Comme je l’ai évoqué précédemment, la Nouvelle-Zélande n’est pas exactement le haut lieu de la culture Australasienne.
(Sauf
pour la culture des patates douces.)
(Je suis
une déesse de la vanne aujourd’hui.)
Mais
comme c’est quelque peu réducteur d’affirmer tout de go que la Zélandie est une
terre aride de toute créativité, je vais laisser la critique facile aux Aussies
(c’est facile de se la péter quand on a un opéra) et je vais de ce pas te
fournir la preuve par neuf que oui, la Nouvelle-Zélande a quand même un petit
semblant de culture, avec une sélection patriotique pas piquée des hannetons.
Par
contre, un petit avertissement : si certaines des œuvres mentionnées
ci-dessous sont disponibles en traduction française, la plupart ne le sont pas
(et il faut aussi avouer que ce sont des œuvres qui perdraient énormément de
charme à la traduction, puisqu’elles ne refléteraient plus aucun des charmants
idiomes de cette variété d’anglais, eh ?).
Du coup,
si vraiment t’es motivé à suivre mes recommandations, je ne peux que te
conseiller une session de rattrapage Wall Street English (ou un bon site de
sous-titres pirates).
Allez,
c’est parti, en avant la culture !
Livres:
Je
commence avec les classiques : Katherine Mansfield, son nom ne te dit sûrement
rien, mais en Nouvelle-Zélande, c’est LA personne qu'on évoque en premier quand on parle de littérature locale.
Eh oui,
leur auteur le plus renommé est une femme. Un bel hommage à ce pays féministe,
soit dit en passant premier pays au monde à autoriser le droit de vote aux
femmes, en 1893 (et ça, c’est pas rien).
(Les
mauvaises langues argueront que la renommée de Katehrine Mansfield est aussi en
lien avec le fait qu’elle soit une Pakeha – comprenez, une Néo-Zélandaise
blanche – dans un pays où la majorité des œuvres culturelles sont produites par
des Maoris. Et on ne peut pas tout à fait leur donner tort non plus, mais j’y
reviendrai un autre jour.)
Katehrine
Mansfield, pour revenir à elle, est une auteure avant-gardiste née en 1888 en Nouvelle-Zélande
coloniale, qui n’est en fait restée dans le pays que les 19 premières années de
sa vie (mais comme elle est morte de tuberculose à l’âge de 34 ans, on va dire
qu’elle compte quand même comme une Kiwie).
(Tu vois à quoi ça mène de quitter la Nouvelle-Zélande ? On attrape la tuberculose
et on meurt.)
(Je dis ça
en rigolant mais je suis presque sûre qu’il y a des Néo-Zélandais qui le
pensent vraiment.)
Menant un
train de vie bohémien, proche d’auteurs Européens sulfureux et ayant eu
l’audace de mener non seulement une relation lesbienne, mais en plus avec une
Maorie (double peine) ; tombant enceinte du frère de son amant, puis épousant
un autre homme pour le quitter le soir même du mariage, le moins qu’on puisse
dire, c’est que Katherine Mansfield n’était pas une fille banale.
Bon, tout
ça c’est bien beau, mais on n’a pas encore parlé des bouquins. Alors, "The
Garden Party", c’est comment ?
Eh ben
c’est chiant.
Pour développer :
c’est bien écrit, mais c’est chiant.
Je dois dire que, pour une auteure au profil si atypique, je m’attendais à des histoires beaucoup plus croustillantes que les problèmes passionnants des gens riches (« Oh, ma vie est si ennuyeuse, il ne m’arrive rien, j’ai plein d’argent mais je ne me sens pas vivant », oh pauvre choupinou, si tu veux on change de place et il va t’arriver des choses j’peux te le promettre.) (Tu me feras savoir si tu te sens vivant quand tu payeras tes courses avec des pièces de fond de tiroir. CONNARD).
Je dois dire que, pour une auteure au profil si atypique, je m’attendais à des histoires beaucoup plus croustillantes que les problèmes passionnants des gens riches (« Oh, ma vie est si ennuyeuse, il ne m’arrive rien, j’ai plein d’argent mais je ne me sens pas vivant », oh pauvre choupinou, si tu veux on change de place et il va t’arriver des choses j’peux te le promettre.) (Tu me feras savoir si tu te sens vivant quand tu payeras tes courses avec des pièces de fond de tiroir. CONNARD).
Mais je
mets quand même Katherine Mansfield dans ma sélection culturelle, déjà parce
que si je l’enlevais j’aurais plus grand-chose, mais surtout parce que, j’ai
beau n’avoir personnellement pas accroché, ça reste très bien écrit, et je suis
sûre que ça peut plaire à pas mal de monde (notamment ceux et celles qui
adorent les histoires où des gens prennent le thé sur le gazon, et ensuite il y
a force ragots et soupirs – oui, les fans de Jane Austen, c'est à vous
que je m’adresse : vous allez KIFFER.)
Disponible
ici en français et ici en anglais.
Pounamu
Pounamu, Witi Ihimaera, 1972
Toujours
dans les classiques, Witi Ihimaera, c’est LE nom de la littérature Maorie.
Auteur prolifique et au style très Kiwi (eh ?), il a écrit plusieurs
romans et nouvelles, presque tous ayant comme personnages centraux des Maoris. Très
attaché à la culture traditionnelle, ses histoires ont une saveur nostalgique de toute cette belle civilisation et ses traditions, qui se perdent
de plus en plus avec l’exode rural et l’assimilation de la culture Britannique. Cependant,
on reste très loin de la noirceur d’un Alan Duff (autre auteur Maori, j’en
parlerai un peu plus bas).
Ce que
j’aime chez Witi Ihimaera, c’est l’affection qu’on ressent dans ses textes. Il
ne se voile pas la face sur le sort réservé à la culture Maorie (en claire
perte de vitesse, malgré les mesures prises par le gouvernement ces dernières années
pour promouvoir son héritage) mais toute son œuvre montre le regard plein
d’amour qu’il pose sur ses congénères. Les Maoris dans ses histoires sont des
gens ordinaires dans le plus beau sens du terme : ils ont leurs défauts et
leurs traits de caractère, mais vus à travers un filtre de bonne humeur et de
bienveillance – comme on voit avec amusement et agacement les défauts des
membres de sa famille.
Le livre le plus
connu de Witi Ihimaera est le roman « Whale Rider », mais je ne vais
pas en parler ici parce qu’il a été adapté en un très bon film (voire plus bas)
et que je veux pas faire doublon.
« Pounamu
Pounamu » (le nom Maori du jade), moins connu, est un recueil de nouvelles
tendres, drôles et nostalgiques, que je te conseille fortement de lire en
anglais pour saisir toute la beauté du parler Kiwi de la campagne.
Et pour
ceux qui veulent aller plus loin dans la fiction Maorie, je conseille de
lire en même temps les œuvres de Witi Ihimaera et celles d’Alan Duff, parce qu’à
eux deux, ils expriment parfaitement les deux facettes de la société Maorie d'aujourd’hui : là ou Witi Ihimaera évoque la vie rurale, la famille soudée,
et l’importance des cérémonies traditionnelles (le haka, la cérémonie des
adieux aux morts, ou encore les matchs de rugby) qui
façonnent la vie de la communauté entière, Alan Duff, lui, nous décrit les
paumés de l’exode rural, les chômeurs et les alcooliques, zonant dans leurs
pavillons décrépits en attendant le prochain chèque des allocs (pas
vraiment le même délire, donc).
Dans tous
les cas, « Pounamu Pounamu » est un recueil sympa, pas prise de tête,
et pas trop difficile à lire dans le texte, donc je te le conseille vivement
(avec l’ensemble de l’œuvre de Witi Ihimaera).
Disponible ici en anglais mais il est cher, donc si t'as pas trop le budget, tu peux te rabattre sur Whale Rider (aussi en anglais).
On passe
dans le contemporain avec un livre de Duncan Sarkies, écrivain, scénariste et
dramaturge. Ne te fie pas à sa tête de tueur psychopathe, il est en fait super cool.
Comme la Nouvelle-Zélande
est petite, il s’avère que Duncan Sarkies a collaboré en tant que scénariste à la géniale série Flight of the Concords (j’en parle plus bas), et si ça c’est
pas un gage de qualité, je sais pas quoi te dire.
"Two
Little Boys" est l’histoire de Nige et Deano, deux anciens meilleurs amis qui se
retrouvent embarqués ensemble quand Nige renverse un touriste Norvégien dans un
virage et appelle Deano pour l’aider à se débarrasser du corps.
C’est pas
le livre le plus original du monde, mais c’est drôle (bon, faut aimer l’humour
noir, parce qu’au cas où t’as pas compris, on rigole avec une histoire de
meurtre). Mais c’est très drôle, et vraiment très Kiwi. L’histoire se situe
dans la région des Catlins, au sud de l’Ile du Sud, qui est connue pour être
l’un des coins les plus beaux et les plus sauvages de la Nouvelle-Zélande.
Je ne
t’en dis pas plus pour ne pas trop faire de spoilers, mais sache que, dans ce
roman, on trouve des pingouins, des croques-monsieurs, un dauphin, un chat
mort, et plein de beaux paysages. (Alors, ça donne pas envie ?)
Disponible ici en anglais.
Un livre
de fantasy sympathique, par une auteure toute fraîche et toute jeune (la meuf
elle est plus jeune que moi et elle a publié un roman, je sais pas si je suis
plus admirative ou dégoûtée) (la réponse est : dégoûtée).
« The
Wind City » est le surnom de la ville de Wellington (où il vente
effectivement beaucoup), et l’histoire, comme son nom l’indique, se passe à
Wellington.
Ce qui
m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est que l’univers de fantasy n’est pas basé sur la mythologie européenne (elfes, dragons, fées et lutins comme on a
l’habitude de les voir) mais sur la mythologie maorie.
On croise
donc des humains normaux qui côtoient des figures de proue de la mythologie polynésienne
(comme Māui, le héros qui a remonté l’Ile du Nord du fond de la mer en pêchant
un poisson géant avec la mâchoire de son ancêtre – un jour je te raconterai
cette histoire plus en détail) et autres monstres et créatures de légende (les
maero, des sortes de trolls velus qui mangent les humains, ou encore les
taniwha, esprits de l’eau et gardiens protecteurs).
Le style
n’est pas à tomber par terre, et l’intrigue sent un peu trop le roman pour
jeunes adultes à mon gout, mais j’ai trouvé l’histoire très originale, et rien
que pour ça, je recommande ce bouquin (et aussi parce qu’il va te faire chauffer
la page Wikipédia et te faire apprendre plein de trucs cools).
Disponible ici en anglais
On passe aux flims!
Le
Seigneur des Anneaux/Le Hobbit, Peter Jackson
Evidemment.
Je ne
peux pas faire un article sur la culture néo-zélandaise sans évoquer la saga mastodonte,
qui reste l’œuvre culturelle la plus connue et la plus rentable de toute
l’histoire du pays.
Les deux
sagas n’ont pas seulement fait découvrir au monde entier la beauté des paysages
de l’Ile du Sud (et un peu de l’Ile du Nord, mais moins, mais quand même) et
boosté le tourisme de manière spectaculaire.
Elles ont
aussi fait découvrir des acteurs locaux - je pense notamment à Karl Urban,
qu’on a revu dans les deux récents Star Trek, Les Chroniques de Riddick, ou encore dans l’adaptation cinéma du jeu vidéo Doom (que je mentionne ici juste pour la forme - et pour caser un épisode de Crossed parce que j'aime d'amour Karim Debbache. Ceci c’est pas une
recommandation. Ce film est vraiment très naze).
Et,
surtout, mentionnons au passage que Peter Jackson a employé à peu près un tiersde la Nouvelle-Zélande pendant le tournage de ses films (ceci n’est presque pas
une hyperbole). Dans ce pays, c’est virtuellement impossible de tomber sur un
Kiwi qui ne connaît pas au second degré au moins une personne qui a bossé sur
l’un des films.
Apres,
concernant la qualité des films eux-mêmes, je pense que j’ai pas besoin de t’en
parler si t’as vu mon pseudo et que t’as lu mes articles.
(Si c’est
pas le cas, je te résume : C’EST TROP DE LA BALLE.)
En
revanche, tu remarqueras que je n’ai mentionné que la partie Tolkienienne de
l’œuvre de Peter Jackson, pour la simple raison que ce sont, à mon avis, les
films qui méritent le plus d’être vus.
Si Bad
Taste et Braindead sont désormais des classiques du panthéon gore (à juste
titre, ce sont des bijoux), je suis en revanche loin d’être convaincue par le
reste de l’œuvre de Peter Jackson.
Pour sa défense,
je trouve que c’est admirable de sa part de faire des films très hétéroclites
et de ne pas s’enfermer dans un seul genre. Mais n’oublions pas que s’essayer à
des genres nouveaux demande un niveau de talent assez exceptionnel, et je pense
simplement que ce n’est pas le cas de notre ami Peter.
Peter
Jackson reste donc pour moi le prince du gore et une pointure de la fantasy,
mais pour le reste, on repassera.
(Si un
jour, pour le fun, tu veux faire fondre tes yeux, regarde The Lovely Bones. Ne
me remercie pas.)
Une
adaptation du best-seller d’Alan Duff, le film raconte la vie d’une famille de
Maoris pauvres et leur lutte de tous les instants contre la dépression, la
violence, l’alcool et les abus sexuels.
(Ah ça
non, c’est pas une farandole.)
Pourquoi
cette œuvre se trouve-t-elle dans la section “films” et pas dans la section
“livres”? Ce n’est pas parce que le livre d’Alan Duff est moins bon (loin de là),
mais simplement pour une question d’accès : le film est l’un des plus
connus de Nouvelle-Zélande, et on peut le trouver en VO sous-titrée assez
facilement sur certains sites spécialisés dont je tairai ici le nom. Le livre,
en revanche, est plus difficile à trouver, et surtout difficile à lire, parce
qu’il est écrit en argot avec « l’accent » Maori, et est donc très
dur à comprendre dans le texte si on n’a pas l’habitude.
(Et la
lecture en français, je vois même pas l’intérêt, parce qu’on perd la moitié du
charme du livre dans la traduction. L’histoire est fort intéressante à elle
toute seule, mais, du coup, je préfère recommander le film.)
Le film a
un avantage et un inconvénient majeur par rapport au livre : l’inconvénient,
c’est qu’il est très, très violent. (Âmes sensibles s’abstenir.) Pas dans le
gore ou les effets de style, mais dans la violence psychologique et sans fard
(on tabasse des femmes en gros plan, et autres joyeusetés) et ça marque plus en
images qu’en mots.
L’avantage,
c’est que le film bénéficie de la performance d’excellents acteurs, et particulièrement
de l’extraordinaire Temuera Morrison (connu à l’international pour avoir joué
Jango Fett dans Star Wars épisode II) qui est magnifique de bestialité dans une
prestation habitée et qui fout vraiment les jetons. (Pense « Jack Nicholson
dans Shining ».) Chair de poule garantie.
Adapté du
roman le plus célèbre de Witi Ihimaera, l’histoire suit Pai, une petite fille élevée
par ses grands-parents dans un village Maori, et qui lutte contre les a-priori archaïques
de sa communauté. Nommée d’après le mythique guerrier Paikea qui chevauchait
des baleines (d’où le titre du film), Pai cherche à gagner le respect de son
grand-père en prenant la tête du clan (chose théoriquement interdite, car elle
est une fille).
Une très
belle histoire aux accents féministes, d’excellents acteurs (particulièrement
la jeune interprète de Pai, bluffante) et des baleines, que demander de
plus ?
Le film
est très connu en Nouvelle-Zélande et a gagné pas mal de récompenses à travers
le monde. On peut le trouver en France assez facilement, sous le titre
« Paï ».
Si par
hasard tu étais présent au festival de Gérardmer en 2007, tu te souviens
forcément de "Black Sheep". Le film a tellement plu lors de sa première
projection du vendredi que chaque film projeté ce week-end là était accueilli par un concerto de bêlements du plus bel effet. Sans surprise,
« Black Sheep » a donc récolté le prix du public et le grand prix
dans la foulée.
Sorti du
public de Gérardmer, en revanche, « Black Sheep » n’est pas resté bien longtemps dans les salles françaises, et, même en Nouvelle-Zélande, n’a
connu qu’un succès tiède.
Et je trouve
ça bien dommage parce que ce film est une tuerie.
Tiens, je
vais te donner le synopsis du film, et on va voir si tu trouves pas que c’est
de l’or en barre.
C’est
l’histoire d’un mec qui a la phobie des moutons et qui revient sur la ferme
familiale pour des questions d’héritage après la mort de son père. Il rencontre
une hippie qui cherche à libérer des moutons qui font l’objet d’expériences génétiques
ultra-secrètes dans un labo génétique ultra-secret, ça se passe mal, quelqu’un
casse une fiole, et les moutons deviennent des zombies assoiffés de sang.
(Ah oui,
et quand ils mordent un humain, ça les transforme en mouton-garou.)
Voilà.
Du pur génie.
Bon,
clairement, c’est pas Citizen Kane. Les acteurs sont moyens et le scénario un
peu bancal, il y a quelques longueurs et des jump scare un peu trop téléphonés,
mais dans l’ensemble, « Black Sheep » est quand même un film très, très
cool.
(Et puis,
des moutons zombies, y’a qu’en Nouvelle-Zélande qu’on penserait à un truc
pareil, franchement.)
Les effets
spéciaux sont signés Weta Workshop et sentent bon le Peter Jackson de ses débuts.
D’ailleurs, on sent clairement dans tout le film l’influence des premiers série
Z de ce dernier (Bad Taste et Braindead sont d’ailleurs d’excellentes comédies
gores, incontournables pour les fans du genre, et que je te recommande
chaudement pour te taper des barres de rire lors d’une soirée entre amis).
(Tu
rajoutes Black Sheep et Undead dans le tas, et tu peux te faire une soirée à thème
« comédie gore australasienne ».)
(J’ai
toujours de bonnes idées pour recevoir.)
Avant que
Peter Jackson ne devienne le roi des geeks, Jane Campion, c’était LE nom du cinéma
néo-zélandais.
Quatorze
films au compteur, une série télé qui cartonne, et l’une des seules femmes au
monde à avoir gagné une Palme d’Or, autant te dire que Jane Campion, c’est pas
du menu fretin.
Je ne te
recommande pas un film en particulier, parce que je vois la filmographie de
Jane Campion comme un tout, et j’ai donc du mal à détacher un film du lot,
parce que toutes ses histoires sont liées dans une grande œuvre.
(Si
jamais vraiment tu veux une recommandation, c’est « Le Piano » qui a gagné
la Palme d’Or. Un très beau film – bien qu’un peu longuet par moments – où tu
pourras voir Harvey Keitel avec plein de cheveux, et la très agaçante Anna
Paquin avant qu’elle ne devienne la greluche de True Blood.)
Apres,
personnellement, je ne suis pas une super fan de Jane Campion. Je trouve ses
personnages trop froids pour ressentir beaucoup d’empathie pour eux, et, même si
j’admire sa condamnation du sexisme ordinaire, je trouve que ses personnages se
ressemblent au point de devenir un cliche (résumé des personnages dans les
films de Jane Campion : toutes les femmes sont fortes mais brisées, tous
les hommes sont des connards).
Mais je
ne peux pas parler du cinéma néo-zélandais sans parler de Jane Campion,
donc : regarde quand même ses films.
(Et puis
Girl Power.)
Allez, c'est l'heure des séries!
Ai-je encore besoin de te recommander cette série?
Bon, pour
la forme, je recommence :
Flight of
the Conchords c’est la série la plus géniale du monde entier. C’est drôle,
c’est fin, ça se mange sans fin, y’a plein de blagues sur les Kiwis (et plein
d’Aussies qui jouent les méchants), y’a de la musique super cool, y’a Kristen
Schaal de 30 Rock, Michel Gondry a réalisé un épisode, y’a l’accent magnifique
de Murray, la série a gagné plusieurs Emmy Awards, et puis
Bret McKenzie.
(Je suis
toute à toi.)
Bref :
regarde Flight of the Conchords, et ensuite on pourra en discuter en mangeant
des chips et la vie sera un champ de fleurs.
Alors là, on change totalement de registre, accroche-toi à tes pompes.
"Top of the Lake" est une mini-série de 7 épisodes (plus un téléfilm qu’une série,
finalement). Dans la petite ville fictive de Lake Top, sur l’Ile du Sud, une
fillette de 12 ans se découvre enceinte, puis disparaît. La détective Robin
Griffin, originaire de Lake Top mais vivant à Sydney, revient sur les lieux de
son enfance pour passer du temps auprès de sa mère malade, et décide de suivre
l’enquête.
Tu as sûrement entendu parler de "Top of the Lake" en raison de son casting
quatre étoiles : Jane Campion au scénario, et devant la caméra, toute une
brochette de bons acteurs : Elisabeth Moss (Peggy de Mad Men) dans le rôle
principal, mais aussi Peter Mullan (Yaxley dans Harry Potter), David Wenham
(Faramir-mon-amour dans le Seigneur des Anneaux) (ici dans un rôle beaucoup
moins ragoûtant) ou encore Holly Hunter.
La série est bien écrite, bien jouée, bien filmée, et en plus, elle bénéficie du décor incroyable qu’offre Paradise, un endroit bien
nommé qui a été utilisé à de multiples reprises par Peter Jackson pour tourner
des scènes du Seigneur des Anneaux et du Hobbit (la Lothlorien, les bois dans
les Deux Tours avec la scène de l’Oliphant, Isengard, les bois autour de la
maison de Beorn, et à peu près cinquante plans divers et variés où on voit la Communauté
marcher en file indienne).
Par contre, malgré ce décor magique, la série ne donne pas du tout envie de
s’installer en Nouvelle-Zélande, parce que (comme souvent chez Campion) les
habitants de Lake Top sont, au mieux, des gros beaufs racistes et sexistes, au
pire, des violeurs, des meurtriers et des pédophiles.
(Ambiance.)
La série présente quelques longueurs et peut être assez confuse à suivre,
mais dans l’ensemble, elle est vraiment bien. (Et, au pire du pire, il n’y a
qu’une seule saison, donc tu vas pas gâcher cinq ans de ta vie.)
« Combat.
Passion. Danger. Par son courage, Xena changera la face du monde. »
Si tu
aimes les forêts de fougères et les rochers en mousse (et les épées en mousse,
et les armures en mousse…), et plus généralement si tes parents te laissaient
regarder TF1 dans les années 90 (chanceux), tu connais forcement Hercule et
Xena.
Connue pour
être l’une des séries les plus cheap de l’histoire de l’univers (et, dans une ère
post-Game of Thrones, ça pique vraiment les yeux) et pour ses sous-entendus lesbiens (un truc
qui choquait encore les gens dans les années 90), Hercule et son spin-off Xena,
c’est surtout la nature néo-zélandaise dans toute sa splendeur (vu que la moitié
des scènes se passent dans la forêt), et le décor le plus potable de la série
(parce que les temples et tout, mon dieu, c’est pas possible).
Et Lucy
Lawless ! C’est une Kiwie, Lucy Lawless !
En fait,
la majorité des acteurs des deux séries sont des Néo-Zélandais, qui, en VO,
semblent faire un concours de qui fera la plus mauvaise imitation d’accent British.
Parce que
pour les Anglo-saxons, dans l’Antiquité gréco-romaine, tout le monde était Anglais
(logique). Et d’ailleurs, même dans les mondes de fantasy inspires du Moyen
Age, tout le monde doit avoir des accents anglais, parce que.
(Cf. les
faux accents British de Thor dans les films Marvel, des gladiateurs de
Spartacus, et d’un bon tiers du casting de Game of Thrones (par contre ça ne gêne
personne que Ned Stark et son accent du Yorkshire à couper au couteau ait cinq
enfants à l’accent British standard et UN enfant avec un putain d’accent Ecossais
de derrière les fagots).)
Bref, si tu tombes sur une redif de Xena et que tu vois une forêt en arrière-plan, tu peux m'imaginer marcher dedans, parce que c'est Waikatere Ranges et que j'y vais genre un week-end sur deux.
Bref, si tu tombes sur une redif de Xena et que tu vois une forêt en arrière-plan, tu peux m'imaginer marcher dedans, parce que c'est Waikatere Ranges et que j'y vais genre un week-end sur deux.
(Eh ouaaaaaiiis!)
Et on termine en musique!
Niveau musique, à part les chansons polynésiennes traditionnelles, il n'y a pas vraiment d'esprit typique néo-zélandais dans ce qu'on peut entendre à la radio. (C'est grosso modo la même soupe qu'ailleurs.)
Et c'est aussi plus nébuleux de nommer des artistes néo-zélandais, puisque la plupart s'intègrent dans des groupes américains ou australiens (les traîtres!). Mais voilà quand même une petite sélection.
(Je me suis fait violence pour ne pas mettre Flight of the Conchords dans cette section.)
Quand même, ne passons pas à côté des classiques.
L'hymne officiel s'intitule "God defend New Zeland". Il est chanté en anglais et te reo maori, et les paroles disent, en substance "Dieu t'es cool on t'aime bien, sois sympa et protège la Nouvelle-Zélande, le meilleur pays du monde, terre de liberté, vive l'amour".
(Ah ça, ça change des traîtres au sang impur qui viennent égorger tes enfants dans leur sommeil.)
Techniquement, l'autre hymne officiel, comme dans tous les pays du Commonwealth, est "God save the Queen" (pas la version des Sex Pistols), mais en fin de compte, on le chante beaucoup moins. Si t'as déjà vu un match des All Blacks, par exemple, c'est "God defend New Zealand" qu'ils chantent au début du match.
Niveau musique, à part les chansons polynésiennes traditionnelles, il n'y a pas vraiment d'esprit typique néo-zélandais dans ce qu'on peut entendre à la radio. (C'est grosso modo la même soupe qu'ailleurs.)
Et c'est aussi plus nébuleux de nommer des artistes néo-zélandais, puisque la plupart s'intègrent dans des groupes américains ou australiens (les traîtres!). Mais voilà quand même une petite sélection.
(Je me suis fait violence pour ne pas mettre Flight of the Conchords dans cette section.)
L'hymne officiel de la Nouvelle-Zélande
Quand même, ne passons pas à côté des classiques.
L'hymne officiel s'intitule "God defend New Zeland". Il est chanté en anglais et te reo maori, et les paroles disent, en substance "Dieu t'es cool on t'aime bien, sois sympa et protège la Nouvelle-Zélande, le meilleur pays du monde, terre de liberté, vive l'amour".
(Ah ça, ça change des traîtres au sang impur qui viennent égorger tes enfants dans leur sommeil.)
Techniquement, l'autre hymne officiel, comme dans tous les pays du Commonwealth, est "God save the Queen" (pas la version des Sex Pistols), mais en fin de compte, on le chante beaucoup moins. Si t'as déjà vu un match des All Blacks, par exemple, c'est "God defend New Zealand" qu'ils chantent au début du match.
Lorde
Bon, je t'apprends rien avec Lorde, tu l'entends probablement à la radio depuis le début de l'été (enfin l'hiver pour toi). Mais toujours est-il qu'ici, on l'appelle le renouveau de la chanson néo-zélandaise (rien que ça). Et, même si sa musique casse pas des briques en inventivité, niveau pop adolescente, c'est clair que ça se classe direct dans le haut du panier.
(Et ça fait du bien d'entendre une jeune chanteuse qui utilise des vraies paroles et sa vraie voix.)
(Oui, c'était un commentaire de vieille mamie, j'assume parfaitement.)
Crowded
House
(Oh comme ce clip sent bon les années 80.)
Bon, là je triche un peu, parce que le groupe est un mélange de Kiwis et d'Aussies, mais on va pas enculer les mouches.
Crowded House, tu l'auras compris en voyant ce clip, est un groupe de vieux de la vieille, qui a connu son heure de gloire dans les années 80-90, et qui était probablement le seul groupe du monde de cette époque qui était trop pauvre pour se payer un synthé.
(Et un décor décent, à en juger par ce clip.)
Si jamais ça t'intéresse, le groupe s'était dissous à la fin des années 90 (probablement la faute des Australiens) MAIS il s'est reformé en 2006 (joie sur la terre), et tu peux probablement aller les voir en concert entre Melbourne et Adelaide.
Gin Wigmore
(Cette chanson s'appelle "Black Sheep" mais n'a rien à voir avec le film sus-cité, sinon de nous prouver que les Néo-Zélandais aiment vraiment beaucoup les moutons.)
(Ça va pas aider les blagues des Australiens, ça.)
J'ai un souci avec Gin Wigmore, c'est que je trouve ses chansons super cool, mais j'aime pas sa voix. Si t'es comme moi, je te conseille de te faire violence et d'aller écouter 3-4 de ses chansons, parce qu'une fois qu'on s'habitue, on découvre qu'elle est vraiment talentueuse et que ses chansons déménagent et donnent bien envie de se trémousser du popotin.
(En plus Gin Wigmore n'a pas prévu une overdose prochainement, donc c'est cool, la relève d'Amy Winehouse est assurée.)
The Black
Seeds
(Pour la petite histoire, Bret McKenzie était membre de ce groupe avant de fonder Flight of the Conchords, maintenant ils font de la musique sans lui mais c'est bien aussi (juste moins joli).)
Si tu es
fan de la série Breaking Bad (si tu ne l’es pas je te pardonne mais c’est bien
parce que je t’aime), tu peux trouver la chanson des Black Seeds ci-dessus dans la
Saison 2, Episode 9.
Et juste pour le plaisir des oreilles, je termine avec Pokarekare ana, la chanson traditionnelle Maorie que l'on chante aux mariages :
Pokarekare ana est considéré comme le second hymne officiel de la Nouvelle-Zélande. C'est une chanson d'amour écrite (selon l'histoire officielle) par un soldat Maori à sa bien-aimée durant la Première Guerre Mondiale.
Il en existe plein de versions, parce que c'est une chanson très populaire (genre tout le monde apprend à la chanter à l'école), mais ma préférée de tous les temps, ça reste la version spontanée chantée par le Parlement néo-zélandais au moment du vote de la loi pour le mariage gay:
Je te laisse donc sur cette note d'amour et de joie, et j'espère bien que t'as de quoi occuper tes samedis pluvieux avec toute les idées que je t'ai filées.
A plus dans le bus!
Et juste pour le plaisir des oreilles, je termine avec Pokarekare ana, la chanson traditionnelle Maorie que l'on chante aux mariages :
Il en existe plein de versions, parce que c'est une chanson très populaire (genre tout le monde apprend à la chanter à l'école), mais ma préférée de tous les temps, ça reste la version spontanée chantée par le Parlement néo-zélandais au moment du vote de la loi pour le mariage gay:
Je te laisse donc sur cette note d'amour et de joie, et j'espère bien que t'as de quoi occuper tes samedis pluvieux avec toute les idées que je t'ai filées.
A plus dans le bus!
En voilà un article complet! Merci.
RépondreSupprimerJe vais prendre la défense de Katherine Mansfield : c'est effectivement assez (hum) chiant à lire, la question qui s'impose à toi quand t'as fermé le bouquin c'est "Oui, alors certes, mais il s'est passé quoi, en fait ?" MAIS du point de vue littéraire, c'est un travail d'orfèvre. Son style est juste PAR-FAIT, ses descriptions sont magistrales et tellement réelles, elle passe par les 5 sens, c'est superbe. La scène du réveil de la mère de Kezia, dans The Doll's House, c'est un modèle du genre. Horrible à étudier, au début, mais superbe. Ses personnages sont fantastiques. Pareil pour Miss Brill, c'est trop beau. Bref, elle m'a fait souffrir la mort, mais je l'aime. (Et en plus, effectivement, elle était totalement badass).
RépondreSupprimerPar contre elle est rigolote parce qu'elle fait des citations en français genre "je suis tellement bilingue, tavu" sans les traduire pour ses lecteurs parce que nous sommes entre gens biens, n'est-ce-pas... Sauf qu'elle fait des fautes dedans. Epic fail.
En tout cas merci pour cet aperçu de culture néo-zélandaise qui va remplir ma vie et mes week ends au moins jusqu'à Games of Thrones !
Merci pour cette analyse beaucoup plus cool que la mienne :) (Je rappelle que j'ai écrit "c'est bien écrit, mais c'est chiant") (ne me juge pas, mes jours d'étudiante en littérature anglaise sont désormais loin derrière moi). Je suis assez d'accord avec toi sur la question du style, y'a pas à chipoter, c'est grandiose. Après perso j'ai toujours préféré l'histoire racontée au style d'écriture (c'est pour ça que je lis encore Stephen King, même si des fois ça pique les yeux), du coup j'ai pas accroché avec Katherine Mansfield. Mais j'ai un peu honte de pas l'aimer. Et LOL pour le français mal écrit (j'ai cherché la même chose chez Tolstoï, pas UNE faute - ce mec était classe).
SupprimerOui, c'est clair que ça dépend pourquoi on le lit, si on cherche une histoire ça peut vite être chiant ! Je fonctionne pareil que toi en général, si mes gros tarés de profs de prépa m'avaient pas dit "Tiens, fais moi un essai de 15 pages sur The Doll's House, au cas où tu saurais pas quoi faire de tes nuits", j'aurais jamais accroché. Mais là, c'est le syndrome de Stockholm dans toute sa splendeur, je défends la meuf qui m'a valu des crises de nerfs et des cernes jusqu'aux genoux. ^^ (Et perso j'ai plutôt honte de l'aimer, j'ai peur de m'emballer en la défendant et de me mettre à dire des mots genre "synesthésie", j'aurais plus jamais de vie sociale xD). J'ai pas lu grand chose de Tolstoï encore, mais c'est clairement la classe, surtout vu la masse qu'il a écrit !!
SupprimerAh mouais, c'est un inventaire quasiment complet, bravo. Bon, tu as juste oublié "La guerre des moutons" de Louis Pergaud. Et "Bêle et Sébastien" avec Mééédi El Glaoui dans le rôle titre.
RépondreSupprimerMais nulle n'est parfaite, hein !
A Gerardmer, les gens dans les files d'attente parlent toujours de Black Sheep ^^
RépondreSupprimerCe film a marqué les festivaliers pour longtemps même si on n'entend pas de "Beeeeeee" au début des projections
Ah ben ça me fait bien plaisir! :)
Supprimer:D
SupprimerIl y a toujours le "HAAAAOUUUUUUHHHH" lors du tout début de la séance par contre ! :D
J'espère que ça, ça ne changera jamais.
Bon les gens parlent aussi de "The Human Centipede" dans les files d'attentes. C'est moins sympa quand tu manges ton sandwich à côté d'eux ^_^