mercredi 3 février 2021

Neige, hôpital et somnambulisme


Et sinon, les grumeaux vont bien.

(Comment, Tindomerel? Tu n'as rien écrit depuis novembre et la seule info que tu aies à nous donner, c'est de nous reparler de tes putains de mômes?)

(BEN OUI.)

(Si t'es pas content, va voir NULLE PART en fait, tout le monde est confiné ou sous couvre-feu, fais pas genre il t'arrive des trucs à toi.)

Je disais donc avant de m'interrompre moi-même, les grumeaux vont bien.

Ils ont un an et demi, douze dents chacun (soit onze de plus que leur père au même âge), ils commencent à parler (oui je sais, je dis ça depuis huit mois, mais c'est pas ma faute s'ils prennent leur temps), et ils franchissent peu à peu les étapes qui marquent le passage du bébé au bambin : premiers jeux dans la neige, premiers dessins, première visite aux urgences pédiatriques, OUI BEN OUI CA M'A SURPRISE AUSSI.


Et, contrairement à ce que je m'imaginais, c'était même pas de ma faute!

(Oui, parce qu'entre ma maladresse et la tête de linotte de Professeur-Flaxou-je-laisse-toutes-les-portes-ouvertes-tout-le-temps-toute-la-sainte-journée, j'étais à peu près certaine que notre première visite aux urgences serait parce que j'aurais lâché un bébé sur la tête, que je l'aurais cogné sur une poutre, ou que Flaxou en aurait laissé tomber un dans les escaliers.)

(On est vraiment plutôt des gens faits pour vivre sur du plain-pied.)

Et là, surprise! C'est à la crèche qu'ils se cassent la gueule! Même pas de ma faute!

Et, double surprise, c'était même pas de LEUR faute! 

- Oui bonjour, désolée de vous déranger, c'est à propos de Samuel.
- Il a encore fait une poussée de fièvre? Mais je viens de le déposer, il était pas chaud!
- Non, c'est pas ça, mais il faudrait venir le chercher dès que vous pouvez... Il y a eu un accident.
- Un accident?
- Et on pense qu'il a peut-être le nez cassé.


(Moi en train de me demander s'il est trop tard pour dire "Vous êtes sur le répondeur de Charlotte, laissez un message après le bip" et faire un bip avec la bouche.)

AH OKAY.

J'arrive à la crèche récupérer un Sammy tout patraque qui se terre dans mes bras comme un chaton apeuré, et écouter le topo:

- Alors en fait, Samuel était debout en haut de l'escalier du toboggan, il était tourné vers l'extérieur, et là, une de ses camarades l'a poussé.... et il est tombé du haut des marches, en plein sur le visage.
- Ah. Donc tout à l'heure, quand vous m'avez dit "il y a eu un accident", vous vouliez dire "un crime", en fait.


(La crèche à l'heure de la récré, une illustration.)

Un ACCIDENT? 

Pousser mon fils du haut d'une falaise, c'est un ACCIDENT?

ET LA MORT DE MUFASA AUSSI ALORS, C’ÉTAIT UN ACCIDENT, MICHELINE?!

Bref, finalement je me suis inquiétée pour rien, la docteure des urgences m'a pratiquement ri au nez quand je lui ai montré le bobo:

- Non mais vous avez quand même bien fait de venir, si vous n'avez pas vous-même assisté à la chute, c'est toujours bien de consulter.
- Oui, parce qu'il était tombé d'assez haut, quand même: plus d'un mètre, à plat sur le nez...
- Oh, c'est rien! A cet âge-là, ils sont solides!

(Les mômes ils ont un an et demi, ils survivent à des explosions nucléaires, quoi.)

(Pendant ce temps, j'ai trente-deux ans, et je me fais mal au canal carpien en coupant des carottes en dés.)

A part ça, les grumeaux ont découvert la neige pour la première fois de leur vie, et puis alors c'était cash 60 centimètres, hein, on commence fort.

Et, moi qui me réjouissais depuis si longtemps de pouvoir faire de la luge et des bonshommes de neige avec mes petits loups, force m'est de constater que j'ai engendré une belle bande de petits pleutres.

Parce qu'autant ils ont passé une-demi heure glués aux fenêtres à regarder la neige tomber en criant "Beau! Beaauuuuuuu!", autant quand ils se sont retrouvés dedans, c'était pas le même son de cloche:

- Regarde, Auguste! Tu peux attraper les flocons sur la langue!
- Hihi!
- Tu fais comme maman?
- Hi hi hAAAAAA! WAAAAAAAA!
- Ben quoi?
- FRRROIIIIID!


(Mille mercis, Capitaine Flagrant)

Et c'était pas beaucoup mieux avec Samuel, qui a carrément refusé de sortir de sous le porche:

- Allez, viens jouer avec nous, mon coeur!
- MAMAAAAN! POOOOORTE!
- Mais non, mon grand, tu peux marcher dans la neige! Je t'ai mis des bottes spéciales, regarde, tu peux marcher dedans et c'est rigolo!
- VEUX PAAAAS! A PEEEEUUUUR!


(Autant dire que c'est pas demain la veille que je vais emmener ces petites flipettes au Lac Blanc.)

(Ce qui est évidemment la honte totale pour ma famille de montagnards, vu que j'avais moi-même deux ans et demi la première fois qu'on m'a posé sur des skis de fond.)


(Bon, on est d'accord, j'allais pas vite.)

Niveau langage, ça avance tout doucement, on n'en est pas encore aux phrases, mais plutôt à des petites séries de mots-clés, tels que : "Maman, porte", "Papa fait dodo?" (on voit qui c'est qui se lève les week-ends, hein) ou encore "Mamie, donne gâteau!" (oui, ces deux éléments sont maintenant indissociables, pour le plus grand bonheur de ma grand-mère).

Ce qui me fait beaucoup rigoler, c'est qu'Auguste a hérité d'un trait typique de ma famille : il parle dans son sommeil.

Je ne te raconte pas le fou rire la première fois que je suis allée dans sa chambre parce que je pensais qu'il était réveillé, et il était allongé dans son lit, complètement endormi, en train de répéter:

- Voitu! Voitu? VROOOOOUUUM!

(Avec le geste de la main pour faire rouler sa voiture imaginaire, bien entendu.)

Je l'ai aussi entendu dire "Parti! Auvoir!", une autre fois "Non non! C'est chaud!" et encore une autre fois s'exclamer d'un air navré "Oh non! A cassé!", ce qui me laisse penser qu'il rêve sûrement de moments charnière dans sa journée. (Oui, ben c'est des moments à la con, en même temps il est pas ministre le gars.)

- Pour le moment c'est mignon, j'espère juste qu'il ne devient pas somnambule par-dessus.
- L'avantage, c'est que dans son lit à barreaux, il ira pas loin. 
- Oui, et puis le temps qu'il aille dans un grand lit, ça lui sera peut-être passé.
- Ah, parce que ça passe, le somnambulisme?
- Ben oui, regarde, moi, j'en fais presque plus. Deux-trois fois par an, pas plus!
- Et quand t'étais petite, c'était plus que ça?
- Ah, quand j'étais petite, c'était tous les mois.
- QUOI??!


(Flaxou réalisant que les problèmes héréditaires ne sont finalement pas QUE de son côté de la famille.)

(Enfin, d'un côté, on a de l'alcoolisme, des cancers et du cholestérol, et de l'autre on a des gens qui se baladent la nuit et se réveillent dans le placard à casseroles, c'est quoi le pire, franchement?)

(Si l'exemple plus haut sent le vécu, c'est normal.)

(Je me suis aussi réveillée une fois dans l'armoire, une fois sur le tapis de la salle de bains, et une fois sous la table de la machine à fax.) 

(Oui, on avait une machine à fax, 3615 ma vie d'ancêtre.)

("De mon temps, les enfants, y'avait pas de PC ni de consoles ! Je faisais des lignes de virgules sur l'écran du minitel et j'étais bien contente!")

(Véridique, c'était mon passe-temps préféré de remplir l'écran avec des lignes de ponctuation.)

(Le putain d'âge de pierre, les gars.)

Bref, tout va bien chez nous, j'espère que c'est pareil chez toi.

(Oui, ben ce blog est à l'abandon depuis des mois, alors je prends des nouvelles de mon lectorat.)

(Vous êtes toujours en vie? Si oui, c'est cool.)

Je te laisse parce que c'est l'heure d'aller chercher les grumeaux à la crèche (c'est pas que ça m'enchante mais je voudrais pas louper le couvre-feu). Je te dis à pas bientôt parce que j'aime l'honnêteté, et même si j'ai des idées d'articles (et qu'en plus on est en février 2021 et j'ai encore rien écrit sur mes séries 2020), franchement je sais pas trop quand j'aurai le temps de reprendre ma plume virtuelle.

(J'ai de la paperasse qui me sort par tous les trous, t'imagines pas.)

(Un article là-dessus quand j'ai le temps, promis.)

(Sur la paperasse, pas sur mes trous.)

Des bisous!

dimanche 8 novembre 2020

Des nouvelles des grumeaux

Et sinon mes bébés vont bien.

(Attends, j'ai passé UN ARTICLE ENTIER à ne pas en parler, ça n'allait plus, j'étais en PLS.)

Ils marchent, ils mangent seuls, ils descendent les escaliers, ils parlent (un vocabulaire époustouflant d'environ douze mots), ils font des blagues ("Ouah tu m'as pas vu, j'étais caché derrière mes mains!") (un classique) et ils font même de la magie!

(Enfin, ils cachent leur doudou derrière le dos et ensuite font "Ouah, voilà le doudou! Miracle!", mais on va compter ça comme de la magie.) 


Ils se sont enfin ré-habitués à la crèche, et ça se passe super duper, ils sont ravis de passer du temps avec les autres enfants, et vraiment je ne m'y attendais pas (au vu du bagage génétique qu'ils se trimballent), mais il faut se rendre à l'évidence, mes enfants sont des gars populaires.

J'en veux pour preuve leur retour de la crèche post-angine blanche d'il y a quelques semaines, où je suis arrivée devant la cour en vélo avec les gosses dans leur charrette, et tous les mômes sont venus se masser devant leur carrosse en piaillant de joie, mais sérieux on aurait dit un mariage princier tellement l'effervescence était palpable.

Je les ai sortis de la charrette et posés dans la cour, et tous les gamins se sont rués sur eux pour leur faire des bisous et des câlins (et maintenant je comprends beaucoup mieux comment les gosses tombent toujours malades dans ces structures). 

Samuel était tellement bouleversé par toute cette agitation qu'il a commencé à brailler en s’accrochant à moi (en mode "maman comment peux-tu me laisser avec ces MONSTRES!" Ah ouais grave, non mais j'avoue, tous ces câlins là, c'est brutal). Et pendant ce temps, une petite blonde qui faisait deux fois sa taille lui caressait la main tout doucement en lui chantant :

- Faut pas peu-é ! Pas peu-é bébé!

Avant d'aller voir une des assistantes maternelles en disant :

- Yé où le doudou? Moi j'amène yeu doudou! Bébé y peure! Moi j'amène doudou et tétine!

("Puisqu'appremment je suis la SEULE A BOSSER ICI" - la gamine, sûrement)

L'équipe pédagogique les aime bien aussi (ça doit aider qu'ils se jettent dans leurs bras le matin en leur faisant des grands sourires), et apparemment les journées se passent bien:

- Qu'est-ce qu'on rigole avec Samuel et Auguste! De vrais petits clowns! 

- Bon, par contre, on a dû les séparer plusieurs fois, parce que Samuel tape quand même beaucoup son frère....


(Heureusement, Gus-Gus s'en contrefout.)

(Ce môme a un squelette en adamantium ou chais pas quoi.)

(On les appelle donc désormais Samuel le Cruel et Auguste le Robuste.)

Samuel le Cruel est aussi un sacré faux cul, parce qu'il a très bien compris qu'il a pas le droit de taper son frère, mais c'est pas le dernier pour la délation quand Gus-Gus fait des bêtises.

Oui, car même s'il ne parle pas, il arrive quand même à le dénoncer, tu avoueras que c'est plutôt fort.

La raison, c'est qu'on leur a appris certains mots-clés en langue des signes (vu qu'ils arrivent bien plus facilement à faire des gestes qu'à dire des mots). C'était notamment bien pratique pour le signe "encore" qu'ils ont utilisé pendant un ou deux mois (maintenant, ils savent le dire), ou pour le signe "manger" qu'ils utilisent encore aujourd'hui :


(Bon, eux, ils s'enfoncent le poing entier dans la bouche, mais on va dire que ça a le mérite d'être clair) 

Et c'est surtout utile pour le signe "interdit", qui se présente comme ceci :

On était bien contents de leur avoir appris ce geste, puisqu'ils l'utilisent souvent pour nous demander la permission de toucher certains trucs, ou pour confirmer que les trucs qui étaient interdits il y a genre UNE MINUTE le sont encore.

Genre le gamin qui s'approche du bouton ON sur la tour du PC en mode :

- Heu... c'est toujours interdit, ça? Oui? Okay. On est sûrs? Pas de regrets? Non parce que perso j'appuierais bien dessus. Non? Bon d'accord. Je reviens demander dans six à sept minutes.

Seulement, ce qu'on n'avait pas anticipé, c'était qu'apparemment Samuel est une bonne petite poucave.

J'en veux pour preuve le jour où Auguste est venu essayer pour la millième fois d'ouvrir les tiroirs de mon bureau, et que son frère est venu me chercher en faisant le geste "interdit" puis en le pointant du doigt.

De son côté, Auguste n'a pas trop saisi le signe "interdit" (et je pense que ça l'arrange bien, parce que c'est pas le dernier pour foutre la merde) mais par contre, il gère super bien le "oui" et le "non" et ça, c'est même pas nous qui le lui avons appris, c'est un hérisson.

Introducing le livre préféré de Gus-Gus, Non-Non le Hérisson. 

Une histoire brillante, une intrigue à couper le souffle, des personnages complexes à la psychologie fouillée, nan j'déconne c'est l'histoire d'un hérisson qui dit toujours non.


(En même temps, faut que le public concerné arrive à suivre, hein.)

(C'est pas vraiment des flèches.)

Bref, c'est son livre préféré, il faut lui lire cinq fois par jour, et la particularité du machin, c'est que la tête du hérisson est une marionnette et qu'on peut mettre l'index au dos du livre pour lui faire bouger la tête.

Et quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai réalisé qu'Auguste commençait à secouer et hocher la tête en même temps que Non-Non (ouais, parce qu'à la dernière page du bouquin, on propose un biscuit à Non-Non, et là, au lieu de dire "non-non", il dit "oui-oui"). (PLOT TWIST!)

Et donc j'étais tellement fière de mon magnifique enfant, ce génie, ce prodige, oui okay sauf qu'en fait maintenant qu'il a appris à dire non.... IL L'UTILISE.

- Coucou mon trésor! Oh, tu m'as manqué aujourd'hui! Fais-moi un câlin!
- Non!
- Mais... mais si! Viens faire un câlin à maman!
- Non non! Non non non!
- Mais... maman t'aime! 
- Noooooooooooon!


Enfin, de toute façon il faut que je me fasse à l'évidence, ces enfants ne m'aiment que quand il n'y a personne d'autre à proximité, cf. la discussion que j'ai avec eux tous les matins du monde, quand j'arrive dans leur chambre en mode:

- Bonjour mes amours! Bonjour mes jolis trésors! Vous avez bien dormi, mes petits poussins? Vous avez fait de beaux rêves? Maman est venue vous apporter vos biberons, mes jolis coeurs!

Et qu'en réponse, j'ai un gamin debout dans chaque lit en train de pointer du doigt la porte en disant :

- Papa! Papa? Papa! Papa! PA-PA ! PA-PA!


(Sachant qu'évidemment, pendant ce temps, Professeur Flaxou est en train de dormir comme un bienheureux.)

(Le mec en télétravail qui vit sa meilleure vie et se lève à 7h55 pour commencer à bosser à 8h.)

Bref, les enfants vont bien, sont en forme, et ont eu tous leurs vaccins parce que j'étais chez la pédiatre l'autre jour et maintenant on est pépouze jusqu'au CP, cool Raoul.

Elle les a aussi mesuré, pesé, et vérifié que leur développement se passait bien:

- Ecoutez, ils sont en parfaite santé! Juste un peu en-dessous de la courbe au niveau du poids. Essayez de leur faire manger un peu plus d'aliments gras : de la crème, du beurre, du fromage... Vous pouvez aussi leur donner un laitage après le déjeuner.

Le soir même, j'ai croisé ma mamie:

- Tu veux des yaourts nature pour les petits? J'ai pris la mauvaise marque, Papy ne les aime pas.
- Ah non désolée, c'est de l'allégé, je ne leur en donne pas. Il leur faut plutôt des yaourts gras, comme le petit suisse ou le bibbalakaas. 
- Ah bon, pourquoi?
- Parce que la pédiatre a dit qu'ils étaient un peu maig...
- QUOI? Ils sont TROP MAIGRES??!


(Cette erreur de DÉBUTANT!)

Inutile de te dire que mamie a pris ça comme un challenge, et qu'elle bourre les enfants de boudoirs, de flans et de gâteaux aux noix tous les jours que Dieu fait.

(Ils sont toujours maigres, mais maintenant, en prime, ils seront diabétiques.)

Sur ce, je te laisse, parce que c'est pas tout ça mais on est déjà en novembre et j'ai un article spécial séries 2020 à préparer.

(Au programme : des fantômes, de l'espace, de la réalité virtuelle et du féminisme.)

Bonus vidéo : Auguste en train de lire "Non-Non le Hérisson" (alerte mignonnitude)


mardi 6 octobre 2020

Ma folle vie palpitante : la minute pro

Et donc c'est la rentrée.

Et comme chaque année, je suis en mode "recherche élèves désespérément", et ce d'autant plus que la grosse entreprise qui me file normalement la majorité de mes contrats a coupé son budget formation pour les deux, voire trois années à venir.

(En même temps, quand on est en mode "crise économique imminente", je peux comprendre qu'on ne fasse pas des cours de langue sa priorité number one.)

Cerise sur le gâteau du covid, j'ai appris l'autre jour que mes cours avec mes adorables retraités de la vallée de Munster ne seraient pas reconduits cette année, ce qui me fend le coeur parce que c'était une joie de les voir chaque semaine, sérieusement j'ai jamais eu une classe aussi sympa et motivée.

Et je ne dis pas ça QUE parce que ce sont des fans inconditionnels de mes bébés et qu'ils font "yeeeeuuuuh" dès que j'allume mon PC (oui j'ai mes enfants en fond d'écran, ET ALORS ILS SONT BEAUX).

Mais surtout parce que t'en connais beaucoup, des classes à qui tu files des bouquins en PDF à lire pendant tout le confinement et qui te REMERCIENT de leur filer des devoirs?

("CHIC")

("WITH PLEASURE")


(Et des compliments sur mes bébés en sus, mais n'en jetez plus je vous aime déjà assez!)

(Et qui demandent ENCORE PLUS de devoirs mais dans quelle dimension sommes-nous?)

Donc tu comprendras facilement pourquoi ce groupe est mon chouchou, et pourquoi je ne suis que tristesse à l'idée de ne plus voir ces adorables seniors.

(Après, vu la situation sanitaire – sans compter le fait qu'ils ont tous plus de 65 ans  –  on est d'accord que c'était pas la meilleure idée du monde d'aller s'entasser à quatorze dans une pièce fermée de 25 mètres carrés.)

Mais je me console en me disant qu'au moins je peux continuer à leur envoyer des livres à lire, et que, faute de les voir, il me restera tout de même leurs merveilleux emails, dans lesquels ils font un point d'honneur de correspondre exclusivement en anglais et c'est tellement, tellement mignon:


(Ça pourrait être un poème tellement c'est choupi.)

Heureusement, j'ai déjà trouvé quelques nouveaux élèves, en particulier un jeune retraité qui s'annonce fort prometteur:

- Et pendant votre temps libre, qu'est-ce que vous aimez faire?
- J'adore me promener en forêt, particulièrement sur les anciens sites de combat de la Première Guerre Mondiale, pour chercher des artefacts.... L'Histoire, c'est ma grande passion.


- Vous aimez le cinéma?
- Oui, surtout les films historiques, ou bien la science-fiction et la fantasy.
- Et vous avez un film préféré?
- Oh, c'est dur de choisir... Mais sûrement "Le Seigneur des Anneaux". Vous connaissez?


(SI JE CONNAIS!)

- ... Et j'ai deux enfants et trois petits-enfants. Et vous?
- J'ai deux garçons, des jumeaux.
- Vous avez des photos?

(SI J'AI DES PHOTOS!)

(Mais alors là, limite je plains Jean-Michel Bien Intentionné, parce qu'il sait clairement pas dans quoi il s'engage.)

Bref, le courant passe bien.

- Op op op, et il a quel âge au juste, ce "jeune retraité"? Genre, c'est un vieux beau gosse? C'est un Brad Pitt? C'est un Benicio?
- Fla, enfin! Il a trente ans de plus que moi!
- Mouais, mouais... Qu'il se tienne à carreaux, le pépère parfait, là!

Juste après, j'ai eu un autre prospect pour des cours à domicile, mais on avait des difficultés à trouver une date où on était toutes les deux disponibles:

- Il ne reste guère que le mercredi.
- Bon, c'est pas vraiment idéal, parce que j'ai mes enfants à la maison... mais si vous venez en début d'après-midi, ça peut marcher.
- Vous êtes sûre?
- Oui oui, mon petit sera à la sieste, et j'enverrai le grand jouer dans sa chambre.
- Mais.... vous êtes au courant que le cours fera une heure et demie?
- Pas de problème!

J'ai quand même accepté le contrat (malgré ma mère qui me hurlait NON NE FAIS PAS CA CE SERA LE BORDEL VOUS ALLEZ JAMAIS ETRE TRANQUILLES) parce que, soyons honnête, j'avais besoin de la thune, et je me suis rendue au premier cours en mode "Non, mais bon, on fera ce qu'on pourra, et puis au pire, on fera des cours d'une heure, c'est pas idéal mais y'a moyen, si après je lui donne plus de devoirs à la maison, c'est faisable..."

J'arrive, le grand (7 ans) est en train de jouer dans le jardin, mon élève lui dit "Allez mon grand, file dans ta chambre, comme on en a discuté". Le gosse range ses jouets, puis s'attarde dans le salon.

- Allez, ouste!
- Maiiiiiis.... je peux rester ici et regarder la télé?

Moi :


(Pitié, non.)

- Non, je t'ai expliqué, je dois travailler, alors tu vas dans ta chambre, tu vas jouer, et tu ne nous déranges pas.
- Maiiiiiiis tous mes jouets dans ma chambre ils sont nuls!
- Ah bon? Et tes Lego, ils sont nuls? Tes Lego Star Wars?
- ..... Non.
- Bon. Alors tu vas jouer?
- D'accord!

Et là, le gamin se barre, et NE REVIENT PAS.

Il a joué dans sa chambre UNE HEURE ET DEMIE, tout seul, pépouze.

Et le petit je ne l'ai même pas vu, parce que quand je suis arrivé, il était à la sieste, et quand je suis partie, IL DORMAIT ENCORE!

- Dites donc, il fait des longues siestes, votre petit! Vous arrivez à le coucher la nuit?
- Oh oui, ça a toujours été un gros dormeur! Il fait trois heures de sieste l'après-midi, et ensuite douze heures la nuit.


(Moi dans ma jalousie, une illustration.)

(Oui, parce qu'à la maison des grumeaux, une-demi heure de sieste, c'est la sieste normale.)

(Et au bout d'une heure, on va voir si le môme respire toujours.)

Je terminerai sur ma dernière élève en date, une nana qui semblait plutôt sympathique au téléphone, et qui avait le même âge que moi, donc je me suis dit "Cool, avec un peu de chance on aura des trucs en commun, et on pourra bien accrocher".

(Ce qui n'est pas forcément garanti juste parce qu'on est du même âge, cf. mon élève dont les centres d'intérêt sont le bricolage, les voitures, et la muscu, et moi dont les centres d'intérêt sont... aucunes de ces choses-là.)

(Et en plus il préfère les chiens aux chats.)

(HERETIQUE!)

Bref, j'étais précautionneusement optimiste, et au premier cours, la meuf se pointe avec UN SWEAT FRIENDS.


(Bonjour ma NOUVELLE MEILLEURE AMIE!)

Tout ça pour te dire que je suis hyper ravie de ma promo 2021, qui s'annonce grave chan-mé.

J'ai pas encore rencontré mes deux autres nouveaux élèves (un mec qui bosse dans le tourisme et une nana qui tient un AirBNB), mais je pense que ça va bien se mettre s'ils sont ne serait-ce qu'à moitié aussi cool que ma super élève fan de Friends, avec qui les atomes crochus se sont tout de suite crochetés:

- Vous savez que j'ai le même pull que vous à la maison?
- Ah mais vous aussi vous êtes fan de Friends?
- Oui, c'est ma série préférée!
- Moi aussi!
- Perso préféré?
- Chandler!
- EVIDEMMENT!
- EVIDEMMENT!


Bref, je suis au sommet de la hype, je parle de mes super nouveaux élèves à tout le monde, et tous mes amis partagent mon bonheur sont hyper jaloux.


(Ma meilleure copine n'est pas ma meilleure copine pour rien.)

(#relationsaine)

Sur ce, lecteur adoré, je te fais des bisous, je vais aller préparer mes cours.

(Le thème de la semaine : "Were they on a break?")

samedi 1 août 2020

Un an et six dents (pour deux)


Et donc mes bébés ont eu un an.

"Comment?" Te dis-tu derrière ton écran. "Point n'est-ce possible! Ne sont-ils pas nés la semaine tantôt?" 

(Oui, je te donne un langage châtié, ne me remercie pas surtout.)

(Truie.)

Eh ben figure-toi que je me disais la même chose, parce que d'après mon calendrier (et tous les calendriers du monde) mes enfants sont nés il y a un an, mais d'après moi par contre, ça fait, chais pas, deux mois? Trois, max!


Alors certes, il y a certains trucs qui auraient pu me mettre la puce à l'oreille un peu plus tôt (comme le fait qu'ils aient grandi de 31 centimètres depuis leur naissance), mais une fois qu'on met de côté ma réticence à voir les choses en face ainsi que ma mauvaise foi criante, il faut bien se rendre à l'évidence : ça y est, mes bébés ont un an, ils ont des dents, ils commencent à parler, ils se tiennent debout, et bientôt ils sauront marcher, bientôt ils ne seront plus des bébés du tout.


(Je suis pas prête)

Alors, certes, il y a de nombreux avantages au fait que mes bébés grandissent : tous les jours, ils deviennent un peu plus intéressants, tous les jours ils se font comprendre un peu mieux, tous les jours ils deviennent plus CALCULATEURS ET MANIPULATEURS attends quoi?

Juré, je pensais pas que c'était possible de faire de la manipulation émotionnelle à seulement un an, mais ils y arrivent avec brio.

J'en tiens pour preuve la manière dont ils vont systématiquement vers ma mamie quand ils veulent manger du sucre (parce qu'ils ont bien compris que c'est a) une proie facile et b) quelqu'un qui va toujours leur donner quelque chose de délicieux) (non, parce que moi aussi je suis une proie facile - rapport au fait qu'ils sont nés avec 2,5 kilos et que j'ai constamment peur qu'ils meurent de malnutrition - mais par contre je leur donne de la biscotte nature, pas des cuillères de confiture).

Et donc l'autre jour, ils jouaient sur le balcon après le goûter, mamie est venue les regarder jouer parce que c'est sa plus grande joie dans la vie (juste après les regarder manger), et ils ont accouru vers elle, se sont cramponné à ses jambes, et ont pointé du doigt le placard à biscuits en disant "Ma-meh! Mah-meh! Donne? Donne? Mmmmmmmh!"

(Oui, c'est du langage rudimentaire, mais tu avoueras que le message est plutôt clair.)

Donc EVIDEMMENT mamie n'a pas résisté à leur donner un boudoir (est-ce que j'ai précisé qu'ils venaient de prendre leur goûter?), ils l'ont enfourné vitesse grand V, puis Auguste est revenu en quémander un second, mais j'ai mis le hola, alors elle s'est tournée vers lui en lui disant :

- Non, mon chaton, il n'y en a plus! Maman a dit non! Mamie est désolée, mais tu n'en auras plus.

Et là, le môme se tourne vers elle et lui fait la tête de la crise imminente : menton qui tremble, yeux humides, gémissement de début de la sirène du premier mercredi du mois, la totale.


(Bonus : la bouche à l'envers comme les bébés savent si bien la faire)

J'interromps le début de pleurs et je lui dis :

- Dis donc Auguste, tu te moquerais pas un peu du monde?

(Oui parce que j'ai nettoyé mon vocabulaire, vois-tu, donc j'ai plus le droit de dire "TU TE FOUTRAIS PAS UN PEU DE NOS GUEULES PETIT TROUDUC?")

Et là, le gosse se tourne vers moi et se TAPE UNE BARRE DE RIRE :


Avant de s'en aller prestement, genre "Bon, pas de deuxième gâteau? Sûr? Okay j'aurais essayé, tchao, déso j'peux pas rester j'ai mon cours de trotteur qui m'attend".

(Cette Comedia dell'Arte de derrière les fagots.)

(Tout ça pour dire que je sens qu'on est pas trop sortis de l'auberge en termes de risques d'obésité infantile.)

C'est aussi vachement chouette de voir la progression des bébés en termes de langage et de motricité. 

Comme tu l'as vu plus haut, ils ne parlent pas encore, mais commencent à se faire comprendre de mieux en mieux. Ils ont un total époustouflant de sept mots à leur arsenal : 

- "mama" (qui désigne moi ou n'importe laquelle de leurs quatre mamies)
- "baba" (qui désigne leur papa ou n'importe lequel de leurs trois papys)
- "da" (qui veut dire "donne")
- "ta" (qui veut dire "tiens")
- "cah-cah" (qui veut dire "biscotte", "encore", ou "encore de la biscotte")
- "na-na" (qui veut dire "banane", mais, par corollaire, s'étend à tous les fruits)
- et enfin le très utile "SSSSA!" qui, accompagné d'un doigt pointé vers l'objet de leur désir, permet de clarifier bien des situations.

Fini l'éternel questionnement "est-ce qu'ils ont faim ou sommeil?" qui se terminait systématiquement par a) des bébés hurlant de faim dans leur lit ou b) des bébés crachant de la purée en hurlant dans leur chaise haute. 

(Les hurlements restant la grande invariable de chaque scénario.)

Maintenant, on les prend dans les bras, on leur dit "Qu'est-ce que tu veux?", et ils pointent du doigt, ou leur chambre, ou l'escalier (qui mène à la cuisine), ou le vélux.

(Le vélux, c'est pas pour dire "jette-moi par la fenêtre" (même si des fois je dirais pas non), c'est pour dire "je veux aller dehors".)

Niveau motricité, ils commencent à se tenir debout, et font occasionnellement un petit pas tout seul pour se rendre d'un meuble à un autre, mais on est encore loin de la marche autonome. J'avoue que c'est une étape que j'attends avec impatience, parce que ce sera vachement plus facile de les déposer à la crèche une fois qu'ils sauront tenir debout/marcher seuls et que j'aurai plus besoin de débarquer avec un bébé sous chaque bras en mode "JE VOUS POSE CA OU?" 

Mais ils progressent un peu plus de jour en jour, donc c'est chouette, un peu plus d'autonomie chaque jour, et bientôt ils n'auront plus besoin de moi du tout.


(Ah putain je l'avais pas vu venir celle-là.)

Enfin, à mesure qu'ils grandissent, leurs caractères s'affirment, et je vais couper court tout de suite à ceux et celles qui seraient tentés de dire "Ah bon, mais ils ont pas le même caractère?" parce que je sais que ça peut sembler dingue au vingt-et-unième siècle, mais apparemment il y a une FOULE de gens qui sont persuadés que, parce que mes enfants sont pareils à l'extérieur, ils sont aussi pareils à l'intérieur, et LOL NON.

Alors, certes, on est d'accord que TOUS les enfants en bas âge se ressemblent quelque peu (par exemple, la patience n'est globalement pas leur fort), mais force est de constater que Samuel est un gros lèche-cul, et son frère non.

Et je dis ça sans jugement aucun, à part peut-être de la fierté, parce que toi-même tu sais que j'ai été la chouchoute officielle de la maîtresse de 1991 à 2012 (oui, même pendant mes années fac, juge toi-même de la puissance de mon léchage de culs) et donc quand je vois Sammy sauter dans les bras de ma grand-mère en criant "Miam-miam!" je me dis que, même si cet enfant est la copie conforme de son père, au moins, niveau caractère, il y a un peu de moi.

Non parce que c'est franchement impressionnant de voir le niveau de professionnalisme de cet enfant. Par exemple, un jour, je lui donnais sa purée (préparée avec soin par ma mamie), et il était, disons-le, pas très enthousiaste :


(Alors qu'il y avait du poisson à 60 balles le kilo dedans, DES PERLES AUX COCHONS)

Et le lendemain, je lui réchauffe LA MÊME PURÉE, ma mamie vient lui donner pour me filer un coup de main, et d'un seul coup, le gars est en mode :


Et elle, aux anges :

- Tu as vu, Charlotte! Tu as vu comme il aime la cuisine de sa mamie! Ha ha! Oui mon bébé! Mange! Mange encore, et tu auras un gâteau en récompense!

(Un jour, je relirai cet article, entourée de mes gamins obèses, et je me dirai : "Ah ouais, c'est probablement à ce moment-là que j'aurais dû mettre le holà".)

Mieux encore dans la lèchitude : pour l'anniversaire des grumeaux, le papa de Flaxou a peint une aquarelle fort jolie qu'on a accroché dans leur chambre, au-dessus de la table à langer. Aucun des deux gamins n'en avait quoi que ce soit à secouer, malgré mes tentatives pour les distraire pendant que je leur change la couche:

- Regarde, mon bébé! Regarde le beau tableau! Ouaaaah! C'est papy qui l'a fait pour toi! Oooooh! Que c'est joliiiiii!

Le bébé:


Et, le jour où le papy en question était venu leur rendre visite, je mets Sammy sur la table à langer, et là, tu sais pas ce qu'il m'a fait, le petit suce-boules? Il regarde son papy, pointe du doigt le tableau, et fait :

- Ouaaaaaah!


(J'avais ce GIF dans mes fichiers depuis genre trois ans.)

(Il attendait son heure.)

Bref, je m'éclate bien avec mes grands bébés, et je profite d'eux tant qu'ils sont encore des bébés, puisqu'il semblerait d'après mon entourage qu'on est dans un âge d'or (une bé(bé)atitude, si tu préfères) qui ne passera que trop vite, et qu'il faut donc bien en profiter avant qu'ils se transforment en horribles monstres qui se roulent par terre dans les supermarchés quand on refuse de leur acheter des Dinosaurus.

(Anecdote réelle d'après ma chère maman, moi je me rappelle pas, j'avais deux ans.)

(Mais je veux bien la croire parce que c'est délicieux les Dinosaurus.)

Épilogue:

- Qu'est-ce que tu as, mon bébé? Tu veux un bisou? Oui, viens chez maman! Mwah ! Mwah!
- T'as bien raison, va! Profite tant qu'ils veulent encore des bisous. 
- Mais même quand ils en voudront plus, je leur en ferai quand même! Je ne peux pas me passer de ces petites joues si rondes et si douces!
- Ouais, profite de ça aussi.
- Comment ça?
- Ben... parce que d'ici quelques années... ils auront de la barbe.
- MES...MES BÉBÉS?!!


(Non, je suis vraiment pas prête.)

samedi 18 juillet 2020

Bisous morveux et conflits calendaires


Et donc mes bébés sont de retour à la crèche.

Pas la crèche où ils étaient avant, par contre.

(Elle n'est toujours pas rouverte.)

(On ne sait toujours pas pourquoi.)

Normalement, les grumeaux auraient dû être transférés dans une autre crèche de la vallée (à 20 minutes en haut de la montagne, alias la direction qui n'est sur la route de RIEN), mais, coup de bol, j'ai reçu un coup de fil fin juin :

- Oui bonjour, je suis le responsable de la crèche de Kaysersberg. Comme vos enfants sont censés venir ici en septembre, et qu'on a deux places de libre, ça vous intéresserait de les amener ici dès maintenant?

Tu veux dire : ça m'intéresserait que mes enfants n'aient pas besoin de changer trois fois de crèche en trois mois?

Ça m'intéresserait qu'ils aillent à la crèche qui est à une borne de chez moi et où je peux facilement aller à pied ou en vélo, et qui en plus est située juste à côté de la pharmacie, de la boulangerie, de la mairie et de la banque?

Ça m'intéresserait d'aller à la crèche qui est sur le chemin du boulot, et pas à l'opposée?


Donc mes bébés sont de retour en crèche.

Et normalement, c'est ici que j'insérerais un petit gif jovial, parce que ça veut dire que YEAH je peux reprendre tous mes cours, YEAH j'ai de nouveau du temps libre, YEAH je peux mettre à jour mon site web, faire du tri dans mes papiers, pourchasser mes dernières factures, et s'il me reste du temps je peux même faire des trucs de OUF genre LIRE UN LIVRE ou M’ÉPILER, bref, jouir des frontières toujours grandissantes de l'univers car mon monde ne connaît plus de limites.

SAUF QUE.

Sauf que pas de gif jovial, parce que j'avais oublié le facteur "c'était la pandémie pendant quatre mois et mes enfants sont restés collés à mon fion H24 sans voir personne, et apparemment ils ont grave kiffé mon auguste compagnie", ainsi que le facteur "mes enfants ont quitté la crèche à huit mois et maintenant ils ont un an, et une mémoire de bébé c'est un peu le mec de Memento Dory dans Némo" 

(Oui, j'adapte mes références cinématographiques, je suis une maman maintenant.)

(Aussi le fait que quasiment personne ne se rappelle de Memento.)

(Un film sur le thème de la mémoire.)

(IRONIE TRAGIQUE.)

Bref bref.

C'est donc pas hyper la joie, vu que chaque fois que j'amène les petits à la crèche, ils se mettent à pleurer à chaudes larmes, s'agrippent à moi, et me hurlent "MAMAAAAAA" en tendant les bras pendant que le personnel de la crèche est en mode "pas l'temps d'niaiser":

- Allez allez, on dit au revoir à maman! Au revoir, maman! 
- ....
- Madame! On a dit AU REVOIR MAMAN!


(Moi en train de me faire pousser dehors: une illustration)

Le premier jour, je me suis dit "Bon, c'est le début, ils se sont sûrement arrêté dès que j'ai passé la porte", puis quand je les ai cherché le soir, j'ai demandé:

- Ça va, tout s'est bien passé?

Et la meuf m'a répondu:

- C'était.... mitigé.

Et je SAIS que c'est du langage codé de crèche pour dire "Ils ont chouiné toute la journée", parce que ma soeur bosse dans une crèche et elle m'a dit que c'est ça qu'elle dit aux parents, VOUS M'AUREZ PAS BANDE DE BÂTARDS J'AI UN CODEX.

Du coup, la fois d'après, j'étais encore plus triste de les laisser, à tel point qu'une responsable a dû voir la détresse sur mon visage et m'a dit:

- Si vous voulez, n'hésitez pas à appeler dans la journée pour prendre de leurs nouvelles!

J'ai pensé "Ouais c'est ça, pour que tu puisses me mentir et me dire que tout va bien?"

Et puis trois heures plus tard j'ai appelé pour qu'elle me mente et qu'elle me dise que tout va bien.

- Bonjour, c'est la maman de Samuel et Auguste. Je voulais juste voir comment ça se passe.
- Tout va bien!

Et le soir:

- Ça va, tout s'est bien passé?
- Bon... c'était plutôt moyen.


Enfin bon, de toute façon ils ont passé qu'une semaine en crèche, vu qu'après EVIDEMMENT ils sont illico tombés malades (rapport au fait que je les ai remis dans l'endroit où trente mômes lèchent le même jouet toute la journée).

Ils ont donc chopé un rhume, ce qui d'ordinaire ne les empêcherait pas de rester à la crèche, mais comme on est en protocole covid:

- Bonjour, Auguste a de la fièvre, il faut venir le chercher.
- Mais d'habitude vous ne lui donnez pas juste du Doliprane?
- En temps normal, oui, mais avec le protocole actuel, on vous demande de chercher votre enfant dès qu'il a plus de 38° de température.
- Et il a combien?
- 38,1°.


Heureusement, j'ai mon petit réseau de grands-parents qui sont ravis de revenir babysitter, parce qu'après une semaine de crèche, ils étaient déjà en PLS, cf. ma mère :

- Mais ils vont y aller TOUTE la journée, TOUTE la semaine?
- Non, cet été, juste trois jours par semaine.
- Et à la rentrée?
- Je vais rajouter une demi-journée.
- Oh non! Mais quand est-ce que je vais les voir?
- Mercredi?
- Je travaille.
- Vendredi matin?
- C'est le jour du marché!
- Eh ben je sais pas moi, le week-end?
- Ah ben non, pas le week-end! C'est quand tous les autres grands-parents vont vouloir les voir!


- Non mais sinon, tu me les laisses le lundi au lieu de les mettre à la crèche.
- Mais est-ce que tu peux me garantir que tu seras dispo TOUS les lundis?
- Bien sûr! Enfin, sauf quand je serai en vacances.


- Bon, je peux toujours me débrouiller avec les autres grands-parents. Tu me diras juste sur quelles semaines tu n'es pas dispo entre septembre et Noël.
- Ah ben ça je le sais pas à l'avance! Avec Marc on prend les offres "dernière minute" maintenant, c'est tout l'avantage de la retraite!
- Donc en gros, tu veux que je te laisse les enfants tous les lundis, sauf les lundis où tu ne seras pas là, et où tu me préviendras à la dernière minute que tu ne seras pas là?
- Voilà! C'est pas compliqué!


("C'est pas compliqué".)

Bref, pour résumer : les petits vont mieux, sont de retour à la crèche, et je profite de mon temps libre:

- Salut Charlotte! Les petits sont là aujourd'hui?
- Salut papa! Non, ils sont à la crèche.
- Jusqu'à quand?
- Normalement, 18h, mais je pensais aller les chercher un peu plus tôt, genre....
- Maintenant?
- Euh, plutôt d'ici deux heures.
- Mais sinon tu veux pas les chercher maintenant? Comme t'es à la maison?
- Ben c'est-à-dire que j'ai encore deux-trois trucs à faire...
- Ou moi je peux y aller! Si ça peut te rendre service.
- Si tu veux, mais c'est pas nécess...
- Okay j'y vais tout de suite! Pour te rendre service!


(Y'a pas un grand-parent pour rattraper l'autre.)

A bientôt pour plus d'aventures et de bisous morveux!