jeudi 18 juin 2009

You can step all you want, but don't step on my blue suede shoes



A priori, je suis pas vraiment non plus la fashion victim.

J'ai quatre paires de chaussures (baskets, bottes de pluie, bottes de neige, sandales) (vous noterez l'utilité des deux paires de bottes que je porte la moitié de l'année, paye ton temps pourri en Alsace). J'ai aussi cinq jeans, deux pantalons, et des dizaines de T-Shirts à messages plus ou moins marrants, et tous incroyablement geeks. (J'ai quand même un T-Shirt qui dit "allergique à la kryptonite, en cas d'ingestion appelez le ...")

Donc bon, Londres, pour moi, c'était surtout les musées gratuits, les histoires de décapitations sanglantes, la Magna Carta et mon méga-pote Richard II (qui sera haussé au range d'hypra-pote si j'ai plus de 14 à l'examen de littérature britannique). C'était moins la patrie du Topshop et de Primark.


Cependant, ma plus proche amie étant Sarah, vous pouvez vous douter qu'elle a un peu déteint sur moi (qu'est-ce que je suis malléable, quand même).
Donc j'ai fait deux-trois emplettes fashion quand je suis arrivée en terre albionnesque.

Faut savoir que j'avais prévu beaucoup de pulls, de gilets, d'imperméables, et deux ou trois hauts olé-olé pour si jamais je sors (parce que quand même, ne ternissons pas l'image de la patrie en s'habillant comme un sac, y'a une raison pour laquelle Coco Chanel n'était pas lettone.)


Et donc, j'arrive à Londres, y'a un soleil comme ça, il fait 25 degrés, et dans mon bureau, à cause de toutes les photocopieuses et des ordis, il fait genre huit mille degrés. Or, j'ai ce
petit problème de transpiration des pieds, qui vraiment si on regarde le problème bien en face n'en est pas vraiment un, c'est juste que bon...

Bref. J'avais chaud, et j'avais trop écouté ma mère, et j'avais rien à me mettre.


D'urgence, je fonce donc au H&M le plus proche (celui d'Oxford Circus). Tu vois un hangar à porte-avions ? Ben c'était un peu ça, sur trois étages, et tu remplaces les militaires par un millier de filles qui piaillent de partout, parce que, bon, c'est des filles dans un H&M, quoi.


Donc j'attrape les T-shirts en promo, blancs, simples, on voit pas le tatouage, nickel.
Et puis, dans la foulée, je me suis sentie d'humeur corsaire, et je me dis, allez, à l'abordage, je me lance dans un magasin de chaussures et je me dégote une paire de sandales.

Faut savoir que j'avais des très jolies chaussures pour le boulot. Des chaussures neuves qu'on met sans chaussettes. Des chaussures toutes neuves. Toutes, toutes neuves. (Si tu vois où je veux en venir, fais une grimace de douleur).


Donc, pour calmer mes ampoules un peu exubérantes (genre je m'installe sur ton orteil, je fais comme chez wam, amène-moi un café) je vais chez Clarks, qui est censé être le dieu de la chaussure, que ça te fait aux pieds comme avec des Birkenstock, mais sans l'air con.


Et là, je sais pas trop ce qui m'a pris, c'était peut-être l'air chargé du parfum des mouettes de la Tamise qui m'a fait essayer une paire de sandales à talons.


C'était comme si toute ma vie n'avait été qu'un grand mensonge. C'était comme la fin de tous mes malheurs sur la terre.


Je peux être grande. J'avais prié tous les dieux des univers parallèles jusqu'à Mace Windu, et il avait suffi d'une paire de chaussures pour exaucer mon voeu de toujours. (Je le savais bien que les jedi c'étaient des tapettes. Ah ça pour faire léviter des épées fluo y'a du monde, mais quand il s'agit de rendre service à la communauté, c'est désert comme Colmar un samedi soir)

Donc j'étais heureuse.

Et puis, le lendemain, il a plu. Et le surlendemain. Et tous les jours pendant deux semaines.

Mais de toute façon, les sandales de Dieu, j'arrive à marcher avec pas trop mal, mais pour courir, c'est un peu la galère, du coup je passe la journée à me dire "et s'il y a une attaque de zombies, mondieumondieu, je suis morte, je suis trop morte".


Mais mes aventures accoutrementesques ne s'arrêtent pas là, oh mes frères et soeurs.


Parce que samedi dernier, c'était la plongée dans l'univers étrange et sombre de (tsam tsam) CAMDEN TOWN.
C'est genre le quartier punk-grunge-hard-trash-tribal-metal. Moi j'ai vu deux punks en train de boire de la bière, trois-quatre mecs avec des tatouages de dragons sur les épaules, et plein de chinois qui vendaient des fringues tombées du camion de Topshop.

Et comme ça, au hasard de mes dépenses inconsidérées dans le thème fringues recyclées en patchwork (j'ai été élevée par des hippies, faut-il le rappeler) je suis tombée sur une jolie petite robe que j'avais vue chez H&M et qui avait été trop chère pour moi.

Je la regarde un peu, et là, surgit de nulle part un petit gars à lunettes qui me tint à peu près ce langage (faut vous imaginer l'accent népalais) :


- Hello darling, hello pretty girl, you're very pretty, want to try the dress ?

- How much ?
(moi je vais droit au but, je suis l'OM du shopping)
- Twenty-five, twenty-five. very nice. Come on pretty girl try the dress, last one, last one.


Là je lui dis eh mec c'est genre du XS ton truc, y'a pas marqué Kate Moss ici. Mais il me hurle avec force hochements de tête que si si, ça ira très bien, je suis tellement jolie, tout me va, je suis une fleur de printemps.
Donc bon, j'essaye ma robe (par-dessus le reste des fringues, c'est la jungle ici ma petite dame, même pas de cabines) et en fait, ouais, elle va. Le vendeur se frotte les mains, m'apporte un miroir, je suis belle comme un jour d'été, tout ça.

Donc je lui explique les termes de mon contrat : mon cher monsieur, tu veux pas repartir avec ton dernier modèle sur les bras, et moi je veux pas payer deux centimes moins cher qu'à H&M, alors baisse le prix et tout le monde sera content.


Là il me fait la tête du mec qui réfléchit profondément, me fait tâter le tissu, voyez madame la magnifique qualité de ce tissu, fait par ma belle-soeur aveugle de ses propres mains, vous voyez encore la petite tache de sang qu'elle laissa en se piquant avec la quenouille, vous prendrez bien un petit air de violon avec ça ?


Et puis, devant mon air sarcastique, magnanime, il m'annonce :


- You know what ? You pretty girl, I make you happy. You can have it for twenty-five !

Hein ? But il y a un problème, c'était twenty-five dès le départ.


- No no, not twenty-five, thirty-five, you hear bad, it was thirty-five, you hear bad.


Et toi, you are un peu fouting de ma gueule, non ?


Là j'ai fait le vieux "bon si c'est comme ça je m'en vais", et il a fini par me dire d'un air bougon :


- Okay okay, twenty.


Aha. Tu croyais pouvoir me rouler dans la farine de blé comme ça, petit scarabée.

Mais j'ai marchandé sur les marchés russes, moi, et je peux te dire que c'était autre chose, que c'était du sale et du méchant, du hurlage de chiffres à la gueule et des regards qui disaient "je vais appeler mon cousin et ce soir il t'Anna-Politkovskayse dans un ascenceur". Alors j'ai pas peur des hommes de main du Dalai-Lama.


J'ai affronté la presque-mafia russe dans ma tête, tu te rends pas compte.





PS : Allez, une ou deux photos pour la route.


Des grands meubles en mousse ! J'adore cette ville !




Devinette : Si Godzilla tombe malade, dans quelle capitale du monde va-t-il pouvoir prendre un suppo avant d'aller au lit ?



Ces gens sont fous.

3 commentaires:

  1. chevelure-exquise en angleterre avec toi19 juin 2009 à 00:35

    C'est pas comme si j'etais dans la piece juste a coté de toi mais la derniere photo on dirait vraiment qu'il a un astor sur la tete le gars... ou alors un chat d'olga!

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  2. Juste, j'étais morte de rire tout le long, et la photo-devinette sur le suppo de Godzila m'a achevée! :D

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  3. Godzilla peut aussi aller à Barcelone! ^^
    ET à quand la photo à la robe XS et les chaussures à talons, hein?

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