dimanche 2 décembre 2018

Séries 2018, partie I : le flop


Comme chaque année, parce qu'on vit dans l'âge d'or de la télévision, je te fais un petit récap des nouvelles séries que j'ai regardées cette année, avec les plus et les moins.

Et comme d'habitude, parce que c'est plus rigolo de dire du mal des gens, on commence avec les séries que j'ai pas aimées cette année.

Il n'y en a pas eu tant que ça, parce qu'âge d'or des séries oblige, je fais un gros tri avant d'attaquer un truc nouveau, et je ne regarde que :

1. Les séries qui ont des bonnes critiques
2. ET qui ont un sujet qui m'intéresse

(Donc, arrêtez de me gaver avec Casa del Papel, je l'ai pas vue, je la verrai pas, les histoires de braquages ça me fait chier, on passe à autre chose.)

Je commence doucement avec les "mentions honorables", alias : les saisons qui étaient pas terribles, mais pas assez mauvaises pour me faire complètement retirer la série de ma liste, mais quand même suffisamment mauvaises pour que je les considère "en sursis" (à savoir : si la saison suivante ne corrige pas le tir, c'est tchao).

- La saison 4 de Superstore qui commence à s'essouffler, notamment avec l'arc narratif Jonah/Amy en mode "on sort plus ou moins ensemble m'enfin c'est casual" alors que merde ça servait à quoi de me farcir trois saisons de regards langoureux si c'était pour me sortir une romance tiède?


(MAIS AIMEZ-VOUS MIEUX QUE CA BORDEL!)

- La saison 5 de Vikings, où clairement tu sens que The History Channel s'était dit : "Si on a de la chance, on peut faire peut-être trois saisons", et ensuite ils sont devenus ivres de leur propre succès, et maintenant ils rechignent à tuer leur poule aux oeufs d'or et je sais que c'est dur parce que c'est votre programme le plus rentable, mais, les gars, à un moment donné, il faut savoir s'arrêter, et vous auriez clairement dû vous arrêter à la mort de Ragnar.

(Et que personne ne vienne me dire "Han spoiler!", on sait comment il meurt depuis le treizième siècle, hein!)

- La saison 2 de Jessica Jones où on est d'accord qu'on s'est fait super chier, en fait? Et que toute la trame narrative avec la mère n'apporte au final pas grand-chose au personnage de Jessica Jones?


(Et aussi, y'a que moi qui ait eu envie de coller des tartes à Trish tout le long de la saison?)

Bon, maintenant qu'on s'est mis en bouche, on peut attaquer le lourd, alias : les séries bien décevantes de 2018.

On commence par celle que j'arrive toujours pas à dire si je l'ai aimée ou détestée, j'ai nommé :

Castle Rock


Clairement, c'était une série qui avait tout pour m'allécher : inspirée de l'univers de Stephen King, bourrée de bons acteurs (notamment l'excellent André Holland, que j'avais beaucoup aimé dans la série The Knick, et qui m'a fait pleurer comme une madeleine dans Moonlight), et est-ce que j'ai mentionné que c'était un hommage aux livres de Stephen King?

Dix épisodes plus tard, je suis....perplexe.

Est-ce que cette série était bonne? Honnêtement, je ne sais pas. Je l'ai vaguement appréciée (suffisamment pour la regarder jusqu'au bout), mais, si je l'avais pas vue, je pense que ça n'aurait pas bouleversé ma vie.

D'un côté, j'ai beaucoup apprécié les petites références à l'oeuvre de Stephen King, qui ont la grande qualité de savoir se faire discrètes et de ne pas hurler au visage du spectateur "C'EST UNE REFEREEEENNNNCEUUUUH!" (n'est-ce pas, Stranger Things?). D'ailleurs, j'en ai probablement loupé pas mal, en dehors des évidents clins d'oeil à Shining, Cujo, Simetierre et Shawshank Redemption.


(Par contre, comment est-ce que vous faites descendre le môme à Jerusalem's Lot et y'a PAS DE VAMPIRES??! C'te déception.)

Autre point fort de la série, les interprètes sont tous très bons (mention spéciale à Sissy Spacek, magistrale). Par contre, le scénario chelou, on en cause deux minutes?

En gros, c'est l"histoire de Henry Deaver, un mec de Castle Rock qui a mystérieusement disparu pendant onze jours étant enfant, et s'est réveillé amnésique. Vingt-sept ans plus tard, il revient à Castle Rock pour s'occuper de sa mère qui est malade d'Alzheimer, et s'occupe en même temps du cas d'un jeune homme découvert dans une cage au fin fond d'une vieille prison (et surnommé "le Kid") qui apparemment est là lui aussi depuis vingt-sept ans (sauf qu'il a l'air d'avoir....allez, trente balais max.)

Toute la saison oscille entre passé et présent, y'a des promenades dans les bois, des oiseaux chelous, un pasteur fou qui s'est peut-être fait assassiner mais peut-être que non, une stalker médium, des acouphènes, le Kid est apparemment une sorte d’engeance du mal (?) mais en fait non (?) mais en fait si peut-être (?), et aussi y'a peut-être deux Henry Deaver (??) mais peut-être qu'un seul (??!)

Ah oui, et y'a le petit frère du môme de "Maman j'ai raté l'avion", aussi.


(Ma foi, on n'est plus à ça près.)

Bref, tu l'auras compris, ça part dans tous les sens, on te pose mille questions et on t'apporte à peu près deux réponses, et, pour moi qui aime pouvoir mettre les points sur le i, ça la fout mal.


The Terror


Récapitulons deux minutes les trucs que j'aime :

- les séries historiques : j'aime
- le fantastique : j'aime
- les acteurs britanniques : ouiiiii
- les trucs qui se passent dans le Grand Nord : j'adore (depuis que j'ai lu mon premier Jack London quand j'avais sept ans) (C'était "L'Appel de la Forêt" et c'était tout bonnement magique).

Du coup, tu peux imaginer mon enthousiasme quand j'ai entendu qu'il se préparait une série historico-fantastique, pleine d'acteurs absolument crème de la crème (Jared Harris = mon idole), qui se basait sur l'histoire vraie de l'expédition perdue du capitaine Franklin qui avait tenté de franchir le Pôle Nord en bateau, et en plus ils ont une inuit dans l'histoire et elle est jouée par une vraie actrice inuit? N'en jetez plus, je monte à bord.

Malheureusement, j'ai vite déchanté après quelques épisodes (même si j'ai tout de même regardé la série jusqu'au bout) (mais après, on va pas se mentir, le fait que c'était une mini-série était quand même un gros facteur) (s'il y avait eu une saison 2, j'aurais peut-être abandonné plus tôt).

Premier souci : le problème du réalisme.

C'est marrant, parce que quand la série est sortie, tout le monde s'est extasié sur les effets spéciaux et leur "réalisme bluffant", et j'étais là devant ma télé en train de me dire "Est-ce qu'on parle bien de la même série?"

Parce que je veux bien qu'on n'ait pas tous le budget de Game of Thrones pour aller tourner en Islande et mettre tous ses acteurs en hypothermie, mais bon, vous êtes censés être au POLE NORD en HIVER et les gus sont toujours dehors à visage découvert, OKLM, même pas une petite paire de gants, c'est bon, on est à la cool, une petite caïpirinha Jean-Denis?

Donc je trouve ça hyper dommage que, pour une série qui se passe dans le Grand Nord, on ne sente jamais le froid - quand les mecs des CGI n'oublient pas carrément leurs fondamentaux :


(Euh... non ? Vous oubliez rien, là? Genre, au hasard, de la buée qui sortirait de leurs bouches et de leurs nez parce qu'il fait -30 degrés?)

Et puis juste une dernière remarque et j'arrête : OU EST LE VENT?

Parce que bon, les décors sont bien faits, les banquises, les glaciers, tout ça, mais vous êtes au Pôle Nord à des lieues de toute terre, y'a pas un arbre ou une montagne pour faire barrage, ça devrait souffler sa race et pas un seul dude n'est décoiffé! Alors excusez-moi du peu, mais pour les "effets spéciaux fabuleusement réalistes", on repassera.

Idem pour la créature Tuunbaq (un genre d'esprit inuit qui est décrit comme un ours polaire avec un visage humain), parce que MANDIEU QU'IL EST LAID, et surtout MANDIEU QU'IL FAIT CHEAP, on dirait un jeu vidéo tellement le rendu de la bestiole fait fake.

Et ça, je pense qu'ils le savaient chez AMC, vu qu'ils attendent environ cinq épisodes avant de nous montrer un bout de bestiole dans le noir complet :


(Yeurk)

Et qu'il n'y a au final qu'une seule scène où on le voit en plein jour et de plain pied, et ça dure environ une-demi seconde :


(De toute évidence, c'est les mêmes génies qui nous ont apporté le tigre de Walking Dead.)

Enfin bref, laissons de côté les aspects techniques de la série pour nous concentrer sur le scénario : eh bien, au début, c'est plutôt prenant. Les acteurs sont tous excellents, et la tension monte crescendo de manière fort savoureuse (oh non, on est pris dans la glace ! oh non, on n'a plus de rhum ! oh non, on commence à tous choper le scorbut ! oh non, on est poursuivis par un esprit vengeur qui nous décime tous un à un!)

Mon gros bémol, c'est que la véritable histoire était déjà bien assez fascinante et bien assez tragique (aucun survivant, le scorbut, l'empoisonnement au plomb, le FUCKING CANNIBALISME) sans qu'il y ait besoin de rajouter 1) la créature 2) Satan lui-même, alias Mr Hickey, un mec qui bascule tranquillement de chaotique neutre à chaotique mauvais en moins d'un épisode, OKLM.

Sérieusement, le type passe sans raison aucune de "Je suis un opportuniste et je souhaite avancer, fût-ce en piétinant les autres" à "OKAY C'EST LA RÉVOLTE LES GARS VENEZ ON TUE LE CAPITAINE ET ON LE BOUFFE MAHAHAHAHA!!!"

 

(Bonjour, je suis un mignon petit Antéchrist.)

Enfin, c'est peut-être juste moi, mais j'ai regardé cette série d'une traite, et même au dernier épisode, j'arrivais toujours pas à différencier la majorité des personnages les uns des autres (je suppose que le fait que tous les personnages soient des hommes blancs en uniforme n'aide pas, même si pour le coup, y'avait rien à faire de ce côté-là).

Et comme en plus ils avaient tous les noms anglais les plus standards du monde (encore une fois, pas la faute des scénaristes, mais ça n'aide pas), je différenciais les personnages principaux en utilisant des surnoms de ma fabrication :


Capitaine Alcool


 Le Vieux Con


Celui Qui Se La Pète


Docteur Gentil


Docteur Méchant


????

A part ça, j'ai pas grand-chose à dire de la série, sinon que, comme Castle Rock, elle n'était pas véritablement mauvaise, mais que ça ne m'aurait pas dérangé de ne pas la voir.


Altered Carbon


Encore une fois, une série qui avait tout pour me plaire, et, une fois n'est pas coutume, tout pour plaire également à Professeur-Flaxou-j'aime-exclusivement-la-science-fiction-futuriste :

- Tu veux regarder la nouvelle série Netflix avec moi?
- Pfff, on regarde déjà tellement de choses....
- C'est du cyberpunk.
- QUOI??!


(La réaction littérale de Flaxou.)

Et bon, on va pas se mentir, j'ai décroché quasi tout de suite, et ce n'est que motivée par l'enthousiasme de Flaxou que j'ai péniblement tenu jusqu'à la moitié de la saison avant de jeter l'éponge.

Au final, même Flaxou le fan de cyberpunk n'a pas encore fini de digérer la série (elle gît dans son tas "je les finirai un jour", à côté de The Man in the High Castle, Daredevil et Humans).

Bon alors, de quoi ça parle ce truc?

Adapté d'un best-seller de Richard K. Morgan (un grand nom de la SF), la série suit le protagoniste Takeshi Kovacs, un flic/mercenaire/révolutionnaire qui évolue dans un monde futuriste où la mort est une option: en effet, la conscience d'une personne est sauvegardée dans un implant vertébral, et, quand on meurt, on peut être "transféré" dans un nouveau corps... moyennant finances, évidemment.

Takeshi se retrouve sorti de "prison" (une boîte avec des implants dedans, en fait) et implanté dans un nouveau corps, 250 ans après sa "mort". Il se retrouve à travailler pour un mec ultra-riche et qui souhaite résoudre le mystère de son propre meurtre.

Tu t'en doutes, c'est pas une mince affaire de décrire un univers aussi riche et différent du nôtre sans tomber dans ce que j'appelle le mode tuto : un dégueulis d'exposition indigeste où tous les personnages s'expliquent les uns aux autres des choses qu'ils connaissent déjà, ce qui n'a aucun sens narratif et est fait uniquement pour le confort du spectateur.

(Un indice pour reconnaître si t'es en train de visionner un "mode tuto" : si un personnage commence une phrase par "Comme vous le savez...",  t'es en plein dedans, coco. )

Altered Carbon n'échappe malheureusement pas à la règle, avec des dialogues super lourds d'explications, en mode "je te rappelle des éléments de ta propre vie quotidienne, au cas où t'aurais oublié". Alors, certes, on a l'excuse de Takeshi qui se retrouve projeté 250 ans en avant, donc c'est sûr qu'il est pas au point sur tout, mais c'est quand même relou quand d'autres personnages se racontent entre eux des éléments de l'intrigue alors qu'ils sont sous leur nez depuis à peu près toute leur vie.

(Genre Ortega et sa mère qui s'expliquent à elles-mêmes toute la controverse de l'Eglise catholique autour du changement de corps - mais vous étiez là! Vous savez déjà tout!)

Perso, je suis pas fan quand une série me prend par la main, mais là, la série ne te prend même plus par la main : elle t'attache un ballon Pikachu au poignet, tellement elle veut être sûre de pas te perdre.

Et puis, autre gros bémol qui m'a totalement fait perdre intérêt pour cette série : ces acteurs ULTRA MAUVAIS PUTAIN mais vous avez claqué tout le budget dans les effets spéciaux ou c'est quoi votre excuse?

Entre un Takeshi Kovacs monolithique et qui marmonne toutes ses répliques comme s'il venait d'avaler un Tranxène avec un-demi litre de whisky, et l'inspecteur Ortega avec son jeu d'actrice tout droit sorti d'un épisode des Feux de l'Amour, on ne sait plus où donner de la tête.

Bref, Altered Carbon, c'était bien parti, mais je crois que je vais plutôt lire le bouquin.


Better Call Saul


J'ai voulu aimer cette série.

J'ai tellement voulu l'aimer parce que j'aime tellement Vince Gilligan (je pleure encore sur le sort de Battle Creek, petit ange parti trop tôt au paradis des séries annulées à la première saison) et parce qu'on m'avait promis que du bon : une série de Vince Gilligan, donc, qui se passe dans l'univers de Breaking Bad (une de mes séries préférées) et qui suit le personnage de Saul Goodman (un de mes personnages préférés dans Breaking Bad).

Seulement, c'est bien de vouloir faire une série, mais encore faut-il trouver des trucs à nous montrer, Vince!

Et pourtant, je ne suis pas une inconditionnelle des séries pleines d'actions : j'apprécie sans problème des séries plus contemplatives et où il ne se passe pas grand-chose, si les personnages sont bien écrits et suffisamment complexes (Mad Men, Six Feet Under, et j'en passe).

Et, au vu de Breaking Bad, j'étais plutôt confiante que l'ami Vince saurait sans trop de peine nous sortir une série avec, certes, moins d'action que dans Breaking Bad (puisqu'on suit un avocat véreux, et pas un dealer de drogue), mais avec suffisamment de personnages profonds pour qu'on puisse pas mal s'enjailler.

D'ailleurs, j'étais tellement confiante que je me suis péniblement tapé QUATRE SAISONS (quarante  heures de ma vie, donc) avant de finalement jeter l'éponge.

La faute à un interprète principal impeccable et charismatique, et à une photographie d'une beauté fatale (ces plans, mon dieu, CES PLANS!), qui me faisaient dire après chaque épisode :

- Bon, cet épisode-ci, il était un peu mou, mais le suivant sera mieux! Il va se passer des choses très bientôt, je le sens.

Sauf qu'au bout d'un moment, il faut se rendre à l'évidence, Charlotte, et accepter la dure réalité : non, il ne se passe rien. Il ne se passe jamais rien dans cette série, on s'emmerde à mort, heureusement que les plans sont beaux pour qu'on ait quand même quelque chose à regarder, parce que dis donc, on se fait CHIER.

J'ai quand même regardé la saison 4 en me disant "allez, c'est la dernière, finis ce que tu as commencé". ET ENSUITE JE SUIS ALLÉE SUR WIKIPEDIA ET J'AI VU QU'IL Y AVAIT UNE SAISON CINQ??!

(Mais...non!)

(Ça suffit!)

Donc, comme cette série n'a pas l'air décidée à s'arrêter, je fais un truc que j'aime vraiment pas : je m'arrête de moi-même, et ce après avoir investi un temps considérable dans cette série.

(C'est un peu comme d'abandonner un bouquin dans les cent dernières pages : ça se fait pas.)

(Mais j'ai déjà perdu 40 heures, j'en perdrai pas 10 de plus.)


Sense8


Non, bon, mais là, je sais ce qui s'est passé, et c'est aussi de ma faute.

Quand Sense8 est sorti, j'ai beaucoup aimé son concept de base, ses acteurs, et son côté follement original qui faisait TELLEMENT DU BIEN.

J'ai même aimé son côté mièvre à fond, parce qu'en ce moment les séries c'est bien mais quand même franchement déprimant (t'ai-je parlé du trauma de The Handmaid's Tale saison 2?) (non parce que je le vis mal, sérieusement, des fois je repense à l'épisode où June revoit sa fille et j'ai envie de re-chialer, pour de vrai). Du coup, ça faisait du bien de regarder une série où tous les protagonistes étaient de gros Bisounours et passaient leur temps à faire des discours sirupeux :

- La guerre, c'est mal! Vous savez ce qui est cool? L'amour !
- L'amour c'est beau !
- On devrait tous s'aimer !
- On devrait tous se donner la main et faire une ronde autour de la terre !
- Et on devrait tous faire des partouzes géantes !


(Non, mais pourquoi pas, hein.)

Et je pense que c'est la tristesse de voir cette série annulée si tôt qui m'a fait oublier ses faiblesses, et qui m'a empêché de voir la triste vérité : que cette série n'avait en fait qu'un potentiel à très court terme.

Parce que, mon dieu, en regardant cet épisode final, je me suis dit HEUREUSEMENT qu'on n'a pas eu une saison entière !

J'veux dire, on peut parler une minute de ce scénario à la mords-moi le nœud? Je sais bien que vous aviez une saison entière à caser en deux heures, et qu'il fallait résoudre toute l'histoire avec les méchants, et la police, et la police qui bosse pour les méchants, mais alors si vous manquiez tellement de temps POURQUOI VOUS AVEZ PRIS QUINZE PUTAINS DE MINUTES A FAIRE DANSER VOS PERSONNAGES DANS UNE AUDI???!


(Était-ce bien nécessaire?)

Parce que, récapitulons, on doit caser que le cluster d'Angelica et Jonas travaillait pour le BPO (les méchants), reconstruire toutes leurs timelines (alors qu'on...s'en fout?), ah oui et puis y'a un méchant plus méchant que le méchant qui est le vrai méchant (... pourquoi?), ah oui et tu te rappelles la backstory tragique de Wolfgang, eh ben elle est encore plus tragique MAIS OUI ENFONCE LE CLOU MARCEL ON AVAIT BIEN BESOIN DE CA.

(J'veux dire, le mec a tué son oncle et la moitié de sa famille dans la saison 1, on pouvait pas s'arrêter là? Fallait-il vraiment qu'il ait aussi tué son père et que son père ait violé sa mère qui est en fait sa soeur? Tu vois à quel point cette storyline dégouline de pathos trop chargé?)

En parlant de s saisons précédentes, les chorégraphies des combats ont aussi pris un coup dans cette finale, notamment la scène à Naples avec des méchants qui visent comme des putains de Stormtroopers, heureusement qu'il y a un lance-roquettes pour que ça finisse de manière un peu cool.

De même, je comprends l'envie d'une happy end, mais était-ce bien nécessaire de faire une happy end TELLEMENT LONGUE ET TELLEMENT MIÈVRE ET OH MON DIEU UN MARIAGE SUR LA TOUR EIFFEL VOUS ETES SÉRIEUX???!


(Putain et même les fantômes sont là pour s'enjailler non mais JPP.)

(Aussi, POURQUOI EST-CE QUE VOUS DANSEZ AU RALENTI JE CROYAIS QUE VOUS AVIEZ PAS LE TEMPS?)

Par contre, je kiffe les robes de mariées de Nomi et Amanita, trop belles, c'était la seule chose intéressante dans ce mariage interminable de mille heures:


(Re-par contre, j'adore le personnage d'Amanita, mais est-ce qu'on peut revenir deux secondes sur le fait qu'elle a un nom de champignon?)

Et oui, soit, les relations entre les personnages sont choupi, mais est-ce qu'on peut avoir une pause DEUX MINUTES avant de se noyer dans cet océan de sirop à la guimauve?



Au final, je reste quand même heureuse d'avoir vu cette série, et heureuse qu'elle ait existé en son temps (notamment pour ses parti pris d'inclure des personnages de toutes les nationalités et de toutes les orientations possibles dans une série mainstream, ce qui n'est pas donné à tout le monde). Mais cette finale me laissera quand même un goût un peu amer.

Et on finit sur ma plus grosse déception de cette année:

Black Mirror


Oh là là, mes aïeux, quel fiasco.

J'veux dire, c'est le propre de cette série d'avoir des épisodes qui oscillent en qualité, mais là, honnêtement, à part l'épisode 5 (Metalhead) que j'ai beaucoup apprécié (notamment pour son histoire épurée, son rythme haletant, et son absence totale de gimmicks technologico-futuristes), y'avait rien à se mettre sous la dent.

On passe sur les épisodes 1 (USS Callister) et 4 (Hang the DJ) où on s'ennuie gentiment, parce qu'au moins, il y avait des bonnes idées derrière le scénar, et les acteurs sont charismatiques et arrivent quand même à sauver le truc.

(Par contre, on en parle de vos épisodes d'une heure et demie? Vous vous êtes crus dans Sherlock ou bien?)

On va s'arrêter un peu plus sur la nullité totale des épisodes 2 (Arkangel) et 3 (Crocodile) qui sont écrits avec le cul, en sus d'être filmés avec les pieds.

Le problème principal que j'ai avec ces deux épisodes, c'est qu'ils vont à l'encontre du principe de la série, qui est, je le rappelle : proposer une vision déformée du futur proche ou lointain via un concept technologique qui a transformé (de manière plus ou moins drastique) notre société. Ceci permet (et c'est le principe même de la science-fiction) de poser une réflexion sur notre monde actuel.

Donc, le concept de Black Mirror n'est PAS, comme je l'ai entendu mille fois, de "prédire le futur" ou je ne sais quoi. C'est pas une série faite pour être prise au pied de la lettre.

C'est pour ça que ça m'énerve toujours d'entendre des critiques qui disent :

- Heu, cet épisode sur les réseaux sociaux, il est complètement con, hein! En vrai, la société ne pourrait pas fonctionner si on mettait des notes comme ça à tout le monde! C'est franchement pas réaliste-an!

Mais bordel, personne ne suggère que c'est censé être réaliste !

Personne ne dit que les réseaux sociaux vont progressivement prendre le pouvoir sur notre monde jusqu'à ce que ceux qui ne les utilisent pas soient littéralement jetés en prison et mis au ban de la société !

(C'est la même avec tous ceux qui critiquent "Annihilation" parce que "Heu, l'ADN en vrai ça marche pas comme ça, hein." MAIS ON SAIT ! C'EST UNE ALLÉGORIE BORDEL DE CUL ! ON EN UTILISE DEPUIS L'AUBE DE L’HUMANITÉ, COMMENT T'AS PAS ENCORE COMPRIS COMMENT CA MARCHE?)

Le principe de la série n'est donc PAS de nous montrer ce qui "pourrait arriver", mais de forcer le trait pour qu'on se questionne sur ce qui nous paraît actuellement anodin.

(Par exemple, l'utilisation des réseaux sociaux comme vitrine d'une vie idyllique et le mal-être qui en découle, qui est en train de devenir un véritable problème dans notre société actuelle.)

(Enfin, pas un GROS problème, un problème de riches, on est d'accord, mais quand même.)

Bref bref.

Le problème avec ces épisodes, donc, c'est qu'ils vont à l'encontre de l'esprit de la série, parce qu'ils traitent de trucs qui ne sont PAS des problèmes de société, mais juste des problèmes pour gens tarés.

Dans l'épisode 2, "Arkangel", une mère célibataire décide d'implanter un tracker dans la tête de sa fille, qui lui permettra non seulement de voir à travers ses yeux dès qu'elle le souhaite (via une tablette qu'elle transporte avec elle) mais en plus de contrôler ce que sa fille voit en "floutant" sa vision lorsqu'elle voit des choses traumatisantes.

Et je trouve que ça trahit l'essence de la série, parce que, contrairement aux innovations présentées habituellement, où on voit clairement un bienfait en surface (par exemple, l'implant neural qui enregistre tes souvenirs, ou les abeilles robots qui remplacent celles qui sont mortes), là, c'est une idée qui pue du cul dès la première seconde!

J'veux dire, on est d'accord qu'il y a une différence entre le souhait abstrait "Ah, si seulement je pouvais suivre mon enfant à distance pour voir comment ça se passe quand je suis pas là" et "Tiens, si j'allais mater mon fils adolescent dans sa chambre pour être sûre qu'il ne prend pas de drogues, en sachant qu'il y a neuf chances sur dix que je le voie en train de se branler?"

(Pareil pour le "floutage" des trucs traumatisants : il suffit de réfléchir plus d'une demi-seconde pour se rendre compte que c'est une bonne grosse idée de merde.)

Alors okay, l'épisode cherchait sûrement à poser une réflexion en mode "surveille-t-on trop nos enfants?", mais de toute manière, c'est pas vraiment un problème actuel - y'a toujours eu des parents paranos et il y en aura toujours, c'est pas la technologie qui va influencer le problème dans un sens ou dans l'autre.

(En 1997, avant l'âge d'internet, j'avais déjà des amies dont les mamans appelaient le téléphone fixe toutes les heures pour vérifier qu'elles étaient toujours à la maison et qu'elles s'étaient pas faites kidnapper.)

Dans l'épisode 3, "Crocodile", c'est le même genre de ratage : Mia, le personnage principal (ultra antipathique, d'ailleurs, je sais pas si c'est voulu mais dans tous les cas ça n'aide pas), aide son copain à camoufler un crime alors qu'il renverse un cycliste avec sa voiture et se débarrasse du corps. Des années plus tard, l'ex-copain refait surface, rongé de remords, et annonce à Mia qu'il veut confesser son crime. Du coup, Mia le tue et se re-débarrasse du corps, MAIS se retrouve à devoir couvrir ses traces, à cause d'un instrument appelé le "Recaller" qui permet de voir les souvenirs des gens - du coup, elle se retrouve à tuer tous les témoins potentiels de son crime.

Et non seulement l'épisode est globalement mauvais (dialogues au ras des pâquerettes, interprètes à la ramasse, twist de fin navrant), mais encore une fois, quelle était la réflexion à laquelle vous vouliez nous amener? Que c'est chiant de commettre des crimes de nos jours parce qu'on peut plus facilement se faire capter? Qu'on exploite nos données personnelles à des fins tout à fait logiques et raisonnables? Parce que là, c'est ce qui se passe dans l'épisode, hein.

Genre, oui, okay, les souvenirs ça devrait être quelque chose de privé, mais BORDEL DE MERDE LA NANA CACHE UN MEURTRE est-ce qu'on va vraiment faire la fine bouche?

Et on finit sur ce qui est à mon sens le plus mauvais épisode de cette saison (et celui qui m'a définitivement dégoûté de regarder cette série si elle continue) : l'épisode 6, "Black Museum".

Alors, déjà, raconter trois petites histoires au lieu d'une, pourquoi pas, mais encore faut-il que ce soient des histoires intéressantes. (Déso, pas déso, on se fait chier avec ton docteur maso.)

Et puis, surtout, cet épisode s'entartre dans sa propre mythologie avec tellement de suffisance que, si cette série était une personne, j'aurais envie de lui en retourner une.


(BOUH!)

Je te jure, cet épisode va tellement loin dans le n'imp que les gifs sans contexte sont un pur plaisir :


(Par contre, chapeau à cette actrice pour garder un sérieux total en pareille situation.)

Bref, je donne à cette saison la note de déception/20.

Après cette trèèèès longue tirade, je te laisse pour aller chroniquer les meilleures séries de l'année, et on se retrouve très vite !

Appel à témoins : si tu as vu les séries sus-citées, qu'en as-tu pensé? Ton avis m'intéresse ! Lâche tes commmzzz

mardi 6 novembre 2018

Brève langagière


Et sinon, depuis que je suis prof d'anglais, j'ai jamais été aussi nulle dans toutes les autres langues.

Bon, d'un côté, c'est un peu logique : je parle anglais tous les jours pendant trois à six heures, je lis des livres en anglais, je regarde des séries en anglais, et les seuls Français à qui je parle sont des Alsaciens, et toi-même tu sais qu'on n'est pas exactement des académiciens.

- C'est qu'est-ce que je dis tout le temps!
- Chut, mon chéri, chut.

Résultat, je perds mon français à une vitesse alarmante : rien que la semaine dernière, j'ai hésité sur quelle voyelle placer mon accent circonflexe dans le mot "châtaigne". Et le jour suivant, j'ai dit "UNE astéroïde" au lieu de "UN astéroïde".



(Je sais, moi aussi je me dégoûte.)

Le pire, dans tout ça, c'est encore la fois où je me suis faite corriger par Flaxou sur une bête question d'article :

- J'ai juste pris du pain à la boulangerie. J'aurais bien pris une éclair, mais ils en avaient plus.
- On dit UN éclair, non?
- N'importe quoi!
- Mais si, je te jure!
- Mais non! UN éclair dans le ciel, UNE éclair à la vanille! C'est comme ça qu'on fait la différence!
- J'crois bien que t'es la seule à faire cette différence.

Comme je le croyais pas, on a parié notre pari habituel (deux Euros) (oui, c'est plus pour le principe) (de toute façon on fait compte commun, donc on pourrait aussi bien parier mille Euros, en fait) et, à ma honte suprême, Flaxou avait raison et j'avais tort.

(FLAXOU avait raison sur un point de grammaire !)

(Le mec qui dit "si j'aurais"!)

Evidemment, il est sorti de la recherche Google avec cette tête :




(Faut s'imaginer le petit rire fat qui va avec.)

Il était particulièrement heureux pour deux raisons : premièrement, parce que je passe mon temps à corriger son français lamentable (mais, en même temps, "si j'aurais", quoi) et deuxièmement, parce qu'il était encore frustré du match nul de notre précédent pari :

- UN bretzel!
- UNE bretzel!
- N'importe quoi ! C'est UN bretzel, sinon on l'écrirait "bretzelle"!
- Toi, n'importe quoi ! En alsacien c'est "s'brezel"! DONC FÉMININ !
- MAIS ON PARLE PAS DE L'ALSACIEN, LA, MADAME BESCHERELLE !
- MAIS ON PARLE PAS DE TON CUL CRASSEUX WESH !

(Oui, dans notre foyer, les disputes linguistiques montent vite.)

Au final, on est allés vérifier, et on est tombés sur ça :



CA NOUS FAIT UNE BELLE JAMBE, CA, MADAME.

(N'empêche que, perso, tout ce que cette histoire m'a appris, c'est qu'il faudrait que tout le monde mette le mot "éclair" au féminin quand on parle de pâtisserie, parce que c'est vachement plus simple pour la différenciation.)

(Et je maintiens que c'est moi qui avais la meilleure théorie du genre pour les bretzel.)

(Flaxou est juste un phallocrate et c'est tout.)

Bref, je deviens nulle en français, mais pas seulement !

Parce que, cinq ans en Nouvelle-Zélande à parler quasiment qu'en anglais, ça m'a aussi fait oublier toutes les langues que je savais parler avant de partir.

(A part mon polonais, qui se maintient ma foi pas trop mal.)

(Merci à mes 500 heures passées sur le Witcher.)

(A tout moment, je peux te dégainer un "montrez-moi vos marchandises" du plus bel effet.)

J'ai plus ou moins fait mon deuil du russe et du polonais (à part mes phrases tirées du Witcher, donc), en revanche, pour l'allemand, c'est nettement plus gênant - en particulier parce que je fais mes courses en Allemagne une fois par semaine, et que je parviens tout juste à ânonner "Ich habe ein Pfandbon" sans me couvrir de ridicule.

Pour réussir à communiquer de manière plus efficace avec mes voisins, j'ai donc décidé de rafraîchir un peu tout ça, et j'ai téléchargé Duolingo sur mon téléphone, parce qu'on m'avait dit :

- C'est la MEILLEURE appli pour l'apprentissage des langues ! Super complet, super ludique, on se demande pourquoi y'a encore des profs de langue, ha ha !

Alors, déjà, je vais t'expliquer pourquoi, trouduc : les applis, c'est bien comme COMPLÉMENT d'apprentissage d'une langue (particulièrement pour le vocabulaire), mais ça ne remplace pas un cours complet.

Et Duolingo, j'avoue que c'est bien fait en termes d'interface : c'est facile à utiliser, tu as des récompenses pour te motiver à continuer (des "badges"), et, à chaque leçon, tu gagnes des "points XP" qui t'aident à débloquer les unités suivantes.




(Bon, ça sert à rien, mais c'est joli!)

Après, même moi, qui suis très sensible aux codes du jeu vidéo, quand je reçois un message qui me dit "attention, tu vas perdre ta série si tu ne fais pas ta leçon aujourd'hui!", je dois te le dire honnêtement, ça m'en touche une sans bouger l'autre.

En fait, ce qui m'a le plus étonné en utilisant cette appli, c'est que, pour un médium résolument moderne, la méthode d'apprentissage est... curieusement archaïque.

Déjà, tout est basé sur la traduction, un truc qui ne se fait plus depuis au moins quinze ans dans le milieu de l'apprentissage des langues.

Je dois d'ailleurs batailler tous les jours avec mes élèves les plus âgés, qui insistent systématiquement pour me faire de la version :

- Can you read the text out loud, please?
- OK, je lis et je traduis?
- Non, lisez juste à voix haute.
- Et ensuite je traduis?
- Non, ce n'est pas nécessaire. S'il y a un mot que vous ne comprenez pas, dites-le moi, et je vous l'expliquerai.
- Et vous me donnerez la traduction du texte ensuite?



D'ailleurs, c'est pas que la méthode qui est archaïque :




(Mais lave ta chemise toi-même, et lave ton cul pendant que t'y es!)

Nan, en vrai, la méthode peut être utile pour apprendre du vocabulaire aux grands débutants :




(Mais alors vraiment GRANDS GRANDS débutants, hein.)

Cependant, le fait de traduire des phrases sans aucun contexte n'est franchement pas idéal pour évaluer le degré de compréhension (et je ne parle même pas de l'absence totale d'activités de grammaire, d'écoute ou d'expression orale). 

En fait, quelquefois, j'avais vraiment l'impression d'être en face d'un manuel de langue des années 60, en mode "My tailor is rich" et "Brian is in the kitchen":




(Une phrase très utile à replacer dans la vie de tous les jours.)




(Une phrase utile seulement si tu rends visite à tes potes squatteurs d'une usine abandonnée à Berlin Est.)




(Une phrase très utile, mais uniquement si on est Boucle d'Or.)

Après, je vais pas faire ma mauvaise langue, Duolingo m'a quand même appris des phrases avec une portée culturelle indéniable :



(Simple, basique, essentiel.)

Par contre, est-ce que vous partez du principe que tous vos élèves sont des vieilles dames aux chats? Parce que le nombre de phrases avec des chats dedans est tout bonnement alarmant :




(TU M’ÉTONNES)

Sans déconner, j'ai vraiment l'impression que l'appli est ciblée pour des genres d'ermites, cf. toutes ces phrases ma foi fort utiles :



Bon bon bon, c'est l'ambiance de folie chez Duolingo !

Heureusement qu'il nous reste la bouffe pour se consoler d'avoir douze chats et aucun ami :


(You and me both, sister.)

Malheureusement, on connaît les conséquences de l'excès de chocolat :




(Non mais c'est bien de nous préparer.)

Pour finir, je tiens à saluer ces phrases totalement n'imp, mais qui m'ont bien fait rigoler : 




(C'est la joie chez Duolingo, vol. II)





(Et la chair est triste, oui oui, on t'a reconnu, Stéphane Mallarmé)



(Duolingo, édition vosgienne.)

En conclusion : ça fait maintenant trois semaines que j'utilise Duolingo tous les jours, et hier, au Aldi, une dame m'a demandé si elle pouvait passer devant moi à la caisse, je me suis écartée, et je lui ai déclaré bien fort : "PROSZE!"

Ce qui veut dire "Je vous en prie."

En polonais.



(Ouais, on n'a pas le cul sorti des ronces.)