samedi 5 avril 2014

Le zoo d'Auckland, c'est super cool. Y'a des canards et même des poules.



(Est-ce que les mini pingouins bleus de l'Ile du Sud sont plus mignon que les pingouins de Madagascar? OUI.)

Dimanche avec Professeur Flaxou, on savait pas quoi faire et il faisait beau, alors on est allés faire un brunch et ensuite on est allés au zoo.

(Ceci n'est pas une chanson de Lou Reed.)

A la base, on est allés au zoo parce qu'il y a des bébés panda roux qui viennent de naître en janvier et que j'ai poussé des cris supersoniques à la vue de cette vidéo:


(Oui je suis abonnée à la chaîne Youtube du zoo d'Auckland, franchement tu devrais aussi, y'a des bébés animaux PARTOUT.)

Donc on s'est dit qu'on irait voir les bébés panda roux, finalement (et malgré des détours vers leur enclos toutes les 45 minutes) on n'a vu que les parents:






Mais le panda roux a cela de cool que c'est un animal qui ne cesse jamais d'être mignon.

Un peu comme les suricates:




(Oh mais qu'est-ce qu'il est trognon avec son petit museau tout barbouillé de sang!)

Ou encore les loutres:



(Alias les carnivores sanguinaires psychopathes les plus choupi du monde.)

Ce qui est cool avec les visites au zoo le dimanche, c'est qu'on peut voir plein de bébés animaux, mais aussi plein de bébés humains. Et, disons-le tout de suite, l'exposition à des spécimens tous plus adorables les uns que les autres (barrettes dans les cheveux, robes avec des cerises, grosses lunettes en plastique, la compétition était féroce c'est moi qui te le dis) n'a pas eu l'effet auquel on pourrait s'attendre sur mon utérus.

Par contre, il a eu un effet très étrange sur Professeur Flaxou, qui a passé toute la journée à regarder des familles avec une tête comme ça:


Quelque chose me dit que l'un d'entre nous a une horloge biologique qui le démange.

(Moi ça va, je passe régulièrement du temps avec ma nièce sur Skype, je suis CAL-MEE.)

Au zoo, on a évidemment vu des animaux exotiques, comme cette girafe qui galère pour boire dans une flaque:


Ou bien cette moitié de tigre:


Ou encore ce singe posé relax:


Coucou les reptilophobes:


Et un lémurien qui semble méditer sur le sens de la vie:


Et puis soudain, une poule:




(Ah ben dis donc je suis bien contente qu'on ait pris la voiture pour venir voir ça.)

Bon, tout ça c'est bien joli, mais nous, on est surtout venus pour voir toutes les merveilles de la faune locale.

Après un petit détour dans l'enclos des animaux Aussies (oui, j'ai bien dit DANS l'enclos):


(Oh mais salut toi!)

On s'amuse bien, quand les pigeons nous montrent pas leur cul:


(Grossier personnage.)




 Mais par contre, les gros oiseaux, on les touche pas:


(Il avait l'oeil fourbe.)

Mais après tout ça, on est vite allés faire un tour chez la faune Kiwie.

Car les animaux en Zélandie sont très souvent endémiques, et (ça va ensemble) presque toujours menacés d'extinction.

On peut dire merci aux premiers colons Européens qui ont débarqué dans un pays où il n'y avait pas de mammifères (à part les chiens des Maoris, qui avaient été ramenés de Polynésie) et qui se sont dit:

- Oh ben dis donc Jean-Michel y'en a des oiseaux par ici! Ça piaille, ça piaille, on se demande bien pourquoi j'ai laissé ma femme en Angleterre dis donc!
(rire gras)
- Bon amène-moi des martres et des visons, ça va nous calmer tout ce p'tit monde vite fait.

(En vrai, les visons ont été importés pour lutter contre la prolifération des rats (également importés). Donc, pour corriger leur connerie initiale, les colons ont surenchéri avec un truc encore plus con: importer un mammifère carnivore dans un pays où on trouve des milliers d'espèces d'oiseaux qui ont vécu sans prédateurs pendant des millénaires, en se disant que les visons, ils vont être sympa, ils vont aller s'attaquer aux griffes et aux dents des rats plutôt que d'aller piller des nids bien peinards.)

Autant dire que, pour croiser un kiwi au détour d'un buisson dans le bush, faut te lever tôt.

(En fait les kiwis sont nocturnes, donc techniquement faut te coucher tard, mais enfin tu vois ce que je veux dire.)

Le zoo d'Auckland, en plus de te montrer les différents spécimens natifs de Nouvelle-Zélande qui seront bientôt tous morts par ta faute, se retrousse aussi les manches pour garder ces espèces en vie, entretient un très ambitieux programme de reproduction, et emploie de nombreux scientifiques qui étudient les possibilités de réintroduction de certains animaux du zoo dans la nature néo-zélandaise.

(Mais sur le long terme, hein. On se fait pas chier à élever des bébés kiwis pour qu'ils aillent se faire bouffer par un vison à peine débarqués dans le bush.)

D'ailleurs, petit aparté: si tu viens en Nouvelle-Zélande, il ne faudra pas t'étonner si la population entière déteste les rats, opossums, furets, belettes, lapins et visons, puisque ces derniers sont à eux seuls responsables de la disparition d'une très grande partie de la faune locale néo-zélandaise, et sont également la raison qui empêche la réintroduction de ces espèces dans la nature.

Donc, lors de tes balades dans le bush, il faudra t'habituer à voir des pièges à rongeurs un peu partout et des avertissements qu'il ne faut pas manger le poison dans les pièges (bonne idée), à contempler des opossums morts un peu partout sur les routes, et à voir les amateurs de chasse participer à des véritables massacres de lapins. Pas de compassion pour les nuisibles dans ce pays, aussi mignons soient-ils.

Pour en savoir plus, ça se passe par ici, au département de la conservation.

On a donc pu observer des animaux fascinants et exotiques, comme le whio, qui est un...canard.


Voilà. Juste un bête canard.

Il est spécial parce qu'il existe juste en Nouvelle-Zélande et qu'il est presque mort et aussi parce que soi-disant il est bleu, alors que non, trop pas (ou alors c'est moi qui suis daltonienne mais pardon ce canard est gris bordel.)


(Je me sens trop arnaquée par mes billets de 10 dollars.)

On a aussi vu des trucs super excitants, comme le pukeko, un oiseau tellement rare qu'on en voit partout sur les bords des routes:


(C'TE BLAGUE.)

On a aussi vu les lézards qui squattent le porche chez moi:


(C'TE BLAGUE numéro deux.)

Mais aussi un lézard à deux queues:


(Bon j'avoue ça c'est cool.)

Et puis cet adorable perroquet sociopathe carnivore qu'est le kea:


(Aura des ténèbres +5)

Un oiseau qui fait des tours de magie avec son plumage, parce que de dehors il est tout moche et vert caca, mais il déploie ses ailes et là (attention prépare-toi, ça va aller très vite):

ET...


HOP!


(Magie)

On a aussi vu tout plein de kakas (ha ce nom, mais je te jure je m'en remets pas).


(Parfaitement synchronisés.)

(Mon éducation Disney me pousse à penser qu'ils vont se mettre à chanter d'un moment à l'autre.)

On a aussi vu des anguilles bien flippantes:



Un iguane charmant:


(T'as de beaux yeux, tu sais.)

Et un héron.


(Comment ça valait trop le coup de déménager à l'autre bout du monde pour voir des trucs aussi exotiques qu'un HÉRON.)

Bon, à ce stade, comme je commençais à me sentir un peu karna d'avoir aligné vingt-cinq dollars pour qu'on me montre des lézards et des échassiers, j'ai fait un tour dans l'enclos nocturne, et là, infarctus:


Oh bah dis donc il a l'air bien gros le weta géant, je me demande où il peut bien se cacher dans sa boîte toute noire, peut-être pas loin du plafo...oh.


(MOURIR.)

(Tu m'étonnes que ce truc soit en voie d'extinction. Le jour où j'en vois un dans ma maison, je peux te garantir que je vais pas le foutre sous un saladier et le larguer dans le jardin.)

Et puis, juste quand j'étais sur le point de sortir en courant, LE MIRACLE:


Après une séance de l'an dernier super frustrante où Professeur Flaxou et moi étions restés plantés comme des haricots pendant une-demi heure, pour finalement tout juste entr'apercevoir l'ombre d'un cul poilu dans les fourrées, là, on n'avait même pas encore eu le temps de faire de la buée sur les vitres que monsieur le kiwi est venu se pavaner juste devant nos gueules!


(Par contre un kiwi ça bouge très très vite et je te rappelle qu'il faisait noir, donc tu excuseras mes photos floues.)

C'était quand même un très grand moment.


(Tu noteras les sons mélodieux de l'appareil photo de la Japonaise à côté de moi, qui donne mais alors tout ce qu'elle a.)

Un petit fun fact avant la fin de cet article: les kiwis sont les animaux qui ont le plus gros ratio taille de l'oeuf/taille de la mère au monde, voir photo ci-dessous pour l'échelle (sachant qu'un kiwi adulte fait grosso modo la taille d'une poule):


Donc la prochaine fois que tu te plaindras de ton accouchement sans péridurale, j'espère que tu auras une petite pensée émue pour maman kiwi.

PS: Les fontaines du zoo sont toujours censée être des pousses de fougères, et elles me font toujours très violemment penser à autre chose qu'à des fougères:


Mais après, c'est peut-être juste moi.

vendredi 28 mars 2014

Petite leçon de zénitude


Et donc je suis en train de faire ma demande de résidence.

(La résidence, c'est comme un visa qui durerait éternellement. C'te bonheur à l'idée d'une vie sans paperasse, tu peux pas imaginer.)

Et comme c'est plus sérieux qu'une demande de visa simple, je dois rassembler plein de papiers.

(Là tout de suite c'est un peu moins le rêve.)

Et donc, ça fait un mois que j'ai tous les papiers nécessaires, mais que je peux pas envoyer ma demande, parce qu'il m'en manque un. Juste un.

Mon diplôme de Master.

Ce diplôme, c'est toute une histoire. 

D'abord, je l'avais pas avec moi quand j'ai quitté la France, parce que ça faisait seulement trois mois que j'étais diplômée, alors tu t'imagines bien qu'il était pas prêt, ça prend du temps d'imprimer une feuille A4 et de mettre un tampon dessus, mon petit ami.

Et quand je suis rentrée en France pour mes vacances, pas de bol, c'était les vacances de la fac aussi, donc j'ai pas pu aller le chercher.

Résultat, une fois rentrée, je demande à la fac s'il est possible de m'envoyer le diplôme en Nouvelle-Zélande.

- Alors oui c'est possible, mais on ne peut pas l'envoyer à votre domicile, seulement à l'ambassade.


Ha c'est cool! J'habite dans une grande ville, à tous les coups l'ambassade elle est au centre-ville, je pourrais peut-être même y aller à pied en sortant du boulot!

Sauf que non.

Parce que l'ambassade de France, elle se trouve en toute logique dans la capitale du pays, qui est en toute pas logique Wellington, et non Auckland.

Et quand j'ai appelé l'ambassade à Wellington pour savoir comment ça se passait pour faire suivre mon courrier, on m'a dit:

- Ah bah non Madame, les diplômes c'est des papiers importants, on peut pas les envoyer à tire-l'arigot! Faut venir le chercher en mains propres.


Donc, comme la perspective d'un voyage de 1500 kilomètres juste pour chercher mon diplôme m'emmerdait quelque peu, j'ai décidé que ce serait plus simple de faire envoyer le diplôme en France, à l'adresse de ma mère, et qu'ensuite elle pourrait m'envoyer le courrier elle-même.

Eh ben dis donc qu'est-ce que je me plantais.


Parce que ma mère, elle est bien gentille, mais je crois qu'avec l'âge, elle devient un poil sénile.

J'en tiens pour preuve ce qui s'est passé à la suite de mes instructions:

- Quand tu reçois le diplôme, scanne-le et envoie moi une copie par e-mail, comme ça je peux déjà l'envoyer au traducteur en attendant. Et n'utilise pas la Poste, ils ne tracent pas les colis en dehors des frontières. Prends plutôt un service spécialisé comme UPS.
- D'accord!

Une semaine plus tard:

- Ca y est Chacha, j'ai reçu ton diplôme! Je l'ai envoyé tout de suite, il devrait arriver bientôt.
- Super! Tu as la copie scannée?
- Ah ben non, je l'ai pas scanné.



- Parce que tu comprends moi je sais pas faire les scans, mais Marc était pas à la maison, il rentrait que le soir, et moi demain j'ai des cours toute la journée, donc j'aurais pas eu le temps de poster ton courrier avant jeudi, et tu m'avais dit que c'était très urgent, donc j'ai pensé que ça ferait gagner du temps de te l'envoyer tout de suite.

(La logique même.)

- OK, tant pis. T'as le numéro de traçage du colis?
- Ah ben non, la Poste elle m'en a pas donné.
- La Poste? Mais je t'avais demandé de l'envoyer par UPS!
- Ah mais je savais pas comment faire avec UPS, alors je suis allée à la Poste pour leur demander ce qui était le mieux, et ils m'ont promis qu'avec eux ça arriverait vite.



- Ôte-moi d'un doute : c'est le même bureau de poste que la fois où tu voulais m'envoyer des lammalas pour Pâques et qu'ils t'ont dit que ça mettrait cinq jours, et où le colis est arrivé trois semaines après et tout était moisi?

- Oui, alors je sais ce que tu penses, mais je suis pas bête hein, je leur ai dit! Mais ils m'ont expliqué que c'était probablement la faute des douanes, et là comme je t'envoie juste un papier, ça devrait très bien se passer!

Bon. Bon bon bon.




(Je sais même pas pourquoi je me fatigue à donner des directives.)


Donc je prends mon mal en patience et j'attends que mon colis arrive. Une semaine. Puis deux. Puis trois.

- Dis voir, maman, mon colis n'est toujours pas arrivé. Tu peux vérifier avec la Poste s'ils savent où ça en est?
- Oui, alors je leur ai demandé, mais ils m'ont dit qu'ils ne peuvent pas tracer les colis au-delà des frontières de la France.

(Oh tiens, quelle surprise.)

- Rassure-moi, tu l'as envoyé à la bonne adresse, quand même?

- Pfff, non mais franchement des fois je me demande si tu me prends pas pour une idiote.




(Sans commentaires.)


- T'as bien mis le code postal et tout?
- Mais oui, j'ai tout bien mis! 456 Barrack Road, Auckland, et le code postal!
- ......
- Ca va pas?
- C'est 45G, maman. J'habite au 45G, Barrack Road.
- Ah bon?

Après discussion, il s'avère que ma maman, la vieille dame sénile, avait noté l'adresse sur un post-it, mais ensuite elle était allée à la Poste sans ses lunettes, et donc avait lu "6" au lieu de "G".

Voilà voilà voilà.





(On reste calme et on prend une grande inspiration.)


J'ai donc appelé la poste néo-zélandaise pour voir s'ils avaient entendu parler d'un colis avec cette adresse, et on me répond:

- Ah ben vous avez pas de chance, on l'a retourné à l'envoyeur il y a deux jours à peine.

En attendant que mon diplôme revienne, ma maman, prise de remords, a décidé de prendre la situation en main et de demander un duplicata auprès de la fac, en leur expliquant la situation.

En me levant un matin, je vois donc que le mail suivant m'était parvenu durant la nuit :

"Coucou Chacha, j'ai parlé au bureau des diplômes, ils m'ont dit que tu as droit à un seul duplicata certifié dans ta vie. Je leur ai demandé ce qui se passerait si ça se perdait une 2ème fois, ils m'ont dit de payer 15€ et eux l'enverront directement à l'ambassade de France là bas, je pense que c'est le moyen le plus sûr, ça sera de leur responsabilité, il m'a dit que ça mettrait entre 2 et 3 semaines en tout, ça peut aller? gros bisous."



Là, j'ai éteint mon écran pendant quelques secondes, et j'ai fait des exercices de relaxation bouddhiste.

Puis j'ai repris mon clavier et j'ai expliqué avec beaucoup de tact à ma maman que :

1. Le premier colis ne s'était pas "perdu", si elle avait mis ses lunettes je l'aurais déjà reçu et on ne serait pas en train d'avoir cette discussion.
2. Entre deux et trois semaines ça ne peut pas aller, puisque j'ai besoin du SCAN bougre de dieu.
3. NON NON NON NON NON mais t'es bouchée ou quoi je t'avais expliqué pourquoi j'avais pas choisi l'ambassade il y a plus d'un mois sombre idiote tu veux ma mort c'est ça???!



(Zen, zen, zen. Go to your mind palace.)

Ensuite j'ai gardé ce brouillon d'e-mail plusieurs heures et je l'ai corrigé en enlevant toutes les méchancetés, parce que c'est tout de même ma maman et qu'il ne faut jamais dire des vilaines choses à la dame qui s'est fait déchirer la teuch pendant des heures pour nous mettre au monde.

(Et puis, si on regarde ma vie dans son ensemble, ma maman a été une très bonne maman. Oui c'est vrai elle est bien nulle quand il s'agit de démarches administratives, mais elle ne m'a jamais battue, et elle me donnait toujours un Kinder Country pour manger à la récré. Donc ça compense.)

Et donc ma mère a renvoyé une demande à la fac, et elle me renverra la copie du diplôme qui lui arrivera en premier.

Donc là, je suis au stade où je suis en train d'attendre de voir qui de la fac ou de la poste sera le plus rapide.

(C'est un peu comme une course d'escargots.)


Souhaite-moi bonne chance.

lundi 24 mars 2014

Le meilleur cadeau de l'univers (au moins)


Professeur Flaxou et moi, on est pas souvent très doués quand il s'agit de se faire des cadeaux.

Déjà, pour commencer, on n'a pas du tout les mêmes goûts: moi j'aime les cadeaux fun, les babioles, les trucs rigolos qui encombrent un bureau, les petites choses mignonnes, et Flaxou aime.... rien.

En effet, Professeur Flaxou est l'homme le moins matérialiste du monde. Un PC, une bière, et roule ma poule.

Chaque Noël et chaque anniversaire, je me pose donc la question terrible : qu'offrir à l'homme qui n'a envie de rien?

Et cette année, pour la première fois depuis qu'on est ensemble, et après une longue liste de cadeaux pourris bien vite relégués au fond du placard, j'ai enfin trouvé des cadeaux qui lui ont fait plaisir.

(2014 c'est mon année, je le sens.)

Pour son anniversaire, je lui ai offert un fût de 30 litres, du malt et du houblon, et du coup il est tout heureux parce qu'il peut faire sa propre bière (et surtout la boire). (Quoique, j'ai l'impression que la fabrication lui fait presque autant plaisir que la consommation.) (Après tout ça reste un microbiologiste.)

Et pour Noël, je lui ai offert des points.

Explication : Professeur Flaxou et moi avons des notions d'hygiène assez différentes. Concrètement, ça veut dire que si je devais attendre qu'il fasse le ménage spontanément, je pense que j'attendrais encore.

Du coup, depuis qu'on vit ensemble, c'est toujours la même chose: je dois constamment lui dire quoi nettoyer et quand. Le souci, c'est pas que j'aie besoin de lui dire (je m'y suis faite), c'est qu'il ne le fait JAMAIS quand je lui dis.

Donc, comme c'est fatiguant de devoir constamment le rappeler, lui laisser des mots, et le houspiller, j'ai inventé le système des points (et probablement sauvé mon couple d'un divorce dans 15 ans).

Le système des points, c'est la résolution magique de tous nos problèmes.

Concrètement, chaque tâche ménagère accomplie par Professeur Flaxou (nettoyer la salle de bains, passer l'aspirateur, faire la vaisselle) et chaque truc qu'il fait parce que ça me fait chier de le faire (aller chercher le takeaway, faire la cuisine, aller me chercher du chocolat dans le placard parce que j'ai pas envie de me lever, etc.) lui rapporte un certain nombre de points. Et, pour chaque jour qui se passe où une tâche demandée n'est pas accomplie, il perd des points.

Les points cumulés lui donnent ensuite accès à un éventail de faveurs (à teneur plus ou moins sexuelle, on va pas se leurrer c'est tout ce qui l'intéresse) classées selon le temps et le degré d'effort que ça me demande.

Donc oui, on peut clairement dire que je me prostitue pour des chips ou de la bouffe thaï, mais honnêtement je m'en fous, au moins maintenant ma salle de bains est tout le temps propre. 

Donc, pour Noël, ne sachant pas quoi ramener à Flaxou dans ma valise, je lui ai juste offert des points d'avance, et il m'a dit que c'était le plus beau cadeau que je lui avais jamais fait.

(On se demande bien pourquoi je me fais chier à lui acheter des trucs.)

Et donc j'étais très fière de mon idée et d'avoir enfin trouvé un cadeau cool (après 7 ans de vie commune, j'avais mis le temps). Et j'étais aussi très contente d'avoir enfin la place du gagnant dans la compétition du cadeau le plus chouette. Parce qu'à part quelques écarts de trajet, Professeur Flaxou me fait toujours des supers cadeaux, et les miens à côté ont toujours l'air nul. 

A Noël, je me réjouissais donc sadiquement au moment de l'échange de cadeaux, quand il me dit d'un air penaud:

- Bon, par contre je suis désolé, mais j'ai pas de cadeau pour toi.




(Sacrilège.)

Et, avant que je puisse commencer à le traiter de tous les noms, il a ajouté:

- Je peux pas t'en dire trop pour pas gâcher la surprise, mais disons juste qu'il est fait sur commande, et donc ça risque de prendre du temps à arriver.



Alors forcément, je l'ai cuisiné pendant plusieurs jours à base de "C'est quoi mon cadeau, hein dis, c'estquoic'estquoic'estquoiiiiiiiiii", mais, tel un brave, Professeur Flaxou n'a rien avoué.

Finalement, les semaines ont passé, et c'était l'été en Nouvelle-Zélande, et j'ai oublié qu'il y avait eu un Noël et que j'avais pas eu de cadeau.

Jusqu'à ce jour glorieux.

Ce jour où le livreur est passé avec un carton grand comme moi, sur lequel il y avait écrit mon nom, en provenance d'une entreprise appelée "Valyrian Steel".

Autant te dire que je savais déjà ce que c'était avant d'ouvrir la boîte, mais ça n'a pas gâché une miette de ma joie pour autant.




UNE ÉPÉE!

Après des années d'envie, des années de rêves, des années de bagarres avec des épées en bois, des années de "Allez je l'achète! Han mais je peux pas c'est cher et je suis étudiante et j'aime bien manger de la viande", ça y est. J'ai. Enfin. Une. ÉPÉE.

J'ai jamais rien autant désiré de toute ma vie, et Professeur Flaxou, il fait quoi? Il m'en achète une!

(Meilleur mari de l'univers, tu peux pas test.)

Du coup, moi qui pensais avoir mis la barre très haut pour les cadeaux de cette année, ben v'là comment je me suis fait coiffer au poteau.

Surtout que c'est pas n'importe quelle épée, ah non Monsieur! C'est Longclaw, l'épée de Jon Snow! Réplique officielle, livrée avec certificat d’authenticité et tout le toutim!



(Quelle beauté, mes aïeux.)

C'est une épée dit "bâtarde" (magnifique idée quand on sait à qui elle appartient) parce qu'elle est à mi-chemin entre une épée à lame courte (qui se manie à une main) et une épée à deux mains. On peut donc techniquement la manier à une ou deux mains, même si moi, du fait de ma taille de Hobbit, je suis bien obligée de prendre les deux mains.

(J'arrive déjà pas à boire une tasse de thé avec une main, alors une lame d'acier de cinq kilos, t'imagines bien.)



(Elle est presque aussi grande que moi!)

Et, soi dit en passant: oui, je sais, j'ai le T-Shirt le plus cool de l'univers en plus d'avoir l'épée la plus cool de l'univers, c'est pas de bol Marcel je cumule mais la vie est injuste faudra t'y faire.

(Et je vis en Nouvelle-Zélande. Je ne crois pas l'avoir déjà mentionné dans cet article, alors juste une piqûre de rappel.)

Sur ce, je te laisse, je vais faire des trous dans mes murs pour accrocher cette merveille au-dessus de mon bureau.

(Je voulais la mettre au milieu du mur mais Professeur Flaxou a dit "si tu accroches une épée à moins d'un mètre de mon ordinateur, je divorce", donc compromis, compromis.)


(Par contre, je sais pas trop comment les douanes françaises vont accueillir cette splendeur lors de mon retour en France dans quelques années, mais quelque chose me dit que ce ne sera pas avec la joie et le respect qui lui seront dus.)

Si toi aussi tu aimes d'amour les épées et Game of Thones, tu peux te procurer ces merveilles par ici.

A bientôt pour un article qui n'aura pas l'air d'un publi reportage (promis).