline où il se fait tuer avant de pouvoir remonter le temps, et… non, ça va, fausse alerte, tout est nickel.

(NIQUE. LA. LOGIQUE.)

Donc je suis prête à pardonner beaucoup quand il s’agit de continuité, parce que moi-même je suis pas une experte en la matière, mais là, quand tu combines ça aux défauts de base de la série, c’est trop pour moi.

(En attendant, j’ai prévu de voir le film, apparemment il est mieux.)

(Et y’a Brad Pitt jeune dedans, que demande le peuple ?)



How to Get Away with Murder


Une série que j’ai aussi arrêtée à mi-chemin de la saison 1, parce que merde, les gars, on est en 2016 maintenant, faudrait voir à arrêter de nous prendre pour des jambons, vous croyez pas ?

‘How to Get Away with Murder’, c’est ni plus ni moins qu’un copier-coller de ‘Docteur House’, mais avec des avocats à la place des médecins. Et ‘Docteur House’ à l’époque était déjà un copier-coller des ‘Experts’, mais avec des médecins à la place des flics.

(Je continue, ou t’en as déjà marre ?)

Donc : STOP.

Arrêtez de sortir la même série depuis quinze ans avec une couche de maquillage bâclée dessus.

Aérez le recoin moisi qui vous sert de cerveau, et faites-nous du NEUF, bon dieu!


(Tout est dit.)



Jane the Virgin


‘Jane the Virgin’ est l’adaptation US d’une telenovela sud-américaine.

Qu’est-ce qu’une telenovela ? Ravie que tu me le demandes.

Une telenovela, c’est ce qu’on appelle aux États-Unis un ‘soap opera’, et qu’on appelle en France ‘les feuilletons à ta mamie’. C’est typiquement des séries à rallonge, au scenario invraisemblable, avec deux décors, trois bandes-son, et environ quarante mille personnages (et, si on a de la chance, un ou deux bons acteurs, qui poireautent là en attendant qu’on leur propose un meilleur rôle ailleurs).

Les telenovelas/soaps/feuilletons, c’est typiquement le genre de séries où tu entendras des phrases comme « Non Stacy, tu ne peux pas épouser cet homme ! », « Tiffany, je suis en réalité ton frère jumeau caché » et autres « Mon dieu, Rick, je te croyais mort dans une avalanche ! ». C’est aussi des séries qui se centrent sur les relations amoureuses entre les personnages (et où il y a force triangles amoureux – pour les rebondissements).

On peut citer comme exemples connus ‘Les Feux de l’Amour’, ‘Les Jours de Notre Vie’ (en VO ‘Days of Our Lives’, le fameux soap de Joey Tribbiani), ‘Plus Belle la Vie’, ou encore ‘Grey’s Anatomy’.

Et donc, ‘Jane the Virgin’ suit l’histoire de Jane, une jeune femme qui a fait le vœu de rester vierge jusqu’au mariage, mais se fait accidentellement inséminer artificiellement avec le sperme de Rafael, son patron/crush secret/playboy millionaire, qui a eu un cancer des testicules et dont c’est la seule chance d’avoir un enfant. Elle décide donc de jouer les mères porteuses, mais finalement commence à tomber amoureuse de lui, et découvre aussi que la femme de Rafael est une vénale manipulatrice qui ne veut que son argent, ah oui et y’a aussi une histoire de l’hôtel de Rafael qui sert de plaque tournante pour faire blanchir de l’argent de la drogue, et le gars qui est en charge de l’enquête c’est le fiancé de Jane qui est flic, et est-ce que je vous avais dit que c’était la sœur de Rafael qui avait accidentellement inséminé Jane parce qu’elle est alcoolique, et qu’elle a une relation lesbienne secrète avec la nouvelle femme de son père ?

(Et c’est même pas la moitié du premier épisode.)

Bref, tu l’as compris, cette série est GRATINÉE.

Et pourtant, ça reste assez sympa à regarder, parce qu’on joue justement sur les clichés du genre – à l’image du narrateur omniscient qui s’insinue dans le récit (et s’amuse beaucoup des situations rocambolesques dans lesquelles se dépêtrent les personnages) ou encore du personnage de Rogelio de la Vega, le père caché de Jane, qui est…acteur de telenovela.


(Telenovelaception !)

Alors évidemment, la série souffre des tares habituelles des séries pour ados/jeunes femmes, et notamment de moment tellement culculs que ça en devient presque des Shōjo japonais, parce qu’on a au moins cinq minutes bien sirupeuses par épisode : déclarations passionnées sur fond de guitare acoustique, sérénades au clair de lune, tendres baisers sous les étoiles, STOP OVERDOSE DE ROMANCE.


Mais au final, ce n’est pas tellement ces petits défauts qui m’ont fait arrêter ‘Jane the Virgin’, parce que je trouvais quand même la série fun. En fait, c’est un travers purement américain qui m’a fait jeter l’éponge : à savoir que la série est beaucoup, beaucoup trop LONGUE.

Sérieusement, on est sur est un format standard (40 minutes par épisode, donc le double d’un sitcom) et la première saison fait 22 épisodes. Ca fait QUINZE HEURES de contenu pour une saison !

Et ce format est complètement suicidaire, pour deux raisons :

D’une part, c’est beaucoup demander aux scénaristes que de fournir quinze heures de programme, et, avec les séries de ce format, l’histoire se retrouve quasiment toujours diluée pour faire durer l’intrigue (HEUMHEUMDesperateHousewives).

(D’ailleurs ça arrive des fois même chez les sitcoms.) (HEUMHEUMHowIMetYourMother)

D’autre part, c’est beaucoup demander aux spectateurs que de trouver quinze heures de libre pour se farcir une saison entière – d’autant qu’on consomme à peu près cent fois plus de séries aujourd’hui qu’il y a dix ans. Alors, oui, on pouvait trouver le temps de regarder 15 heures de Docteur House en 2005, quand on suivait seulement une ou deux séries de front. Mais de nos jours, on arrive facilement à huit ou dix séries.

(Et ça, c’est pour les gens modérés, qui ont une vie.)

(Moi j’en suis à trente.)

(Et Sarah, tu veux même pas savoir.)

Donc, à mon sens, le format 22 épisodes est complètement passé de mode. C’est une relique d’un temps où on n’avait rien d’autre – ou rien de mieux – à regarder.

Mais de nos jours, pourquoi s’acharner encore à privilégier la quantité sur la qualité? Même les nouvelles sitcoms de 20 minutes font souvent 12 ou 13 épisodes par saison, parce que C’EST SUFFISANT. On n’a pas besoin de plus. Les chaînes télés sont tellement bourrées de séries à s’en fait péter l’élastique qu’on a toujours au moins un programme de qualité à regarder dans l’année – même pendant les périodes creuses de Noël ou de juillet-août.

(Merci Netflix, notre sauveur.)

(Tu es béni entre tous les services de streaming, et Orange is the New Black le fruit de tes entrailles est béni.)

Même d’un point de vue purement financier, c’est risqué de saturer le paysage audiovisuel avec une seule série, parce que l’audience ne va pas forcement rester fidèle au poste. Crois-moi, si ‘Jane the Virgin’ avait été une série de 12 épisodes, je l’aurais pas laissé tomber. (J’ai suivi des séries plus mauvaises que ça juste pour voir comment ça finirait.) (HEUMHEUMDowntonAbbey)

Bref, on finit sur la dernière série qui m'a achevé cette année:


The Walking Dead


Alors là faut te préparer psychologiquement, parce que ça va blâmer sévère.

‘The Walking Dead’, c’est la série qui avait bien démarré, et qui est progressivement devenue tellement mauvaise que ça fait environ trois saisons que je me demande pourquoi je la regarde encore.

(Réponse : Darryl Dixon.)

Et ça m’attriste, parce que franchement, quand on revoit la saison 1, c’était un joyau!

Une série post-apo réaliste, avec des zombies super bien foutus, mais qui ne faisait pas dans l’horreur ou dans les jump scares du pauvre, mais se concentrait à la place sur les rapports humains, et donnait lieu à des réflexions profondes : Peut-on encore faire confiance aux gens dans un monde où il n’y a plus de lois ? Y a-t-il encore de la place pour l’altruisme ? Doit-on prendre les décisions en commun ou se fier à un meneur ? Peut-on recréer la société telle qu’elle était?

C’était BIEN, merde !

Seulement, on a ici affaire à un scenario qui était bien ficelé au départ, et qui a gentiment glissé vers le ‘port nawak jusqu’au point de non-retour.

Et dieu sait que j’ai pardonné beaucoup de choses, dans cette série – notamment le fait que PRESQUE TOUS LES HÉROS DEVRAIENT ETRE MORTS, parce que c’est les pires tanches en matière de survie.

Petit récapitulatif de ces génies de l’apocalypse :

LOL on crame des palettes avec de l’essence, on s’en bat les couilles ! C’est pas comme si c’était une denrée rare dont on avait besoin pour être mobiles!


(HASHTAG MALIN.)

LOL on a des hectares de terre et trente couillons, si on faisait pousser juste deux pieds de haricots pour nourrir tout le monde?


(GENIUS.)

- Trop cool on est dans une prison, bien protégés !
- Faudrait pas entretenir les barrières ?
- Naaaan, qu’est-ce qu’on risque ? À part une horde de zombies qui pourrait la faire s’écrouler en deux-deux, je vois pas.


(LOL ON A FÉ DÉ RENFORCEMAN) 

Et, surtout, le truc qui me tue : à chaque fois que ces clampins trouvent un coin où s’installer, PERSONNE NE PENSE À CREUSER DES DOUVES.

Mais les douves c’est tes meilleures alliées en temps de post-apo !

J’veux dire, les gars du Moyen Age (qui est quand même la période la plus teu-bé de l’histoire), ils avaient déjà compris ça ! Comment est-ce qu’il y a pas un seul pékin qui y a songé dans tout votre pays ?

(Surtout dans la dernière saison, quand ils ont un ARCHITECTE sur place, et que le gars il a pensé à faire des murs renforcés, mais PAS DES DOUVES BORDEL DE MERDE !)

Alors que là, vous êtes tout plein de gens, vous avez des pelles, c’est vite fait ! Tu fais une fosse autour du périmètre, profonde de trois mètres, au fond tu fous des pieux taillés en pointe, et t’es protégé à la fois contre les zombies ET contre des tentatives d’invasion ! C’est magique !

(En plus comme ça, tu peux utiliser les gens qui n’ont plus besoin de monter la garde et leur faire renforcer les barrières, cultiver des légumes, et apprendre des bases de premiers soins au lieu de rester PLANTÉS COMME DES ASPERGES AVEC LES DOIGTS DANS LE CUL.)

Bref bref.

Tu vois que je m’énerve déjà, et là on ne parle que des soucis de logique survivaliste pure, on n’a même pas encore commencé à effleurer le n’imp du scenario.

Un exemple typique : le degré de danger que représente les zombies change selon les besoins du jour.

Des fois, ils sont tout plein, et ça passe comme une lettre à la poste.

(Après, c’est sûr que ça aide d’avoir le cheat code pour les munitions illimitées, n’est-ce pas Herschel ?)

Et d’autres fois, y’a un survivant surentraîné qui se fait buter par un zombie tout seul.

(Normal.)

Et encore, ça, je peux pardonner.

MAIS CE COUILLON DE PRÊTRE.


CETTE PUTAIN DE FACE DE PET.



DONT LA STRATÉGIE DE SURVIE CONSISTE À MARCHER UN PEU VITE.



OU À SE METTRE EN PLS DANS UN COIN.



COMMENT EST-CE QU’IL N’EST PAS ENCORE MORT ?



(UN DOIGT DANS TON RECTUM.)

Bref, je commençais déjà à en avoir jusque-là avec la série. Surtout qu’on était partis dans un effet boule de neige malsain à base de :

- Bon, là ils ont échappé à une horde de 100 zombies. Dans la saison suivante, je veux qu’ils affrontent une horde de 200 zombies !
- Mais ça va être compliqué quand même…
- Et dans la saison suivante, MILLE ZOMBIES !
- Mais comment est-ce qu’ils pourraient s’en sorti…
- MILLE RAILS DE COKE !
- OKAY !

Chaque saison devenant un peu plus abracadabrantesque que la suivante, j’étais déjà plus ou moins en train de me dire que j’allais laisser tomber le jour où ils tueraient Darryl.

(Mais je pense que si ça arrive un jour, y’aura des émeutes.)

Et puis est arrivée la goutte d’eau, AKA la fausse mort de Glenn.

Pour rappel: AMC nous avait fait mourir Glenn dans un épisode bien chargé en pathos.... pour le ramener deux semaines plus tard avec le scénario le plus N'IMP du monde.


Et là, j'ai décidé que je ne pouvais plus continuer à regarder une série qui me prenait à ce point pour une conne.

Alors sincèrement, ça m’a fait mal au cœur de voir mourir Glenn. (C’était quand meme mon troisième personnage préféré.) En plus c’est pas un mec badass super fort au combat comme Darryl ou Michonne, mais il s’en sort toujours parce qu’il est malin et débrouillard – en fait, j’aime tellement Glenn parce que c’est l’un des rares gars du groupe qui MÉRITE de survivre. C’est crédible, il a du sang-froid, il est rapide et agile, il sait rester prudent – oui, okay, je veux bien croire qu’en cas d’apocalypse de zombies, ce mec-là resterait en vie.

(En tout cas certainement plus longtemps que quelqu’un comme moi.)

(Parce que j’ai le savoir post-apo, les douves et tout, mais bon, je peux pas courir un mètre sans me faire un point de côté, donc voilà.)

Alors je ne vais pas dire qu'une partie de moi n'était pas ravie de le savoir finalement vivant.

Mais en fait NON. Glenn, je t'aime, mais tu devrais être mort, y'a même pas à calculer.

T'étais littéralement enseveli sous une horde de zombies assoiffés de sang, va pas me faire croire que c'est une POUBELLE MAGIQUE qui t'a protégé, merde quoi! 

A ce stade, j'ai décrété que je considérerais désormais 'The Walking Dead' comme une série qui se passe dans un univers parallèle – un univers où les lois de la physique sont différentes des nôtres, et où les gens son plus ou moins tous des surhommes immortels.

(Glenn est désormais connu dans notre famille sous le nom de Glenn Le Survivant.)

(Et on chante "Glenn, survivant de l'enfer" dès qu'il apparaît à l'écran).

Alors je glane encore des coups d’œil à droite et à gauche quand Fla regarde les derniers épisodes, et honnêtement, chaque seconde du what the fuck que je vois à l'écran me conforte dans l'idée que c'était une bonne idée d'arrêter cette série.

(Surtout avec les cliffhangers à la mords-moi-le-noeud dont on nous gratifie.)

(Han là là, nos héros démunis face à une horde de trois mille zombies. Je me demande bien comment ils vont réussir à tous s'en sortir sans une égratignure. Le suspense est à son comble. Réveille-moi quand il se passera quelque chose.)

Voilà, j'en ai fini avec mon Top & Flop des séries 2015.

Maintenant, à toi de me donner ton avis: quelles séries as-tu adoré/détesté cette année? 

(Dis-moi tout, je veux des recommandations.)

(J'ai fait de la place dans mon planning, je peux encore caser dix-douze nouvelles séries.)

(Facile.)

mercredi 3 février 2016

Séries 2015, Top & Flop – Partie 2: les comédies


Changement de catégorie pour ce second article sur mon Top Séries 2015, on va passer à la catégorie ‘LOL qu’est-ce qu’on se marre’.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cette année a été un bon cru pour les nouvelles séries comiques. Vois plutôt:




Adaptée de l’autobiographie du même nom (dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’ici), ‘Fresh off the Boat’ suit l’adolescence d’Eddie Huang, un entrepreneur et chef Américain né de parents Taïwanais, dont la famille déménage en Floride en 1995 pour ouvrir un restaurant type ‘Buffalo Grill’.

L’idée de départ de la série n’est pas super originale en soi (bien que le fait d’avoir une famille asiatique comme personnages principaux soit assez rare pour être remarqué), mais ce qui fait véritablement la force de ‘Fresh off the Boat’, c’est avant tout ses acteurs.

Chose rare à la télé, les jeunes acteurs sont tous impeccables (même les plus petits qui jouent les frères d’Eddie), et certains sont meme très drôles (mention spéciale au pote d’Eddie tout chétif, qui est GENIAL). Mais les vraies vedettes de la série, c'est les parents.

Randall Park, un habitué des comédies (et qui t’a probablement déjà bien fait rigoler dans ‘Veep’, ‘The Office’ ou encore ‘Community’) est génial dans son role de papa par moments sympa et compréhensif, d’autres fois plus strict, et d’autres fois en train d’essayer péniblement d’avoir l’air branché (ce qui est un peu la quintessence du papa), et il est tellement bon que je pardonne aux directeurs de casting d’avoir pris un acteur d’origine Coréenne pour jouer un Taïwanais.

Mais la crème de la crème, c’est bien Constance Wu, une quasi-inconnue qui est simplement magistrale en mère autoritaire et plus généralement COMPLÈTEMENT FÊLÉE. L’histoire est censée tourner autour d’Eddie, mais c’est clairement elle qui vole la vedette, et tant mieux, elle est géniale, je l’adore.

Le scénario est signé Nahnatchka Khan (alias le nom que je dois aller copier de Wikipédia), à qui l’on doit notamment la sympathique série ‘Don’t Trust the Bitch in Apartment 23’ (une très bonne saison 1, une très inégale saison 2, mais de super interprètes tout du long). Les dialogues sont hilarants et, même si l’on a affaire à une sitcom, l’intrigue évite le réchauffé et les situations revues mille fois. (N’est-ce pas, Big Bang Theory ?)

Et je pense que c’est aussi une série qui parlera à tous les gens qui ont eu des parents stricts.

(Moi j’avais des parents hippies, alors je peux pas dire.)


Unbreakable Kimmy Schmidt


Une série créée par Tina Fey (à qui l’on doit notamment la pépite ’30 Rock’), le pitch de ‘Unbreakable Kimmy Schmidt’ est incontestablement casse-gueule :

- Alors en fait c’est une nana qui s’est faite kidnapper par une secte quand elle était gamine et elle a passé dix ans séquestrée dans une cave, et là on suit son adaptation à la vie moderne.

Qui parmi vous lit ça et pense « Comédie » ?

(Ceux qui ont pensé « moi » : vous êtes des psychopathes.)

Mais, incroyablement, ça passe, et c’est super drôle. L’interprète de Kimmy, que je trouvais super chiante dans ‘The Office’, est ici bien meilleure, et Jane Krakowski joue plus ou moins exactement son rôle dans ’30 Rock’, mais ça reste toujours fun. Mention spéciale à Titus Andromedon, sidekick hilarant de bout en bout.

Accio chanson qui te reste dans la tête pendant vingt ans!


(Ne me remercie pas.)

Et c'est un truc chez eux, parce que le générique de cette série, lui aussi, te restera dans la tête, mais pour LE RESTANT DE TES JOURS.

(J'ai vu la saison 1 début 2015, et je le fredonne encore au minimum une fois par jour.)

(Achevez-moi.)




Con Man est une mini série (10 minutes par épisode seulement!) qui a une très belle histoire, parce qu'elle a vu le jour grâce au financement participatif (décidément la meilleure chose qui soit arrivée à la création de contenus originaux ces 20 dernières années).

La série est créée, écrite et réalisée par Alan Tudyk, que tu connais certainement comme le pilote Wash dans la géniale série 'Firefly' et sa suite au cinéma 'Serenity'.

Petit rappel pour les gens qui sont nés sous un caillou: 'Firefly' était LA MEILLEURE SÉRIE DE TOUS LES TEMPS (si) et elle a été injustement décapitée par ces bâtards de la Fox après seulement une saison.

"Oui", a dit la Fox, "Mais la qualité on s'en torche le cul, ce qui compte c'est l'oseille vois-tu."

(C'est comme une fable moderne horriblement cruelle.)

Et, si je parle de 'Firefly' ici, ce n'est pas seulement parce que 'Con Man' se base dessus, mais aussi parce que les deux séries reflètent selon moi le changement qui s'est opéré dans la manière dont on conçoit les séries aujourd'hui.

Parce que 'Firefly', c'était en 2003. Pour te donner des référentiels, en 2003, aux Etats-Unis, on était au tout début de l'Age d'Or des Séries (je mets des majuscules pour que tu voies comme c'est important), où on commençait à sortir des sentiers battus et rebattus pour proposer des contenus originaux, avec un budget plus élevé, de meilleurs acteurs, des scénarios plus robustes au contenu plus "adulte", et une plus grande maîtrise technique. Ces contenus venaient principalement du câble, et notamment de HBO, qui à l'époque proposait par exemple des séries comme 'Six Feet Under' ou encore 'Les Sopranos'.

Et pendant ce temps-là, en France, on regardait 'Urgences' avec deux ans de retard.

(Et c'était vraiment que la France, hein. Dans quasiment tous les autres pays d'Europe, ils avaient les nouveaux épisodes genre un mois après.)

(Je me rappelle que ma sœur et moi, on regardait la saison 3 "inédite" d'Urgences sur France 2, pendant que la Suisse Romande passait en même temps la saison 5, pépouze.)

(Du coup on regardait simultanément la saison 3 et 5.)

(Paye ta vie sans l'ADSL.)

Bref.

En 2003, donc, les chaînes câblées émergeaient tout juste (et je ne parle même pas de Netflix), du coup, les networks américains NE SE SENTAIENT PAS PISSER.

Et ils étaient tellement loin dans leur délire de rois du monde qu'ils faisaient du gros n'imp avec leurs productions, déprogrammant des séries du jour au lendemain juste parce qu'elles n'avaient pas fait assez d'audience pendant un épisode.

Et c'est un peu ce qui s'est passé avec Firefly, dont la déprogrammation était d'autant plus inexplicable qu'elle ne marchait somme toute pas trop mal, avec 5 millions de téléspectateurs par épisode en moyenne. Alors c'est sûr, on est loin des 11 millions des 'Simpsons', ou des 20 millions de 'Friends', mais enfin quand même, c'était pas un four non plus!

Bref, grosse injustice (je suis encore remontée) (je sais que ça fait dix ans, mais merde, Firefly quoi!)

Et 'Con Man' et l'histoire de sa venue au monde symbolise selon moi pas mal le changement qui s'est opéré dans les esprits entre 2003 et 2015, où les séries sont passées du statut de "trucs qu'on utilise pour remplir la grille du PAF les soirs où y'a personne" (big up notamment à TF1, qui passait des épisodes de séries inédits DANS LE DÉSORDRE tellement ils s'en battaient les couilles) et "véritables oeuvres d'art au même titre qu'un film au cinéma".

(Et qui finissent souvent par être bien meilleures que ce qu'on peut voir au cinéma.)

(Heureusement qu'on est dans l'Age d'Or des Séries, franchement, parce que si on devait compter sur le cinéma, on pourrait aussi bien se tirer une balle tout de suite.)

(C'est pas Iñárritu et Tarantino qui vont maintenir le bateau à flot tout seuls.)

Bref bref.

'Con Man', c'est donc l'histoire de Wray Nerely (joué par Alan Tudyk), un acteur à la ramasse qui a connu le rôle de sa vie en jouant un pilote cool dans la série de science-fiction culte 'Spectrum', qui a été annulée trop tôt, au grand désespoir des fans. Wray est maintenant contraint d'écumer les conventions geeks en attente d'un autre grand rôle.


(Sous-entendu éminemment subtil.)

'Con Man' est indéniablement une série faite par des geeks, pour des geeks, et, même si beaucoup des blagues portent aussi sur le star système d'Hollywood et le monde du cinéma américain en général, je pense que la série doit être moins drôle si les spectateurs ne baignent pas dans cette culture.

(Et, vu le nombre de références à 'Firelfy' à la seconde, je la déconseillerais aussi aux gens qui n'ont pas vu la série.)

Par contre, les autres, vous pouvez vous lâcher, c'est un bijou.

Déjà parce qu'il y a Alan Tudyk dedans et que je l'aime d'amour (torrents de larmes à chaque re-visionnage de 'Serenity'), et qu'il est très sympathique en loser attachant – surtout face à son grand pote Jack Moore (joué par Nathan Fillion, alias l'acteur principal de 'Firefly'), qui a connu la gloire après la fin de la série, et qui apparaît dans chaque épisode via visioconférence, en mode "Ouais, je t'appelle de ma villa en Toscane, oklm".

Et c'est ce que je kiffe vraiment à propos de cette série: son auto-dérision.

Parce que Nathan Fillion et Alan Tudyk sont vraiment potos dans la vie, et leurs carrières ont effectivement pris des tournants bien différents, mais heureusement, c'est pas les derniers pour la déconne, et ils s'en donnent à coeur joie dans leurs rôles de has been amer et de vedette qui se la pète.

Enfin, les sérievores et fans de science-fiction retrouveront une brochette de guests stars de haut niveau, de Sean Astin à Felicia Day en passant par Casper van Dien, qui joue le barman dans chaque bar que visite le héros (et qui a fait faire une crise d'apoplexie à Flaxou qui s'est mis à hurler comme une midinette "HAN PUTAIN C'EST LE MEC DE STARSHIP TROOPERS WOOOUUUH!")

En bref, 'Con Man' est une série qui ne plaira pas à tout le monde, mais c'est parce qu'elle a été faite sur mesure pour une audience de niche: c'est une véritable lettre d'amour aux "nerds de convention" (ce qui explique le recours au financement participatif, Tudyk ayant expliqué que des studios étaient au départ intéressés par son concept, mais lui avaient demandé de retravailler le script pour en faire quelque chose de "tout public" – du coup, il a envoyer chier tout le monde, et a décidé de ramener le projet directement entre les mains des fans).

Bref, geeks et nerds de France et de Navarre, ça va vous parler.

(Et pour les autres, je vous conseille un petit joyau cinématographique avec Alan Tudyk: l'excellent 'Tucker & Dale VS Evil' (en français 'Tucker et Dale fightent le Mal'), une comédie gore fun d'un bout à l'autre.)




La meilleure série de 2015, la meilleure série de la décennie, la meilleure série de TOUS LES TEMPS.

(Tutafé.)

Je ne sais même pas par quel bout commencer pour essayer de t'expliquer la génialitude intense de 'Crazy Ex-Girlfriend'.

Ah si attends, je sais: c'est une série musicale, je déteste les comédies musicales, mais j'adore la série quand même.

(C'est dire à quel point c'est fabuleux.)

J'ai découvert cette série via Sarah (qui d'autre?) pendant qu'on était en train de cuver sur son canapé le premier de l'an, et où elle m'a dit:

- Tiens, toi qui voulais des nouvelles séries pour passer le temps sans Fla, essaye 'Crazy Ex-Girlfriend': ça parle d'une meuf qui a pas d'amis et qui est complètement tarée, c'est un peu l'histoire de ta vie. 

(Cette personne est ma meilleure amie ET ma future belle-sœur.)

(Je l'ai littéralement choisie pour faire partie de ma famille.)

(3615 Bonne Idée.)

Mais Sarah la méchante a quand même des super capacités pour conseiller des séries aux gens (je pense qu'elle pourrait en faire un métier, genre Consultante en Séries) (le matchmaking du futur), et du coup elle avait raison, 'Crazy Ex-Girlfriend' c'est ma nouvelle religion.

(Et Rachel Bloom c'est mon Jésus.)

(Mais elle est Juive alors peut-être que ça lui plairait pas.)

(C'est mon... Moïse?)

Bref.

'Crazy Ex-Girlfriend' raconte l'histoire de Rebecca, une jeune femme qui vit à New York et a une carrière brillante, mais est au bord de la dépression nerveuse. Quand elle croise par hasard son amour de jeunesse, Josh, elle décide, comme ça, d'un coup, de déménager en Californie, pour vivre dans la même ville que lui.

(D'où le titre de la série.)

Il y a plein de choses que j'adore dans 'Crazy Ex-Girlfriend': l'histoire est originale, les dialogues sont très drôles, les chansons sont funky et pas trop longues, et le casting est impeccable.

(Big up à Santino Fontana, un acteur que je n'avais jamais vu nulle part, mais dont la voix me semblait familière, et en fait c'est parce que j'ai vu "La Reine des Neiges" MILLE FOIS pendant mes vacances avec ma nièce, et que c'est lui qui fait la voix du Prince Hans dans la VO.)

(Paye tes références.)

Mais ce que j'aime par-dessus tout, c'est à quel point cette série me parle.

Et je pense que si tu as été un nerd sans amis dans ta jeunesse, ça te parlera aussi pas mal.


(Pièce à conviction numéro 1: compter ses amis pour justifier à sa maman que mais si, maman, j'ai des amis, attends tu me prends pour une rejetée ou quoi, j'ai plein d'amis, j'en ai genre DEUX alors steuplaît.)

Et même si Rebecca a clairement un grain, c'est au fond juste une fille seule qui veut se faire des amis, et y'a des moments dans la série qui m'ont fait physiquement mal tellement c'était évident que Rachel Bloom sait ce que ça fait d'être une rejetée.

(Et rien que pour ça, je la kiffe.)

(Solidarité avec les mal-aimés.)

Je te laisse avec la chanson que je chantonne maintenant TOUS LES MATINS quand j'enfile mes collants et que je mets mon maquillage pour le boulot.

(Mais en même temps, c'est catchy!)

On se retrouve très bientôt pour la dernière partie de cette série d'articles: le Flop de 2015. (Ca va blâmer dans tous les coins.)

(Entre-temps, tu peux aussi retrouver mes updates de la solitude sur Facebook ou Twitter.)

dimanche 31 janvier 2016

Séries 2015, Top & Flop – Partie 1: les drames



(Moi en janvier.)

Comme tu le sais sans doute si tu lis ce blog régulièrement, je regarde pas mal de séries.

(Quand je ne suis pas occupée à recommencer une millième partie de Skyrim, ou à mourir dans la nouvelle extension de Don’t Starve.)

(J’arrive sur une île déserte, pépouze, en fait c'était un volcan – long story short, je me suis faite buter par un caillou.)

Et donc 2015, qui était globalement une bonne grosse année de merde, a quand même eu pour seul mérite d’être pas trop mal niveau séries.

(En même temps, on est pile poil dans l’Age d’Or des Séries, alors ça se tient.)

(Et je pense que ça aide aussi qu’on soit dans l’Age de Fiente du Cinéma.)

(Sans déconner, Hollywood a produit UN bon film en 2015*.)

(Deux, si on compte ‘Interstellar’.)

(*Oui, je parle de Mad Max.)

Et comme j’ai enfin rattrapé mon retard dans les saisons 2015 (ci-mer mon mois de solitude forcée), je t’ai concocté un petit “Top & Flop” de mes séries préférées de l’année.

ATTENTION: Le contenu de cet article est évidemment très subjectif. Je le dis ici parce que je sais qu’on est censé exprimer ses opinions à base de “Perso j’aime bien” ou “Perso j’aime pas trop”, mais moi je préfère employer des expressions comme “C’est la meilleure chose de l’univers” ou “C’est un sombre tas de couilles”, donc c’est ce que je vais faire. (Si tu veux, tu peux t’amuser à ajouter “Selon mon avis qui n’engage que moi-même” après chacune de mes phrases.)

ATTENTION DEUX: ça va spoiler allègrement, parce que je m’en balek complètement de la sensibilité des gens.

(Comme ca c’est dit.)

On commence avec mon Top 4 Catégorie "C’est sérieux par ici oh"





Après avoir bien pleuré ma mère sur le final de Breaking Bad, c’est un plaisir de retrouver Saul Goodman l’avocat véreux… avant qu’il ne devienne Saul Goodman l’avocat véreux.

Comme pour Breaking Bad, les acteurs sont excellents, et pas seulement Bob Odenkirk (l’acteur principal) mais aussi tous les rôles secondaires. On ne s’ennuie pas une second, même quand il ne se passe rien (et on parle d’un prequel, alors toi-même tu sais qu’il va pas se passer grand-chose).

Après, Vince Gilligan, c’est un peu le Tarantino de la télé: il fait son truc à sa sauce, mais c’est toujours la même. Alors fatalement, ceux qui aiment adorent tout ce qu’il fait, et ceux qui aiment pas… ben, voilà.

(Moi, au cas où t’aurais pas compris, je suis dans le premier camp.)






Encore une série de Vince Gilligan (Fan2FOREVER), Battle Creek (que j'ai hésité à classer dans "comédies" parce que le ton est globalement léger, mais je pressens que ça va virer au noir avant la fin de la saison 3, donc voilà), Battle Creek, donc, est une série policière avec une sacrée couche de ‘buddy-movie’ dessus.

(Les ‘buddy-movies’, c’est comme ça qu’on appelle les films de comédie/action dans lesquels deux gars que tout oppose sont forcés de faire des trucs ensemble – souvent résoudre des crimes – et en fin de compte deviennent bon copains. Si tu regardes un film des années 80-90, y’a à peu près une chance sur trois pour que ce soit un buddy movie.)

(On peut citer comme exemples notables Rush Hour, l’Arme Fatale, Men in Black, ou encore le génial Hot Fuzz.)

Bref, dans cette série, le héros Russ Agnew, détective de la petite ville de Battle Creek, se voit forcé de collaborer avec l’agent du FBI plus-élégant-tu-meurs Milton Chamberlain. Et oui, je sais, ça a l’air super kitsch et pas original dit comme ça, mais juré c’est une série géniale.

Déjà, les deux acteurs principaux sont super bons (mention spéciale à Dean Winters, AKA Dennis le magnifique débile de ‘30 Rock’), et l’alchimie entre eux opère à merveille. Alors c’est sûr que, niveau relations entre les personnages, c’est du déjà vu (et je citerai ici Professeur Flaxou et son: "Russ et Milt, c’est Wall-e et Eve"). Mais l’histoire est intéressante, les dialogues sont brillants, la mise en scène est soignée, et ça fait plaisir de voir une série où les personnages secondaires ont des vraies histoires et des vraies personnalités, et ne sont pas juste des figurants en carton dont la psyché change selon les besoins scénaristiques des épisodes. (N’est-ce pas, Big Bang Theory ?)






La très bonne et très improbable surprise de cette année vient de chez nos voisins d’outre-Rhin, et je dis « improbable » non pas parce que je suggère que les Allemands sont incapables de faire de bonnes séries, mais parce que je ne pensais pas que les Allemands faisaient autre chose que des Krimi.

(C’est un peu comme si on te disait que les Français avaient fait un téléfilm qui n’était PAS un téléfilm historique en trois parties.)

(Impensable.)

Pour les non-germanistes, ‘Krimi’, c’est l’abréviation de ‘Kriminalfilm’ (soit : film policier), et c’est LE genre de prédilection en Allemagne – particulièrement à la télévision.

(On connaît tous Derrick, mais on peut aussi citer l'indétrônable ‘Tatort’, qui est à l’antenne depuis QUARANTE ANS – quand même – ou bien la populaire série ‘SOKO München’ et ses spin-offs (SOKO Leipzig, SOKO Köln, SOKO Stuttgart, etc.) (C’est un peu ‘Les Experts’ en moins exotique.))

Bref bref.

‘Deutschland 83’ n’est donc pas une Krimi, mais une série d’espionnage, qui se passe comme son nom l’indique en Allemagne, en 1983.

L’histoire suit Martin, un jeune militaire Est-Allemand, qui est recruté par les services d’espionnage de son pays et envoyé de force en RFA pour s’infiltrer auprès de l’armée d’Allemagne de l’Ouest. Le tout sur fond de tensions diplomatiques à péter l’élastique, parce qu’il y a des histoires de missiles américains et soviétiques et en gros on est à un poil de cul de la guerre nucléaire.

Et bon, je vais essayer de faire court : tout dans cette série est fabuleux.

(À part les acteurs qui ne sont pas tous gégé, c.f. la copine de Martin qui en fait des caisses, mais bon, ça pèche que dans les seconds rôles, donc on va pas enculer les mouches.)

Déjà, niveau réalisme, c’est assez bluffant (dixit ma maman qui a bien connu l’Allemagne des années 80), et oui okay, je sais bien que c’est relativement facile de faire de la reconstitution historique quand on parle d’une époque aussi récente, n’empêche que quand on voit comment les gens s’habillaient y’a trente ans, il faut saluer le courage des acteurs.


(Et surtout des actrices.)



(Ces choucroutes, mon dieu.)

Pour l’histoire en soi, elle est bien haletante comme on peut s’y attendre (c’est une série d’espionnage, hein, c’est pas Louis la Brocante). Alors oui, certes, le scenario fait un peu dans le n’imp par moments, avec des coïncidences incroyables (Martin est officiellement le mec au cul le plus bordé de nouilles de l’univers) et des retournements de situation que même moi je sentais venir a des kilomètres (cf. le moment « JE SUIS TON PÈRE – POM POM POOOOM », à mi-chemin entre Star Wars et les Jours de Notre Vie).

Mais la série réserve aussi des belles surprises (notamment un passage très ‘House of Cards’). («C’est un témoin qui traverse la route, et PAF le témoin».)

Et au passage, mention spéciale à la B.O., qui est une TUERIE.

Bref : j’étais vrillée à mon canapé pendant les huit épisodes (que j’ai enchaînés en mode marathon, parce que c’était un week-end pluvieux, mais surtout parce que la chair est faible).

A priori, il n’y aura pas de saison 2 (emoji tristesse). L’avantage, c’est qu’au final, t’investis pas trop de temps dans le visionnage. 

(Et puis c’est toujours sympa de réviser son Allemand LV2.) 

(Surtout quand les sous-titres anglais évitent soigneusement de retranscrire les gros mots.) (HA HA rien à foutre j’ai grandi en Alsace, tu peux pas test, je jure bilingue depuis le CE1.)

(Même Professeur Flaxou l’handicapé des langues ne connaît que deux mots en allemand, et ces mots sont ‘Käse’ et ‘Arschloch’.)

(Mais comme il allait en Allemagne que pour prendre un MacDo au drive de Kehl en sortant des soirees Batcave, ca allait.) (Car comme te l’expliquera Vincent Vega, ‘Big Mac’ se dit toujours ‘Big Mac’.)

Bref bref Brejnev.

On continue avec ma série dramatique préférée top du top de toute l’année, j’ai nommé :





Alias ‘La série qui a réussi à réparer l’irréparable’ – je veux bien sûr parler de l’immonde film 'Daredevil' de 2003 avec Ben Affleck.

(Je l’ai déjà dit et je ne suis pas la seule : Ben Affleck est un très bon réalisateur, mais un très mauvais acteur.)

(C’est Robert Redford à l’envers.)

Un mot sur le film, d’abord :

C'EST UNE PUTAIN DE PURGE.

Voilà.

Déjà en 2003, ce film était une merde, et pourtant on n’avait pas beaucoup de films de super-héros pour nous servir de mètre étalon (à part l’excellent Spiderman de Sam Raimi, et le premier X-Men). De toute façon, les films Marvel pré-2008 (avant la création de Marvel Studios), vaut mieux pas s’attarder dessus (HumhumHULK) (Quatre euros et deux heures de ma vie que je ne reverrai jamais) (HA HA les cinés à 4 Euros) (on est vieux, les gars).

L’exploit de Daredevil le film, c’est qu’il a pris nos attentes pourtant très basses et qu’il a réussi à les aplatir complètement, avec un film qui a réussi à être uniformément nul : jeu d’acteurs, direction, scénario, décors, costumes, maquillage, effets spéciaux, lumière, effets sonores, musique – ce film est une bouse dans TOUS les domaines.

J'veux dire, regarde cette bande-annonce, et dis-moi si ça pue pas le trou de balle, franchement:



Cette techno pourrie, ces effets spéciaux ignobles, ce montage épileptique, ces plans qui tournicotent dans tous les sens comme ton oncle bourré à un barbecue, ces vieilles punchlines moisies dignes de l'Agence Tous Risques! Et c'est la BANDE-ANNONCE!! C'est ce qui est censé te présenter les MEILLEURS moments du film!!

Du coup, je pense que, comme beaucoup de gens, j’avais encore ce douloureux souvenir en tête quand je me suis installée pour regarder la série Daredevil.

(D’autant plus que j’étais aussi allée voir le spin-off ‘Elektra’ au cinéma en 2005.)

(Oui, je sais, c'était tendre le bâton pour se faire battre.)

Mais la série m’a chopée aux tripes dès le premier épisode, et ne m’a plus lâchée.

Déjà, c’est très dark. Au sens propre et au figuré.



Vraiment, les acteurs sont dans le noir 90% du temps.


(Budget lumière pour cette série : 1 dollar.)

Alors évidemment, le sujet s’y prête : Daredevil, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’alter ego justicier de Matt Murdoch, un avocat qui se bat pour la justice dans le quartier le plus corrompu de New York. Il est pauvre, ses parents sont morts (FORCÉMENT) et, en plus, il est aveugle, donc v’là la couche de pathos.

Et en fait son super-pouvoir c’est un genre de sonar comme les chauve-souris, qui lui permet de «voir» ce qui se passe autour de lui. Ses autres sens sont plus développés que la normale, et aussi c’est un ninja parce que chez Marvel, si t’as pas de super-pouvoirs qui déchirent, t’as intérêt à être soit un génie, soit un ninja.

Bref, Daredevil, c’est quand même l’un des seuls super-héros donc le super-pouvoir est d’être… presque normal, finalement.

Et c’est l’un des atouts majeurs de la série : son réalisme.

Parce que ouais, okay, on parle d’un super justicier aveugle ninja, mais je sais pas comment te l’expliquer, ça semble plutôt bien ancré dans la réalité. 

A mille lieues des combats ambiance cartoon d’une oeuvre comme Avengers, là, on voit le héros se fatiguer, se faire mal, s'essouffler. Et les méchants ne s’aplatissent pas par terre après un coup de poing, mais ils se relèvent (du quasi-jamais vu dans une adaptation de comics).

Et puis c’est BEAU, putain !

Pour une série télé, c’est foutrement beau ! C’est mille fois plus beau et un million de fois mieux filmé que Daredevil le film (avec pourtant un plus petit budget, comme quoi).

(Parce que oui, y'a eu des gens qui trouvaient ça ouf que Marvel ait prévu plus de 3 millions de dollars par épisode, mais Daredevil le film a quand même coûté 78 millions pour deux heures de DAUBE, donc le rapport qualité-prix se calcule vite.)

La photographie a un parti pris très retro (ambiance jaunes/verts), et vu que 99% des films d’action ou de superhéros récents baignent dans les teintes bleues/oranges, j’avoue que ca fait un changement sympa. En plus de ça, l'éclairage a un côté très naturel (avec des ombres, et tout) qui s'éloigne avec bonheur de l’éclairage type ‘sitcom’ qu’on retrouve dans la majorité des séries, y compris les autres séries Marvel/DC.



(LOL CÉ LA NUI I FÉ NOIR.)

Ce traitement réaliste met d’ailleurs en valeur un détail qui m’a beaucoup plu au sujet des interprètes féminins, et je vais essayer de dire ca avec doigté : LES MEUFS SONT BONNES. 

(Raté.) 

Non, en fait, les meufs sont bonnes, mais plus dans une vibe ‘normale’, et moins Hollywood. C’est-à-dire qu’elles sont indéniablement toutes super belles, mais elles ne sont pas filmées avec la couche de plâtre et la lumière uniforme qui fait de la majorité des actrices de series américaines des sortes de Barbies lisses et sans aspérités.

Exemple flagrant : Agents of Shields, où toutes les nanas sont maquillées comme pour un défilé Chanel, alors qu’elles sont censées être, dans l’ordre, une militaire, une scientifique, et une hackeuse.

Mais apparemment elles ont toutes le temps de passer chez l'esthéticienne, ça y'a pas de problème.


(Tous les grands stratèges vous le diront: l'important, quand on va au combat, c'est d'avoir le sourcil impeccable.)


(La recherche scientifique c'est important, mais trouver la bonne teinte de rouge à lèvres, c'est CAPITAL.)


(La geekette typique: chemise en jean/carreaux, lissage brésilien, contouring, smoky eye – LOL ces intellos, tous les mêmes.)

Dans Daredevil, même si toutes les filles sont plus bonnes que la plus bonne de tes copines, y’a quand même le côté humain qui ressort – genre des fois leurs cheveux s'emmêlement, et même d’autres fois, on voit les pores de leur peau. (TRUC DE OUF) (Seraient-elles donc des humains après tout ?) (Genre est-ce que quand il fait chaud elles transpirent de la moustache ?) (TOUT EST POSSIBLE.)

Un exemple: voici une photo de Deborah Ann Woll (qui joue le rôle de Karen) lors d'une soirée pour la promo de la série:



Et maintenant, voici un screenshot de la même actrice, dans la série:


(Oh mon dieu, un teint non uniforme, sommes-nous entrés dans la Matrice?)

Tu vois ce que je veux dire quand je parle de "réalisme" dans la série?

Donc c’est une petite chose, mais ça fait me plaisir de voir des nanas à l’écran qui sont juste belles, et pas surnaturellement belles.

(Sans déconner, va regarder Avengers, et essaye de voir les pores de Scarlett Johansson.)



(Du moins, pendant les cinq minutes de film où l’on accepte de nous montrer son visage et pas son cul.)

Bref bref.

Pour ce qui est de la mise en scène, c’est aussi de toute beauté – le côté ‘caméra au poing’ n’est pas nouveau, mais c’est un procédé que j’ai toujours beaucoup aimé (Spike Lee 4EVER). 

Et que dire de ce sublime plan-séquence de FOLIE PURE, le plus fort moment de toute cette saison, et qui te FISSURE LA RÉTINE par sa majesté :



(Et oui, je sais, on dirait la scène du marteau dans Old Boy, mais on s’en fout, c’est beau.)

Cerise sur le gâteau, les interprètes sont tous très bons, alors que la majorité du casting est composée d’inconnus. L’histoire alterne les morceaux d’action bruts avec des passages plus tranquilles où l’on discute de trucs très profonds et très dark (la mort, la justice, la corruption, la douleur, le deuil, la religion, etc.), et le mélange passe super bien.

Au final, je propose qu’on jette définitivement Daredevil le film aux oubliettes (et Ben Affleck l’acteur en meme temps) (Batman VS Superman, Dawn of MES COUILLES) et qu’à la place, on sorte les deux premiers épisodes de Daredevil saison 1 au cinéma, tels quels : crois-moi, ça fera un bien meilleur film.

(En même temps, la barre est pas tellement haute.)

(C’est plus une barre de limbo qu’autre chose.)

Bref : Daredevil saison 1 déchire tout. Si tu l’as pas encore vu, c’est le moment, parce que la saison 2 sort bientôt.

(Flaxou et moi on est AU TOP DU HYPE)

(Presque autant que pour la saison 4 de ‘Vikings’.)

(D’accord, 50% de mon hype sur ‘Vikings’ est fixé sur les pectoraux de Rollo.) (Et les 50 % qui restent sur tous les autres endroits de sa personne.) (Mais le gars on dirait un chanteur de folk metal sexy, qu’est-ce que je suis censée faire, ne PAS tomber amoureuse de lui ?) (Je suis une femme, pas un héros.)

Bref bref Brejnev.

Je viens de réaliser que j'ai écrit beaucoup trop et qu'on n'a même pas attaqué la seconde partie de mon Top 8, et j'ai TELLEMENT de choses à dire sur le reste que je vais m'arrêter là pour éviter de pondre un pavé comme quand j'avais fait Le Hobbit

Du coup, je te dis à très bientôt pour mon Top 2015 des séries comiques, et à un peu plus tard pour l'article méchant où je te parle des séries qui sont devenues de la merde.

(Tout un programme.)

J'espère t'avoir donné envie de regarder des nouvelles séries (si tu ne les a pas déjà vues), et comme il me reste encore neuf jours avant le retour de Flaxou, n'hésite surtout pas à me proposer tes propres coups de coeur 2015, j'ai la bande passante rien que pour moi et je peux faire péter le streaming.

J'attends les suggestions!

samedi 23 janvier 2016

3615 Solitude


Alors en fait je suis toute seule à la maison.

(J’ai eu un petit moment de panique en écrivant ça sur Internet.)

(Genre imagine tous les violeurs psychopathes francophones de Nouvelle-Zélande qui suivent mon blog et qui attendaient que j’écrive que je suis seule chez moi pour venir me découper en morceaux.)

(Tu sais pas, si ça se trouve il y en a.)

(Ma maman m’a toujours dit qu’Internet était un repaire de monstres sanguinaires.)

(Bon okay, pour le moment j’y ai croisé que des geeks et des intellos, mais on sait jamais.)

Bref.

Donc je suis toute seule à la maison jusqu’en février, parce que Professeur Flaxou a eu la géniale idée de prendre ses vacances juste après les miennes.

Bon, au départ, je devais pas partir en vacances du tout : on avait décidé que lui partirait en janvier pour la Thaïlande et y retrouverait sa mère et son oncle pour des vacances en famille à mi-chemin (oui, la Thaïlande, c’est à mi-chemin entre la France et la Nouvelle-Zélande. Je sais qu’on dirait que c’est vachement plus proche de la Nouvelle-Zélande, mais en fait carrément pas, les cartes vous mentent depuis le début.). Et moi, de mon côté, je partirais en vacances en juillet ou août pour aller voir ma famille en France. Comme ça, on évitait tous les deux la période de Noël, où tous les billets sont au triple du prix.

Sauf que j’ai eu un petit changement de plans vers septembre, quand un de mes collègues a demandé à la patronne si elle avait déjà les dates de fermeture du bureau pour Noël, et c’est comme ça que j’ai appris que le bureau fermait chaque année pendant trois semaines, que ces trois semaines étaient bien entendu décomptées de mes congés annuels, et que donc, si je voulais partir en juillet-août, il me resterait…une semaine.

Et c’est pas que c’est impossible de faire Auckland-Melbourne-Beijing-Francfort-Freiburg-Colmar-Kaysersberg et Kaysersberg-Colmar-Freiburg-Francfort-Beijing-Melbourne-Auckland en une semaine, mais c’est comment dire UN PEU TAXANT.

(Genre je passe deux jours dans l’avion, j’arrive en Alsace, je vois ma mère le samedi et mon père le dimanche, et je repars.)

(Donc on va dire que NAN.)

Du coup, bien obligée, j’ai pris mes billets d’avion surtaxés pour aller voir mes proches à Noël, et j’ai donné mes dates à Flaxou en lui disant « Je serai partie du 11 décembre au 9 janvier, alors essaye de t’arranger pour partir après le 10, histoire qu’on se voie quand même un peu ».

S’en sont suivis deux mois de :

- Au fait t’as pris tes billets d’avion ?
- Ah non. C’est pas toi qui t’occupe de ça d’habitude ?
- Oui, quand on part ensemble. Mais là, tu pars seul, je vais pas acheter tes billets à ta place.
- C’est juste, c’est juste.
- … Du coup tu vas les prendre, ou…
- Hein ? Pardon j’écoutais pas.
- Les billets d’avion.
- Oui.
- …
- Ben c’est pas toi qui t’en occupes d’habitude?




(On a dit pour le meilleur et pour le pire, hein.)


Bref, encore quelques semaines plus tard, Flaxou vient me voir tout fier en disant :

- Ca y est, j’ai pris mes billets d’avion !
- Tu pars quand ?
- Le 8 janvier.

(MAIS.)

- C’est une blague ?
- Non, pourquoi ?
- Mais ! Je rentre le 9 janvier, moi !
- Quoi ? Mais tu m’avais dit le 7 !
- Non, je t’avais dit « Essaye de partir après le DIX, parce que je rentre le NEUF » !
- Mais alors… qui est-ce qui rentre le sept ?
- PERSONNE !
- Ah. J’étais probablement pas en train de t’écouter, alors.



- Non mais attends, tu sais quoi, je vais revérifier les détails avec ma mère, parce que je vais peut-être devoir changer de billets de toute façon.

- Pourquoi ?
- Parce que j’ai pris les billets d’avion pour la Thaïlande, mais je sais plus si elle avait pas dit le Vietnam, en fait.
- ….
- Bangkok, c’est dans quel pays ?

(VÉRIDIQUE.)

(Je comprends mieux pourquoi il voyageait pas avant de me rencontrer.)

Ces vacances resteront désormais connues dans notre famille sous le nom de « La fois où Fla est parti en vacances tout seul et qu’il était tellement pas doué que non seulement il s’est planté dans les dates, mais il a bien failli se tromper de destination par-dessus le marché ».

(La version courte s’intitule « J’ai épousé un Teletubbies ».)

Bref bref.

Du coup, grâce à la pas-douéitude de mon époux, on était partis pour pas se voir pendant deux mois.


DEUX MOIS.

C'est tellement long que quand j'ai dit à ma famille que j'allais pas voir mon mari pendant deux mois, ma mère et ma sœur ont décidé de faire une réunion pour discuter très sérieusement de mes évidents problèmes de couple – ils pensaient qu'on avait fait exprès de faire un break de deux mois, parce que, je cite:

- Personne n'est assez stupide pour "accidentellement" se planter de date en réservant ses billets d'avion.

(Bonjour, je vous présente mon mari.)

Et bon, le premier mois est passé comme une lettre à la poste, puisque de mon côté j’étais en France et que j’avais trop de vie sociale pour avoir le temps de remarquer que Flaxou n’était pas là, et que du côté de Fla, il était trop occupé à siffler des bières et à se toucher la nouille dans le noir à poil devant son PC en criant «FREEEEEEEDOOOOOOOM».

(En vrai, c’était juste la première semaine. Ensuite il a dit « Ben je croyais que c’était fun la vie de célibataire, mais quand on peut coucher avec personne, c’est un peu nul ».)

Par contre, je te raconte pas 3615 Déprime quand j’ai dit au revoir à toute ma famille et mes amis, pour me retrouver 48 heures blanches plus tard dans une maison vide et froide.

(En plus il pleuvait tellement la race quand on a atterri que le capitaine nous a fait une blagounette au micro.)

(« For thuse of you coming to Nu Zilind for the first time, yisss, this uz what summer looks like. »)

Alors la première semaine, j’ai fait ma maligne, parce que j’ai repris le boulot, la gym, et mes trois mille épisodes de séries en retard (on est d’accord que le Christmas Special de Sherlock c’était du n’imp sauvage, oui ?). Du coup, je faisais ma fière auprès de mes amis qui me demandaient si Flaxou me manquait pas trop :

- Non mais pardon de te le dire mais là tu rentres dans un schéma carrément patriarcal-an ! J’veux dire on est au vingt-et-unième siècle, ça va, c’est bon, j’ai pas BESOIN de mon mari pour fonctionner-an. Et après quoi, tu vas me demander si j’arrive à porter les courses jusqu’à la voiture toute seule ? Non mais franchement.

Et sur ces entrefaites arriva le premier week-end.


Où je me suis réveillée toute seule dans une maison vide, où j’ai passé ma soirée toute seule dans une maison vide, et où je me suis couchée toute seule dans une maison vide.

Et là, j’ai réalisé qu’être une femme libérée, tu sais, c’est pas si facile.


(3615 chanson dans ta tête pour l’éternité.)

(Ne me remercie pas.)

Et très doucement mais sûrement, je suis partie en roue libre.

Ça a commencé par des décisions semi-rationnelles, à base de « Je me sens seule parce que la maison est trop silencieuse, mettons un peu de musique pour faire fuir les idées noires ! ».

Une idée logique et équilibrée.

Sauf qu’au bout de trente minutes de zap parmi ma playlist, j’ai fini par me dire « Hmmm, non, c’est des bonnes chansons mais je sais pas pourquoi, je les sens pas trop aujourd’hui. Ce qu’il me faudrait, c’est du… du… METAL. »




Et non seulement j’ai écouté du metal tout le week-end (3615 voisins ravis) mais en plus, mes groupes de metal à moi me semblaient trop mélodieux, trop chantants, pas assez brutaux, et donc voilà, ne me demande pas comment ça s’est fait, mais maintenant j’écoute du Finntroll, parce que ça me fait penser à mon doux époux et à ses oreilles en carton.

(Oui parce que Finntroll, c’est un mélange de Black Metal et de Folk, et c’est ma limite.)

(Flaxou préfère le Death Metal et le Black Metal purs et durs, mais j’arrive toujours pas à en écouter sans saigner du cerveau.)

(Le Black Metal c’est l’underground du metal (qui est déjà underground en soi comme genre de musique) donc tu t’imagines bien qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour rendre leur musique la moins accessible possible.)

(« Eh j’ai une idée ! On va faire que hurler dans nos micros sur un fond de batterie épileptique et de guitare distordue, et on va faire EXPRES d’avoir le son le plus pourri possible, ambiance micros qui sifflent et amplis ramassés dans une décharge. » « Parfait, ça va être bien dégueulasse ! » Et le Black Metal était né.)

Bref bref Brejnev.

Ma descente dans le n’imp ne s’est pas arrêtée là, puisque quelques jours plus tard, devant mon PC, je me disais « Je me sens trop seule dans le bureau quand Fla n’est pas là », et du coup j’ai allumé son ordinateur et j’ai mis des Twitch dessus, pour faire le même bruit de fond que quand il est là.

Et si tu penses que ça c’est pathétique, t’as encore rien vu.

Parce qu’en fin de compte je me suis mise à REGARDER les Twitch.

(Il y a quelque chose d’étrangement hypnotisant à voir quelqu’un d’autre jouer à des jeux vidéo.)

Au début je regardais juste des trucs au hasard et je comprenais pas trop bien ce qui se passait (j’avais mis des matchs de Starcraft pour retrouver le fond sonore de quand Flaxou est là, mais IMPOSSIBLE de suivre l’action, c’est pire que des matchs de foot), et ensuite mes suggestions Youtube m’on amené sur la chaîne de Bob Lennon, et voilà, je suis en train de remonter la timeline de 250 vidéos d’un mec qui joue à Skyrim.

(Alors que j’ai moi-même joué à Skyrim plus de 500 heures.)

(AU SECOURS.)

Et tout ça, c’était que la seconde semaine, mes enfants. Là, il me reste dix-sept jours avant le retour de Fla.

(DIX-SEPT.)

Et je t’avouerais que je flippe un peu à l’idée de ce que mon cerveau malade va pouvoir inventer pour combler le vide.

J’ai donc décidé de documenter ma descente dans la folie, en vous fournissant régulièrement ce que je vais appeler des ‘Updates de la Solitude’. Mais comme je vais pas flooder le blog de messages de désespoir, vous pourrez retrouver la totalité de mes élucubrations sur Facebook et sur Twitter.

(Tavu mon social media branding de folie.)

(« Live tweet de ma soirée à chouiner sur mon mec, GET PUMPED »)

À bientôt pour des articles non lugubres (promis).