jeudi 27 février 2020

Séries 2019, partie 1 de la partie 2 : le top

Oh là là, mes agneaux, mais qu'est-ce qu'on a été gâtés en séries de qualitay cette année!

Pour la première fois, j'ai pas moins de TREIZE séries dont je veux absolument te parler, et qui sont toutes sorties en 2019 (à l'exception d'une sortie en 2018 mais que j'avais ratée à l'époque) (bon, on ne peut pas être parfaite tout le temps non plus, sinon c'est fatigant pour les autres).

Et on commence tout de suite sur du court et du léger:

13. Living with Yourself


Cette courte série Netflix (8 épisodes de 30 minutes, la longueur parfaite pour une comédie) nous présente le personnage de Miles Elliot, un gars banal qui bosse dans la pub, sauf que pas si banal parce qu'il est joué par Paul Rudd, alias le mec qui ne vieillit pas (au point que des magazines en ligne en font des quiz) (en gros, le mec a l'air d'avoir 30 ans depuis qu'il a 20 ans) (et encore maintenant, alors qu'il en a 50) (oui, CINQUANTE!)

Bref, on s'en fout un peu que Paul Rudd soit un vampire immortel, mais ce qui est cool par contre, c'est que c'est un excellent acteur comique – et on n'a pas eu besoin d'attendre Ant-Man pour nous le prouver, car toi et moi, les vioques, on s'en souvient bien sûr comme Mike dans F.R.I.E.N.D.S.


(Non? Juste moi? Okay)

Et il excelle particulièrement dans cette série, où il se retrouve à jouer... deux personnes.

Le pitch est court : Miles traverse un sérieux coup de mou, professionnellement comme sur le plan amoureux (sa femme veut un enfant depuis ce qui semble être des années, et il traîne toujours des pieds). Au bout du rouleau, il se rend à un "spa" sur les conseils d'un collègue, et je mets "spa" entre guillemets parce que le traitement coûte genre CINQUANTE MILLE DOLLARZ et mec, pourquoi tu y vas?

Bref, il y va, se retrouve sous anesthésie.... et se réveille enterré vivant, quelque part en forêt, en slip.

Et ce n'est qu'en rentrant chez lui qu'il découvre l'horrible vérité : il est désormais deux personnes. Il y a lui, et "nouveau Miles" : un clone, une copie conforme, avec ses souvenirs, mais aucun de ses traumas : un Miles optimiste, souriant, bosseur, enthousiaste, bref, un Miles pas encore entaché par la vie.

La série peut parfois devenir un peu cul-cul, et c'est ce qui explique sa place en bas du classement, mais globalement, elle tient bien la route, et ce uniquement grâce au charisme de Paul Rudd.

(On n'approche pas encore le génie de Tatiana Maslany dans "Orphan Black", mais soyons sérieux deux minutes, personne ne lui arrivera jamais à la cheville, cette série était super décevante mais Tatiana est un joyau, FIGHT ME.)


12. Miracle Workers


Un jour, on parait de séries, et quelqu'un a dit :

- Ah ouais, comme cette série cheloue, là, où Steve Buscemi c'est Dieu!

Et j'ai immédiatement écrit sur mon poignet "série S. Busc. dieu" pour ne pas oublier de le googler plus tard dans la soirée, c'est dire si ça m'enthousiasmait.

(Je ne réserve mon poignet que pour les choses primordiales.)

("encaisser chèque", "acheter lait BB", "chercher colis Amz.", les essentiels, quoi.)

Et j'ai bien fait, car cette série est bien ficelée, bien jouée, drôle, en un mot : c'est du FUN.

Le pitch, c'est Dieu (Steve Buscemi, donc) (dans une vibe très loin de "Boardwalk Empire", et plutôt "frères Coen") qui, après des siècles à avoir délaissé la terre, se rend compte que c'est devenu nawak et décide de tout faire péter. Eliza, un "ange" de bas étage (elle est chargée de réaliser les tout petits miracles) (genre aider les gens à retrouver leurs clefs) lui lance un défi : si elle et son équipe arrivent à réaliser une prière jugée impossible, Dieu épargnera la terre.

En plus de Steve Buscemi, on retrouve au casting Daniel Radcliffe, l'ex-Harry Potter qui semble s'être assigné comme quête dans la vie de n'accepter que des sénarios complètement barrés (cf. l'excellent et inénarrable "Swiss Army Man").

Et, bonne nouvelle ! La série a été reconduite pour une saison 2, MAIS c'est une anthologie, donc on évite l'écueil d'une bonne idée qui tournerait au vinaigre par effet de répétition. (On a donc droit à une nouvelle histoire, qui se déroule au Moyen Age, avec les mêmes acteurs qui campent des personnages totalement différents).

11. Russian Doll


Une série gentiment allumée, portée par l'excellente Natasha Lyonne (alias Nikki la gentille junkie de Orange is the New Black)


(Qui joue d'ailleurs quasi exactement le même rôle que dans Orange is the New Black)

(Enfin je sais pas, je connais pas l'actrice, si ça se trouve c'est juste elle qui est comme ça tout le temps?)

(Si c'est le cas, on lui pardonne, parce qu'elle est très drôle.)

Bref, c'est l'histoire de Nadia qui meurt le jour de son anniversaire, puis se retrouve à revivre sa soirée d'anniversaire à l'infini, en réapparaissant toujours dans la salle de bains de sa pote. A chaque fois, ça se passe un peu différemment, et Nadia (qui, soit dit en passant, est designer de jeux vidéo, elle s'y connaît donc en respawns) essaye de lever le mystère sur sa boucle temporelle : est-elle au purgatoire? Doit-elle expier ses péchés pour revenir à la vie réelle? Tout cela n'est-il qu'un rêve ou un trip sous acide? Et où est donc passé son chat?


Les répétitions sont un peu barbantes au début, mais la série est suffisamment courte pour que ça ne devienne pas pesant, et puis tout ce mystère à base de boucles temporelles est drôlement prenant, au point qu'on peut très (TRÈS) facilement se binger toute la série en un dimanche glandouille.

(Je dis ça pour les gens heureux qui n'ont pas d'enfants levés à SIX HEURES DU FUCKING MATIN.)

(3615 aigrie)

Bref, cette série ne révolutionne pas le genre, mais est super sympathique, et ce à 90% grâce à son interprète principale, AKA la plus adorable des épaves.


(Merci pour ce moment.)


10. The Dark Crystal : Age of Resistance


Une série que je n'avais absolument pas l'intention de regarder, et qui faisait partie de la longue liste de trucs que Netflix essaye de me fourrer dans la tronche à chaque fois que je me connecte.

(NON, je vais pas regarder ta série danoise à trois francs six sous, juste parce que t'as vu que j'ai maté trois saisons de Vikings et une série en allemand, c'est pas la peine de me lancer la bande-annonce toutes les demi-heures, CALME TON SLIP NETFLIX.)

Donc là, Netflix arrêtait pas de me claquer des bandes-annonces (bande-annonces? bandes-annonce? Je sais jamais avec les mots composés, on a une langue cheloue) de Dark Crystal, en mode "épopée de dark fantasy", et moi je pouffais devant mon écran en mode :

- Non mais, les mecs, autant je ne suis pas la personne la plus mûre du monde, autant quand même on est d'accord que j'ai passé l'âge des Minikeums?

Car oui, la série est entièrement animée avec des marionnettes, et laisse-moi te dire que ça m'avait sévèrement refroidi.

(Faut dire que je ne suis pas une grande fan d'animation non plus.)

(Flaxou a dû me harceler pendant cinq ans pour que j'accepte enfin de regarder Ghost in the Shell.)

(Et honnêtement, je sais que c'est un chef-d'oeuvre et tout et tout, mais je me suis grave fait chier.)

(J'ai largement préféré Cowboy Bebop.)

(Que Fla a finalement réussi à me faire regarder sept ans APRES Ghost in the Shell.)

(Oui, ben j'étais refroidie par toute cette métaphysique de cyborgs, il m'a fallu un peu de temps pour m'en remettre.)

Ce qui m'a fait changer d'avis sur Dark Crystal, c'est Sarah qui m'a dit au détour d'un déjeuner suhsi du mardi :

- Ah dis donc, on s'est matés la saison entière de Dark Crystal en une semaine avec Flo! J'ai juste regretté qu'on l'ait vu en français, après avoir vu le casting de la V.O!

Et donc je suis allée voir le casting de la V.O, et ARE YOU DECONNING?


Mark Hamill, Simon Pegg, Helena Bonham Carter, Taron Egerton, Eddie Izzard, Mark Strong, Benedict Wong, Alicia Vikander, Bill Hader, SIGOURNEY FUCKING WEAVER, et même mon chouchou Andy Samberg?


Ajoute à ça la petite réunion Game of Thrones (parce que bon, la série est finie, leur planning est grand ouvert) avec les actrices Lena Headey (Cersei Lannister), Natalie Dormer (Margaery Tyrell) et Nathalie Emmanuel (Missandei).

(Ah oui, et y'a la meuf de Outlander, aussi!)

Bref, j'étais conquise avant même de connaître l'histoire, et en fait, il s'avère qu'elle est cool aussi! Incroyable!

(Qui aurait pensé que la série qui a fait signer mille artistes talentueux s'avérait avoir un bon scénario?)

Le pitch, je vais même pas essayer de te le résumer ici, parce que sans déconner c'est hyper complexe (d'ailleurs ci-mer à l'intro de la série et son déluge d'exposition, j'ai dû faire pause avant le générique juste le temps de digérer tout ça). Sache juste qu'il est question de méchants très méchants, de gentils braves et nobles, de prophéties, de mystères, ah oui et au cas où tu te dis que tout ça va donner un truc un peu mignon genre Narnia, NOPE y'a littéralement un meurtre dès le premier épisode.

(Donc, si tu as des enfants, ne regarde pas Dark Crystal avec eux.)

(Sauf s'ils ont au moins huit-neuf ans.)

Et si tu n'as pas d'enfants, bah va regarder Dark Crystal, et ouais je sais que c'est tout en animation mais sérieux mets la VO quand même, tu me feras plaisir.


9. What We Do In The Shadows


Une série tirée d'un de mes films comiques préférés (dont je t'avais déjà parlé ici), donc au départ j'étais un peu sceptique, comme quand on annonce n'importe quelle adaptation d'un truc que j'adore.

Parce qu'il faut savoir que je suis quand même une personne qui a très facilement tendance à la hype, et donc ça m'est déjà arrivé de me sentir trahie meurtrie éviscérée un peu déçue par une mauvaise adaptation.

(Genre, au hasard, le film de la Croisée des Mondes.)

(On en reparlera un peu plus loin dans ce classement.)

Et il s'avère que je n'avais aucune raison de m'inquiéter, parce que cette série est franchement super.

L'histoire est la même que le film (des vampires immortels, dans le monde moderne, qui vivent en coloc) mais on a de nouveaux personnages, et l'action est transposée de Nouvelle-Zélande aux Etats-Unis, où le clan établit progressivement son emprise sur le pays entier...


J'aime cette série pour son humour gentiment allumé (dans la même veine que Wellington Paranormal, dont je t'avais parlé l'an dernier) (et qui d'ailleurs se passe dans le même univers!)

(Marvel Cinematic Universe mon cul, oui)

(Wellington Vampires Cinematic Universe, ça, ça en jette!)

Bref, je n'ai pas grand-chose à te dire de plus sur cette petite série, si ce n'est que c'est DRÔLE.


Et laisse-moi te dire qu'après l'année 2019 et ses séries tragiques, ça fait du bien de rigoler un peu.

(Tu te rappelles l'an dernier, quand j'ai regardé la saison 2 de the Handmaid's Tale et que j'ai failli mourir de chagrin?)

(Oui ben ça va, cette année, c'est quand même plus soft.)


8. Catch-22


Une mini-série (ouiiii!) (j'adore les mini-séries!) (c'est comme un très long film dans lequel tu t'investis à fond, mais t'y passes pas ta vie!) (100% gagnant) basée sur un livre que j'aime beaucoup.

(Et là j'avais envie de rajouter "par un auteur que j'aime beaucoup", parce que ça fait intellectuel,  mais allez, tu sais quoi, j'ai 31 ans, j'ai plus le temps de faire ma prétentieuse, je peux tout aussi bien t'avouer que je n'ai rien lu d'autre de cet auteur.)

Pour la petite histoire, le titre du livre est devenu une expression courante en anglais, pour désigner une situation paradoxale et qui se mord la queue. (Dans le livre, c'est le fait que, si un pilote demande à être retiré du combat parce qu'il se sent psychologiquement instable, c'est de facto la preuve qu'il est sain d'esprit, et donc il doit continuer à se battre.)

La série suit très fidèlement le déroulement du livre, qui se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale, sur le front italien, où l'on suit la vie d'une troupe américaine basée près de Bologne. Le livre est étonnement drôle pour une histoire de guerre, et du coup tu t'amuses bien à lire les histoires de cette bande de bras cassés, genre y'a ce type qui s'appelle Major Major, et en fait c'est son nom et son prénom, et à l'armée ils en font un major par erreur, et donc il s'appelle Major Major Major, ha ha c'est marrant BOUM TOUT LE MONDE MEURT!

Ouais, juste quand tu commençais à te détendre, l'auteur te ramène à la dure réalité, et tout ce petit monde commence à crever un par un, t'sais, une fois que t'y étais bien attaché?

(On voit chez qui George R.R. Martin est allé prendre des cours.)

Donc ouais, tout ce que je peux te dire de cette série, c'est :

- Elle est très bien réalisée

- Les acteurs sont excellents

- NE T'ATTACHE PAS TROP, TOUT SENTIMENT DE SÉCURITÉ N'EST QU'UNE DOUCE ILLUSION, LES GENS QUI ONT CATÉGORISÉ CETTE SÉRIE DANS "COMÉDIE" DOIVENT ALLER SE FAIRE EXAMINER FISSA.

Je te laisse avec ce petit meme que j'ai trouvé sur le perso de Milo Minderbinder (à peu près la seule différence fondamentale entre le livre et la série):


Et tu sais quoi? Je viens de me rendre compte que j'ai mis à peu près mille jours à pondre ce demi-article, et que je ne t'ai même pas encore parlé de mes VRAIES séries préférées de l'année (spoiler alert : je vais écrire dix pages rien que sur le Witcher) ET DONC je scinde mon article en deux ici, sinon il ne sortira jamais.

A bientôt (LOL) (NON) (à dans un mois si j'ai de la chance) pour parler du reste!

Des bisous!

samedi 4 janvier 2020

Séries 2019, partie 1 : le flop


Salut les geeks!

Comme chaque année (un peu en retard parce que d'habitude c'est en décembre mais j'ai des gosses maintenant), c'est l'heure du marronnier de ce blog : le récapitulatif des séries que j'ai découvertes, aimées, adorées, et détestées cette année.

Et ne va pas croire que, juste parce que j'ai été UN PEU occupée avec deux nouveaux-nés, j'ai levé le pied sur les séries en 2019.

Eh non mon bouchon, car mes bébés ont beau être le portrait craché de leur père (leur raccourci clavier à tous les trois serait : Ctrl+C Ctrl+V Ctrl+V), en tempérament, ils tiennent quand même un peu de moi, et ce notamment pour le côté couche-tôt lève-tôt (un grand classique dans ma famille, cf. ma mamie levée à 5h30 tous les matins, mon père qui dort onze heures par nuit depuis qu'il est à la retraite, et ma soeur qui n'a jamais réussi à regarder un film en entier à la télé DE SA VIE).

Du coup, à 19h, les petits sont déjà en train de roupiller, ce qui me laisse pas moins de deux heures et demie de temps libre par jour, c'est pas génial la vie franchement?

(Oui, je me couche à 21h30, qu'est-ce que t'avais pas compris au juste dans "couche-tôt"?)

Et autant te dire qu'on en matières de série, cette année, on a été gâtés comme mes bébés à leur premier Noël (ma maison c'est un Joué Club, au secours).

Tellement gâtés en fait que je n'ai que trois séries dans ma partie "flop", et environ MILLE dans ma partie "top" (prépare-toi, ça va être intense).

On va donc commencer par le plus court, et par les trois séries décevantes que j'ai arrêtées de regarder cette année:


Mr Mercedes

Je t'en parlais il y a quelque temps dans la partie top, et pour cause : Mr Mercedes était une très bonne adaptation de la série de romans de Stephen King suivant les aventures de Bill Hodges, flic à la retraite hanté par le spectre de son seul cas non élucidé : le mystérieux Mercedes Killer...

L'adaptation osait même dévier franchement du matériau de base dans la saison 2, ce qui m'avait laissé perplexe au départ mais s'était avéré bien cool, notamment pour le twist de fin de saison que, pour le coup, les lecteurs du livre n'avaient GRAVE pas vu venir.

(Je suis toujours super contente quand je regarde une adaptation d'un bouquin que j'ai lu, et qu'elle parvient quand même à me surprendre.)

Sauf que la saison 3 posait un problème épineux à résoudre : en effet, dans la trilogie de livres sur les enquêtes de Hodges, seuls deux livres (le tome 1 et le tome 3) ont pour antagoniste le Mercedes Killer. Le tome 2 est très différent des autres, dans le ton comme dans l'histoire, et se concentre sur une enquête annexe de Bill (celle d'un fan obsessionnel qui tue son auteur préféré et vole ses manuscrits jamais publiés).

Tout ce tome a un côté très "side quest et divagations de prof de Litté" (La figure de l'Auteur, la figure du Fanatique, le figure de "Bonjour je Suis Stephen King je ne cherche même plus à donner l'illusion de faire dans le subtil et l'Auteur c'est clairement Moi") mais malgré tout, ça reste un bouquin prenant et fort sympathique.

Dans la série, il a été fait le choix judicieux de concentrer les deux premières saisons sur le Mercedes Killer (clairement le méchant le plus intéressant) et de passer à la trappe le second livre.

Sauf qu'après la saison 2, le Mercedes Killer est mort, et au vu de la saison 3, voilà ce qui s'est dit au moment de la production:

- Bon, le Mercedes Killer c'était super, tout le monde a adoré. Qu'est-ce qu'on peut raconter maintenant que c'est fini?
- L'intrigue du deuxième bouquin qu'on avait exprès mis de côté?
- Alors, oui, mais par contre j'ai une idée : vous voyez comme l'histoire du deuxième bouquin est bien?
- Oui?
- Voilà, alors mon idée, c'est : et si on rendait ça nul?
- Jean-Michel, t'es un génie.


Et je passe sur la couardise des producteurs qui n'ont pas eu les couilles de se débarrasser complètement du personnage de Mr Mercedes (par peur que les audiences chutent, j'imagine) et dont le va-et-vient constant en mode "ni avec, ni sans" m'exaspère horriblement.

(Une fois pour toutes, si on prend la décision de tuer un personnage, ON S'Y TIENT.)

(Sauf si on est George R.R. Martin - il a un passe-droit.)


The Handmaid's Tale

Alias "l'histoire d'un effet ascenseur".

Car, autant la saison 2 de la série m'avait surprise par sa capacité à aller au-delà du matériau de base (je rappelle que le livre s'arrête à la fin de la saison 1), autant la saison 3 m'a surprise dans le sens inverse.

Et comme une image vaut mieux qu'un long discours, voici un petit graphique (à cliquer pour voir en grand):


Les raisons de cette déception sont multiples, mais il y a deux choses qui m'ont particulièrement dérangé dans cette saison :

1. Le scénario n'aurait jamais dû avancer aussi loin, ou alors, il aurait dû continuer sans June.

J'veux dire, on passe toute la saison 1 et 2 à t’expliquer à quel point Gilead est un cauchemar, comme ils écrasent toute ombre de menace d'un coup de botte implacable, et là June leur met la misère et POURQUOI VOUS NE LA BUTEZ PAS?

(Alors ils essayent bien de justifier ça péniblement à coups de "Ouuiii maiiis elle est connue à l'international maintenant, ça nous donnerait une mauvaise image" et LES MECS! Vous croyez vraiment que c'est ça qui va sauver votre image? Vous êtes littéralement des talibans!)

C'est le gros problème dans lequel le scénario s'est empêtré : la série est l'une des seules productions Hulu à marcher (et je dis vraiment ça pour ne pas dire "LA seule production Hulu à marcher"), ce qui excluait fatalement d'en faire une minisérie. Et d'ailleurs, l'univers de Gilead est tellement riche que ça aurait été tout à fait bienvenu d'en faire, par exemple, une anthologie : ces séries basées dans le même univers et où les personnages changent à chaque épisode (comme Black Mirror) ou à chaque saison (comme Fargo ou True Detective).

Le souci, c'est qu'Elisabeth Moss est tellement devenue le visage de la série que les showrunners ont clairement décidé qu'elle ne pourrait pas exister sans elle. Du coup, son personnage est encore vivant, protégé uniquement de son armure en scénarium, et ça rend tout l'univers de Gilead complètement incohérent - cf. tous les gens que June approche qui se retrouvent exécutés, tandis que June elle-même, l'instigatrice de toutes les tentatives de rébellion, ne reçoit aucune forme de punition.

Pire encore, cette invulnérabilité rend le personnage super antipathique ("Ouééé venez on fait la rébellion on s'en bat les steaks, vous allez mourir okay mais pas moi alors osef") ("Ouééé je fais de l'abus de faiblesse oklm, allez viens on va voir ma fille tant pis si tu finis sur le mur, déso pas déso") alors que c'est justement sa compassion dans ce monde implacable qui lui donnait son humanité et la rendait sympathique dans les saisons précédentes.

2. "Bonjour on est à court d'idées et ça se voit".

Donc, non seulement on a des idées de scénario à la mords-moi le noeud juste histoire de rajouter du trash ("Et là on dirait que les servantes elles ont la bouche cousue!") (Oui mais carrément non, ça n'a aucun sens, même pour Gilead) mais en plus, même la mise en scène a un sérieux coup de mou.

En effet, les deux premières saisons jouaient beaucoup sur la photographie, les décors, les costumes et les plans de caméra pour créer une ambiance à la fois grandiose et sinistre (on avait notamment beaucoup de jeux avec les couleurs, entre le rouge des servantes et le bleu madone des épouses).

Là, j'ai juste eu l'impression de passer la saison entière à regarder la même tronche d'Elisabeth Moss grimaçante en gros plan.




("Endiré cé un ange lol ki dautre la remarqué?")

Bref, la saison 4 est confirmée, mais elle se fera sans moi, j'en suis désolée.


Game of Thrones


Tu t'en doutais, on s'en doutait tous.

On se voilait tous la face à base de "Ouiiii c'est vrai la saison 7 était un peu pétée du cul, avec tous ces développements entre les personnages rushés à fond, et ces déplacements en mode téléportation, MAIS à coup sûr on va avoir droit à un grand final! Ça va être extraordinaire, ça va être monumental, et ça va rattraper la pente descendante sur laquelle la série s'est engagée depuis qu'elle ne suit plus les livres!"

(Ouais, parce qu'on a tendance à l'oublier, mais j'ai revu l'intégralité de la série, et y'a pas à dire, ça commençait déjà à chier dans la colle à la saison 6.)

(A part l'épisode de la bataille des Bâtards, qui était probablement le meilleur de toute la série.)

Sauf qu'on se berçait évidemment d'illusions, j'veux dire, revoyez la saison 7, on n'allait pas rattraper ça. Le gâteau était déjà cramé, au mieux, on allait juste coller un glaçage par-dessus.

Mais bon, pour autant, est-ce qu'on était obligés de faire un GLAÇAGE A LA MERDE?

Je vais essayer de ne pas m'étendre là-dessus outre mesure, parce que tout a déjà été dit sur cette série et cette foirade monumentale, cette déception qui n'avait d'égale que les attentes gigantesques des fans (clairement, on attendait un miracle, ça n'a pas aidé).

Donc, je ne vais pas m'attarder sur les soucis de rythme (2 épisodes pour préparer ce pet mouillé qu'a été la bataille de Winterfell, vraiment?), les problèmes techniques (alô ui cé l'épisode 3, on voudrait de la lumière merci) ou encore les énormes incohérences – genre, au hasard, Rhaegal qui se fait tuer EN PLEIN VOL par une BALISTE.




(C'est bon, j'ai corrigé la page Wikipédia pour vous, les potes.)

Et encore, niveau incohérences, je n'ai fait qu'effleurer la surface (kikou les Dothraki qui re-spawnent) et je ne vais pas rentrer dans les détails parce que sinon ça sera beaaauuucoup trop long.

(Par contre, si un jour vous voulez rigoler, allez voir Professeur Flaxou et mentionnez la bataille de Winterfell devant lui. Croyez-moi, c'est très fun de le voir devenir tout rouge.)

("QUI MET DES CATAPULTES DEVANT DES MURAILLES? QUI MET DE L'INFANTERIE LÉGÈRE DEVANT DES TRANCHÉES? ET CETTE CAVALERIE QUI CHARGE DANS LE NOIR AAAAAH!")

Pour moi, le plus gros gâchis de cette ultime saison de Game of Thrones restera le développement des personnages. Ce qui faisait la force de la série (et des livres), c'était justement la psychologie nuancée – chose par trop rare dans la fantasy, d'ailleurs. C'est toute la leçon de la saison 1 ; le seul "bon" personnage, Ned Stark, se fait buter justement A CAUSE de son honneur, de son sens de la morale, et de sa quête de la vérité.

Et ce côté nuancé passe complètement à la trappe dans la saison 8 (après un virage déjà bien amorcé dans les deux saisons précédentes) (on en parle, de Stannis Baratheon qui crame sa fille sans sourciller?) (non, on n'en parle pas, cet article est déjà bien trop long putain!)

Je vais passer assez rapidement sur les personnages qui deviennent cons comme des planches juste parce qu'il fallait faire passer les ficelles du scénario – genre, au hasard, Varys le roi des intrigues de cour et des conversations feutrées, qui passe en mode "BONJOUR JON TU VEUX FAIRE DE LA TRAHISON AVEC MOI? PARLONS-EN BIEN FORT DEVANT LES GARDES DE DAENARYS OH OH OH"

(Et ne me lancez même pas sur Tyrion ou Sansa, ils ont tous perdu mille points de QI en deux saisons, c'est affligeant.)

(Je suis aussi super attristée que le parentage de Jon Snow, enfin révélé, aie absolument ZÉRO incidence sur le scénario – à part rendre Daenerys jalouse, okay, super.)

(Genre, on a même pas pu voir ce que ça fait à Jon de réaliser qu'il est un enfant légitime – lui qui a vécu toute sa vie avec son étiquette de bâtard.)

(Okay, Kit Harrington est un très mauvais acteur, mais ça aurait quand même été sympa d'avoir une ou deux scènes pour en parler!)

Mon plus gros crève-coeur restera tout de même la storyline de Jaime complètement massacrée, alors que c'est selon moi le personnage avec l'arc narratif le plus intéressant!

J'veux dire, on part sur un gars qui POUSSE UN GAMIN D'UNE FENÊTRE pour protéger sa liaison avec SA SŒUR, difficile d'imaginer plus ignoble, on est d'accord?


(MAIS CRÈVE BÂTARD)

Et pourtant, au fur et à mesure qu'on apprend à connaître Jaime, l'impossible se produit : on commence à avoir de l'empathie pour lui.

A partir du moment où il est capturé par Robb (et loin de Cersei), il se dévoile peu à peu comme un personnage complexe. On le voit agir pour la première fois de manière désintéressée quand il empêche le viol de Brienne (ce qui lui coûte une main), mais ensuite, on apprend que ce n'était pas la seule fois qu'il a agi pour le bien commun et payé le prix fort en contrepartie : il a assassiné le roi Aerys d'un coup d'épée dans le dos, alors que ce dernier avait prévu d'incendier toute la capitale. Le fait de tuer le roi (auquel il avait juré sa loyauté) a entaché sa réputation à jamais, mais lui ne le regrette pas une seule seconde. Il a sacrifié son honneur pour sauver des milliers de gens, et s'en balek complètement de ce qu'on peut penser de lui – il sait qu'il a fait le bon choix.


Cette scène est géniale, parce que non seulement elle change la manière dont on voit Jaime, mais aussi, rétrospectivement, la manière dont on voit Ned Stark (qui, plus tôt dans la saison 1, avait un échange méprisant avec Jaime au sujet de cet épisode).


On se rend compte désormais que Jaime est un homme d'honneur, MAIS seulement quand sa relation avec Cersei n'est pas menacée – parce que, par amour pour elle, il ferait n'importe quoi (y compris pousser des enfants d'une tour, donc).

Et, au fur et à mesure que les saisons progressent, Jaime se libère peu à peu de l'influence toxique de sa soeur. Alors, okay, ça prend plus de temps que je l'aurais souhaité (genre Cersei crame la septe de Baelor, c'est la raison pour laquelle t'avais tué le roi précédent, mais là non, rien?) MAIS au final, Jaime met enfin les bouts, laisse sa soeur en plan, et va combattre les zombies de glace à Winterfell.

Non sans au passage s'abandonner enfin aux bras de Brienne de Tarth, et l'adouber par la même occasion, mais YES elle le mérite tellement mon petit cœur chavire de bonheur!


 (Je les shippe depuis la saison 3 mais quelle satisfaction!)

Et puis.... et puis on efface tout et on revient au début.

Jaime repart à King's Landing, il retrouve sa sœur, et il meurt avec elle, écrasé par un vieux parpaing.

Quoi? Mais pourquoi?

Tout allait tellement bien! Il s'était enfin affranchi de Cersei! Il avait enfin accepté d'ouvrir son cœur à quelqu'un d'autre! Le progrès était fait!

Alors POURQUOI revenir en arrière?


(Mais NON! Ça fait cinq saisons qu'on sait que NON!)

(Et je passe sur son petit discours en mode "Moi je suis là pour Cersei, je m'en balek des habitants de King's Landing" genre MEC SÉRIEUSEMENT?)

Bref, un gâchis total.

Et puis, bien sûr, on a Daenerys, avec des scénaristes en roue libre en mode :

- Hi hi en fait c'est une méchante, avouez vous l'avez pas vu venir! Vous devez vous sentir bien cons maintenant!

Sauf que NON, la psychologie des personnages, ça ne marche pas comme ça.

NON, ça ne suffit pas d'avoir Tyrion qui balance "Han mais en fait elle a déjà fait preuve de cruauté par le passé, on l'avait juste mis de côté pasqu'elle est jolie et qu'on est nuls". NON.

Primo, c'est pas très malin de faire ça dans un monde médiéval où TOUT LE MONDE fait preuve de cruauté TOUT LE TEMPS, même les "gentils" (genre, au hasard, Jon Snow qui exécute un enfant, ou Arya qui TUE TOUTE LA FAMILLE DE WALDER FREY ET LUI FAIT BOUFFER SES FILS), donc excusez-moi si ça fait pas très pro d'amener une réflexion beaucoup trop moderne sur le coût humain de la guerre comme un cheveu sur la soupe, en mode "gné gné la Convention de Genève". NON.

Secundo, ça ne suffit pas d'utiliser quelques exemples de cruauté ciblée (crucifier des esclavagistes) et de s'en servir pour justifier que Daenerys devienne d'un seul coup Hitler avec un lance-flamme. NON.


("Endiré cé un démon lol ki dautre la remarqué?")

Au final, je suis, comme tout le monde, déçue par cette fin.

Je pense que la série a signé son arrêt de mort au moment où elle a quitté les plate-bandes des livres – et je pense, d'ailleurs, que la fin dans les livres sera beaucoup mieux amenée, même si on finit sur les mêmes lignes (ce qui d'ailleurs n'est pas certain).

(Et, oui, je suis toujours persuadée que les livres vont sortir un jour.)

(Je suis optimiste, laisse-moi tranquille.)

Fort heureusement, il y a eu pléthore d'excellentes nouvelles séries en 2019 qui ont largement, très largement compensé ces trois séries décevantes.

Et ce sera le sujet de mon prochain article!

(Ou de mes deux - trois - quatre prochains articles.)

(Ça dépend à quel point j'arrive à contenir mon enthousiasme.)

(Mais y'a eu The Mandalorian ET The Witcher la même année, alors accroche-toi à ton slip.)

Des bisous!

samedi 19 octobre 2019

3615 working mum


Et donc mes bébés sont à la crèche.


(Et à ceux qui auraient envie de dire "déjà?", je dis : farcis-toi deux machines à cris et caca pendant trois mois H24, et on en reparle.)

On les y a laissés le coeur léger, et pas seulement parce qu'on est des parents indignes, mais aussi parce que ces enfants sont des gros ingrats - cf. les nombreux matins où j'arrive sur le parking de la crèche avec deux ignobles petits gobelins hurleurs, et qu'à peine passés le seuil de la porte, ils se transforment instantanément en adorables angelots pleins de sourires et de gazouillis.

De toute façon, j'ai très vite compris qu'ils allaient adorer la crèche au moment de l'intégration, où je les ai laissés la boule au ventre, je suis allée faire des courses en regardant constamment ma montre, et j'ai rangé la maison avec en tête des images d'eux en train de hurler de désespoir en appelant nos noms (oui, je sais qu'ils peuvent pas encore parler, j'étais en détresse okay?).

Au final, j'étais sur le parking dix minutes avant l'heure d'aller les rechercher, en train de me faire violence pour ne pas y aller trop tôt, et quand les cloches ont ENFIN sonné l'heure, je suis entrée pour voir :

- Auguste en train de jouer pépouze sur un tapis d'éveil en babillant comme un bienheureux;
- Sammy dans les bras d'une assistante maternelle en train de lui faire LES PLUS GROS SOURIRES QU'IL AIT JAMAIS FAITS DE SA COURTE VIE.

(Genre même pour son père il en fait pas des comme ça.)

Et là, comble du truc : la nana me tend mon bébé pour que je le reprenne, et le petit trou du cul a l'audace de SE METTRE A PLEURER !


Donc oui, clairement, ils se plaisent à la crèche (aussi, l'équipe pédagogique doit grave penser qu'on les enferme dans des placards à la maison pour qu'ils soient aussi tristes de nous retrouver). En même temps, je pense qu'ils ont plus d'attention là-bas qu'à la maison, tellement tout le monde est aux petits soins pour eux:

- Non mais faut nous comprendre, on n'a presque jamais de bébés ici. Quasiment tous les enfants ici ont entre 18 mois et deux ans, donc bon, ils font leur vie, ils ont pas tellement besoin de nous. Ça fait des années que mon équipe me dit "c'est trop dommage, on n'a jamais de tout petits!" Alors, vos bébés, c'est un peu nos mascottes! D'autant qu'ils sont pas avares en sourires, hein, les petits choux?


(Oui ben merci j'avais bien compris hein.)

Bref, je suis vexée comme un pou, mais en vrai je suis super heureuse que tout se passe bien, même pendant les longues journées où ils passent dix heures d'affilée sur place:

- Ça va, ils ont été sages? Ils ont pas trop pleuré?
- Pleuré? Ah mais on ne les entend jamais! Ils sont tellement gentils, c'est un plaisir!
- Excusez-moi, vous devez être nouvelle ici, je pense que vous n'avez pas compris de quels bébés je parle.
- Si si, je vois tout à fait...
- Je suis la maman de SAMUEL et AUGUSTE!
- Oui, je...
- Les SUPPÔTS DE SATAN!

J'ai donc repris le boulot avec joie, toute heureuse de sortir un peu la tête des couches et de retrouver mes élèves après cinq longs mois d'absence. (Deux mois de congé pathologique pour cause de gynéco en mousse, et trois mois la tête dans les couches, donc.)

Eux aussi étaient très contents de me retrouver, tout le monde m'a demandé des nouvelles des bébés, et j'ai essayé de me retenir, juré, la tête de ma mère, j'ai essayé:

- Hello! Good to see you!
- Yes, you too! How are the babies? Good?
- Very goodYOU WANT TO SEE PICTURES?
- Heu...
- I HAVE MY PHONE RIGHT HERE I'LL SHOW YOU PICTURES!!

(Oui, je suis devenue cette meuf qui montre des photos de ses chiards alors qu'on ne lui a rien demandé.)

(Mais ils sont BEAUX, Micheline, ils sont tellement BEAUX!)

(Comment est-ce que je peux laisser le monde ignorer leur beauté?)

Mais j'ai surtout profité de cette reprise pour prendre des nouvelles de mes élèves et leur demander tout ce qu'ils avaient fait durant l'été :

- Alors, vous avez passé un bel été?
- Ben, pas trop, parce que mon chat est mort, en fait.


 (Ça commence bien, dis donc.)

- Vous avez fait quoi cet été? Vous avez voyagé?
- Non, pas vraiment, je suis juste partie en Italie trois jours avec ma famille...
- Super! J'espère qu'il a fait beau!
- Oui, enfin c'était pour l'enterrement de mon beau-père, donc on n'a pas trop fait attention au temps.


(Ah non mais décidément, bien joué, Charlotte.)

- Vous avez réussi à pratiquer un peu l'anglais durant mon absence?
- Oui, on a eu une visite de clients anglais dans mon entreprise.
- Super!
- Enfin c'était assez difficile, parce que le client est mort dans un accident de voiture quand il était sur place, et il a fallu que je parle à sa famille en Angleterre pour leur expliquer ce qui s'était passé.


(Voilà voilà.)

Bref, malgré ces retrouvailles HYPER SYMPA, je suis quand même bien heureuse d'avoir repris le travail, entre autres parce que ça nous aide à créer un rythme pour les petits, et OUI MA VIE PEUT ENFIN REPRENDRE UN SEMBLANT D'ORDRE HALLELUJAH!

(Pardon, c'est mes racines germaniques qui s'expriment.)

On a donc réussi à bien conditionner nos bébés comme des gentils petits chiens de Pavlov, avec une routine du soir bain-biberon-coucher qui marche comme sur des roulettes, et qui les a aidés à enfin comprendre quand c'était la nuit et quand c'est qu'il fallait dormir.

Ce qui peut paraître très con, mais je t'assure que c'est une victoire immense quand tu peux rendormir ton bébé à quatre heures du matin en lui collant simplement son doudou puant sur la tronche, quand auparavant il fallait passer une heure à le bercer dans le noir parce qu'il était parti en mode pump it up, genre ça y est on est free du slip, viens on va en boîte, mets-y donc la Vodka Red Bull dans le biberon.

Malgré cette bonne routine, les bébés se réveillent quand même encore une fois par nuit pour prendre un biberon vers deux heures du matin. Comme toute mamounette 2.0 qui se respecte, j'ai donc prestement été chiner sur Youtube pour savoir quand est-ce qu'ils feraient leurs nuits, et si on pouvait éventuellement accélérer le processus.

(Non pas que je n'adore pas mes cinq heures de sommeil quotidiennes, hein.)

(Mais bon c'est comme ça qu'on finit au congélateur, je dis juste.)

Et c'est en visionnant un épisode de la Maison des Maternelles que j'ai compris qu'en fait, Flaxou et moi, on avait quand même de la chance :

- Alors nous accueillons aujourd'hui Babette, Babette, votre fille a maintenant quinze mois....
- Seize mois trois quarts.
- .... et elle ne fait toujours pas ses nuits! Ça doit pas être facile tous les jours, dis donc!

(Médaille d'or 2019 de la litote.)

Une fois que je m'étais remise de ce calcul mental forcé sur ma pauvre personne (message d'intérêt public : après un an, arrondissez l'âge de vos mômes, merci, au revoir.) (Et ça vaut double pour les  trous de balle qui donnent l'âge en semaines.) ("Ma fille a 34 semaines", ah ouais super, tu veux pas me donner le décompte des minutes avec ça, Marie-Connasse?), BREF une fois ce traumatisme passé, j'ai écouté le témoignage de la jeune maman, et woh dis donc:

- Alors Babette, racontez-nous comment se passe le coucher de votre fille.
- Alors, on a un rituel qui commence avec le bain, puis je lui mets son pyjama, elle a sa tétée du soir....

Moi, en train de prendre des notes devant mon PC : okay, tout pareil.

- Et puis je lui raconte une histoire, puis je lui chante une chanson, puis on passe quelques dizaines de minutes à faire un gros câlin, et ensuite je lui explique qu'il faut dormir, je la pose dans son berceau, je lui chante la chanson de bonne nuit, je dis bonne nuit à doudou, je tamise la lumière, je sors de la chambre à reculons, puis j'éteins la lumière.
- Et ensuite, il se passe quoi?
- Eh bien en général, elle se met à hurler jusqu'à ce que je la reprenne, et ensuite elle s'endort dans mes bras au bout de trois ou quatre heures.

Moi:


Flash-back d'une conversation avec Flaxou :

- Oh là là, ils sont chiants, ce soir! J'ai dû remettre DEUX FOIS leur totote avant qu'ils s'endorment!
- Sérieux? Mais c'est pleine lune, ou quoi?

Donc, bon, je suppose qu'on a quand même des bébés relativement faciles, au moins pour ce qui est de l'endormissement.

(Faut savoir que je leur fais un bisou de bonne nuit tous les soirs quand on les couche, mais ils s'endorment tellement vite que c'est un peu comme d'embrasser une brique tiède.)

A part ça, on trouve nos petites habitudes doucement, entre la passation de babyphone de cinq heures du mat' et les visites quotidiennes chez Mamie Tic-Tac :

- Coucou mamie! Je peux te laisser Auguste cinq minutes, le temps que j'aille préparer son frère pour la crèche?
- Bien sûr, bien sûr! Eh bonjour mon petit trésor!
- Bon, je m'excuse, il est pas de très bonne humeur, donc il risque de hurler un p...

Le bébé dans les bras de mamie :


(Okay, donc vous aimez tout le monde SAUF vos parents, ou c'est quoi le deal?)

Bref, toute la famille s'épanouit entre la crèche et nos boulots respectifs.

Et, entre mes cours, je savoure la joie d'avoir à nouveau du temps libre:

- Ah zut! J'ai mon cours de 10h qui vient d'être annulé! Si j'avais su, j'aurais déposé les petits à la crèche plus tard!
- On va quand même pas les rechercher?
- Non. Tu sais ce qu'on va faire?
- Oh ben j'ai bien une petite idée...
- Je vais faire une SIESTE!

Flaxou:


(On lui souhaite tous bien du courage.)

samedi 21 septembre 2019

Vie ma vie de geoise-bour


Et sinon l'autre jour j'étais au spa.

Mes copines Sarah et Coralie s'étaient dit que ce serait cool de se faire une après-midi entre filles, sans nos bébés respectifs, et qu'on pourrait laisser les papas faire du baby-sitting ensemble, et elles m'avaient invité à la fête.

J'y suis allée non sans remords, parce que je me sentais quand même vachement moins légitime qu'elles dans leur quête de relaxation.

Faut dire que mes copines étaient en congé maternité, à la maison seules toute la journée avec leur bébé, et avec leur mari qui bossait et qui rentrait seulement le soir, donc ça semblait logique qu'ils prennent le relais une fois de temps en temps. Tandis que pour Flaxou et moi, c'est le branle-bas de combat tous les jours que dieu fait ! On est constamment sur le front tous les deux, et donc ça semblait plutôt injuste que je le laisse galérer avec les deux bébés pendant que moi j'allais me prélasser au sauna à raffermir mes pores.

Mais au final, j'ai réussi à alléger ma conscience en offrant une aprèm de détente similaire à Flaxou :

- On n'a qu'à faire comme ça : la semaine prochaine, je m'occupe des enfants, et toi, tu peux, par exemple, aller te faire faire un massage!
- Mouais.
- Une soirée jeux avec tes potes?
- Bof.
- Une après-midi seul dans le noir en slip devant ton PC avec une bière à jouer à des jeux de gestion chiants?
- HAN MAIS OUAIIIS!


(La vie selon Flaxou.)

Et donc on s'est embarquées toutes les quatre, Sarah, Coralie, Gaëlle et moi, pour passer enfin quelques heures sans bébés dans les pattes.

- Bienvenue au spa, laissez-moi vous préparer un peignoir, ainsi que...
- VOUS FAITES DES APEROLS SPRITZ?

Ah, oui, et pour pouvoir enfin boire de l'alcool, aussi.

(J'ai bu mon premier kir framboise depuis octobre dernier.)

(J'étais pompette au bout de deux gorgées, mais ça valait le coup.)

On est entrées dans le spa, et on s'est immédiatement senties super ploucs, parce que c'était un endroit super fancy, à base de déco en bois flotté et de grosses jarres en terre cuite, et moi j'étais là avec mon sac de piscine fabriqué avec une taie d'oreiller, bonjour la te-hon.

C'était un endroit tellement classe qu'ils avaient le signe qui ne trompe pas : les bombonnes d'eau avec du citron et de la menthe dedans.

Et, je t'avoue, quand on s'est toutes posées sur des transats dehors, autour de la cascade qui plongeait dans la piscine d'eau thermale, avec nos cocktails à la main, on s'est dit qu'on vivait vraiment notre meilleure vie.

- Vous trouvez pas qu'on est carrément dans Sex and The City?
- Mais grave!
- Mais pour être dans Sex and the City, il faudrait pas qu'on couche avec plein de gars?
- Ben on est mal barrées alors, on a couché avec deux mecs dans toute notre vie.
- Non, c'est pas vrai!
- ....
- Moi, j'en ai eu genre QUATRE!

Alors on a déploré notre vieillesse et le fait qu'on aurait carrément pu être des meufs promiscuiteuses dans notre folle jeunesse, mais qu'on avait loupé le coche – notamment Sarah et Coralie qui passaient leurs soirées étudiantes à la Salamandre mais n'ont en fait jamais pé-cho:

- Mais t'avais pas couché avec le mec, là, qui avait les Converse?
- Ah mais non!
- Ah, je pensais.
- Et toi, tu t'étais pas tapé le gars avec les longs cheveux, celui qui jouait de la guitare?
- Mais pas du tout!
- Ah, je croyais.

(3615 les nanas qui sont amies depuis dix ans et se rendent compte maintenant qu'elles étaient en fin de compte pas des filles faciles.)

(Moi j'étais exclue de cette conversation, puisque je passais mes soirées étudiantes chez ma mère, avec mon chat et mes VHS de Friends.)

(Oui, mes VHS.)

(Je suis vieille à ce point.)

Et donc on a essayé toutes les attractions que proposaient le spa, comme le sauna :

- Haaan mais c'est trop chaud!

Le hammam :

- Aaaaah mais je vais mourir!

Et puis ensuite on a vu qu'il y avait un autre sauna encore plus chaud, mais Sarah a menacé de décéder sur place si on y allait, alors on s'est rabattu sur des activités moins calorifères.

(N'empêche que mes pores sont hyper propres.)

Alors on a testé des endroits exotiques, comme la douche sensorielle : un parcours avec différentes douches qui s'allumaient au fur et à mesure, et qui te promettaient de te faire vivre un tour du monde de la pluie (avec bruitages en prime) : les grosses gouttes tièdes de la mousson indienne, la douce bruine d'un soir d'été en Californie, le torrent d'une cascade polynésienne....

- Heu, les meufs? Je veux pas faire ma connasse, mais là on dirait quand même vachement les Ardennes en novembre.

Un peu refroidies (LITTÉRALEMENT), on s'est rabattues sur des trucs encore plus mystérieux, comme une pièce qui proposait de la "chromothérapie" (c'était des chaises longues avec des lumières colorées), ou encore une pièce sombre qui s'appelait "la grotte de sel". Et en fait... ben, c'était un genre de sauna, mais en pas très chaud.

- Non mais attendez, faut aller dans la salle de sieste, c'est le meilleur truc!
- Y'a une salle juste pour faire la sieste?
- Ouais, avec des lits géants, et des matelas à eau!

Sauf que. Les matelas à eau. 

C'est confortable, hein, je dis pas. Mais. Quand on s'allonge dessus.

CA BLOUBLOUTE.

On a finalement réussi à garder notre sérieux que trois pénibles minutes, avant de devoir quitter la pièce pour cause de pouffage intempestif.

Et puis avec toutes ces conneries on commençait à avoir pas mal faim, mais malheureusement:

- On peut commander à manger?
- Heu... oui, enfin, quand le restaurant ouvre, à 18h30, vous pouvez commander à la carte. Notre chef étoilé a préparé une sélection de mets fins et délicats, qui raviront les papilles les plus exigeantes...
- Nan mais vous avez pas genre des Kit Kat?



(Insortables)

Ils en avaient pas, alors du coup on a recommandé des cocktails.

(L'esprit Sex and the City, toujours.)

- Bon les filles, je suis allée voir dans la pile de magazines si je trouvais pas un Cosmo pour qu'on puisse faire leurs tests débiles, mais y'avait que des magazines de design et des Madame Figaro.

- ....
- Par contre, je peux vous lire votre horoscope d'il y a quatre mois?

Et puis bon, comme on commençait à avoir bien la dalle, on est parties – au grand soulagement des gens assis derrière nous sur les transat, qui devaient en avoir un peu marre d'entendre les histoires de Sarah et de sa rééducation du périnée:

- Et je pouvais pas me retenir de péter! Je montais les escaliers à la maison, et à chaque marche, ça faisait prout, prout, prout!

(Le mot d'ordre de cette sortie : DIS-TIN-GUÉES.)

(J'ai précisé que mon sac était une taie d'oreiller?)

Et puis on a sorti nos culs de ploucs de cet endroit beaucoup trop classe, et on a appelé les garçons pour qu'ils commandent des sushi :

- Allô, Fla?

- WAAAAAAAAAAAA
- Tout se passe bien?
- Nickel!
- Qui c'est qui pleure, là? C'est Samuel?
- WAAAAAAAAAAAAA
- Oui, c'est Samuel. Et Auguste. 
- WAAAAAAAAAAAAA
- Et Arthur.
- WAAAAAAAAAAAAA
- Et.... ah, attends, Charlie vient de rejoindre le choeur.


(Grosse grosse hâte de rentrer.)

Je suis rentrée à la maison tellement relaxée que la tension a mis deux jours entiers avant de revenir dans mes épaules, autant te dire que c'était le pied total.

Tellement le pied que j'y retourne le mois prochain, parce que ça y est, Coralie a mis des paillettes dans ma vie avec ses sorties de bourgeoise, et maintenant comment je suis censée apprécier la douche chez moi qui est même pas sensorielle?

- Donc tu retournes au spa, mariner dans l'eau thermale toute la journée comme un vieux sachet de thé?
- Exact. Mais en compensation, mercredi prochain, j'amène les petits chez ma mère et j'y reste la journée.
- Super!
- Alors, t'as quoi au programme de ta journée de détente? Encore des jeux de gestion?
- Non, l'autre jour j'ai retrouvé mon identifiant Minecraft, et tu savais qu'ils avaient des DAUPHINS maintenant?
- ....
- J'veux dire, je suis OBLIGÉ d'aller voir ça, quand même!


(On ne changera pas ce grand gangster geek d'amour.)

(3615 référence de vieux.)

(Tu l'as?)

(Félicitations, bisou au coin de tes yeux ridés.)