samedi 14 mars 2020

Séries 2019, partie 2 de la partie 2 : le top (suite et fin) (enfin!)

OK, reprenons ce top des meilleures séries 2019, en attaquant avec ce que j'appelle "la Trinité des adaptations réussies" :


7. His Dark Materials


Ah là là, mais j'avais TELLEMENT peur de cette série!

Si tu me suis depuis un moment, tu comprends pourquoi : la trilogie de la Croisée des Mondes, quand j'étais ado, c'était toute ma vie.

Et je n'exagère même pas! C'était littéralement TOUTE. MA. VIE.

Je ne sais même pas combien de fois j'ai lu ces livres, mais sache qu'entre les âges de 12 et 14 ans, je les ai lus EN BOUCLE NON-STOP.

(Je me souviens qu'à chaque fois, j'essayais de m'arrêter.)

(Genre "allez, cette fois-ci, après le tome 3, j'arrête! Je lis autre chose! Promis, juré!")

(Et puis je finissais systématiquement en larmes à la fin du tome 3, ma vie semblait vide de sens, et, les yeux encore humides, je titubais jusqu'à ma bibliothèque, j'attrapais le tome 1, et c'était reparti pour un tour.)

Bref, tu comprendras que c'est une oeuvre à laquelle je suis énormément attachée, pour laquelle j'ai une dévotion totalement irraisonnée, et que tout ce qui touche à ces livres est très chargé émotionnellement, et que donc, fatalement, je suis incapable d'être objective avec ces bouquins.

(Un peu comme avec le Seigneur des Anneaux, mais peut-être même encore pire, si c'est possible.)

(Genre, avec le Seigneur des Anneaux, même moi je suis capable d'admettre que les cent premières pages du bouquin servent peu ou prou à rien.)

(J'irai même jusqu'à dire qu'on se fait carrément iech jusqu'à ce qu'on arrive dans la Vieille Forêt.)

Alors que tu ne m'entendras jamais dire un seul truc négatif sur la Croisée des Mondes.

Chaque page est parfaite, chaque mot un délice, chaque apostrophe un bijou, FIGHT ME SI T'ES PAS D'AC.


Du coup, comme beaucoup tous les fans, j'avais été hyper déçue quand l'adaptation filmique est sortie en 2007.

Déçue, mais pas surprise, parce que tout le projet puait dès le départ, entre les huit mille ans qu'il a fallu pour écrire le scénario, le réalisateur qui tentait en vain de se casser de la prod, la pression religieuse pour empêcher la sortie du film, FUCKING NICOLE KIDMAN EN MADAME COULTER, bref, choisis ton poison.


(Moi sortant de la salle de ciné en 2007)

D'ailleurs, le film a tout juste rapporté assez pour être rentable, et les deux suites programmées ont été annulées quasi-instantanément.

Les problèmes étaient donc multiples, mais, selon moi, le film bénéficiait tout de même de quelques points forts – notamment des effets spéciaux franchement magnifiques pour l'époque, et un casting très convaincant (à part cette énorme erreur avec Nicole Kidman, dont je ne me remets pas même si ça fait dix ans).

(J'veux dire, on avait quand même Christopher Lee en tête du Magisterium, et Ian McKellen qui faisait Iorek Byrnison! C'était magique!)

Le gros problème de ce film, selon moi, c'était son déluge d'exposition. Deux heures, ça ne suffit simplement pas pour nous présenter tout un monde si radicalement différent du nôtre.

Et ce, d'autant que toute l'histoire du tome 1 se passe au milieu de natifs de ce monde, ce qui rend l'exposition incroyablement compliquée à l'écran!

J'veux dire, dans un livre, c'est facile, tu as un narrateur omniscient, et un accès direct aux pensées des personnages. Donc, pour expliquer, par exemple, ce qui se passe quand un humain et son daemon essayent de se séparer, on a cet extrait :


Et voilà, en quelques lignes, on comprend que l'être humain et son daemon sont liés par un lien extrêmement fort, qu'ils ne peuvent pas se passer l'un de l'autre, mais qu'étant tout de même deux entités différentes, ils ne se sentent jamais seuls. Autant de petits morceaux d'explications qui vont être très importants pour la suite de l'intrigue : quand on va arriver au passage où le Magisterium coupe ce lien entre les enfants et leurs daemons, on comprendra l'horreur que c'est. On saura que c'est similaire à une excision (d'ailleurs, le livre y fait explicitement référence, au cas où la métaphore n'était pas assez claire).

A l'écran, c'est beaucoup plus dur de retranscrire tout ça, il faut donc avoir recours à des techniques d'exposition : la plus connue (et la moins intrusive) est d'avoir recours à un personnage extérieur, à qui on explique comment le monde fonctionne. De cette manière, l'exposition est graduelle et naturelle. (C'est par exemple le cas dans Harry Potter, où Harry ne connaît pas le monde des sorciers, et ses amis lui expliquent le fonctionnement de l'univers au fur et à mesure des livres.)

Dans notre cas, c'est évidemment impossible, on a donc le choix entre trois modes d'exposition pas vraiment idéaux : la voix off (qui peut être très bien, comme dans "les Affranchis", ou absolument atroce, comme dans "Blade Runner"); le "je te balance tout dans les cinq premières minutes et on n'en parle plus" (cf. le Seigneur des Anneaux, ou encore Star Wars qui fait encore plus paresseux avec juste un texte qui défile); ou pire encore, ma bête noire: le "comme vous le savez".

Cette technique que j'abhorre consiste à prendre des personnages qui sont TOUS au courant de ce qui se passe dans leur monde, mais, comme le spectateur, lui, n'est pas au courant, ils vont quand même tout s'expliquer les uns aux autres.

(C'est notamment une technique très courante dans la série Big Bang Theory, où, quand Penny n'est pas là, les scientifiques s'expliquent à eux-mêmes des trucs qu'ils savent forcément, mais que nous, spectateurs, ignorons peut-être.)

("Tu connais, bien sûr, la théorie du chat de Schrödinger." "Tu veux dire, la théorie selon laquelle un chat est placé dans une boîte avec du poison, et tant qu'on n'a pas ouvert la boîte, le chat est théoriquement mort et vivant en même temps?" "Oui." "Oui.")

C'est super bancal, super maladroit, et, perso, ça me sort direct de l'action, parce que c'est pas crédible pour un sou.



Le film "La boussole d'or" (un nom bien crétin aussi, d'ailleurs, mais je vais pas commencer sinon on en a encore pour quatre pages) a opté pour un mélange entre la narration du début de film, et le "comme vous le savez". Il est, du coup, complètement indigeste ET bizarrement, c'est également pas assez expliqué, parce que si on regarde le film sans avoir lu les livres, c'est quasi impossible à comprendre.

Du coup, on a deux heures d'explications d'un univers et de présentation de personnages, et zéro focalisation sur l'intrigue (qui est pourtant super!). Je suppose que le film comptait sur les deux suites pour nous en mettre plein la vue, mais... bon... voilà quoi.

Fort heureusement, quand on est face à une série, on a le luxe d'avoir plein de temps pour tout expliquer dans le récit même, avec des dialogues ou des effets de mise en scène, et ainsi partager le temps d'écran entre l'intrigue et les explications.

C'est ce que fait cette saison 1, plutôt bien, étant donné que Professeur Flaxou (qui n'a jamais lu les livres) a réussi à tout suivre avec un minimum d'interventions de ma part – mis à part le fait qu'en bon scientifique, il est incapable d'accepter le concept d'allégorie:

- Mais le coup de changer de forme, ça va pas! D'un point de vue physique, tu ne peux pas créer de matière à partir de rien! Donc un daemon souris ne peut pas se changer en éléphant! D'où vient la matière?
- De la Poussière!
- .... Ouais enfin ça me plaît pas trop tout ça.

Et quand c'étaient pas des considérations physiques, c'était la biologie qui entrait en ligne de mire:

- Donc le daemon est lié à son humain?
- Oui.
- Est-ce que du coup il fait tout en même temps que son humain? Genre, si l'humain a envie de pisser, est-ce que le daemon doit pisser aussi?
- Je....
- On n'a pas encore vu de daemon manger. Est-ce que les daemons mangent?
- C'est pas...
- Si deux humains niquent, est-ce que leurs daemons niquent aussi?


- Oh! Oh! J'en ai une autre! Si le daemon de Lyra est sous sa forme de belette, et qu'il a envie de pisser, et qu'il se change en tigre, est-ce qu'il a encore envie de pisser? Est-ce que la quantité d'eau dans sa vessie est restée la même, ou est-ce qu'elle a augmenté parallèlement à la taille de sa vessie?


(Okay, Professeur Fête de la Science, on se calme)

A part ça, la série est extrêmement fidèle au livre (limite TROP fidèle, en fin de compte) à part pour deux ou trois trucs qui n'ont pas vraiment lieu d'être (Mme Coulter peut se séparer de son daemon???! Mais d'où?)

Je m'attendais au pire avec cette série, et du coup j'étais sur mes gardes pour TOUTE variation des bouquins – genre, au hasard, quand ils commencent à faire allusion à Will dans l'épisode TROIS!

La télé : "Grumman venait en fait de mon monde, il s'appelait John Parry. Sa femme est encore ici, à Oxford. Et elle a.... un fils."

Moi devant la télé:


("Arrêtez tout c'est beaucoup trop tôôôôt!")

Finalement, je trouve que c'était une super idée d'inclure Will dès la saison 1. Déjà, ça nous évite de commencer la saison 2 avec une-demi heure de la vie d'un mec qu'on connaît pas, et puis ça fait un parallèle sympa avec l'histoire de Lyra, et du coup, on finit la saison 1 en sachant qu'ils vont se rencontrer, et on a déjà hâte!

(Enfin, moi j'ai hâte depuis 2001, mais j'imagine que pour vous pauvres hères, ça doit être cool!)

J'avais également un peu peur du casting parce que c'était la grande force du film (à part Nicole Kidman, donc) (oui, je l'ai déjà mentionnée trois fois, laisse-moi tranquille, je suis traumatisée) et que j'avais du mal à voir d'autres têtes camper mes personnages bien-aimés.

Bonne nouvelle, globalement, tout le monde fait le café (j'aime particulièrement Lin-Manuel Miranda en Lee Scoresby, charmant à souhait).

Après, déjà avant que la série sorte, j'avais entendu que Dafne Keene avait été castée en Lyra, et j'étais dans mon canapé en mode :

- La gamine dans "Logan"? La petite à la fois choupi et totalement sauvage? Oui! Mais OUI!


(Vous avez tout compris!)

Et puis ensuite j'ai vu qu'ils avaient casté Ruth Wilson (alias la psychopathe dans "Luther") en Mme Coulter, et là, on ne pouvait plus me tenir.


(Tout pareil)

Ma plus grande peur était que je trouvais James McAvoy beaucoup trop sympathique pour jouer Lord Asriel (le monolithique Daniel Craig et son regard froid de requin étaient d'ailleurs parfaits pour ce rôle), et finalement, Chacha Culpa, il est cruel et arrogant juste comme il faut, je le déteste, c'est super.

Par contre, pour le reste du casting, c'est un gros "Mouaiff", entre un John Faa beaucoup trop jeune et un Farder Coram qui...aurait été super en John Faa, finalement! Et je ne parle même pas de la déception de Lord Boreal, qui, pour un personnage exsudant à ce point le pouvoir, l'aristocratie et l'argent, aurait TELLEMENT dû être un vieil homme blanc!

Pour le reste, je n'ai que du bon à dire de cette série, à part deux déceptions :

1. Le combat des ours, beaucoup trop sage et pas assez sanglant (où est ma mâchoire décrochée?) (je VEUX ma mâchoire décrochée!)

2. Le design de l'aléthiomètre, qui est juste MEGA MOCHE.

Sérieusement, voilà à quoi il ressemble selon l'illustration du livre :


Le voici dans le film de 2007 :


Et le voilà dans la série :


NON!

JUSTE NON!

Qu'est-ce que c'est que cette mocheté carrée, toute fine, tout terne?

L'aléthiomètre, il est censé être précieux, lourd, en or massif! Là, on dirait juste un vieux Motorola à clapet! Vous vous êtes crus dans le premier Matrix? NON ! C'est dégueulasse!



(Pardon, je m'emporte.)

(Est-ce que j'ai mentionné que j'avais zéro chill face à cette oeuvre?)

Bref, mis à part beaucoup de pinaillage de ma part, sincèrement, cette série est super, elle respecte à donf le livre, tu peux y aller les yeux fermés.

(Mais steuplaît, pas de questions sur les daemons.)


6. Good Omens


Un de mes livres préférés, mais en même temps, Neil Gaiman ET Terry Pratchett qui écrivent un bouquin ensemble, est-ce que qui que ce soit pensait que ça aurait pu être autre chose que génial?

Eh ben, pas surprise, c'est génial.

Le pitch : la fin des temps approche, et les forces angéliques et démoniaques se préparent à l'Apocalypse : les Quatre Cavaliers se mettent en marche (enfin, à moto) et vont se mettre à la recherche de l'Antéchrist, un garçon de onze ans....Sauf que l'Antéchrist n'est pas le gamin que l'on croit. Et puis comme c'est Terry Pratchett, y'a aussi une sorcière, et des chasseurs de sorcières, et des prophéties, et un chien des enfers. Et, au milieu de tout ça, une amitié improbable entre un ange et un démon qui vont unir leurs forces pour empêcher l'Apocalypse.

La meilleure partie du livre (outre son style fabuleux) c'est justement ces personnages du démon Crowley et de l'ange Aziraphale, et là encore, je ne sais pas qui sont les directeurs de casting, mais OUI MILLE FOIS OUI VOUS AVEZ TROUVE LES ACTEURS PARFAITS.

La preuve, c'est que, quand je suivais la production de la série et que j'ai lu "David Tennant et Michael Sheen engagés pour la mini-série "Good Omens" d'Amazon", j'ai même pas eu besoin de lire le reste de l'article pour savoir qui était Crowley et qui était Aziraphale.


Le scénario suit très fidèlement le livre (à ceci près que l'action est transposée à notre époque, tandis que le livre se passait au "notre époque" de l'époque, c'est-à-dire la fin des années 80) ce qui n'a rien d'étonnant, puisque Neil Gaiman lui-même est le scénariste de la série, l'un des producteurs exécutifs, et a travaillé de très près avec le réalisateur Douglas Mackinnon (un habitué de la BBC, qui a notamment réalisé plusieurs épisodes de Doctor Who et de la série Sherlock).

Donc, si l'on récapitule : scénario béton, acteurs aux petits oignons (oui parce que j'ai oublié de te dire, mais on trouve aussi dans la série Jon Hamm (de Mad Men), Michael McKean (de Better Call Saul) et même une toute petite apparition de Nick Offerman), mais alors, est-ce que cette série serait parfaite?

Eh ben écoute, pas loin.

Mes deux seuls bémols concernent :

1. La narration omniprésente, et oui okay je comprends ce que vous vouliez faire, le livre possède un style inimitable et magnifique, c'était trop dommage de le perdre à l'écran, MAIS le résultat, c'est juste qu'on se retrouve avec une voix-off qui nous raconte exactement ce qu'on voit à l'écran, donc bof bof le doublon.

2. Les effets spéciaux hyper laids, et pour une série avec un budget pareil, c'est assez inexcusable.

D'autant que d'autres aspects de la série sont soignés à l'extrême, notamment les costumes, magnifiques!


(Notez le noir/rouge pour Crowley, avec ses petits détails qui rappellent son aspect démoniaque, comme sa ceinture en peau de serpent ; et le blanc/pastel d'Aziraphale, avec ses grandes épaules et revers de veste en référence à ses ailes d'ange.)

En résumé : regarde Good Omens, c'est une petite série pas très longue, marrante, bien jouée et globalement fort divertissante.

(Par contre, conseil d'amie : si tu cherches des gifs de cette série pour illustrer ton article, ne vas PAS sur Tumblr, c'est bourré ras la gueule de fanfictions sirupeuses et ZÉRO gifs.)

(J'ai dû aller sur Google Images pour trouver ce que je voulais.)

(GOOGLE IMAGES!)


5. The Witcher


J'AI TOUJOURS RAISON.

Voilà.

C'est le résumé de cette série.

Pourquoi? Parce que, quand on a entendu parler pour la première fois d'une adaptation en série du Witcher, Flaxou et moi on a eu une conversation qui ressemblait à peu près à ça:

- IIIIIIIIH!
- Cha....
- IIIIIIIIIIH!!
- Calme-toi.
- TROP TARD!!!

Eh non, on n'arrête pas le train de la hype une fois qu'il a quitté le quai, et moi j'avais entendu "Witcher" "Netflix" et "Henry Cavill" dans la même phrase, c'était mort.

(Et d'ailleurs, au passage, MANDIEU ce que Netflix a pu traire le côté "Bonjour on a Henry Cavill regardez comme il est sexay")

(Limite ça me gênait de voir tous ces gros plans sur son pantalon moulant et son torse musclé.)


(Limite.)

Bref bref.

Le train de la hype était lancé, donc, et rien ne pouvait plus arrêter mon optimisme débordant : ni les premières images du look de Geralt :


(Featuring cette sublime perruque de chez Jour de Fête)

Ni les premières images de l'armée nilfgaardienne et leurs armures absolument hideuses:


(SÉRIEUSEMENT?)


(Même celle du jeu vidéo rendrait mieux!)

(Genre, telle quelle, en modélisation 3D, elle rendrait mieux!)

Et donc, alors que l'univers entier (= tous les fans du Witcher autour de moi) s'accordaient à dire que cette série allait être une sorte de daube série B à la Hercule et Xéna, moi seule, au milieu de ce torrent de discorde, je pépiais :

- Nan mais chais pas, je pense qu'il faut lui donner sa chance, franchement on n'a encore rien vu de définitif, vraiment je suis sûre que ça pourrait être bien!

Et tu sais quoi?

J'AVAIS RAISON!

LA SÉRIE EST BIEN!

Okay, elle est loin d'être parfaite : le côté "on fait du saut à l'élastique avec la chronologie" est parfois difficile à suivre (alors que j'ai lu les livres!), et les effets spéciaux font effectivement assez série B (cf. les yeux de Geralt, ou encore cette mocheté absolue qu'était le dragon de l'épisode 6).

(Par contre, je salue les chorégraphies des combats, qui sont de toute beauté – et, pour le coup, ne font pas du tout série B).

Le reste du temps, la série oscille entre le médiocre et le génie.

Les costumes ? Médiocres pour l'armée de Nilfgaard ou l'armure de sorceleur de Geralt, mais géniaux pour Yennefer et Jaskier.

Les acteurs? Médiocres pour Ciri ou Tissaia, excellents pour Geralt et Jaskier.

(Yennefer surjoue à donf, mais en même temps, c'est Yennefer, quoi.)

L'intrigue? Médiocre pour tout ce qui se trame du côté de Cintra, en revanche DONNEZ-MOI PLUS DE BROMANCE AVEC GERALT ET JASKIER!






(Petit quiz : sauras-tu deviner qui est mon personnage préféré?)

(Oui je sais, c'est hyper difficile.)


4. The Mandalorian


Alors, avant toute chose, je tiens à dire que je ne me considère pas comme une "fan" de l'univers Star Wars.

Certes, j'ai vu la trilogie originale au moins quinze fois, mais c'est plus pour un côté Madeleine de Proust que de la véritable passion.

(Telle que la passion qui m'étreint encore à chaque fois qu'apparaît à l'écran le titre du Seigneur des Anneaux.)

(Avec la petite musique mystérieuse, là, t'sais.)

(Ça me fait des petits frissons de bonheur à tous les coups.)

(Bref bref.)

Je reste très attachée à la trilogie originale, mais je n'ai jamais vu dans la saga Star Wars quelque chose de plus qu'une machine à divertissement pop-corn (un peu comme Indiana Jones, que j'affectionne également).

(Sauf cet épisode moisi avec les aliens en cristal, là.) (Celui-là n'a jamais existé.) (Et honnêtement, je cours pas après le Temple Maudit non plus.) (C'est un peu genre "bonjour, vous reprendrez bien un peu de racisme?") (BREF.)

La bonne nouvelle pour moi, c'est que je n'ai jamais eu d'attentes face aux films Star Wars, et donc, je n'ai jamais été déçue.

(Enfin, sauf par l'épisode I, bien sûr.)

(Faut pas déconner.)

(Jar-Jar Binks.)

Et donc, je suis restée complètement en dehors de tous les débats houleux qui ont agité la fanosphère quand la nouvelle trilogie est sortie.

Parce que moi, quand j'entendais "Ouin ouin ces nouveaux films ne sont pas assez originaux", je me disais juste "Oui, et?" Parce qu'en fait je m'en fous, moi je suis là pour manger mon pop-corn et regarder les vaisseaux spatiaux exploser, je suis une femme simple.

(Je précise aussi que je n'ai toujours pas vu le dernier volet, celui qui semble avoir tant déçu tout le monde, donc je ne peux pas donner mon avis dessus.)

(Mais vu que j'ai somme toute bien apprécié les volets VII et VIII, il y a de fortes chances que ce dernier me plaise quand même.)

Tout ça pour te dire que, quand j'ai entendu parler de la série The Mandalorian, mes attentes étaient exactement les mêmes que pour les films Star Wars : elles étaient super basses.

Pas de "tchou-tchou, en avant sur le train de la hype" pour moi. Pas de suivi fiévreux de la production, pas de compte à rebours avant le lancement de la série, juste un :

- Ah tiens, cette série Star Wars est sortie, tu veux tester le premier épisode?

Et OUAH DUDE COMME JE ME SUIS PRIS UN UPPERCUT DE QUALITÉ DANS LA FACE.

Je m'attendais à rien, et d'un coup j'ai été transportée à la cime de la crème!

(C'était l'anti-La Boussole d'Or.)

Le scénario est béton, les acteurs sont magnifiques (Werner FUCKING Herzog!), les décors splendides, les costumes sublimes, les effets spéciaux de toute beauté, et BÉBÉ YODA!


BÉBÉ YODA! 


C'EST COMME YODA MAIS EN BÉBÉ! 


JE MEURS DE MIGNONNETÉ !

Alors je sais pas si c'est parce que j'ai peut-être encore un relent d'hormones, mais je t'avouerai que c'était physiquement impossible de me retenir de soupirer d'adoration à chacune de ses apparitions à l'écran.

Pour autant, je ne dirai pas que c'est le meilleur atout de la série.

(Parce que je ne peux décemment pas dire ça d'une série qui a Pedro Pascal dedans.)

(Le meilleur atout d'une série avec Pedro Pascal, c'est FORCÉMENT Pedro Pascal.)

Bref, cette histoire d'un chasseur de primes qui se retrouve papa de substitution et renonce à son attitude sans scrupules pour révéler un coeur d'or n'est certes pas originale, mais en même temps, si on voulait des histoires originales, on n'irait pas lorgner du côté de chez Star Wars.

(Alias l'histoire basée entièrement sur tous les mythes fondateurs de toutes les civilisations de toute l'histoire de l'humanité.)

(Héros -> mentor -> quête -> sacrifice -> défaite -> mort -> résurrection -> triomphe)

J'ajouterai juste que les trois premiers épisodes de cette saison 1, si on les mettait bout à bout, pourraient être projetés en salle tels quels et faire un meilleur film que quasiment n'importe quel Star Wars sorti au cinéma.

(A part l'Empire Contre-Attaque.)

(Faut pas déconner, bis.)


3. Chernobyl


Bon, je te préviens tout de suite, le top 3 de cette année est MOROSE.

(Mais c'est pas de ma faute si les meilleures séries sont atrocement déprimantes!)

Et quoi de plus cool pour démarrer ce top 3 de la gloomitude qu'une mini-série basée sur une tragédie réelle, qui a coûté la vie à des milliers de personnes, et dont les répercussions se font encore sentir aujourd'hui et pour des siècles à venir?


L'histoire, tu l'auras compris en lisant le titre, relate la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, mais surtout les mensonges du gouvernement soviétique tentant désespérément de cacher l'étendue des dégâts et d'éviter la panique (alors qu'EVIDEMMENT il aurait fallu paniquer!)

Perso, j'ai énormément apprécié cette série, non seulement pour sa reconstruction fouillée, son casting stellaire (j'ai mis cette série dans ma liste juste en entendant "Jared Harris"), sa musique magnifique, sa mise en scène aux petits oignons et sa production léchée (notamment des effets spéciaux fort convaincants), mais aussi et surtout parce que c'est un pan d'Histoire qui m'intéresse énormément, se situant à la fois dans l'Histoire récente et (pour ma part) non contemporaine (je suis née deux ans après).

(Je pense d'ailleurs que ça doit être encore plus intéressant de regarder cette série si on se rappelle du vrai événement.)

(Je te tiens au courant quand mon père l'aura regardée.)

(Ma mère c'est pas la peine, elle a vu la bande-annonce et elle a déjà failli gerber.)

Ah oui, parce qu'il faut quand même le souligner : attention âmes sensibles, y'a des gens irradiés de partout, et les radiations, on croirait pas comme ça hein, mais c'est DÉGUEULASSE.

Je rassure quand même les non-amateurs de gore, c'est somme toute très regardable (personnellement, c'est le poids émotionnel que j'ai trouvé le plus dur à supporter) (d'aucuns diront "la scène avec les chiens", perso je dirai "Éloignez-vous vite de ces gens qui vous disent "la scène avec les chiens", parce que c'est des sociopathes".)

La série n'est pas 100% juste en termes scientifiques (notamment, et c'est important de le souligner : les personnes irradiées, même gravement, ne peuvent PAS contaminer d'autres gens une fois qu'on les a déshabillés, lavés et changés). Mais ça, à la limite, c'est pas ultra gênant (même si je ne comprends pas bien l'intérêt de rendre cette catastrophe ENCORE PLUS CATASTROPHIQUE, j'veux dire, c'est bon, n'en jetez plus).

Malgré tout, elle explique vachement bien toute la partie physique (parce que je t'avoue que j'étais pas mal perdue au milieu de toutes ces histoires de graphite, de bore et de sieverts).

Cependant, le vrai thème de la série, c'est surtout les mensonges véhiculés par l'appareil de l'Etat: jusqu'où peut-on dissimuler la vérité "pour le bien de la patrie"? Jusqu'où peut-on aller par sens du devoir? Le "méchant" de l'histoire est-il simplement un bouc émissaire, ou bien a-t-il vraiment une responsabilité personnelle à endosser?


Le tout donne une histoire passionnante et qu'on dévore en quelques heures, et je suis vraiment contente qu'ils ne se soient pas étalés sur plusieurs saisons parce que ça aurait dilué le propos, mais j'aurais facilement pu regarder deux-trois heures de plus.

Je finirai sur un tout petit détail, mais qui me semble très important et que j'ai envie de saluer : MERCI de ne pas avoir fait prendre aux acteurs un faux accent russe. Je ne sais pas comment la VF va gérer, mais MERCI à la VO d'avoir laissé à chaque acteur son accent naturel, qu'il soit britannique, américain, ou Stellan Skarsgård.


(Oui, il a son propre accent).


2. Years and Years


Une mini-série anglaise dont on ne parle pas assez et c'est CRIMINEL tellement elle est bien!

Le pitch est simple : on suit la vie d'une famille britannique lambda entre 2019 et 2029 : quatre frères et soeurs, leurs partenaires, leurs enfants, et leur grand-mère. A travers leurs vies plutôt ordinaires, on suit l'évolution d'une Grande-Bretagne qui devient progressivement de plus en plus cauchemardesque, et pourtant terriblement réaliste....


Alors je précise tout de suite pour ceux qui n'aiment pas la politique : CETTE SÉRIE EST DE GAUCHE, voilà, passez tout de suite votre chemin si vous n'êtes pas prêts à entendre des critiques sur la mondialisation, le conservatisme social, et les démagogues pro-Brexit.

Pour ceux et celles qui sont encore là, je ne peux que recommander cette série aux thèmes variés, et tous hyper intéressants : le transhumanisme, l'intelligence artificielle, le poujadisme, l'immigration, la précarisation du travail, le changement climatique, OUI RIEN QUE CA EN SIX ÉPISODES FIOU!

Et je sais que ça fait beaucoup de thèmes pour une mini-série, mais perso, c'est ce qui m'a vraiment plu : à la fin de chaque épisode, Professeur Flaxou et moi, on se retrouvait à en parler jusqu'au visionnage de l'épisode suivant.

Et, quand tu es en congé parental, et que chaque moment de ta vie est passé avec ton conjoint et deux enfants intéressants comme des cailloux, tu comprendras que c'est un peu un miracle de trouver un sujet de conversation sympa – parce que, sans cette série, tout notre été 2019, c'était des dîners à base de:

- Ils ont été sympa aujourd'hui, hein? Ils ont pas beaucoup pleuré.
- Ouais, c'était chouette! Ils ont pleuré, quoi? Deux, trois heures?
- Presque rien!
- Ha ha!
- ....
- ....
- Et sinon, tout à l'heure, Sammy a ouvert les yeux pendant une-demi minute...
- Oui, j'étais là.
- Ah.


(C'était un été magique.)

(Presque pas d'excursions en forêt pour aller pleurer d'épuisement au milieu des arbres.)

(HA HA LES NOUVEAUX-NÉS C'EST TELLEMENT FUN.)

Bref, cette série te fait gamberger ET déprimer en même temps, c'est ça qui est cool.

Oui, parce que la vision du futur proche dans Years And Years est AFFREUSE, prépare-toi, y'a de l'immigration de masse, des réfugiés climatiques, de la précarisation en veux-tu en voilà, des couvre-feu (couvres-feux?) (couvre-feux?) (rhââ mais ces pluriels c'est pas possible!), et même des camps de concentration ha ha LE FUN!


Malgré tout, la série arrive à te faire sourire avec de petites pépites d'humour (plutôt noir, mais on prend ce qu'on a pour pas se tirer une balle dans le slip, Geneviève), et je t'avouerai que j'ai même carrément rigolé à l'histoire du père qui a deux familles et deux fils, et qui les appelle Stephen et Steven.

(Surtout qu'au moins une fois par semaine, je croise une personne lambda qui regarde mes enfants puis commente "Han mais leurs noms ils se ressemblent pas!")

(Meuf, leurs GUEULES se ressemblent! Je vais pas non plus les appeler Pince-Mi et Pince-Moi!)

Je finirai sur le meilleur personnage de cette série (et, tragiquement, celui qu'on voit le moins) : Vivienne Rook, campée par la géniale, la sublime, la royale Emma Thompson.


Vivienne Rook, c'est cette incarnation de tous les politiciens démagogues et opportunistes (avec une petite pointe de fascisme pour relever le tout) : elle dit "fuck" à la télé puis en fait son cheval de bataille, elle propose un test de QI obligatoire pour accorder le droit de vote aux gens, elle fait des dabs sur Tik Tok avec des influenceurs, et c'est incroyablement énervant comme sa stratégie est transparente, et comme partout dans la série, tu as des gens en train de commenter : "Ha mais au moins en voilà une sans langue de bois, qui dit ce qu'elle pense!".

Et pourtant, la force de la série, c'est qu'elle n'est jamais snob ou méprisante. On n'est jamais condescendants avec les gens qui votent pour cette TrumpJohnsonPoutine, parce que ce sont justement les personnages qu'on a appris à aimer.

(Alors on est juste un peu déçus.)

(Un peu comme quand on apprend qu'on a un membre de sa famille qui a voté RN.)

Bref, cette série est super, j'espère très fort que rien du futur prédit ici ne se réalisera, regarde-la les doigts croisés steuplaît.


1. Succession


Encore une série criminellement méconnue, et c'est en grande partie pour cela qu'elle tient la tête de ce classement.

Elle est tellement méconnue que même moi, grande aficionado (aficionada?) de séries, je ne l'ai découverte qu'en 2019, alors que la saison 1 est sortie en 2018 (et, au passage, a raflé une tripotée de prix bien mérités, entre autres des Emmy Awards et des Golden Globes).

Qu'à cela ne tienne, ça veut dire que toi, petit chanceux, tu as deux saisons à dévorer si tu t'y mets tout de suite!

Plonge avec moi dans l'Amérique des puissants, chez la famille de milliardaires Roy, dont le patriarche, Logan Roy, mène d'une main de fer son empire médiatique, et mène à la baguette ses enfants pourtant adultes, qui peinent à échapper à son emprise – et d'un côté, on sent bien qu'ils ne sont pas tout à fait prêts pour le monde réel:


("YO")

Ce qui est très intéressant avec cette série, c'est qu'au départ, j'étais pas vraiment chaude.

J'avais entendu qu'elle avait gagné plein de prix, un Youtubeur américain que je suis avait fait une vidéo sur l'art du dialogue dans "Succession", j'étais dans une humeur séries et Professeur Flaxou dans une humeur jeux vidéo (je cherchais donc des trucs qui ne l'intéresseraient jamais de près ou de loin pour pouvoir les regarder sans lui), et donc je me suis dit "Meh, pourquoi pas?".

J'ai commencé à regarder la saison 1 sur mon écran secondaire, pendant que je jouais à Minecraft, c'est te dire mon enthousiasme débordant.

Et puis, au fur et à mesure que les épisodes se succédaient, j'ai commencé à me faire un torticolis, donc j'ai bougé Minecraft sur l'écran secondaire. Et une fois arrivée à la fin de la saison 1, je ne jouais plus du tout.

Et, autant j'avais trouvé le début de la série long, empesé, et barbant de dialogues interminables, autant vers la fin, chaque épisode m'éblouissait par sa qualité sur tous les plans.

Dialogues, acteurs, mise en scène, montage, décors, direction, tout ça c'est impeccable, mais alors, le clou de cette série, c'est évidemment ses personnages!

Pour résumer : tous les acteurs sont excellents, et tous les personnages sont à vomir.

Vraiment, c'est incroyable, ils sont tous extrêmement antipathiques, et dès que tu te mets à éprouver un peu de sympathie pour l'un ou l'autre, ils font de la merde et tu les détestes de nouveau.

Et pourtant, je ne sais pas comment t'expliquer ça : je les déteste, mais à la fois, j'ai de la peine pour eux.

(Je parle ici des quatre enfants Roy.)

(Le père est un monstre, pur et dur.)

J'ai de la peine pour eux, parce qu'ils ont grandi dans le luxe absolu, en dehors de toutes lois, et que leur père a l'outrecuidance de leur reprocher leur incompétence alors que c'est précisément de sa faute s'ils n'ont jamais eu à faire un effort de leur vie.


J'ai de la peine parce qu'ils sont tous profondément traumatisés, parce que leurs parents ne les ont jamais aimé, parce qu'ils ont vaguement conscience qu'il y a quelque chose qui cloche mais qu'ils préfèrent le refouler et infliger de la douleur aux autres et se faire des petites remarques acides les uns aux autres, parce que cette méchanceté passive-agressive, c'est tout ce qu'ils connaissent.

Ils sont tous à la fois intensément vulnérables et fermés comme des huîtres, c'est un équilibre méga délicat et tous les acteurs sont SUBLIMES dans ce grand écart.


(Et Kieran Culkin est l'un des meilleurs à maintenir cet équilibre.)

Et je ne l'ai pas encore mentionné, mais "Succession" est également un petit bijou d'humour noir et méchant, sardonique à souhait – et, des fois, juste marrant tout court:


Bref, je ne peux que te recommander cette série magistrale, et VOILA J'AI FINI CET ARTICLE WOOOUH CA M'A JUSTE PRIS QUATRE MOIS TOUT VA BIEN.


(Maintenant je vais pouvoir recommencer à te parler de mes bébés.)

(J'ai tellement de trucs à te dire, t'imagines pas comme c'est intéressant.)

(Genre, y'en a qui dit "ya-ya" et l'autre qui dit "ba-ba".)

(Putain ça y est j'ai révélé le truc le plus intéressant direct.)

(Enfin bref, j'espère que tu es HYPE.)

jeudi 27 février 2020

Séries 2019, partie 1 de la partie 2 : le top

Oh là là, mes agneaux, mais qu'est-ce qu'on a été gâtés en séries de qualitay cette année!

Pour la première fois, j'ai pas moins de TREIZE séries dont je veux absolument te parler, et qui sont toutes sorties en 2019 (à l'exception d'une sortie en 2018 mais que j'avais ratée à l'époque) (bon, on ne peut pas être parfaite tout le temps non plus, sinon c'est fatigant pour les autres).

Et on commence tout de suite sur du court et du léger:

13. Living with Yourself


Cette courte série Netflix (8 épisodes de 30 minutes, la longueur parfaite pour une comédie) nous présente le personnage de Miles Elliot, un gars banal qui bosse dans la pub, sauf que pas si banal parce qu'il est joué par Paul Rudd, alias le mec qui ne vieillit pas (au point que des magazines en ligne en font des quiz) (en gros, le mec a l'air d'avoir 30 ans depuis qu'il a 20 ans) (et encore maintenant, alors qu'il en a 50) (oui, CINQUANTE!)

Bref, on s'en fout un peu que Paul Rudd soit un vampire immortel, mais ce qui est cool par contre, c'est que c'est un excellent acteur comique – et on n'a pas eu besoin d'attendre Ant-Man pour nous le prouver, car toi et moi, les vioques, on s'en souvient bien sûr comme Mike dans F.R.I.E.N.D.S.


(Non? Juste moi? Okay)

Et il excelle particulièrement dans cette série, où il se retrouve à jouer... deux personnes.

Le pitch est court : Miles traverse un sérieux coup de mou, professionnellement comme sur le plan amoureux (sa femme veut un enfant depuis ce qui semble être des années, et il traîne toujours des pieds). Au bout du rouleau, il se rend à un "spa" sur les conseils d'un collègue, et je mets "spa" entre guillemets parce que le traitement coûte genre CINQUANTE MILLE DOLLARZ et mec, pourquoi tu y vas?

Bref, il y va, se retrouve sous anesthésie.... et se réveille enterré vivant, quelque part en forêt, en slip.

Et ce n'est qu'en rentrant chez lui qu'il découvre l'horrible vérité : il est désormais deux personnes. Il y a lui, et "nouveau Miles" : un clone, une copie conforme, avec ses souvenirs, mais aucun de ses traumas : un Miles optimiste, souriant, bosseur, enthousiaste, bref, un Miles pas encore entaché par la vie.

La série peut parfois devenir un peu cul-cul, et c'est ce qui explique sa place en bas du classement, mais globalement, elle tient bien la route, et ce uniquement grâce au charisme de Paul Rudd.

(On n'approche pas encore le génie de Tatiana Maslany dans "Orphan Black", mais soyons sérieux deux minutes, personne ne lui arrivera jamais à la cheville, cette série était super décevante mais Tatiana est un joyau, FIGHT ME.)


12. Miracle Workers


Un jour, on parait de séries, et quelqu'un a dit :

- Ah ouais, comme cette série cheloue, là, où Steve Buscemi c'est Dieu!

Et j'ai immédiatement écrit sur mon poignet "série S. Busc. dieu" pour ne pas oublier de le googler plus tard dans la soirée, c'est dire si ça m'enthousiasmait.

(Je ne réserve mon poignet que pour les choses primordiales.)

("encaisser chèque", "acheter lait BB", "chercher colis Amz.", les essentiels, quoi.)

Et j'ai bien fait, car cette série est bien ficelée, bien jouée, drôle, en un mot : c'est du FUN.

Le pitch, c'est Dieu (Steve Buscemi, donc) (dans une vibe très loin de "Boardwalk Empire", et plutôt "frères Coen") qui, après des siècles à avoir délaissé la terre, se rend compte que c'est devenu nawak et décide de tout faire péter. Eliza, un "ange" de bas étage (elle est chargée de réaliser les tout petits miracles) (genre aider les gens à retrouver leurs clefs) lui lance un défi : si elle et son équipe arrivent à réaliser une prière jugée impossible, Dieu épargnera la terre.

En plus de Steve Buscemi, on retrouve au casting Daniel Radcliffe, l'ex-Harry Potter qui semble s'être assigné comme quête dans la vie de n'accepter que des sénarios complètement barrés (cf. l'excellent et inénarrable "Swiss Army Man").

Et, bonne nouvelle ! La série a été reconduite pour une saison 2, MAIS c'est une anthologie, donc on évite l'écueil d'une bonne idée qui tournerait au vinaigre par effet de répétition. (On a donc droit à une nouvelle histoire, qui se déroule au Moyen Age, avec les mêmes acteurs qui campent des personnages totalement différents).

11. Russian Doll


Une série gentiment allumée, portée par l'excellente Natasha Lyonne (alias Nikki la gentille junkie de Orange is the New Black)


(Qui joue d'ailleurs quasi exactement le même rôle que dans Orange is the New Black)

(Enfin je sais pas, je connais pas l'actrice, si ça se trouve c'est juste elle qui est comme ça tout le temps?)

(Si c'est le cas, on lui pardonne, parce qu'elle est très drôle.)

Bref, c'est l'histoire de Nadia qui meurt le jour de son anniversaire, puis se retrouve à revivre sa soirée d'anniversaire à l'infini, en réapparaissant toujours dans la salle de bains de sa pote. A chaque fois, ça se passe un peu différemment, et Nadia (qui, soit dit en passant, est designer de jeux vidéo, elle s'y connaît donc en respawns) essaye de lever le mystère sur sa boucle temporelle : est-elle au purgatoire? Doit-elle expier ses péchés pour revenir à la vie réelle? Tout cela n'est-il qu'un rêve ou un trip sous acide? Et où est donc passé son chat?


Les répétitions sont un peu barbantes au début, mais la série est suffisamment courte pour que ça ne devienne pas pesant, et puis tout ce mystère à base de boucles temporelles est drôlement prenant, au point qu'on peut très (TRÈS) facilement se binger toute la série en un dimanche glandouille.

(Je dis ça pour les gens heureux qui n'ont pas d'enfants levés à SIX HEURES DU FUCKING MATIN.)

(3615 aigrie)

Bref, cette série ne révolutionne pas le genre, mais est super sympathique, et ce à 90% grâce à son interprète principale, AKA la plus adorable des épaves.


(Merci pour ce moment.)


10. The Dark Crystal : Age of Resistance


Une série que je n'avais absolument pas l'intention de regarder, et qui faisait partie de la longue liste de trucs que Netflix essaye de me fourrer dans la tronche à chaque fois que je me connecte.

(NON, je vais pas regarder ta série danoise à trois francs six sous, juste parce que t'as vu que j'ai maté trois saisons de Vikings et une série en allemand, c'est pas la peine de me lancer la bande-annonce toutes les demi-heures, CALME TON SLIP NETFLIX.)

Donc là, Netflix arrêtait pas de me claquer des bandes-annonces (bande-annonces? bandes-annonce? Je sais jamais avec les mots composés, on a une langue cheloue) de Dark Crystal, en mode "épopée de dark fantasy", et moi je pouffais devant mon écran en mode :

- Non mais, les mecs, autant je ne suis pas la personne la plus mûre du monde, autant quand même on est d'accord que j'ai passé l'âge des Minikeums?

Car oui, la série est entièrement animée avec des marionnettes, et laisse-moi te dire que ça m'avait sévèrement refroidi.

(Faut dire que je ne suis pas une grande fan d'animation non plus.)

(Flaxou a dû me harceler pendant cinq ans pour que j'accepte enfin de regarder Ghost in the Shell.)

(Et honnêtement, je sais que c'est un chef-d'oeuvre et tout et tout, mais je me suis grave fait chier.)

(J'ai largement préféré Cowboy Bebop.)

(Que Fla a finalement réussi à me faire regarder sept ans APRES Ghost in the Shell.)

(Oui, ben j'étais refroidie par toute cette métaphysique de cyborgs, il m'a fallu un peu de temps pour m'en remettre.)

Ce qui m'a fait changer d'avis sur Dark Crystal, c'est Sarah qui m'a dit au détour d'un déjeuner suhsi du mardi :

- Ah dis donc, on s'est matés la saison entière de Dark Crystal en une semaine avec Flo! J'ai juste regretté qu'on l'ait vu en français, après avoir vu le casting de la V.O!

Et donc je suis allée voir le casting de la V.O, et ARE YOU DECONNING?


Mark Hamill, Simon Pegg, Helena Bonham Carter, Taron Egerton, Eddie Izzard, Mark Strong, Benedict Wong, Alicia Vikander, Bill Hader, SIGOURNEY FUCKING WEAVER, et même mon chouchou Andy Samberg?


Ajoute à ça la petite réunion Game of Thrones (parce que bon, la série est finie, leur planning est grand ouvert) avec les actrices Lena Headey (Cersei Lannister), Natalie Dormer (Margaery Tyrell) et Nathalie Emmanuel (Missandei).

(Ah oui, et y'a la meuf de Outlander, aussi!)

Bref, j'étais conquise avant même de connaître l'histoire, et en fait, il s'avère qu'elle est cool aussi! Incroyable!

(Qui aurait pensé que la série qui a fait signer mille artistes talentueux s'avérait avoir un bon scénario?)

Le pitch, je vais même pas essayer de te le résumer ici, parce que sans déconner c'est hyper complexe (d'ailleurs ci-mer à l'intro de la série et son déluge d'exposition, j'ai dû faire pause avant le générique juste le temps de digérer tout ça). Sache juste qu'il est question de méchants très méchants, de gentils braves et nobles, de prophéties, de mystères, ah oui et au cas où tu te dis que tout ça va donner un truc un peu mignon genre Narnia, NOPE y'a littéralement un meurtre dès le premier épisode.

(Donc, si tu as des enfants, ne regarde pas Dark Crystal avec eux.)

(Sauf s'ils ont au moins huit-neuf ans.)

Et si tu n'as pas d'enfants, bah va regarder Dark Crystal, et ouais je sais que c'est tout en animation mais sérieux mets la VO quand même, tu me feras plaisir.


9. What We Do In The Shadows


Une série tirée d'un de mes films comiques préférés (dont je t'avais déjà parlé ici), donc au départ j'étais un peu sceptique, comme quand on annonce n'importe quelle adaptation d'un truc que j'adore.

Parce qu'il faut savoir que je suis quand même une personne qui a très facilement tendance à la hype, et donc ça m'est déjà arrivé de me sentir trahie meurtrie éviscérée un peu déçue par une mauvaise adaptation.

(Genre, au hasard, le film de la Croisée des Mondes.)

(On en reparlera un peu plus loin dans ce classement.)

Et il s'avère que je n'avais aucune raison de m'inquiéter, parce que cette série est franchement super.

L'histoire est la même que le film (des vampires immortels, dans le monde moderne, qui vivent en coloc) mais on a de nouveaux personnages, et l'action est transposée de Nouvelle-Zélande aux Etats-Unis, où le clan établit progressivement son emprise sur le pays entier...


J'aime cette série pour son humour gentiment allumé (dans la même veine que Wellington Paranormal, dont je t'avais parlé l'an dernier) (et qui d'ailleurs se passe dans le même univers!)

(Marvel Cinematic Universe mon cul, oui)

(Wellington Vampires Cinematic Universe, ça, ça en jette!)

Bref, je n'ai pas grand-chose à te dire de plus sur cette petite série, si ce n'est que c'est DRÔLE.


Et laisse-moi te dire qu'après l'année 2019 et ses séries tragiques, ça fait du bien de rigoler un peu.

(Tu te rappelles l'an dernier, quand j'ai regardé la saison 2 de the Handmaid's Tale et que j'ai failli mourir de chagrin?)

(Oui ben ça va, cette année, c'est quand même plus soft.)


8. Catch-22


Une mini-série (ouiiii!) (j'adore les mini-séries!) (c'est comme un très long film dans lequel tu t'investis à fond, mais t'y passes pas ta vie!) (100% gagnant) basée sur un livre que j'aime beaucoup.

(Et là j'avais envie de rajouter "par un auteur que j'aime beaucoup", parce que ça fait intellectuel,  mais allez, tu sais quoi, j'ai 31 ans, j'ai plus le temps de faire ma prétentieuse, je peux tout aussi bien t'avouer que je n'ai rien lu d'autre de cet auteur.)

Pour la petite histoire, le titre du livre est devenu une expression courante en anglais, pour désigner une situation paradoxale et qui se mord la queue. (Dans le livre, c'est le fait que, si un pilote demande à être retiré du combat parce qu'il se sent psychologiquement instable, c'est de facto la preuve qu'il est sain d'esprit, et donc il doit continuer à se battre.)

La série suit très fidèlement le déroulement du livre, qui se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale, sur le front italien, où l'on suit la vie d'une troupe américaine basée près de Bologne. Le livre est étonnement drôle pour une histoire de guerre, et du coup tu t'amuses bien à lire les histoires de cette bande de bras cassés, genre y'a ce type qui s'appelle Major Major, et en fait c'est son nom et son prénom, et à l'armée ils en font un major par erreur, et donc il s'appelle Major Major Major, ha ha c'est marrant BOUM TOUT LE MONDE MEURT!

Ouais, juste quand tu commençais à te détendre, l'auteur te ramène à la dure réalité, et tout ce petit monde commence à crever un par un, t'sais, une fois que t'y étais bien attaché?

(On voit chez qui George R.R. Martin est allé prendre des cours.)

Donc ouais, tout ce que je peux te dire de cette série, c'est :

- Elle est très bien réalisée

- Les acteurs sont excellents

- NE T'ATTACHE PAS TROP, TOUT SENTIMENT DE SÉCURITÉ N'EST QU'UNE DOUCE ILLUSION, LES GENS QUI ONT CATÉGORISÉ CETTE SÉRIE DANS "COMÉDIE" DOIVENT ALLER SE FAIRE EXAMINER FISSA.

Je te laisse avec ce petit meme que j'ai trouvé sur le perso de Milo Minderbinder (à peu près la seule différence fondamentale entre le livre et la série):


Et tu sais quoi? Je viens de me rendre compte que j'ai mis à peu près mille jours à pondre ce demi-article, et que je ne t'ai même pas encore parlé de mes VRAIES séries préférées de l'année (spoiler alert : je vais écrire dix pages rien que sur le Witcher) ET DONC je scinde mon article en deux ici, sinon il ne sortira jamais.

A bientôt (LOL) (NON) (à dans un mois si j'ai de la chance) pour parler du reste!

Des bisous!

samedi 4 janvier 2020

Séries 2019, partie 1 : le flop


Salut les geeks!

Comme chaque année (un peu en retard parce que d'habitude c'est en décembre mais j'ai des gosses maintenant), c'est l'heure du marronnier de ce blog : le récapitulatif des séries que j'ai découvertes, aimées, adorées, et détestées cette année.

Et ne va pas croire que, juste parce que j'ai été UN PEU occupée avec deux nouveaux-nés, j'ai levé le pied sur les séries en 2019.

Eh non mon bouchon, car mes bébés ont beau être le portrait craché de leur père (leur raccourci clavier à tous les trois serait : Ctrl+C Ctrl+V Ctrl+V), en tempérament, ils tiennent quand même un peu de moi, et ce notamment pour le côté couche-tôt lève-tôt (un grand classique dans ma famille, cf. ma mamie levée à 5h30 tous les matins, mon père qui dort onze heures par nuit depuis qu'il est à la retraite, et ma soeur qui n'a jamais réussi à regarder un film en entier à la télé DE SA VIE).

Du coup, à 19h, les petits sont déjà en train de roupiller, ce qui me laisse pas moins de deux heures et demie de temps libre par jour, c'est pas génial la vie franchement?

(Oui, je me couche à 21h30, qu'est-ce que t'avais pas compris au juste dans "couche-tôt"?)

Et autant te dire qu'on en matières de série, cette année, on a été gâtés comme mes bébés à leur premier Noël (ma maison c'est un Joué Club, au secours).

Tellement gâtés en fait que je n'ai que trois séries dans ma partie "flop", et environ MILLE dans ma partie "top" (prépare-toi, ça va être intense).

On va donc commencer par le plus court, et par les trois séries décevantes que j'ai arrêtées de regarder cette année:


Mr Mercedes

Je t'en parlais il y a quelque temps dans la partie top, et pour cause : Mr Mercedes était une très bonne adaptation de la série de romans de Stephen King suivant les aventures de Bill Hodges, flic à la retraite hanté par le spectre de son seul cas non élucidé : le mystérieux Mercedes Killer...

L'adaptation osait même dévier franchement du matériau de base dans la saison 2, ce qui m'avait laissé perplexe au départ mais s'était avéré bien cool, notamment pour le twist de fin de saison que, pour le coup, les lecteurs du livre n'avaient GRAVE pas vu venir.

(Je suis toujours super contente quand je regarde une adaptation d'un bouquin que j'ai lu, et qu'elle parvient quand même à me surprendre.)

Sauf que la saison 3 posait un problème épineux à résoudre : en effet, dans la trilogie de livres sur les enquêtes de Hodges, seuls deux livres (le tome 1 et le tome 3) ont pour antagoniste le Mercedes Killer. Le tome 2 est très différent des autres, dans le ton comme dans l'histoire, et se concentre sur une enquête annexe de Bill (celle d'un fan obsessionnel qui tue son auteur préféré et vole ses manuscrits jamais publiés).

Tout ce tome a un côté très "side quest et divagations de prof de Litté" (La figure de l'Auteur, la figure du Fanatique, le figure de "Bonjour je Suis Stephen King je ne cherche même plus à donner l'illusion de faire dans le subtil et l'Auteur c'est clairement Moi") mais malgré tout, ça reste un bouquin prenant et fort sympathique.

Dans la série, il a été fait le choix judicieux de concentrer les deux premières saisons sur le Mercedes Killer (clairement le méchant le plus intéressant) et de passer à la trappe le second livre.

Sauf qu'après la saison 2, le Mercedes Killer est mort, et au vu de la saison 3, voilà ce qui s'est dit au moment de la production:

- Bon, le Mercedes Killer c'était super, tout le monde a adoré. Qu'est-ce qu'on peut raconter maintenant que c'est fini?
- L'intrigue du deuxième bouquin qu'on avait exprès mis de côté?
- Alors, oui, mais par contre j'ai une idée : vous voyez comme l'histoire du deuxième bouquin est bien?
- Oui?
- Voilà, alors mon idée, c'est : et si on rendait ça nul?
- Jean-Michel, t'es un génie.


Et je passe sur la couardise des producteurs qui n'ont pas eu les couilles de se débarrasser complètement du personnage de Mr Mercedes (par peur que les audiences chutent, j'imagine) et dont le va-et-vient constant en mode "ni avec, ni sans" m'exaspère horriblement.

(Une fois pour toutes, si on prend la décision de tuer un personnage, ON S'Y TIENT.)

(Sauf si on est George R.R. Martin - il a un passe-droit.)


The Handmaid's Tale

Alias "l'histoire d'un effet ascenseur".

Car, autant la saison 2 de la série m'avait surprise par sa capacité à aller au-delà du matériau de base (je rappelle que le livre s'arrête à la fin de la saison 1), autant la saison 3 m'a surprise dans le sens inverse.

Et comme une image vaut mieux qu'un long discours, voici un petit graphique (à cliquer pour voir en grand):


Les raisons de cette déception sont multiples, mais il y a deux choses qui m'ont particulièrement dérangé dans cette saison :

1. Le scénario n'aurait jamais dû avancer aussi loin, ou alors, il aurait dû continuer sans June.

J'veux dire, on passe toute la saison 1 et 2 à t’expliquer à quel point Gilead est un cauchemar, comme ils écrasent toute ombre de menace d'un coup de botte implacable, et là June leur met la misère et POURQUOI VOUS NE LA BUTEZ PAS?

(Alors ils essayent bien de justifier ça péniblement à coups de "Ouuiii maiiis elle est connue à l'international maintenant, ça nous donnerait une mauvaise image" et LES MECS! Vous croyez vraiment que c'est ça qui va sauver votre image? Vous êtes littéralement des talibans!)

C'est le gros problème dans lequel le scénario s'est empêtré : la série est l'une des seules productions Hulu à marcher (et je dis vraiment ça pour ne pas dire "LA seule production Hulu à marcher"), ce qui excluait fatalement d'en faire une minisérie. Et d'ailleurs, l'univers de Gilead est tellement riche que ça aurait été tout à fait bienvenu d'en faire, par exemple, une anthologie : ces séries basées dans le même univers et où les personnages changent à chaque épisode (comme Black Mirror) ou à chaque saison (comme Fargo ou True Detective).

Le souci, c'est qu'Elisabeth Moss est tellement devenue le visage de la série que les showrunners ont clairement décidé qu'elle ne pourrait pas exister sans elle. Du coup, son personnage est encore vivant, protégé uniquement de son armure en scénarium, et ça rend tout l'univers de Gilead complètement incohérent - cf. tous les gens que June approche qui se retrouvent exécutés, tandis que June elle-même, l'instigatrice de toutes les tentatives de rébellion, ne reçoit aucune forme de punition.

Pire encore, cette invulnérabilité rend le personnage super antipathique ("Ouééé venez on fait la rébellion on s'en bat les steaks, vous allez mourir okay mais pas moi alors osef") ("Ouééé je fais de l'abus de faiblesse oklm, allez viens on va voir ma fille tant pis si tu finis sur le mur, déso pas déso") alors que c'est justement sa compassion dans ce monde implacable qui lui donnait son humanité et la rendait sympathique dans les saisons précédentes.

2. "Bonjour on est à court d'idées et ça se voit".

Donc, non seulement on a des idées de scénario à la mords-moi le noeud juste histoire de rajouter du trash ("Et là on dirait que les servantes elles ont la bouche cousue!") (Oui mais carrément non, ça n'a aucun sens, même pour Gilead) mais en plus, même la mise en scène a un sérieux coup de mou.

En effet, les deux premières saisons jouaient beaucoup sur la photographie, les décors, les costumes et les plans de caméra pour créer une ambiance à la fois grandiose et sinistre (on avait notamment beaucoup de jeux avec les couleurs, entre le rouge des servantes et le bleu madone des épouses).

Là, j'ai juste eu l'impression de passer la saison entière à regarder la même tronche d'Elisabeth Moss grimaçante en gros plan.




("Endiré cé un ange lol ki dautre la remarqué?")

Bref, la saison 4 est confirmée, mais elle se fera sans moi, j'en suis désolée.


Game of Thrones


Tu t'en doutais, on s'en doutait tous.

On se voilait tous la face à base de "Ouiiii c'est vrai la saison 7 était un peu pétée du cul, avec tous ces développements entre les personnages rushés à fond, et ces déplacements en mode téléportation, MAIS à coup sûr on va avoir droit à un grand final! Ça va être extraordinaire, ça va être monumental, et ça va rattraper la pente descendante sur laquelle la série s'est engagée depuis qu'elle ne suit plus les livres!"

(Ouais, parce qu'on a tendance à l'oublier, mais j'ai revu l'intégralité de la série, et y'a pas à dire, ça commençait déjà à chier dans la colle à la saison 6.)

(A part l'épisode de la bataille des Bâtards, qui était probablement le meilleur de toute la série.)

Sauf qu'on se berçait évidemment d'illusions, j'veux dire, revoyez la saison 7, on n'allait pas rattraper ça. Le gâteau était déjà cramé, au mieux, on allait juste coller un glaçage par-dessus.

Mais bon, pour autant, est-ce qu'on était obligés de faire un GLAÇAGE A LA MERDE?

Je vais essayer de ne pas m'étendre là-dessus outre mesure, parce que tout a déjà été dit sur cette série et cette foirade monumentale, cette déception qui n'avait d'égale que les attentes gigantesques des fans (clairement, on attendait un miracle, ça n'a pas aidé).

Donc, je ne vais pas m'attarder sur les soucis de rythme (2 épisodes pour préparer ce pet mouillé qu'a été la bataille de Winterfell, vraiment?), les problèmes techniques (alô ui cé l'épisode 3, on voudrait de la lumière merci) ou encore les énormes incohérences – genre, au hasard, Rhaegal qui se fait tuer EN PLEIN VOL par une BALISTE.




(C'est bon, j'ai corrigé la page Wikipédia pour vous, les potes.)

Et encore, niveau incohérences, je n'ai fait qu'effleurer la surface (kikou les Dothraki qui re-spawnent) et je ne vais pas rentrer dans les détails parce que sinon ça sera beaaauuucoup trop long.

(Par contre, si un jour vous voulez rigoler, allez voir Professeur Flaxou et mentionnez la bataille de Winterfell devant lui. Croyez-moi, c'est très fun de le voir devenir tout rouge.)

("QUI MET DES CATAPULTES DEVANT DES MURAILLES? QUI MET DE L'INFANTERIE LÉGÈRE DEVANT DES TRANCHÉES? ET CETTE CAVALERIE QUI CHARGE DANS LE NOIR AAAAAH!")

Pour moi, le plus gros gâchis de cette ultime saison de Game of Thrones restera le développement des personnages. Ce qui faisait la force de la série (et des livres), c'était justement la psychologie nuancée – chose par trop rare dans la fantasy, d'ailleurs. C'est toute la leçon de la saison 1 ; le seul "bon" personnage, Ned Stark, se fait buter justement A CAUSE de son honneur, de son sens de la morale, et de sa quête de la vérité.

Et ce côté nuancé passe complètement à la trappe dans la saison 8 (après un virage déjà bien amorcé dans les deux saisons précédentes) (on en parle, de Stannis Baratheon qui crame sa fille sans sourciller?) (non, on n'en parle pas, cet article est déjà bien trop long putain!)

Je vais passer assez rapidement sur les personnages qui deviennent cons comme des planches juste parce qu'il fallait faire passer les ficelles du scénario – genre, au hasard, Varys le roi des intrigues de cour et des conversations feutrées, qui passe en mode "BONJOUR JON TU VEUX FAIRE DE LA TRAHISON AVEC MOI? PARLONS-EN BIEN FORT DEVANT LES GARDES DE DAENARYS OH OH OH"

(Et ne me lancez même pas sur Tyrion ou Sansa, ils ont tous perdu mille points de QI en deux saisons, c'est affligeant.)

(Je suis aussi super attristée que le parentage de Jon Snow, enfin révélé, aie absolument ZÉRO incidence sur le scénario – à part rendre Daenerys jalouse, okay, super.)

(Genre, on a même pas pu voir ce que ça fait à Jon de réaliser qu'il est un enfant légitime – lui qui a vécu toute sa vie avec son étiquette de bâtard.)

(Okay, Kit Harrington est un très mauvais acteur, mais ça aurait quand même été sympa d'avoir une ou deux scènes pour en parler!)

Mon plus gros crève-coeur restera tout de même la storyline de Jaime complètement massacrée, alors que c'est selon moi le personnage avec l'arc narratif le plus intéressant!

J'veux dire, on part sur un gars qui POUSSE UN GAMIN D'UNE FENÊTRE pour protéger sa liaison avec SA SŒUR, difficile d'imaginer plus ignoble, on est d'accord?


(MAIS CRÈVE BÂTARD)

Et pourtant, au fur et à mesure qu'on apprend à connaître Jaime, l'impossible se produit : on commence à avoir de l'empathie pour lui.

A partir du moment où il est capturé par Robb (et loin de Cersei), il se dévoile peu à peu comme un personnage complexe. On le voit agir pour la première fois de manière désintéressée quand il empêche le viol de Brienne (ce qui lui coûte une main), mais ensuite, on apprend que ce n'était pas la seule fois qu'il a agi pour le bien commun et payé le prix fort en contrepartie : il a assassiné le roi Aerys d'un coup d'épée dans le dos, alors que ce dernier avait prévu d'incendier toute la capitale. Le fait de tuer le roi (auquel il avait juré sa loyauté) a entaché sa réputation à jamais, mais lui ne le regrette pas une seule seconde. Il a sacrifié son honneur pour sauver des milliers de gens, et s'en balek complètement de ce qu'on peut penser de lui – il sait qu'il a fait le bon choix.


Cette scène est géniale, parce que non seulement elle change la manière dont on voit Jaime, mais aussi, rétrospectivement, la manière dont on voit Ned Stark (qui, plus tôt dans la saison 1, avait un échange méprisant avec Jaime au sujet de cet épisode).


On se rend compte désormais que Jaime est un homme d'honneur, MAIS seulement quand sa relation avec Cersei n'est pas menacée – parce que, par amour pour elle, il ferait n'importe quoi (y compris pousser des enfants d'une tour, donc).

Et, au fur et à mesure que les saisons progressent, Jaime se libère peu à peu de l'influence toxique de sa soeur. Alors, okay, ça prend plus de temps que je l'aurais souhaité (genre Cersei crame la septe de Baelor, c'est la raison pour laquelle t'avais tué le roi précédent, mais là non, rien?) MAIS au final, Jaime met enfin les bouts, laisse sa soeur en plan, et va combattre les zombies de glace à Winterfell.

Non sans au passage s'abandonner enfin aux bras de Brienne de Tarth, et l'adouber par la même occasion, mais YES elle le mérite tellement mon petit cœur chavire de bonheur!


 (Je les shippe depuis la saison 3 mais quelle satisfaction!)

Et puis.... et puis on efface tout et on revient au début.

Jaime repart à King's Landing, il retrouve sa sœur, et il meurt avec elle, écrasé par un vieux parpaing.

Quoi? Mais pourquoi?

Tout allait tellement bien! Il s'était enfin affranchi de Cersei! Il avait enfin accepté d'ouvrir son cœur à quelqu'un d'autre! Le progrès était fait!

Alors POURQUOI revenir en arrière?


(Mais NON! Ça fait cinq saisons qu'on sait que NON!)

(Et je passe sur son petit discours en mode "Moi je suis là pour Cersei, je m'en balek des habitants de King's Landing" genre MEC SÉRIEUSEMENT?)

Bref, un gâchis total.

Et puis, bien sûr, on a Daenerys, avec des scénaristes en roue libre en mode :

- Hi hi en fait c'est une méchante, avouez vous l'avez pas vu venir! Vous devez vous sentir bien cons maintenant!

Sauf que NON, la psychologie des personnages, ça ne marche pas comme ça.

NON, ça ne suffit pas d'avoir Tyrion qui balance "Han mais en fait elle a déjà fait preuve de cruauté par le passé, on l'avait juste mis de côté pasqu'elle est jolie et qu'on est nuls". NON.

Primo, c'est pas très malin de faire ça dans un monde médiéval où TOUT LE MONDE fait preuve de cruauté TOUT LE TEMPS, même les "gentils" (genre, au hasard, Jon Snow qui exécute un enfant, ou Arya qui TUE TOUTE LA FAMILLE DE WALDER FREY ET LUI FAIT BOUFFER SES FILS), donc excusez-moi si ça fait pas très pro d'amener une réflexion beaucoup trop moderne sur le coût humain de la guerre comme un cheveu sur la soupe, en mode "gné gné la Convention de Genève". NON.

Secundo, ça ne suffit pas d'utiliser quelques exemples de cruauté ciblée (crucifier des esclavagistes) et de s'en servir pour justifier que Daenerys devienne d'un seul coup Hitler avec un lance-flamme. NON.


("Endiré cé un démon lol ki dautre la remarqué?")

Au final, je suis, comme tout le monde, déçue par cette fin.

Je pense que la série a signé son arrêt de mort au moment où elle a quitté les plate-bandes des livres – et je pense, d'ailleurs, que la fin dans les livres sera beaucoup mieux amenée, même si on finit sur les mêmes lignes (ce qui d'ailleurs n'est pas certain).

(Et, oui, je suis toujours persuadée que les livres vont sortir un jour.)

(Je suis optimiste, laisse-moi tranquille.)

Fort heureusement, il y a eu pléthore d'excellentes nouvelles séries en 2019 qui ont largement, très largement compensé ces trois séries décevantes.

Et ce sera le sujet de mon prochain article!

(Ou de mes deux - trois - quatre prochains articles.)

(Ça dépend à quel point j'arrive à contenir mon enthousiasme.)

(Mais y'a eu The Mandalorian ET The Witcher la même année, alors accroche-toi à ton slip.)

Des bisous!