vendredi 9 septembre 2011



Il est en train de m'arriver un truc qui aurait sa place dans le cinquième volet de "Pirates des Caraïbes". (Ou, éventuellement, dans un épisode de "Fringe". Mais avant qu'ils commencent à fumer la moquette avec leurs mondes parallèles et leurs doubles maléfiques.)

J'ai acheté un médaillon maudit.

Ça a commencé tranquillement, vendredi dernier, au mini marché des antiquaires de Colmar, où je fouinais avec Sarah. Quand soudain, parmi la débauche de grosses chevalières plaquées or, j'ai remarqué un petit médaillon rond, avec une fleur dessus, tout joli. Et, surtout, il pouvait s'ouvrir pour mettre une ou deux photos. Et moi, je voulais mettre une photo de mes grands-parents dedans. 

Sauf que, dans le médaillon, y'avait déjà une photo d'une dame d'antan. Je sais que c'était d'antan parce que la photo était en noir et blanc et que la coiffure faisait très "négligé", "effet saut du lit", "les coiffeurs sont pas ouverts, mais d'un autre côté c'est le moindre de nos problèmes parce qu'on se fait bombarder la gueule par des Allemands", ce style-là.

Du coup, j'ai viré la dame d'antan, que je connaissais pas, pour mettre une photo de quelqu'un que je connaissais. (J'avais pas de photo de mes grands-parents assez petite, alors j'en ai mis une de Professeur Flaxou.)

Et en fait, je crois que j'ai énervé le fantôme de la dame d'antan, parce que depuis que j'ai mis ce médaillon autour de mon cou, elle essaye de me tuer.  

J'te jure, ma vie c'est devenu "Destination Finale".

D'abord, le premier soir où je l'ai gardé pour dormir, j'ai failli m'étrangler dans mon sommeil avec la chaîne du collier. Alors que ça fait 10 ans que je dors avec ma chaînette et que j'ai jamais eu de problème. Tu la sens peser, la malédiction, là?

Ensuite, juste après, on est partis dans les Vosges, avec Professeur Flaxou, et mes amis de l'ITI-RI (Sandrine, Cécile, Brice), et leurs amis à eux. On est restés à Gérardmer, dans le chalet des parents de Sandrine, et il y eut force réjouissances. Déjà parce que c'était cool de voir mes amis, de manger des bonbons, de jouer au puissance 4 géant, de manger de la raclette, de jouer aux cartes, et de faire trois litres de pâte à crêpes. C'était cool aussi de se promener à Gérardmer quand il faisait pas -20 degrés. (C'est parce que d'habitude, j'y vais que pour le festival de cinéma, en janvier.) 

J'ai aussi vu le lac PAS gelé pour la première fois de ma vie, même que Sandrine, Brice et Professeur Flaxou sont allés se baigner alors qu'il faisait la même température dehors que dedans (dans les 15 degrés - eh, c'est la montagne, hein!) et qu'on se caillait déjà les meules rien qu'à rester debout au bord du lac à regarder les canards. (Mes amis sont trop courageux.)

Mais moi j'y suis pas allée. Déjà parce que j'avais pas pris mon maillot de bain (et qu'on a beau commérer, mais je ne suis PAS exhibitionniste), mais surtout parce que je voulais pas donner au fantôme du portrait plus de grain à moudre. Déjà qu'elle essaye de me tuer à chaque instant de ma vie, je vais pas non plus lui servir des occasions en or sur un plateau, hein.

- Oh tiens, si j'allais me jeter dans l'eau d'un lac à la profondeur inconnue, en pleine nuit, sans témoins, dans le froid, au milieu de la brume, juste après avoir mangé. Je ne vois pas du tout ce qu'il pourrait m'arriver comme infortune.

Merci bien, je suis pas un jambon.

Non, parce que les jours suivants, le fantôme du médaillon a vraiment essayé de me tuer, hein. Par tous les moyens possibles. 

On est allés faire une balade sur le Hohneck, bon déjà c'est pas la chose maligne à faire quand tu es poursuivie par un esprit malin. Parce que le Honeck, c'est sur une crête. Et qu'en-dessous de la crête, il y a quoi?
 Gagné, un immense précipice sans fond!

Et que, non content de marcher le long de ce précipice, on a décidé de faire quoi, ensuite?
Oui c'est ça, grimper des rochers, sans cordes, avec un précipice de chaque côté!

Et là, la meuf du portrait, elle bouillait tellement de rage de pas avoir réussi à me faire tomber (sauf à la toute fin de la balade, quand j'ai raté une marche sur un escalier tout minuscule et que je me suis fait un bleu au genou) qu'elle a décidé de se venger quand on est allés faire de la luge d'été.

La luge d'été, je t'explique le principe si t'habites pas du côté du col de la Schlucht : c'est des sortes de pistes de bobsleigh qu'on installe sur les pistes de ski une fois que la neige a fondu, et comme ça tu peux quand même utiliser la pente et les remontées mécaniques pour t'éclater. 

Sauf que moi, grâce à mon fantôme vengeur, j'ai failli m'éclater au sens propre du terme. Parce qu'à un moment de ma descente, j'ai pris un virage un peu sec, et ma luge a quitté la piste. Mais, grâce à ma chance de cocu mes réflexes d'acier, j'ai sorti ma main et je l'ai appuyée le long de la rambarde pour faire redescendre la luge, et mon véhicule a regagné la piste. (Limite je pourrais passer dans les émissions de TF1 où ils interviewent des gens qui ont cassé leur élastique pendant le saut, et tout ça.)

Seulement, quand je suis arrivée en bas, je me suis rendue compte que ça sentait le cochon grillé. Et pourquoi ça sentait le cochon grillé? (Je te le donne dans le mille) Parce que j'avais CRAME ma main sur la rampe de la luge! Elle veut ma mort, je te jure, elle veut ma mort!

Mais comme j'avais pas encore assez pris dans la gueule, j'ai décidé que tout ceci n'était que balivernes et contes de bonne femme, et que je ne risquais rien en portant ce collier.

Sauf que, plus tard le même jour, le connasse du médaillon m'a finalement eue.

On était allés au lac de Gérardmer pour faire du pédalo, mais ils étaient tous fermés. Frustrés et déçus, on se remettait en route vers le chalet, quand soudain, en passant par le parc, j'ai aperçu un vieil arbre, avec des grosses branches basses et plein de feuilles, bien comme je les aime. Là, j'ai lancé à Professeur Flaxou : "Eh Fla, viens, on grimpe dans l'arbre!" Donc on y est allés. Seulement, le première branche était plus haute que je pensais, et l'arbre entier était couvert de mousse.

Et c'est là que la salope du médaillon a pris le contrôle de mon cerveau, parce qu'en temps normal, j'aurais dit :

- Non, y'a de la mousse, ça va me faire glisser avant même que j'arrive à la première branche.

A la place, j'ai dit :

- Flaxou, fais-moi la courte échelle.

C'était pas vraiment le truc à dire. Maintenant que j'y repense, j'aurais mieux fait de dire :

- Flaxou, ramène-moi au chalet.

Ou bien :

- Flaxou, frappe-moi dans le visage avec une pelle.

Ça aurait toujours été moins con.

Mais je lui ai demandé de me faire la courte échelle. Et il m'a fait la courte échelle. Et je suis montée sur la première branche de l'arbre. Et j'étais en bon chemin pour arriver à la deuxième branche. Sauf que la malédiction pesait sur moi. Et peut-être aussi qu'il y a eu la mousse.

Et maintenant... je suis morte.

Et c'est à mon tour de hanter les gens.









PS : Nan c'est des conneries, j'ai juste une entorse du genou. Mais avoue, t'as eu la trouille un petit moment.

PPS : N'empêche que mon médaillon, il est à la cave maintenant.

4 commentaires:

  1. chevelure-exquise9 septembre 2011 à 05:53

    En plus de tout ces malheurs, tu as 10€ dans le cul!

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  2. Ma pauvre Charlotte!
    C vrai ke sur ce coup, t'as été gratinée... J'irai allumer un cierge à Notre-Dame pour la guérison de ton genou ;)

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  3. Tu devrais envoyer un petit script aux scénaristes de Ghost Whisperer je pense...tu tiens un bon filon là..(mais laisse quand même le médaillon à la cave, ou mieux, vend le au marché aux puces)

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  4. Mdr
    pas mal du tout :)
    Je découvre ton blog,il est cool ton article.
    Moi je dis, tu n'aurai jamais du la traiter de salope la fille du médaillon :)
    bis
    Obijes
    obijes.over-blog.com

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