jeudi 9 août 2018

Vis ma vie de Desperate Housewife


Et donc c'est le mois d'août.

J'ai pas de boulot (rapport au fait que tous mes élèves sont en vacances), mais par contre Flaxou n'a pas le droit de prendre des congés avant septembre, et en ce moment il bosse à Besançon trois jours par semaine.

Ajoute à ça que ma sœur et tous mes amis ( = mes deux amis) travaillent tout l'été, que mon père est dans le Sud, et que ma mère en Bretagne, et tu comprendras que ça sentait un peu l'ennui caniculaire.

(Heureusement qu'il reste mamie et papy pour me tenir compagnie et prendre le petit déj avec moi sur le balcon.)

(Faut aimer se lever à sept heures du mat' et écouter la lecture des DNA, mais tout de même, c'est sympa.)

(Par exemple, saviez-vous qu'Emmanuel Macron est un dangereux gauchiste?)

(On apprend de ces choses en vivant en Alsace, c'est fabuleux.)

Donc, pour ne pas finir terrasser par l'inaction, j'ai décidé de prendre parti de ces congés forcés pour faire tous les trucs que j'avais repoussé depuis que j'étais rentrée en France.

Premier truc sur ma liste : développer la comm de ma nouvelle entreprise et attirer de nouveaux élèves.

Pour info, ma stratégie de communication jusqu'ici se résumait à attendre que ma mère m'envoie du monde. ("Ah désolée, je suis bientôt à la retraite, donc je ne prends plus de nouveaux contrats, PAR CONTRE, saviez-vous que j'ai une fille et qu'elle est merveilleuse?")

J'ai donc commencé par me créer une page Facebook, puis j'ai harcelé Sarah pour qu'elle la like :


Dans la foulée, j'ai créé mon site web, puis j'ai harcelé Sarah pour qu'elle aille le tester :


(Oh ça va hein, quand on est à la maison trois jours avec une tendinite, on peut bien bosser un peu pour sa copine.)

J'ai ensuite passé plusieurs jours sur Canva à créer des bannières, des photos de profil, un logo, et deux mois de posts super intéressants qui pourraient apprendre à mes followers des expressions anglaises ludiques et fascinantes.

En exclusivité, mon post le plus performant sur ma page :


(TRENTE-TROIS VUES MA P'TITE DAME !)

(C'est le pouvoir de l'anecdote historique !)

J'ai continué ma mission communication en faisant imprimer des cartes de visite (fabriquées avec mes deux mains gauches sur une version d'InDesign de 2011, mais je suis auto-entrepreneur et j'ai encore mal au cul d'avoir dû dépenser 100 balles pour m'acheter PowerPoint, alors mon anus n'est pas prêt pour la suite Adobe Creative.)

De toute façon, j'avais besoin de tout mon budget pour faire des promos Facebook, qui ont eu un succès... disons, limité.

C'est-à-dire qu'il y a une personne qui m'a demandé combien coûtaient mes cours et qui ne m'a plus jamais répondu, et puis cet échange un peu surréaliste :

- Bonjour, j'ai vu une pub sur Facebook pour vos cours d'anglais. Vous êtes située où?
- Je suis basée à Colmar, mais au besoin, je peux me déplacer dans un rayon de 30-40 kilomètres.
- Et Colmar, c'est...
- Heu... dans le Haut-Rhin?
- En France?
- Ben... oui.
- Ah alors ça n'ira pas, je suis en Indonésie moi.


(Clairement, cet algorithme est méga au point.)

Et puis, comme j'étais toujours à la maison à pas gagner d'argent, j'ai décidé de continuer à dépenser de l'argent dans le but de gagner de l'argent hypothétique d'ici l'an prochain (et si possible, avec des gens qui ne vivent pas en Asie du Sud-Est).

Donc j'ai peaufiné mon site web avec les plus belles images stock gratuites (il faut choisir ses batailles), j'ai vérifié que tout marchait tip top, et j'ai acheté un nom de domaine et une adresse e-mail.

Du coup, maintenant, mon site ne s'affiche plus du tout.


(En fait, après un appel semi-hystérique au service technique ("J'ai acheté le nom de domaine chez vous et maintenant y'a plus rien qui marche ETES-VOUS UN VIRUS???!") ils m'ont expliqué que je devais attendre 12 heures pour que le protocole SCC enregistre les galipeurs sur le serveur du RSS.)

(Ou un truc du genre.)

Une fois le plan de comm en route, je me suis lancée dans ma mission "amélioration de notre espace vital". (Aussi appelé "on est rentrés depuis un an pourquoi tout est encore dans des valises".)

Donc j'ai remonté tous mes cartons de livres, chaussures, papiers officiels et bric-à-brac que j'avais laissé dans la cave de mon père en 2012 avant de partir en Nouvelle-Zélance. Ce faisant, j'ai réalisé que j'avais aucun endroit pour ranger mes livres, mes chaussures, mes papiers officiels ou mon bric-à-brac.

J'ai donc traîné le Flaxou le plus grognon du monde chez IKEA et on est ressortis TRENTE MINUTES PLUS TARD avec une bibliothèque, un bureau et une armoire à chaussures.


(Moins d'une heure passée dans un IKEA. Je crois qu'on a brisé un record du monde.)

J'ai ensuite passé deux journées entières à monter mes meubles TOUTE SEULE, parce que je suis une strong independent woman who don't need no man, mais surtout parce que j'avais pas envie de devoir attendre le week-end que Flaxou rentre.

J'étais particulièrement fière du bureau, parce que non seulement j'ai dû hisser les planches de huit tonnes toute seule sur deux étages, mais j'avais aussi accidentellement jeté les instructions de montage la veille (bon, je suis pas super fière de ça) et du coup j'y suis allée au talent, et devine quoi J'AI RÉUSSI !

J'ai réussi à comprendre dans quels trous il fallait mettre les pipions de bois et dans quels trous il fallait mettre les vis cheloues (alors que tous les trous avaient LE MÊME DIAMÈTRE, n'hésitez pas à rendre les choses plus difficiles surtout). J'ai réussi à installer toute seule le plateau d'un mètre vingt sur le dessus du bureau (que j'ai dû soulever A BOUT DE BRAS pour vérifier que tous les pipions rentraient dans les trous). J'ai même réussi à installer les tiroirs alors qu'il y avait des ROULEMENTS A BILLES MEC JE SUIS LA REINE DU MONDE.


(Moi seule chez moi, contemplant mes trois nouveaux meubles fonctionnels)

J'ai ensuite passé une journée complète à déballer mes livres des cartons (vu que je me mettais spontanément à les relire assise par terre) et à les ranger dans ma nouvelle bibliothèque... pour me rendre compte immédiatement que ma bibliothèque était trop petite pour accueillir tous mes livres.

Finalement, ma mère m'a filé un meuble qui traînait dans son garage (et qui s'est avéré être la bibliothèque que j'avais dans ma chambre quand j'avais dix ans) (#fullcircle) et c'était la joie et le bonheur parce que non seulement j'avais de la place pour mettre mes bibelots, mais en plus je pouvais maintenant trier mes livres avec encore plus d'efficacité.

- Et donc là tu vois, c'est la bibliothèque avec les contes et légendes sur l'étagère du milieu et la non-fiction en bas, classée par thème. Et sur l'autre bibliothèque, c'est les œuvres de fiction, classées alphabétiquement.
- Mais le premier livre, il commence par "T" ! 
- Alors, déjà, les articles comme "the", ça ne compte pas dans la classification Dewey, TOUT LE MONDE SAIT CA FLA. Et ensuite, tout le monde sait aussi qu'une bibliothèque, ça ne se classe pas par titre, ça se classe par AUTEUR ! Sinon les sagas sont séparées, et ça ne va pas. du. tout.

Flaxou, pendant ce temps :


Mais je n'étais toujours pas prête à glander, car, une fois le dernier carton rangé :

- Fla, j'ai besoin que tu viennes à la cave avec moi pour m'aider à chercher.
- A chercher quoi?
- J'ai la sensation qu'il manque des livres.
- Je sais pas, Cha, t'avais donné énormément de livres à l'époque. Je pense vraiment que c'est tout ce qu'il reste.
- Il me manque le Silmarillion.
- Autant pour moi. Au boulot.

Et maintenant, ça y est, tout est là, tout est rangé, tout est magnifique :



- Je suis trop contente, j'ai fini tous les objectifs que je m'étais donné pour le mois d'août ! 
- Mais il te reste pas une semaine avant de reprendre les cours?
- .... si.
- Donc tu vas faire quoi?
- .....

(Prochain article : Fallout 4 ou comment j'ai perdu cinq cent heures de ma vie dans des side quests.)

Bon été les enfants, restez au frais !

lundi 2 juillet 2018

La perle (des six derniers) mois !

J'avoue, ces derniers temps, j'ai fait ma flemmarde avec la perle du mois. Pourtant j'avais de quoi faire (mes amis sont à la fois très bêtes et très drôles), mais bon, voilà :


Mais en contrepartie, tu vois devant toi la crème de la crème, soigneusement sélectionnée parmi des perles de première qualité.

Alors j'espère qu'elles te feront rire autant que moi (j'ai honnêtement eu du mal à en retranscrire certaines tellement je gloussais sur mon clavier), et comme d'habitude, n'oublie pas de voter!

(Promis, c'est gratuit, c'est pas l'arnaque comme à l'Eurovision.)


On commence très fort par une catégorie spéciale Sarah, qui est on fire tout le temps, c'est comme ça j'y peux rien, cette meuf est un moulin à perles, c'est pas ma meilleure copine pour rien :


1) "Le navet c'est comme une patate qui m'aurait arnaquée"

2) "Chier, c'est comme aller à l'église : ça prend longtemps"

3) "C'est génial, les bidets!"

4) "Vomir, c'est une de ces arnaques. C'est comme si la bouffe se foutait de ta gueule."

5) "Avec une mentalité pareille, tu mérites qu'on te pète dessus."

6) "Y'a des familles, elles ont des traditions : elles partent à la chasse une fois par an. Moi, ma famille, on se pète dessus toute la journée."

7) "Les arbres c'est dégueulasse, ça sent la nature."

8) "Moi j'ai jamais rien fait croire à la forêt! Je lui ai toujours dit "tu pues et t'as des tiques"!"

9) "Moi je suis une Poufsouffle. J'ai essayé d'être toutes les autres maisons, mais faut se rendre à l'évidence, chuis un petit blaireau."

10) "J'ai suivi le hashtag #biendansmonslip pour avoir des idées de recettes. Mais maintenant je suis mal dans mon slip, alors je sais pas si c'était une bonne idée" 

11) "Un vent sibérien ou des jeunes à Sainte-Croix-en-Plaine, je sais pas ce qui est le plus incroyable."

12) "Ils m'énervent ces Anglais... "Oh on n'a pas de volets, on se réveille avec le soleil comme Pocahontas!""

13) "Y'a des gens comme ça, on n'a pas le droit de les critiquer. Nelson Mandela...euh...Geri Halliwell..."

14) "On parle d'Albert Einstein, mais est-ce qu'on parle du VRAI génie? Le mec qui a inventé le riz soufflé enrobé de chocolat?"

15) "Chais pas, t'es con, t'es moche : va te cacher, ferme ta gueule."


C'est sûr qu'en comparaison, y'a quasi rien de tous les autres gens :

16) "La loutre, encore, c'est mignon, mais QUI voudrait être amie avec un héron?" moi (décryptant les MENSONGES PURS de Pocahontas)

17) "Moi je pleure pas, je pisse." Gaëlle

18) "Aerosmith c'est pas un Pokémon?" Fla 

19) "Faut arrêter de se la péter parce qu'on est des humains... En vrai on est des gros singes. C'est juste qu'on met des slips." Fla

20) - C'est dommage qu'on ait perdu. (Flo)
- On peut pas être bon à chaque fois! (Lucie)
- C'est ce que je lui dis au lit. (Sarah)

21) - La dernière fois à "Motus" je me suis énervée : le gars il avait une lettre mal placée et il trouvait pas le mot ! J'étais devant ma télé à crier : tu la prends, tu la mets là ! Tu la prends, tu la mets là ! (Sarah)
- C'est aussi ce que tu dis à Flo au lit? (Lucie)

22) - On s'y retrouve plus entre ton frère qui pose des pavés, ton cousin le plaquiste, ton cousin le carreleur... (Fla)
- J'ai pas de cousin carreleur, espèce de raciste! (Sarah)
- ...
- J'ai un ONCLE carreleur! (Sarah)

23) - Avec mes collègues on voudrait acheter un taser pour les élèves. (Lucie)
- C'est de la torture, non? (moi)
- Mais eux aussi ils nous torturent avec leur imbécillité. (Lucie)

24) - Flo, ses fesses, on dirait un Bounty.
- ...
- Chais pas, elles ont l'air délicieuses. (Sarah)

25) - Y'a des Portugais qui puent beaucoup plus que les Français ! (Flo)
- Précise que tu parles de fromages, steuplaît. (Sarah)

26) - Moi j'ai commencé à me battre en primaire, pour me faire respecter. Avant ça, on m'appelait "Jean qui rit, Jean qui pleure". (Gaëlle)
- Après, on l'appelait "Jean qui tape". (moi)


On continue avec une catégorie spéciale, que j'ai intitulée "promis, on s'aime" :

27) - Fla il kiffe les trucs amers. (moi)
- C'est pour ça que je t'aime. (Fla)

28) - Dans Skyrim, j'épouse toujours le même mec. (moi)
- Laisse-moi deviner : il est grand, il a pas beaucoup de cheveux et il a l'air con? (Sarah)

29) - Les mecs qui s'aspergent d'Axe, ils pensent qu'ils vont attirer les meufs, mais en fait on les fuit! (Lucie)
- Sauf que c'est pas vous qu'ils veulent chasser. (Fla)

30) - Des fois je rigole aux blagues de Fla et après je me déteste. Je me dis "Pourquoi j'ai apprécié ça? C'était tellement nul!" (moi)
- Je me dis la même chose quand je couche avec Flo. (Sarah)

31) - L'autre jour j'ai fait un rêve qui défiait toute logique. (moi)
- T'as rêvé que t'étais intéressante? (Sarah)

32) - Elle est minuscule ton alliance, Cha! (Jay)
- Comment est-ce qu'on peut avoir un si gros cul et de si petits doigts? (Sarah)

33) - 🎵 On ira tous au Paradis... (Sarah)
- 🎵 Même moi! (Coralie)
- Non. (Sarah)


Et je finis sur la soirée où on a fait un blind test des années 2000, juste parce que ça a libéré toute la méchanceté de Sarah envers la chanson populaire :

34) "Shakira quand elle chante en anglais j'ai envie de la taper et de lui coudre la bouche." 

35) "Laurent Voulzy maintenant il chante avec Alain Souchon! Tu penses qu'ils se sont dit "viens on fait un groupe de moches"?" 

36) "Ils ont mis Kendji Girac et Maître Gims sur une île déserte... Mais QU'ON LES Y LAISSE!"

37) "Calogero il devrait pas chanter et il devrait pas écrire. Il faudrait lui couper les mains et lui couper la langue." 

38) "Je sais! C'est cette grosse pute de Mariah Carey!"

39) - C'est Zaz, "je veux"! 
- Je veux qu'elle se taise. 

(Si tu te demandes "mais qui donc trouve grâce à ses yeux, la réponse est : Michel Berger, et c'est tout.)


BON VOTE

dimanche 24 juin 2018

Vis ma vie au milieu des copies


En ce moment, c'est la saison des examens.

J'ai donc dit adieu à mes petits enfants de BTS (oui, ils ont 22 ans, mais tout ce qui est né après 1992 est un enfant, c'est pas moi qui invente les règles), non sans émotion.

Le soulagement était l'émotion principale, hein, on va pas se leurrer.

Pas que je les aimais pas, les bambins (ils étaient bien mignons et pas trop turbulents), mais vraiment, enseigner à des classes entières, c'est pas fait pour moi. (c.f. le fait qu'il m'ait fallu cinq mois pour apprendre tous leurs prénoms) (et encore) (sur ma fiche de présence, y'a un Julien, et je sais toujours pas qui c'est).

Faut dire que, quand on enseigne en cours individuels ou à des petits groupes, on s'habitue très vite à la crème de la crème : des élèves disponibles, motivés, intéressés, avec qui on peut passer du temps à travailler l'oral, et au passage apprendre à les connaître, bâtir un vrai rapport, et pouvoir très vite évaluer leur niveau et les progrès qu'ils font.

Alors évidemment, quand tu compares ça à une classe de 25 élèves aux niveaux allant d'excellent à super débutant, et dont seulement le quart à envie d'être là, c'est pas le même délire.

(Et encore, là, au moins un quart des élèves était intéressé. Je ne te cache pas l'admiration que j'ai pour mes potes profs dans le primaire et le secondaire, qui doivent gérer, soit des enfants avec la capacité de concentration d'une mouche, soit des ados rebelles qui, au mieux, s'en balek de toi et de ton cours, et au pire te haïssent activement.)

(Ces gens devraient être payés mieux que le président.)

Bref.

J'ai dit au revoir à mes élèves, donc, mais pas sans un examen final, ce qui est aussi une nouveauté pour moi, puisque dans la formation pour adultes, soit les gens ne passent pas d'examen du tout, soit ils passent le TOEIC ou un autre test du genre, et c'est pas moi qui m'en occupe, je reçois juste une copie des résultats.

J'ai donc soigneusement préparé l'examen pour mes élèves, tout en me faisant un peu plaisir sur les exemples ("complétez : Le Seigneur des Anneaux est le ________ film du monde.") (la réponse était bien sûr "meilleur") (pour "pire film du monde, voir "Hobbit").

Et puis, comme j'ai vraiment pas envie d'être là pour faire passer des rattrapages, je leur ai tout prémâché, à mes gamins.

Je leur ai dit tout au long de l'année "ce sujet-là, faites attention, il sera dans l'examen final!". Trois semaines avant, je leur ai fait une liste de tous les sujets qui seront abordés dans l'examen final. Je leur ai fait préparer à la maison des exercices d'expression écrite similaire à l'examen final, et qu'on a corrigés ensemble.

Honnêtement, le jour de l'examen, j'étais en train de me demander si je ne leur avais pas trop facilité la tâche, tellement tout semblait facile.

Sentiment qui s'est encore aggravé quand j'avais prévu un examen pour 2 heures, et que le tout dernier est parti au bout d'une heure et demie.

"Merde", me suis-je dit, "je leur ai trop mâché le travail, c'était beaucoup trop facile, ils vont tous avoir des bonnes notes!"

Sauf que là je suis en train de corriger, et non.

Pas du tout.

C'est qu'ils s'en battaient les couilles, en fait.

Alors, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit : il y  en a quand même beaucoup qui s'en sont très bien sortis – et notamment, j'étais très heureuse de voir que tout le monde sans exception a répondu correctement à ma question bonus:



(Oui, parce que j'en pouvais plus d'avoir passé un semestre à les entendre me dire "shimical products", je désespérais.)

Certains élèves ont visiblement eu plus de mal que d'autres, mais on sent qu'ils ont vraiment tenté le coup:




(Life hack : quand on ne se souvient pas du mot "worst", on PEUT tenter "really bad".)



("Eruption cutanée" se dit "rash", mais j'aime ton raisonnement, gamin.)


(Oui, bon, le concept est là en tout cas.)


Et d'autres se sont clairement dit que, vu le coeff de cette matière, c'était pas trop la peine de se faire chier :




(Ce mec a recopié la moitié de l'énoncé dans son texte, et il a QUAND MÊME ÉTÉ FOUTU DE FAIRE DES FAUTES DANS LE RECOPIAGE!)

Je tiens aussi à préciser qu'après avoir passé une heure de cours sur les formules de politesse dans les emails + avoir distribué à chaque élève une copie des formules de politesse les plus courantes dans les emails + leur avoir fait faire un devoir maison où ils devaient écrire un email en utilisant les formules de politesse sus-citées + leur avoir dit qu'ils auraient un exercice similaire dans leur examen final et qu'il fallait donc bien revoir les formules de politesse, ce gus arrive quand même à me sortir "Dir Dear" et "Thanks you please".



Ceci est pas mal déprimant, bien sûr, mais j'ai eu le moral remonté dès la copie suivante, grâce à cette SUPER formule d'intro :




(Pour ceux qui en douteraient : la formule que je leur ai apprise était "Dear Sir or Madam".)

Par contre, dorénavant, je veux démarrer tous mes emails comme ça, c'est super dramatique, j'adore.



(Ah ça c'est sûr que ça manquera pas de pimenter mes courriers à l'Urssaf.)

Enfin, de toute évidence, mes élèves étaient en totale roue libre avec cet exercice d'expression écrite:



Pour ma préférée, j'hésite entre le mec qui avait tellement envie de meubler qu'il m'a fait une phrase entière pour me dire à quel point il aime manger au restaurant :




(Okay, super, non mais moi aussi hein.)

Et avec celui qui m'a carrément ressorti une phrase de mème internet :





Mais ce qui m'a le plus fait rigoler, c'est quand même la partie vocabulaire.

Alors, il faut savoir que mes élèves suivent une formation technique, ils se doivent donc de connaître du vocabulaire technique. C'est pourquoi je ne veux pas que tu lises ce qui va suivre en te disant "en même temps, moi non plus je ne sais pas comment dire ça", parce que tous ces mots ont été vus en cours. Puis répétés. Puis martelés. Puis injectés dans leurs cerveaux de moules à la seringue hypodermique.

Et, pourtant, j'ai quand même chopé CINQ personnes différentes qui m'ont traduit "saignement de nez" par "blood nose" ou "nose blood" (et je ne vais même pas parler du "nose blowing"). Ci-dessous, certains de mes préférés : 



(Le mot recherché était "tweezers", franchement, on était pas loin.)


(Alors j'ai même pas le temps de parler des divers désastres de cette copie, mais ... DRNWE ??!)

(Ce... ceci n'est pas un mot, chaton.)

(Dans aucune langue !)

Big up aussi à ceux qui avaient visiblement fait l'impasse sur les révisions de vocabulaire, et m'ont carrément sorti des mots en français, OKLM :


(Du calme, K-Maro.)

Et j'aime à penser que dans la tête de celui-là, il y a eu un dialogue interne de ce genre : 

- Merde, comment on dit "casque" en anglais?
- Hmmmm ... je dirais : pareil, mais avec un accent anglais.
- Comment j'écris l'accent anglais? 
- Bah mets un K, ça va le faire.



- Han, mais je connais aucun des autres mots en fait !
- Bah mets juste "protection" partout, ça passera crème.

(NON.)

Et puis, enfin, big up au champion qui m'a traduit "pansement" par .... "pensement".



(Honnêtement, ça se tentait.)

Bref, je suis maintenant en train de prier en même temps que mes mauvais élèves pour que les autres notes de leur semestre compensent leur résultat en anglais, et que ni eux ni moi n'aient à se déplacer pour faire des rattrapages.



D'ici là, je te dis à bientôt pour la perle du mois! 

Many bisous very baveux 💗

samedi 9 juin 2018

What's new pussycat (woooh woooh woooh)


Comme tu le sais, j'adore les chats, c'est mes animaux préférés, et passer du temps à câliner chaque matou que je croise c'est globalement toute ma vie.

Quand j'étais plus jeune, j'avais un chat, Frimousse le Chiant (c'était son nom complet) (Frimousse est venu en premier, le Chiant plus tard, quand on s'est rendus compte de sa vraie personnalité), qui était dans l'ensemble une vraie ordure, et je l'aimais quand même d'un amour complètement gaga, c'est te dire si je suis irrécupérable.

C'est-à-dire que ce chat ne s'arrêtait jamais de miauler. Mais genre JAMAIS.

Genre au point qu'on l'a amené chez le véto parce qu'on croyait qu'il avait un cancer ou une fracture cachée ou quelque chose, et le gars l'a examiné sous toutes les coutures avant de nous dire:

- Non mais en fait il veut juste que vous fassiez attention à lui.
- Mais il miaule en permanence! Est-ce qu'on est censés faire attention à lui en permanence?
- Honnêtement, je sais pas quoi vous dire. 

(Si Marcel, tu peux nous dire qu'on vient de raquer soixante-quinze balles pour apprendre qu'on a une putain de diva comme animal de compagnie.)

Bref, ce chat était chiant, pas câlin pour un sou, et son grand kif dans la vie c'était de me mettre des coups de patte dans le visage à quatre heures du matin pour que j'aille lui ouvrir la porte d'entrée TROIS ÉTAGES PLUS BAS, et j'ai quand même pleuré toutes les larmes de mon corps quand il est mort, parce que bon dieu je l'aimais ce petit bâtard.

Et maintenant, le petit bâtard dans ma vie, c'est Professeur Flaxou, parce qu'il refuse de me laisser avoir un autre chat.



Quand on habitait en Nouvelle-Zélande, je me suis fait violence pendant des années pour ne pas prendre un animal de compagnie, parce que je savais que si on décidait de rentrer en France, ce serait la galère (et aussi, accessoirement, parce qu'aucun proprio à Auckland n'accepterait de locataire avec un animal) (à la limite un poisson rouge) (et encore, ils seraient capables de dire que l'humidité de l'aquarium endommage les murs).

Mais là, on est de retour en France depuis un an, on sait qu'on va rester, alors JE VEUX MON CHAT BORDEL DE MERDE CA FAIT SIX ANS QUE J'ATTEND MAINTENANT DONNEZ-MOI UN CHAT !



(Pardon, je suis un peu à cran.)

(Mais les placebos que sont les chats de mes potes ne font effet qu'un certain temps.)

Et pourquoi est-ce que je ne peux pas avoir de chat chez moi? Parce que Professeur Flaxou est un monstre sans cœur et sans âme et qu'il veut que je sois malheureuse toute ma vie. Je ne vois pas d'autre explication.

- Ouais, enfin, t'oublies un peu le fait que je suis allergique.

Ah oui, alors soi-disant, mon cher et tendre est allergique aux chats.

Ce à quoi je dis C'TE BLAGUE.



Résumons les faits, si tu le veux bien:

Fait numéro 1 : Flaxou déteste les chats, et ne s'en cache pas.

(Comment peut-on détester les créatures les plus adorables de l'univers, mises sur cette terre par les anges eux-mêmes pour se racheter d'avoir créé les araignées, ça, c'est un mystère, mais on n'est pas là pour résoudre cette énigme aujourd'hui.)

Fait numéro 2 : Effectivement, quelquefois, on rend visite à des gens qui ont des chats, et Flaxou a les yeux qui deviennent rouges et gonflés.

Fait numéro 3 : Par contre des fois on passe la soirée dans une maison avec plusieurs chats (et des chats d'intérieur, en plus!), et rien du tout.

Fait numéro 4 : Par le passé, Flaxou a cohabité à deux reprises avec les chats de ses colocs, et se portait à merveille.

Fait numéro 5 : Ça fait un an que je lui dis d'aller voir un allergologue pour vérifier s'il est vraiment allergique aux chats et que le gars refuse d'y aller, EST-CE QUE TU NE SENS PAS COMME UN PARFUM DE COUILLE DANS CE POTAGE?

Donc voilà où on en est.

Professeur Flaxou est un menteur doublé d'un pleutre, et sa cruauté n'a pas d'égale sur cette terre.

Donc en ce moment je suis à ça de dire "fuck it", d'aller à la SPA me chercher un chaton, et de mettre Flaxou devant le fait accompli.

(En plus j'ai déjà choisi son nom en fonction de chaque couleur disponible.)

(Si c'est un chat roux, Gingersnap. Si c'est un chat brun, Cannelle. Si c'est un chat noir, Myrtille. Si c'est un chat gris, Kruschpala. Si c'est un chat tigré, Sa Majesté Frimousse II Le Jeune.)

(Y'a pas d'options pour le blanc, mais c'est parce que je sais déjà que je ne prendrai pas un chat blanc.)

(C'est pas du racisme, c'est juste que quand on vit avec un métalleux qui s'habille exclusivement en noir, c'est un peu chercher les embrouilles.)

- Ouais, super. Et après, quoi?
- Quoi?
- Si tu te ramènes avec un chat à la maison et que je suis allergique quand même, on fait quoi?

EH BEN TU PRENDS UN AERIUS TOUS LES JOURS ET TU FAIS PAS CHIER TON MONDE! 

MOI CA FAIT DOUZE ANS QUE JE PRENDS LA PILULE POUR TA GUEULE, MA COUILLE!

TOUS LES SOIRS DE MA VIE JE ME BOURRE D'HORMONES DE SYNTHÈSES JUSTE POUR QUE TU PUISSES Y ALLER COMMANDO DANS MA TEUCH, EST-CE QUE TU M'ENTENDS CHOUINER COMME UNE PETITE BIATCH?

NON, J'CROIS PAS, NON.


Pardon, je m'emporte, mais faut me comprendre, les chats c'est toute ma vie, et si j'avais pas rencontré Flaxou, j'en aurais déjà douze.

(Bon, okay, je serais aussi clairement une vieille fille à vie.)

(Mais au final, qu'est-ce qui est mieux? Les mecs, ou les chats?)

(La question se pose.)

Mais la vie est ce qu'elle est, et j'aime tout de même cet homme sans coeur, alors, pour ne pas risquer de mettre sa santé en danger, j'ai opté pour la solution raisonnable.

LE CHANTAGE.

En gros, j'ai posé un diktat convaincu Flaxou que s'il n'allait pas faire un test d'allergies, je partirais du principe qu'il n'est pas réellement allergique et que donc j'adopterais un chat unilatéralement et tant pis pour sa gueule.

En contrepartie, j'ai été forcée accepté le compromis que, si le test prouvait qu'il était vraiment allergique, je renoncerais à mes voeux de folle aux chats jusqu'à la mort de l'un de nous deux.

Et s'il meurt en premier, je peux t'assurer que ça va se passer comme ça:

- SPA bonjour!
- Bonjour, je voudrais tous vos chats.
- Pardon?
- Oui, parce que j'ai eu peur que vous compreniez juste "donnez-moi plusieurs chats", donc je veux être parfaitement claire: donnez-moi. TOUS. VOS. CHATS.

(Heureusement pour moi, j'ai plein de noms en réserve.)

(Bidouille, Croissant, Canaille, Biscotte, Pesto, et Steve.)



Et toi? Est-ce qu'il y a des animaux que tu voudrais grave adopter, mais que tu ne peux pas avoir chez toi?

(Lâche tes commmmz comme si c'était 2005.)

samedi 28 avril 2018

Quatre jours à Londres avec des péteuses


La semaine dernière, je suis allée à Londres avec Sarah et Gaëlle.

Si tu demandais à Gaëlle ce qu'elle a fait pendant ces quatre jours, elle te répondrait sûrement :

J'ai pris l'avion pour la première fois de ma vie (et j'ai eu moins peur que Sarah qui le prenait pour la millième fois). J'ai vu Westminster Abbey, le Parlement, pas Big Ben parce qu'il était en travaux mais bon on peut pas tout avoir, les lions de Trafalgar Square, la Tour de Londres, et Tower Bridge.

J'ai monté les huit cent marches de la cathédrale de Saint Paul plus vite que tout le monde et pourtant c'est moi la fumeuse, c'est dire si mes amies sont des grosses loques.


(Et la vue d'en haut était, bon, SYMPA.)

J'ai traversé le Millenium Bridge en essayant d'ignorer Sarah qui courait à côté de moi en criant :

- Course de balais! Zoum! Zoum! Expelliaramus!

J'ai mangé des fish &chips et bu de la Guinness, j'ai même participé à un Pub Quiz alors qu'on comprenait rien à ce que le gars marmonnait dans son micro.

Je me suis levée aux aurores tous les matins pour aller chercher le petit déj pour mes copines, et non ça n'a rien à voir avec le fait que je descendais fumer de toute façon, j'aurais pu faire ma crevarde et à la place je leur ai ramené des escargots à la cannelle tous les jours, alors hein.

J'ai critiqué le look de beaucoup de gens, mais en même temps, le mec qui avait un lampion sur la tête, il l'avait quand même un peu cherché.

J'ai vu un mec devant la Tate Modern prendre une photo d'une banane sur un pont et je m'en suis toujours pas remise.

(POURQUOI??!)

D'ailleurs Charlotte nous a traînées à la Tate Modern et je m'en suis toujours pas remise.


(Cette sculpture avec un chariot et des bouts de glaise par terre, on en parle?)

(Et trop merci la description qui nous a informé que "le chariot représente une chèvre", ça nous a vachement aidées.)

J'ai marché 12 kilomètres par jour mais avec mes jambes d'un mètre vingt, c'était facile.

Je me suis tapée l'affiche à la comédie musicale du Roi Lion parce que mes deux copines qui n'ont jamais fait leur deuil de Mufasa ont pleuré comme des madeleines tout le long du spectacle.

Mais au final, c'était quand même vachement cool.


Si tu me demandais à moi ce qu'on a fait pendant ces quatre jours, je te dirais:

J'AI DÉPENSÉ TOUTE MA THUNE.

Clairement, c'était pas une bonne idée de faire toutes mes facturations du trimestre juste avant de partir, parce que je suis partie à Londres en mode "zéro limites".

Et partout où on allait, j'achetais des trucs.

A notre arrivée, on est allées se promener sur Portobello Market, et j'ai acheté une bague, une paire de boucles d'oreilles, et une boussole en cuivre trop jolie qui était présentée dans une petite boîte en bois (et du coup, franchement, c'est une affaire, vu que j'aurais acheté la boîte seule de toute façon).

(Plus tard, Sarah et Gaëlle m'ont appris qu'il y avait une boussole sur mon smartphone.)

(Oui mais est-ce qu'elle est présentée dans une jolie boîte en bois?)

C'était pas mal pour le premier jour, déjà.

Mais ensuite les jours ont continué à passer, et moi par contre je me suis pas arrêté de claquer mon fric.

Le dimanche à Brick Lane, j'ai acheté un trench coat:


Le lundi à Camden Market, j'ai acheté des sous-verres Game of Thrones :


Le mardi, on est allées à Primark, alors évidemment j'ai acheté des chaussettes, un pyjama, une robe, un jean, deux hauts, une pince à cheveux, et à peu près mille culottes (mais elles étaient trop jolies et avec des petites rayures):


Et ensuite on est allées à H&M et je me suis jurée que j'allais plus rien acheter, et à la place je suis ressortie avec un jean, deux T-Shirts et un blazer:


(Mais au moins j'ai pas craqué devant le rayon Harry Potter du Primark.)

(Même si j'ai quand même mis un pyjama Ravenclaw dans mon panier avant de me dire "attends, Charlotte, déconne pas, t'es même pas une vraie fan putain".)

Mais bon, il n'y avait pas que le démon du shopping qui a pris possession de moi pendant ce séjour : il y avait aussi un démon intérieur qui m'a fait parler des langues latines pendant mon sommeil.

Je m'explique : quand il s'agit de dormir, je suis pas la meuf la plus chill du monde.

Concrètement, je gigote beaucoup, je parle, je rigole (quasiment toutes les nuits, d'après Professeur Flaxou qui trouve ça très flippant), et j'ai même occasionnellement des crises de somnambulisme qu'on croirait que c'est intéressant, mais en vrai je me réveille juste sur le canapé avec une crampe dans la nuque et des bleus sur les tibias.

Et comme on partageait une chambre à trois (et que je partageais un lit avec Sarah), j'ai prévenu les filles le premier soir que je ferais de mon mieux pour pas gigoter dans le lit "comme un chien quand il rêve qu'il pourchasse un lapin" (Flaxou dit que c'est à ça que je ressemble), mais qu'elles ne s'alarment pas si elles m'entendaient rire, parler, ou me balader dans le noir.

(La réaction de Gaëlle et Sarah)

J'ai passé une super nuit, et le matin venu, je me suis réveillée devant la tête hilare de Sarah :

- Qu'est-ce qu'il y a? J'ai rigolé en dormant, c'est ça?
- Alors, déjà, oui, mais t'as fait bien mieux.

Et Sarah m'a alors raconté qu'au milieu de la nuit, je l'avais réveillée en rigolant, puis que je m'étais soudain exclamé :

- Attends! Je vais aller chercher du chocolat!

Et qu'ensuite, j'avais rigolé de nouveau, puis j'avais crié:

- TCHO-CO-LA-TÉÉÉÉ ! 

Avant de me mettre immédiatement à ronfler.

Ça l'a beaucoup fait rire, moi ça m'a passablement terrifiée, d'autant plus que WHAT THE FUCK J'AI FAIT ALLEMAND LV2 POURQUOI MON SUBCONSCIENT CAUSE EN ESPAGNOL ??!

(Par contre, au niveau des thématiques, on est bien raccord.)

(Le chocolat c'est la vie.)

Bref, tu t'en doutes, Sarah m'a appelé "Tchocolaté" tout le séjour, et s'est plaint moult fois que c'était pas évident de dormir à côté de moi.

(Ouais, enfin moi je trouve aussi ça difficile de dormir à côté d'une certaine personne qui me pète dessus et envahit mon espace vital pendant la nuit, mais tu me vois pas me plaindre.)


(Bon, d'accord, je me plains un petit peu sur Snapchat, mais c'est tout.)

Mais au final, c'était quand même vachement cool.


Et enfin, si tu demandais à Sarah ce qu'elle a fait durant ces quatre jours, elle te répondrait:

J'AI DORMI.

J'AI DORMI PARTOUT.

J'AI DORMI DANS L'AVION.


J'AI DORMI DANS LE METRO.


J'AI DORMI DANS LES PUBS.


 (Mode coop enclenché!)

Mais heureusement, je suis quand même resté éveillée assez longtemps pour faire tous les trucs que j'aime : boire des cappuccinos, me plaindre de l'art moderne, dire des méchancetés sur les gens dans la rue, dire des méchancetés sur les gens dans les cafés, et dire des méchancetés sur les gens dans le métro:

- Tiens Sarah, y'a une place assise qui se libère, là, si tu fais vite...
*une nana s'assied*
- Nan, c'est bon, je laisse ma place aux moches.


(TOUT LE MONDE PARLE FRANÇAIS DANS CETTE VILLE ET CLAIREMENT JE M'EN BATS LES COUILLES.)

J'ai quand même rattrapé ce tapage d'affiche en tuant tout au pub quiz grâce à mon amour immodéré des énigmes:

- C'est quoi ça?
- C'est une série de numéros qui représentent des lettres, il faut trouver des typ...
- C'EST POUR MOI !

J'ai aussi été traînée dans un restau indien par Charlotte, et on a super bien mangé, même si on est rentrées à l'appart en se tenant le bide:

- Pourquoiiii?
- Pourquoi c'est tellement louuuurd?
- Pourquoi je m'arrête pas de péteeeeeer? 

(En même temps, j'avais mangé un butter chicken avec un verre de lassi – ce qui est plus ou moins l'équivalent de manger un bol de crème chaude, avec un verre de crème froide.)

Et puis j'ai traumatisé mes copines avec mes histoires de pets :

- Je pète tellement... quand j'aurai des enfants, je leur péterai carrément sur la tronche.
- ....
- Quoi? Vous, vos parents, ils vous pétaient pas dessus?

Et c'est ainsi que j'ai appris à mes amies effarées que, dans ma famille, tous les parents pètent sur leurs enfants.

- Mon grand-père il disait à ma mère : "donne-moi ta main, je te donne un cadeau". Et après, il lui pétait sur la main. 


- Quoi? C'est normal !


(Comment te dire....)

Et les révélations ne s'arrêtaient pas là.

- Quand j'étais petite, je mettais ma tête sur les fesses de ma mère, pour regarder la télé. Et je lui disais "si tu dois péter tu me préviens, hein!" Et elle faisait "oui oui" et après elle pétait sur mon visage et elle rigolait.


- Mais, alors, sérieusement, vos parents ils faisaient pas ça ??!

(RIP mon enfance)

Mais au final, c'était quand même vachement cool.


Epilogue:

- Flaxou, devine combien de fois j'ai pleuré à la comédie musicale du Roi Lion?
- Trois?
- Cinq!
- Ma pauvre.
- Oui, ils avaient rajouté des scènes vachement émouv...
- Non mais en fait je parlais à Gaëlle, là.


Epilogue, la revanche: