mercredi 24 août 2011

Un jour je serai le meilleur dresseur, je me battrai sans répit



L'autre jour j'ai vu sur Internet qu'il existait désormais 649 Pokémon.

Eh ben mon vieux, ça nous rajeunit pas.

Moi, quand je pense à Pokémon, je pense aux 150 premiers, à l'époque où ils étaient encore mignons et qu'ils ressemblaient encore vaguement à des animaux du vrai monde, et que les concepteurs japonais n'avaient pas encore trop fait bouillir leur cerveau dans les radiations.

(Non mais c'est quoi cette horreur? On dirait une tumeur de l'estomac! Je sais même pas dans quel sens on est censé le regarder!)

Tu sais, à la grande époque de la bonne grosse Game Boy grise, qui pesait 3 kilos et qui nécessitait 4 piles. Apparemment y'a encore des tarés qui sont nostalgiques de la Game Boy originelle : c'est vrai quoi, rien à voir avec les petites DS de tapettes d'aujourd'hui! Fi des écrans tactiles et autres boutons L et R! Non, là c'était une vraie console de bonhomme, tu vois! Deux boutons et démerde-toi! Et quand il fait nuit, eh ben tu t'arrêtes de jouer mon vieux, zéro rétro-éclairage! (Encore que, pour les nantis, il y avait le formidable gagdet qui permettait de fixer une lampe sur ta Game Boy.)

 (Un concentré de technologie à son apogée.)

On parle aussi de l'engin avec deux heures trente d'autonomie! Tu sais, la douce époque où tu partais en vacances avec un sac de piles AA. Ou alors, encore mieux, t'avais des piles RECHARGEABLES pour gagner de la place dans ton sac! (Sauf qu'elles mettaient 24 heures à charger, et que le chargeur faisait la taille de la principauté d'Andorre, mais bon, on va pas chipoter.)

Moi, je ne regrette absolument pas la vieille Game Boy, mais je regrette les tous premiers jeux Pokémon. Ceux avec des starters qui avaient la classe même une fois qu'ils étaient évolués.

 (Là, c'est classe, ça fait "monstres mythiques". Même si Florizarre ressemble à Jabba le Hutt en vert avec une orchidée sur le dos, c'est quand même plutôt cool.)
(Là, ça fait "expérimentations ratées du Dr Frankenstein". Sérieusement, c'est quoi cet espèce de poulet humanoïde au milieu? C'est le Pokémon le moins classe du monde! On dirait une drag queen déguisée en chevalier du Zodiaque.)

Mais bon, au moins le jeu est resté le même à travers toutes les générations. Tu pars toujours d'un bled paumé pour aller faire le tour de ton pays à pied (et, à partir du milieu du jeu, à bicyclette!), y'a toujours des endroits que tu ne peux visiter qu'en surfant, faut toujours battre les champions d'arène et une ligue à la fin, y'a toujours un casino pour les fois où tu veux faire des mini-jeux, et t'as toujours LE centre commercial de la mort (d'au moins CINQ ÉTAGES!) au milieu du jeu (où tu peux ENFIN acheter des limonades).

Par contre, dans les nouvelles versions, ils ont mis des améliorations cool par rapport aux premiers jeux. 

D'abord, t'as la barre d'expérience pendant le combat (ça évite de devoir toujours aller dans le menu et de regarder "points d'exp. nécessaires avant le prochain niveau", comme c'était chiant ça). Et le multi exp. s'obtient au début du jeu, et sans rien, c'est juste un pékin qui te le fil comme ça, gratos. Alors que dans le temps il fallait avoir attrapé 50 Pokémon pour l'avoir, et moi je l'avais jamais, parce que j'attrapais que les Pokémon avec lesquels je comptais faire la Ligue, et les légendaires. (Je sais même pas pourquoi je m'emmerdais, d'ailleurs, avec les légendaires. Une heure et demie à essayer d'attraper Artikodin... pour ensuite le foutre dans une boîte PC et ne plus jamais y toucher.)

Et alors, l'amélioration qui change tout : les chaussures de sport qui te permettent de courir, et qu'on te donne au tout début du jeu. Eh ouais, plus besoin de te traîner à deux à l'heure à travers la forêt de Jade! Maintenant, on peut y aller au trot! 

(Notez quand même que les gens dans "Pokémon" NE SAVENT PAS COURIR s'ils ne possèdent pas de chaussures de sport. Genre tu peux pas courir pieds nus, non non non, il faut impérativement des baskets spécialisées dans la course. Pays de riches.)

Par contre, y'a des choses qui n'ont pas changé. Genre, tu rentres toujours dans les maisons des gens. 

J'ai toujours trouvé ça hallucinant. Tu te balades tranquille, tu arrives dans une ville, tu fais tes courses et tu vas au centre Pokémon, et ensuite TU RENTRES DANS LES MAISONS DES GENS. Et tu leur tapes la discute dans l'espoir qu'ils te filent des trucs. Et pire, tu fouilles dans leurs poubelles, des fois qu'ils auraient jeté une Super Ball (allez, déconne pas, on l'a tous fait).

Et les gens, ils sont pas surpris que tu rentres chez eux. Au contraire, ils kiffent te raconter leur vie. "Mon Roucool aime quand je lui gratouille la tête!" Ah bah écoute j'suis trop contente pour toi, vieux, ta vie a l'air passionnante. Et t'as même des lourdauds qui te prennent la tête pendant huit minutes (oui, oui, président du Fan Club Pokémon, c'est de toi que je parle! Aboule mon pass pour la bicyclette et ferme ta gueule!).

Sérieusement, essaye de mettre ce contexte dans la vie réelle. T'es chez toi, tu glandes sur ton PC, tranquille, et là, y'a un espèce de clochard qui rentre chez toi, qui MONTE DANS TA CHAMBRE, et qui te dit :

- Salut, je vais de ville en ville en dressant des animaux pour les faire combattre. Tu veux pas me donner une limonade?

Je sais pas toi, mais moi, j'appelle l'officier Jenny. (Bon, dans le jeu, je crois pas qu'elle existe. Ni elle, si ses 34 sœurs jumelles qui s'appellent toutes Jenny.) (Vous sentez pas comme une expérimentation génétique dans le coin?)

D'ailleurs, les officiers de sécurité sont un peu chelou, dans "Pokémon". Genre, les gardiens des parcs, quand tu vas leur parler le jour, ils te disent "Salut, belle journée, non?". Et si tu viens leur parler la nuit... ils te bastonnent. Ouais ouais. Sans autre forme de procès. Ah bravo les bavures policières, hein.

L'autre truc que j'ai jamais compris, c'est les buissons. Tant que tu n'as pas la technique pour les couper, tu peux pas les passer. Heu, excuse-moi, j'ai un Reptincel avec l'attaque "lance-flammes", et tu vas me dire que je pourrais pas CRAMER ce minuscule buisson rabougri? Non non, mieux vaut faire demi-tour. (Ça non plus, malheureusement, ça n'a pas changé dans les nouvelles versions.)

Et enfin, le dernier truc qui n'a pas changé, et qui ne changera jamais :


A CHAQUE FOIS.


Voilà, c'était juste un article pour le fun délire cool, parce que je suis en vacances, que je joue à la Game Boy, et que j'avais envie de partager ce grand moment.


(Et sinon, tu te souviens de l'époque où tu te faisais des amis en leur demandant "c'est quoi ton Pokémon préféré?" Eh ben je te le demande, là, maintenant. Fais-toi plaisir.)

samedi 20 août 2011

lundi 1 août 2011

brève musicale


 Un jour il faudra qu'on m'explique comment Mickaël Miro a réussi à faire un disque.  

Il avait un oncle chez Universal, c'est pas possible autrement. 

Sérieusement, je pensais pas qu'on pouvait faire plus minimaliste que Grégoire en termes de paroles (toi, moi, elle, lui, seuls), mais là, ils jouent même plus dans la même ligue. C'est presque un concept à lui tout seul, Mickaël Miro. Comme l'art cubiste, ou les monochromes. C'est un monochrome de la musique. C'est le "carré blanc sur fond blanc" de la musique.

En fait, Mickaël Miro, c'est un mec qui a décidé de raconter sa vie dans une chanson, et à mi-chemin, il s'est rendu compte qu'il lui était jamais rien arrivé. Du coup il s'est dit qu'il allait chanter plus doucement, et répéter "l'horloge tourne et les minutes font des trucs" histoire de gonfler un peu le script. Mais en fait ça suffisait toujours pas! Le gars il a dû placer, non pas un, ni deux, mais HUIT refrains composés uniquement de "dam dam dé oh" ad nauseam !

Donc pour te résumer la chanson : c'est l'histoire d'un mec qui a 30 ans, et qui raconte sa vie. Ce qui lui est arrivé dans sa vie : sa copine a avorté et sa grand-mère est morte. Voilà. En trente ans, il lui est arrivé ça. 

Et après on s'étonne qu'il ait dû balancer l'histoire du tsunami qui n'a rien à faire là, juste pour faire ses deux minutes. Sérieusement, c'est quoi ce couplet? C'était juste pour dire "Eh tu sais quoi, quand y'a eu le tsunami en Thaïlande, ben je l'ai vu à la télé" ? Non parce que si c'est comme ça, fallait pas t'arrêter là, Mickaël. Fallait nous parler du 11 septembre, du séisme au Japon, de Haïti, des inondations au Pakistan. T'aurais eu au moins 3 minutes à ta chanson, là, c'était de l'or en barre!

En plus, c'est pas pour dire, mais il est pas un peu con, Mickaël Miro? 

Sérieusement écoute sa chanson deux minutes. Il lui faut un SMS pour comprendre qu'il est plus puceau? Genre pendant qu'il se tapait sa meuf, il était où? 

En plus t'imagines le SMS de sa nana : "Ah au fait Mickaël, t'avais l'air un peu te-bé, donc au cas où tu l'avais pas saisi plus tôt, je t'informe qu'on a fait l'amour. A+." Et le mec il le reçoit et il fait "AAAAAAAH c'était CAAAAA!"

Pareil, il lui faut 9 mois pour capter que sa copine a avorté. Genre elle lui dit qu'elle est enceinte, il lui dit "je veux pas d'enfant", elle avorte, et le crétin, il attend les neuf mois. Et au bout des neuf mois, il pousse un soupir de soulagement : ouf, l'avortement a bien marché! En fait, le mec, c'est le mari de Véronique Courjault : salut, ma meuf pourrait être enceinte de huit mois que je verrais rien du tout, du coup je compte les mois, c'est plus sûr comme technique.

Et puis je pense qu'il a pas tout bien compris pour sa mamie non plus. Écoute, Mickaël, tu n'es sûrement pas médecin (vu que déjà tu galérais à comprendre les histoires d'IVG), mais là, il faut que je t'informe : les coeurs ne se suicident pas. Les coeurs n'ont pas une volonté propre, Mickaël, c'est juste des organes. Soit ta mamie s'est suicidée, soit elle a fait une crise cardiaque, un des deux, mais dans aucun des cas ce n'était la faute du coeur, Mickaël.

Parce que bon, de toute évidence, la glose littéraire, c'est pas trop ton truc. Si tu passes une chanson à faire rimer à chaque fois "temps" avec "enfant" (sauf la dernière strophe, t'as mis "bilan", bravo, ta maman t'a acheté un dictionnaire des rimes?) c'est qu'il faut savoir oublier les métaphores, sous peine de passer pour un con. Oui, c'est ça, l'histoire du coeur qui se suicide, t'as l'air d'un con.

Donc, Mickaël Miro, voilà mon conseil : la prochaine fois, fais une chanson sur les fleurs, les chatons, le soleil ou les arbres, mais pitié, ne nous raconte plus jamais ta vie. Même si tu te mets à faire des trucs. On veut plus les entendre, tes histoires.

- Mais non, attendez! Je peux vous raconter comment une fois j'ai été à la Poste!
- Non, c'est fini Mickaël, il faut partir maintenant. 

Va donc t'enfermer dans un ascenseur avec Calogero. 


PS : Et arrête tes clips de manouche. Tu squattes les abribus pour rien.

mercredi 27 juillet 2011

Ma copine Manon est une super copine.

Mais elle a eu une enfance un peu spéciale : jusqu'au Bac, elle a vécu dans la montagne, sans télé, sans radio, sans Internet, sans beaucoup de contact humain (peu de gens sont motivés pour aller vivre dans les Basses-Alpes, semble-t-il), mais avec beaucoup de contact des marmottes et des chamois.

Alors, forcément, quand elle a déménagé à Strasbourg pour ces études, ce fut le choc. Le choc du monde, déjà, et puis le choc de la culture contemporaine aussi. Parce que Manon, elle a lu Anna Karénine à neuf ans et demi, mais par contre elle sait pas qui c'est Bono.

- Bono! Le chanteur de U2!
- Je connais pas. Ils font quoi comme musique?
- Ben ils font... ils font genre des musiques super connues! Bloody Sunday! With or without you! 

Je lui ai fait écouter la musique, elle voyait toujours pas. Et puis, soudain :

- Ah mais si! Bono! C'est celui qui est mort quand j'étais à l'hôpital!
- Heu non, il est pas mort Bono.
- Mais si! Il est mort en janvier, quand j'étais à l'hôpital, ils en parlaient tous à la télé! Le chanteur, là!
- Manon... est-ce que tu es en train de confondre Bono avec Carlos?
- Ah... oui... peut-être que c'était Carlos son nom.

Mais depuis, elle a rattrapé son retard en culture contemporaine, elle a écouté des chansons, elle a regardé des films coréens, elle a été traumatisée à vie par "Old Boy" (comme tous les gens qui ont regardé "Old Boy"), y'a plus de souci.

Mais, de son enfance sauvage élevée par des loups, Manon a gardé certaines habitudes. Par exemple, elle déteste de toutes ses forces les foules de plus de trois personnes. C'est pour ça qu'après Strasbourg (250 000 habitants), elle a décidé de partir à Québec (500 000 habitants). Puis, comme elle s'est dit que la logique c'était pas son fort, elle a décidé de voir les choses en grand, et elle est carrément partie à Moscou (11 millions d'habitants!). Ensuite elle a failli mourir d'agoraphobie, alors elle a décidé de se reposer un peu dans un petit village. Le petit village de Montréal (2 millions d'habitants).

Dans la même foulée masochiste, elle a aussi décidé de n’habiter que des pays froids (Russie, Canada), mais attention, pas du froid laïque hein, du froid de derrière les fagots, du - 30 degrés jusqu'en mars avec les bourrasques de vent et les maisons pas isolées, où ça givre sur la face intérieure de tes fenêtres, ce genre de froid. 

Sachant que Manon, en juin 2007 à Moscou, pendant la pire vague de chaleur de la décennie, quand il faisait 30 degrés la nuit, qu'on était dans une petite chambre au 13è étage et qu'on pouvait pas ouvrir les fenêtres, se mettait au lit avec un pyjama intégral, un drap, deux couvertures, et me demandait :

- Je peux t'emprunter tes chaussettes? Non parce que sinon j'ai froid aux pieds, la nuit.

Ah ben oui c'est sûr, c'est vrai qu'il fait seulement 32 degrés et que le soleil va venir nous frapper en pleine gueule à 3 heures du matin jusqu'à ce qu'on ait l'impression de dormir dans un micro-ondes, là c'est POLAIRE comme climat.

Mais Manon est une personne de contradictions. C'est la fille qui se casse les ligaments croisés, et qui me dit que c'est la pire douleur qu'elle a jamais ressentie, et cinq mois après l'opération, elle galope dans Saint-Pétersbourg et me force à marcher 15 bornes par jour avec elle.

Mais Manon, c'est avant tout une fille sympa, gentille, et super marrante. Le genre de fille qui, quand elle se casse à six fuseaux horaires de chez toi pendant trois ans, ça te fait bien chier. (Contrairement à plein d'autres filles. Anna Gavalda, tu peux te casser quand tu veux.)

Donc j'étais contente de la revoir quand elle est venue pour le long week-end du 14 juillet. Elle aussi, elle était contente de revenir en Alsace, je crois. Je pense que ça a quelque chose à voir avec le fait qu'elle a mangé une tarte flambée à chaque repas. Et qu'à chaque truc qu'on mangeait, elle me racontait comme c'était bon.

- Non mais du fromage quoi, du FROMAGE !
- Ouais enfin, c'est juste le gruyère du Norma.
- Mais il est BON, il est tellement bon, si tu savais!

(Apparemment, au Québec, ils font du fromage goût pneu.)

Du coup, pendant les quatre jours qu'elle a passé en Alsace, on s'est fait tout un programme touristique. Genre on a visité Strasbourg alors qu'elle y a habité pendant deux ans, on a visité Colmar et j'étais un guide formidable :

- Et ici c'est la pharmacie Toc-Toc, où y'a que des gens chelous, faut jamais aller prendre des médicaments là-bas. Et là c'est le bar à hippies, et là c'est le bar à cocktails cher, et là c'est le bar avec que des collégiens, là c'est la librairie avec les livres pas cher, là c'est la rue avec le clochard qui a un méchant chien. Et là c'est la maison natale de Bartholdi, ch'crois. Ou alors c'est juste une porte cochère.

C'est pas ma faute, moi j'ai vécu ici, j'ai jamais fait les visites officielles.

- Ah, et puis là y'a une maison que les touristes prennent toujours en photo. Donc tu devrais prendre une photo, des fois que ce soit connu.

Après on a fait une rando de la mort au Lac Blanc, là j'étais plus utile. Déjà j'étais la seule qui savait comment aller au Lac Blanc (honte sur Professeur Flaxou, le faux alsacien!), et ensuite j'ai pu fournir des informations utiles sur la toponymie du pays Welche :

- Le Lac Blanc, on l'appelle comme ça parce qu'il est blanc.
- Et le Lac Noir?
- Parce qu'il est noir.
- Et le Lac Vert?
- Parce qu'il est vert.
- Et le Lac des Truites?
- Parce qu'il y a des truites.

(On est des originaux, dans la région.)

Le problème, c'est aussi que c'est mon papy qui m'a instruit. Je crois qu'il a un peu assaisonné la vérité à sa façon.

- Alors, le lac des Truites, faut savoir un truc : faut pas aller se baigner là où on a pas pied.
- Pourquoi?
- Parce qu'en fait, y'a une truite géante mangeuse d'hommes qui vit au milieu du lac, et si tu vas trop loin, elle te mange.
- ...
- Quoi? Pourquoi vous me regardez comme ça? Eh vous êtes pas du coin, OK?

Ensuite on est allées au musée Unterlinden, voir le fleuron de l'art médiéval rhénan. (Bon, OK, dit comme ça, ça a l'air chiant. Mais en fait non!) Et comme j'ai fait du catéchisme à l'école, j'expliquais les tableaux à Manon:

- Là c'est la Crucifixion, là c'est la Déploration, la c'est la mise au tombeau, là c'est la Résurrection.

Ça va très bien tant que c'est les trucs connus, après ça se gâte un peu.

- Et là?
- Là c'est Jésus avec... saint...Matthieu? Et ils vont dans... Nazareth? Et là, Jésus fait un miracle... je crois.

Mais le plus fun, c'était le Haut-Koenigsbourg. J'ai passé tout le trajet en voiture à dire à Manon : 

- Tu vas voir, d'en haut on a une vue magnifique sur toute la plaine d'Alsace. Tu peux voir le Rhin, la Forêt Noire, s'il fait beau on voit même les Alpes suisses!

Et là, on rentre dans UN PUTAIN DE NUAGE. Qui s'est accroché à la montagne TOUT L’APRÈS-MIDI. Ce qui fait que, en plus de pas voir à trois mètres devant nous, on s'est aussi royalement pelé les miches, vu qu'on était en petites vestes d'été et qu'il faisait NEUF DEGRÉS.

Mais c'était sympa quand même. On a fait la visite guidée, et Manon a rien appris parce qu'elle savait déjà tout.

- Mais bien sûr que le roi allemand de l'époque c'était Guillaume II de Prusse! Enfin c'est enfantin!

La prochaine fois, on ira au musée du rock irlandais, et là on verra.

Et puis on a fait le musée zoologique et c'était top-moumoute, sauf le petit instant où j'ai cru mourir :
- Ah ouais il est cool ce musée, tiens cette salle dit "Arthropodes", je me demande ce que ça veut dire.

Maintenant je sais. C'est la traduction grecque pour "putain de gros insectes dégueulasses et de grosses mygales de la mort". Mais c'est pas grave, hein, j'irai juste acheter un pacemaker, tant pis.
Donc c'était un week-end de folie et de tartes flambées, et j'espère que Manon reviendra plus souvent en Alsace (et qu'on fera des attractions moins dangereuses pour ma santé).

En attendant, on peut kiffer avec Jésus.

 (Le pouvoir de l'audioguide est en moi!)

vendredi 22 juillet 2011

La foire de Strasbourg, tout le monde y accourt

(La photo la plus géniale du monde!)

Donc, comme j'en avais pas eu assez des machines qui veulent ma mort, je suis retournée à la Foire.

J'ai compris récemment que, quand je dis la Foire, les gens pensent "la foire aux bestiaux", et que je ferais mieux de dire "la fête foraine". Mais chez moi, quand j'étais petite, y'avait la Foire qui venait une fois par an sur le parking de la salle Théo Faller, et y'avait un carrousel où il fallait attraper le pompon, des jeux où il fallait dégommer les boîtes de conserve, des auto-box, une minuscule chenille qui allait AU MOINS à 20 km/h, et une pêche au canard, même qu'une fois j'ai gagné un poisson, j'étais trop heureuse, et deux jours après il était mort et mes parents m'ont fait croire qu'il avait sauté du bocal et s'était évadé dans la Weiss. (Alors que la maison est à un kilomètre de la rivière, prends-moi pour une teu-bé.)

Ben la foire à Strasbourg, c'est pareil. Tu ajoutes environ trois hectares de superficie et un million d'attractions, mais sinon, c'est pareil. Y'a toujours des auto-box, des carrousels, des stands où il faut faire tomber des choses des étagères, des pêches au canard et des poissons rouges qui n'ont plus très longtemps à vivre.

Y'a aussi des machines qui font genre elles vont te faire gagner un IPad (mais en fait elles vont juste te prendre tes sous - en fait c'est à peu de choses près la même démarche qu'Apple), des labyrinthes de miroirs, des sortes de roues pour hamster combinées avec des arbres à chat, mais en fait c'est pour les enfants, des magnifiques détecteurs où tu mets ta main et ça te dit si tu es fidèle, sexy, infidèle ou puceau (une analyse fiable à 100%), des gongs à fracasser avec un marteau qui te disent à quel point t'es super fort (c'est sûrement pour te réconforter d'avoir eu "puceau" à la machine d'avant), des petits trains pour les enfants avec des décors tellement mal dessinés qu'ils vont en faire des cauchemars pendant trois mois, et des étalages de bonbons tellement immenses qu'ils ont failli causer un infarctus chez Professeur Flaxou.

Faut savoir que Professeur Flaxou aime les bonbons à un point qui est à peine concevable chez une personne adulte. Je l'ai vu manger un kilo de bonbons en une seule fois, et ne pas prendre ne serait-ce qu'un gramme en plus. (La génétique est vraiment une sale pute.)

- Oui mais après j'ai eu vachement mal au ventre,

Se défend l'intéressé. Moi je dis : sans déconner! T'as eu mal au ventre après avoir ingéré un kilo de Schtroumpfs? C'est vraiment étrange, dis donc oh là là.

Et y'avait aussi le stand "chez Caroline", avec Caroline qui devait être une multi-millionaire, parce qu'à chaque fois qu'on passait devant son stand, on voyait des dizaines de gens qui faisaient la queue pour choper un ticket de tombola, et gagner des magnifiques peluches Diddl, Kalachnikovs en plastique, et autres mini-motos de trial. (Tu pouvais aussi gagner des Wii-motes, ce qui est vachement cool... sauf si t'as pas de Wii.) (Au moins, les briquets Zippo, tu peux les utiliser indépendamment.)

Je tiens aussi à faire remarquer, pendant qu'on y est, les décorations des foires : sachant que les attractions sont un peu toutes les mêmes, les forains décident souvent de se choisir un thème afin de sortir du lot. Mais comme ils ont moyennement d'imagination, on a trois thèmes, déclinés à l'infini :

- Le thème "Mon enfant de cinq ans a copié ses images de Disney sur ma caravane, du coup tous les personnages ont l'air de sortir d'un horrible accident de la route".
- Le thème "Les années 80 c'était tellement génial que j'ai décidé de garder ma déco disco fever jusqu'à ma mort".
- Le thème "Des nanas à poil PARTOUT".

Vérifiez près de chez vous, je suis sûre que ça se recoupe.

Enfin, nous, on était pas allés à la foire pour s'imprégner des odeurs de pomme d'amour et de la décoration soft porn, mais bien pour faire des manèges à sensation.

Alors, faut savoir que, dans notre bande, y'avait plusieurs niveaux de courage envers les manèges à sensations. Au niveau 100 de la bravoure, on a Cyril, qui était le seul à braver le manège le plus horrible de toute l'histoire des manèges. D'ailleurs on était tous persuadés qu'il allait mourir (sauf Christine, apparemment) :


Ensuite, au niveau 70 de la bravoure, on a Clémence, Tki et Professeur Flaxou, qui ont tenté le manège qui te renverse dans tous les sens et qui te fait faire des loopings.

Au niveau 50 de la bravoure, on a Christine et moi, qui étions d'accord de faire les manèges qui te mettent pas la tête en bas. Genre le machin avec les sièges qui tournent et qui montent, qui faisait tellement pas peur que Tki s'amusait à nous faire des coucous Miss France pendant toute l'attraction.

(C'est tout un art)

On a aussi osé l'attraction baptisée par nous "le rond qui saute" (qui s'appelait en réalité "Tagada", quelle faute de goût). Ce manège, c'est assez space : en fait tu rentres dedans, et ensuite tu t'accroches de toutes tes forces pour pas mourir éjecté sur les gens en-dessous de toi. J'ai d'ailleurs ici une sélection de photos floues, mais complètement épiques : par exemple, là c'est la photo où personne n'a les fesses qui touchent le siège.


 Et là, c'est la photo où on dirait qu'on est des naufragés du Titanic.
(Si tu sautes, je saute.)

Et puis, au niveau 10 de la bravoure, on avait Nono, qui était d'accord de faire des attractions du niveau 50, mais qui a hurlé TOUT DU LONG. (D'ailleurs, c'est bien simple, sur toutes les photos, on a des gens divers qui rigolent, et Nono qui hurle.) Mention spéciale au manège qui tourne, où on a bien cru la perdre :

- Tout le monde va bien?
- NOOOON!
- Vous en voulez encore?
- NAAAAAAOOON !
- Ok, alors c'est parti pour un deuxième tour!
- AAAAAAAH!

D'ailleurs, j'ai même un extrait sonore pour vous prouver que je ne mens pas.


On a aussi passé toute la soirée à se moquer d'elle, certes, mais c'était de bon cœur.

 (Ça touuuurne!)

Et, en dernier, au niveau 1 de la bravoure, on avait Manon, qui a passé la soirée à tenir les sacs de tout le monde. (Mais je lui mets un niveau 1 de la bravoure parce qu'elle a osé manger les tartines flambées de la Foire, et ça, ça prouve déjà quelque chose.)

On s'est quand même bien marrés, même si y'avait plein de monde, que les manèges donnaient la gerbe, et qu'en fin de soirée il faisait tellement froid qu'on avait tous sorti les pulls à capuche.

 
Mais ça nous laisse réviser nos poses de gangsta rappeurs. Tout n'est pas perdu.


PS : J'ai tiré au fusil à pompe (à air comprimé et sans recul, Ok ben tout le monde peut pas être parfait) et j'ai eu TOUTES LES CIBLES! J'ai vachement moins peur d'une attaque de zombies, d'un seul coup.