jeudi 9 février 2012

Ma réponse ne tenait pas sur un commentaire alors j'ai fait un article



Je voulais juste remercier "Anonyme" et son super commentaire sur ma note d'il y a quelques semaines, où j'expliquais que je ne savais pas ce que c'était que l'aiglefin, et où j'ai reçu ça :
et bien dit donc j'espère que t'es pas blonde parce que pour ton futur mari la vie va lui sembler longue ! bon l'aiglefin c'est l'autre nom de la morue en fait la morue est séchée l'aiglefin s'est quand on vient de le pêcher .... et le haddock c'est pas le capitaine que tu boulottes mais le même poisson fumé .Il te faut quitter le rayon du poisson carré et peut être te mettre un tout petit peu devant les fourneaux parce que malgrè tout les maris aime assez bien manger et même si on ne les retient qu'un peu avec la "gueule" on les perd facilement par le manque de culture surtout quand on sort en compagnie de leurs collègues ou avec leur supérieurs au restau .....!Allez courage mon petit.

Donc, merci, Anonyme. Ça faisait depuis le Skyblog que j'avais pas eu de commentaire aussi débile, dis donc.

Par quoi commencer?

Le vieux cliché des blondes? Non, trop facile.

Ou bien la précision inutile sur le haddock? (On sait jamais, au cas où je ne connaîtrais aucun nom d'aucun poisson du monde entier. Ou bien est-ce que c'était juste parce que t'avais cette blague sur le Capitaine Haddock et que tu ne pouvais simplement pas la laisser passer?)

Ou bien rempiler des clichés (n'ayons pas peur) et me donner des leçons façon Mamie Nova tendance "Non, on n'a jamais quitté 1950, l'émancipation de la femme c'est pour les faibles"

Alors comme ça, les hommes aiment bien manger, et si leur femme fait mal la cuisine, ils vont la quitter? Même si elle est jolie? Trop dur! 

(Et alors t'imagines le mec qui a une femme moche, ça a intérêt à être un putain de cordon bleu, c'est moi qui te le dis.)

Bon, et puis l'association "cuisine=culture", j'avoue, fallait la trouver.

Oyez, oyez, mesdames! La cuisine n'est pas seulement un élément de la culture générale! Non non, ça c'est bon pour les hommes, tu vois. Toi t'es une femme, c'est bien plus que ça! La cuisine, c'est TOUTE ta culture! Admets une seule fois que tu n'as jamais fait de cassolette d'agneau, et tu te couvriras de ridicule devant la société entière! Ton mari perdra son emploi par ta faute à cause de ta gaffe au dîner avec ses supérieurs, et s'il finit par te quitter, crois-moi, tu l'auras bien cherché!

(Non, mais c'est génial ce commentaire. J'ai l'impression de lire "The Scarlet Letter", sauf qu'au lieu de l'adultère, c'est "Haro sur le sexe faible! Cette femme, qui n'en mérite même pas le nom, nous a toutes discréditées en admettant ne pas connaître le nom des poissons! Honte et déshonneur sur sa famille pour les siècles et les siècles!")

Bon, et puis y'a la cerise sur le gâteau : "mon petit". Vraiment? Mon petit? Y'a que OSS 117 pour appeler encore les femmes comme ça, on est d'accord?

Donc, chèr(e) Anonyme, si c'est du second degré, j'avoue que je l'ai pas compris et que tu m'as bien eue. Si c'est sérieux, s'il te plaît, par pitié, retourne au dix-neuvième siècle et arrête de donner des leçons empreintes de condescendance à des gens modernes. Mon futur mari préfère avoir des longues discussions, aller au ciné, et jouer à Minecraft avec moi plutôt que de me voir trimer derrière des fourneaux.

Donc, merci pour tes conseils, mais non merci. On préfère manger des Mac Dos dans le respect mutuel.

(On sera gros et heureux, c'est un peu le rêve Américain.)

lundi 6 février 2012

Et des chiens aboyaient aux passants morfondus.


 (image de http://ppfeyte.free.fr/givre.htm)


Plus je regarde le Zapping et plus je suis contente de ne pas avoir la télé.

Mais les gens, il se passe des trucs dans le monde! Pourquoi vous êtes tous qué-blo à nous parler du temps qu'il fait?  

Pourquoi vous envoyez vos stagiaires journalistes se peler le cul toute la journée au milieu des champs de patates?

- En effet Jean-Pierre, depuis l'aéroport d'Orly, je peux vous certifier ceci : il fait froid.
- En février! Inouï! C'est à n'y rien comprendre!
- Je ne vous le fais pas dire.

Mais rentre chez toi, petite stagiaire! C'est pas une vie, ça!

- Et sinon, vu que vous êtes à l'aéroport, comment ça se passe avec les avions?
- Ben, il a neigé cinq flocons lundi dernier, donc... ça va.
- Et la circulation? Des embouteillages sur le périph' peut-être?
- Ben, y'a pas de verglas, donc... ça va.

Heureusement qu'ils ont pas des envoyés spéciaux comme ça toute l'année, dis donc.

- Et nous passons au point météo avec notre envoyée spéciale en direct de Strasbourg.
- Bonjour Jean-Pierre. Il fait 25 degrés en ce joli mois de juin, et il y a du soleil. Quelques courageux se sont même installés sur des terrasses de café!
- Eh ben dis donc c'est pas banal!

Moi je m'en fous, j'aime bien l'hiver. (Dit la meuf qui se caille les meules depuis seulement une semaine, viens me reparler fin mars quand il fera encore moins dix, pour voir.) En plus, en Alsace, on est contents, en une semaine on a eu notre quota de soleil annuel. (Rigolez pas trop, dans le Sud. Nous, nos communes savent gérer les chutes de neige.)

Je l'aime surtout depuis le week-end dernier, quand j'ai arrêté de me geler les miches sur mon vélo en faisant les 5 kilomètres qui me séparent de mon boulot. Parce que quand ma mère a vu ma veste "d'hiver" (que j'ai achetée y'a 2 ans en Angleterre, où les hivers tournent autour de +10 degrés, donc tu t'imagines bien la chose), elle a fait comme toutes les mères du monde : d'abord elle m'a engueulée façon "Capitaine Flagrant" ("mais enfin! il fait froid dehors!"), ensuite elle m'a fait un cadeau.

Ce cadeau est à la fois formidablement super et incroyablement immoral. C'est un manteau doublé avec de la fourrure.

Et c'est assez emmerdant, parce que tous les matins, quand je le mets, je me sens sale et méchante. J'ai des visions de petits lapins écorchés qui dansent devant mes yeux et j'ai envie de mourir. Mais ensuite je monte sur mon vélo et j'ai CHAAAAUUUUD!

Donc, le dilemme a été vite réglé, je mets mes scrupules au placard, parce que bon, c'est pas moi qui l'ai acheté ce manteau, il était à ma grand-mère. Et puis bon c'est pas du léopard des neiges non plus, hein, c'est du lapin, et ce serait un peu hypocrite de ma part de dire que ça me révolte alors que je mange du lapin tout le temps (la malédiction du lapin : mignon, mais délicieux).

Et puis, surtout, il fait froid, j'ai pas envie de mourir congelée entre deux pistes cyclables, alors merci petits lapins, vous n'êtes pas morts en vain. 

Grâce à vous, je peux à nouveau apprécier l'hiver comme quand j'étais petite, et que j'étais (semble-t-il) complètement immune au froid, à en juger par les photos de famille où l'on me voir courant allègrement à poil dans le jardin enneigé. (C'est juste avant la photo où on me voit au lit avec une pneumonie.)

(Mes parents, c'étaient des ouf : ils me montrent les albums photos qui devraient d'appeler "Albums d'accidents horribles causés par votre incompétence", et ça les fait rigoler! "Ha ha tu te rappelles de Charlotte la fois où elle avait marché sur une bouteille cassée", "Oh oh comme elle est drôle cette photo de Mélanie en train de lécher la prise de courant". C'est un peu un miracle qu'on soit encore en vie.)

En tout cas, quand j'étais petite, j'adorais l'hiver. Faire des anges dans la neige, faire des bonhommes de neige, lancer des boules de neige sur mes cousins avec mon lance-pierre. Regarder les dessins que faisait le givre sur les vitres de la cuisine.

Et, surtout, quand ton haleine se fige dans l'air. Ça a toujours été mon truc préféré de tout l'hiver.

Quand j'étais petite j'achetais des cigarettes en chocolat, pour faire semblant de fumer, ça m'éclatait trop. J'essayais d'effrayer mes parents en leur faisant croire que c'étaient des vraies cigarettes, mais comme c'étaient des hippies, ils s'en foutaient (j'aurais aussi bien pu me rouler des joints devant eux, pour l'effet que ça leur faisait).

Mais maintenant, je suis grande (enfin, plus âgée, quoi), donc c'est plus pareil :

- Ouah t'as vu mon haleine elle reste en suspension dans l'air ! C'est trop fort ! J'adore ça ! Ça marche comment?
- T'es sûre que tu veux une explication?
- Nan, t'as raison, laisse-moi la magie de l'hiver. Ffff. Fffffff.
- Charlotte tu fais quoi?
- T'as pas une cigarette en chocolat? 

dimanche 5 février 2012


(Ah, le bon vieux temps.)

Depuis que j'ai retrouvé les archives de mon Skyblog, je passe ma vie à faire "Quoi? Mais quoi?"


Le truc le plus fou, c'est pas qu'on puisse changer autant en seulement quelques années. Le truc fou, c'est que ma mémoire fait des mises à jour régulières sur mon moi d'antan. Elle prend le moi de maintenant, et elle update mes souvenirs, la connasse!


Du coup, dans ma tête, j'ai cette image de Charlotte du lycée : calme, posée, sophistiquée:


- Oh, cette soirée à l'opéra suivie d'une rétrospective David Lynch était formidable! Je reprendrais bien un petit verre de Muscat. Tiens, allons faire une soirée "raclette et radis" chez notre couple d'amis, avec encore plein d'autres couples! Oh oh j'ai trop hâte! Repasse-moi un peu de salade de quinoa bio.


Alors qu'en fait, pas du tout!


En fait, la Charlotte du lycée, c'était ça:


- Nan mais ma famille c'est tous des blaireaux, dès que j'ai le Bac je me casse en Sibérie, ça leur fera les pieds. Je lirai du Soljenitsyne les pieds dans la neige, ce sera super poétique. Car comme le disait Descartes, "Si l'on veut savoir qui l'on est, il faut d'abord oublier tout ce que l'on a appris". Eh! Ça fait presque une minute que j'ai pas parlé du Seigneur des Anneaux! Tu savais que, dans le film, Treebeard - bon en français il s'appelle Sylvebarbe, mais le français c'est SO been there, done that, you know - il dit un truc que dans le livre c'est Gandalf qui le dit page 458! C'est trop fou!


Voilà. Ma mémoire sélectionne les passages que le moi de maintenant trouve cool, et (comme le monde est bien fait) oublie les trucs super honteux.


Genre, je me souviens très bien de mes cours de vidéo que j'avais pris au CCIS avec Caro et Sarah, et de mes discussions sur Stanley Kubrick et Orson Welles.


Je me souviens un peu moins bien qu'à cause de ça, je me la pétais comme c'est pas permis :


- Nan mais tu vois-an, j'ai tellement d'idées en tête, le monde ne peut pas rester plus longtemps dans le noir! Je peux devenir QUE réalisatrice, quoi. Ou alors écrivain. A la limite.


Je me souviens encore un peu moins bien que mon premier essai dans le monde du cinéma s'est soldé par un échec cuisant. Et cela malgré mon scénario béton (c'était l'histoire d'une fille qui regarde tomber la pluie en attendant un coup de fil), malgré une interprétation du tonnerre (Sarah qui fouille dans le frigo de ma mère, face aux Tupperwares plein de moisi, et qui doit prendre un air mélancolique) et, surtout, malgré une technique inégalée (le film est en noir et blanc, et puis paf! gros plan sur le téléphone, et là il est en couleur, j'adore, je suis trop un génie, j'ai pas du tout copié Tarantino).


Par contre, je ne me souvenais plus DU TOUT qu'à la même époque, j'avais fait une liste "Les acteurs que je voudrais épouser, par ordre de possibilité" (Numéro 1 : Elijah Wood, on a seulement 7 ans d'écart, tout est possible. Numéro 2 : Orlando Bloom, il est Anglais, c'est plus proche.) et que je suis allée voir le film "Troie" DEUX FOIS au cinéma, juste pour les acteurs (mon dieu, une vie entière suffira-t-elle à racheter un tel péché? TROIE quoi).


Voilà. Ça, c'est la traître sélectivité de mon cerveau. Sept ans après, j'ai déjà oublié tout ce qui me caractérisait dans les updates de ma vie d'aujourd'hui.


C'est pour ça que je suis contente d'avoir les archives de mon blog.


Parce que, au milieu de la consternation "Mon dieu mon dieu comme j'étais stupide mais j'avais des amis c'est pas possible", je retrouve des choses chouettes.


Comme cet article où je disais que j'étais contente d'être en Première L et que j'allais réussir mes études malgré tout, ils vont voir ce qu'ils vont voir. Cet article où je dis qu'un jour, j'irai vivre en Nouvelle-Zélande. Cet article où je dis que je voudrais un poisson rouge pour l'appeler Roger Waters. Ou bien cet article sur Professeur Flaxou, qui s'appelait encore juste Flavien, quand je disais qu'avec lui, je me voyais bien aller loin, loin, loin.


Et c'est pour ça que je continue à écrire.


Ce blog, c'est pas juste des petits billets d'humeur, des essais d'humour douteux, et des exercices pour ne pas perdre la main en écriture.


C'est d'abord ma promesse, depuis sept ans, qu'un jour j'écrirai quelque chose de vrai, de gros. Si je peux garder un blog en vie aussi longtemps, alors un projet, pfiou, fastoche fastoche.


Et c'est surtout un rappel de tout ce que je suis, de tout ce que j'étais, de tout ce que j'ai envie de devenir.


C'est ma manière de duper mon cerveau casse-couilles.


C'est ma machine à remonter dans le temps, c'est ma manière de me dire : "Regarde : ça, c'était toi. Tu avais des défauts horripilants que tu as corrigé, tu avais des qualités chouettes que tu as perdues. Tu avais des rêves que tu as abandonné, et d'autres que tu as réalisé. Et, tout au fond, tu avais le premier rêve, celui qui n'est jamais parti : celui d'écrire."


C'est ma preuve par sept que plus tu changes, et plus tu restes la même.


Et je le continuerais sans doute même s'il n'y avait personne pour le lire. Mais de savoir qu'il y a vous, derrière vos écrans, en train de me suivre depuis des années, et toujours prêts à dire ";-)"...


 vous pouvez pas savoir comment ça me fait plaisir.


(En fait, tout ça, c'était pour dire "désolée, j'ai pas beaucoup d'inspiration en ce moment, mais ça va revenir, parce que ça revient toujours. Restez au taquet, je vous love, je vous kiffe, je vous fais des bisous sur le bout des orteils.)


(Ce petit article culcul a été sponsorisé par Radio Nostalgie.)

lundi 23 janvier 2012

D&con

(laissez-moi mourir étouffée sous le poids des stickers)


En ce moment, je m'ennuie.


Mes examens sont finis et mon stage n'a pas encore commencé. Donc je bulle un petit peu, je lis (enfin!) le tome 5 du Trône de Fer, il se passe (enfin!) des trucs de ouf à nouveau (je m'en rends compte parce que je dois faire des pauses dans ma lecture pour relire le paragraphe, m'assurer que j'ai bien compris, et crier WOOOOOOOOOO).


Et comme si je passe trop longtemps sans avoir un projet je pète un plomb, et qu'apparemment planifier un mariage ne me suffit pas, je me suis investie d'une nouvelle mission : décorer l'appart.


Faut savoir un truc : je déteste la télé, d'ailleurs je n'ai pas la télé chez moi. (J'ai arrêter de compter le nombre de fois où on m'a regardé de manière incrédule et où on m'a dit "T'as pas la télé? Mais le soir...tu fais quoi?" Je fais du divertissement 2.0, moi, madame!) Et l'une des raisons pour lesquelles je déteste la télé, c'est les émissions de coaching diverses et variées qu'on y trouve.


Au cas où t'as été élevée dans la montagne par des loups et que t'as jamais eu la télé chez toi (mais non, Manon, je ne te vise pas directement! Je suis sûre qu'il y en a plein d'autres!), les émissions de coaching, ça repose sur le même principe : une personne spécialisée dans un domaine vient passer du temps chez des gens comme tout le monde (mais un peu teu-bé de préférence) et leur apprend à décorer leur maison, bâtir leur maison, élargir leur maison, faire la cuisine, élever leurs enfants, régler leurs problèmes de voisinage, s'habiller, se maquiller, nettoyer leurs toilettes, et autres joyeusetés. (Oui, c'est des gens qui savaient pas faire tout ça avant. Tu comprends pourquoi j'ai dit "teu-bé" tout à l'heure?)


Et y'a une de ces émissions qui t'apprend à décorer ta maison. Et comme moi je voulais décorer ma maison, je me suis dit : chouette alors! Je vais aller sur le site de M6, me farcir 300 pop-ups de pubs indécochables et 5 minutes de pubs vidéos toutes les 30 minutes en regardant les podcasts de cette émission, ça me donnera des idées!


Sauf qu'en fait, pas du tout.


Après trois émissions visionnées D'UN BOUT A L'AUTRE parce que je suis pas une lâcheuse, je peux dire que tout ce que j'ai gagné, c'est de me faire agresser visuellement par des fruits Oasis toutes les 5 minutes.


Parce que, sinon, laisse tomber les idées déco.


D'abord, la nana, elle te dit de tout repeindre. Sauf que moi je quitte mon appart dans 9 mois. Donc si je le repeins, c'était dans l'optique d'une couleur neutre, passe-partout. Blanc, beige, jaune pâle éventuellement? Mais non ! Non non non ! Les couleurs pastels n'existent plus dans le monde merveilleux de la déco! (Ou alors elles sont juste SO 2008-an.) Non, si j'écoute l'émission, je dois utiliser des couleurs dont j'ai jamais entendu parler dans le monde réel, genre du vert anis. 


Alors le vert anis, c'est cette couleur :






Alors que faut pas déconner, t'as déjà vu de l'anis vert? Ben non! L'anis, quand tu l'achètes, il est plutôt comme ça :




Note que si on m'avait dit "brun anis", j'aurais compris beaucoup plus vite de quoi on parlait, mais apparemment, non. Le brun de l'anis, on doit l'appeler "cannelle". 


Mais t'es conne ou quoi, Valérie? Puisqu'on t'a dit que c'est de l'anis, c'est que c'est pas de la cannelle! Bordel!


Sinon, dans les autres couleurs tendance, y'avait le chocolat. Là j'étais contente, y'avait pas de piège, c'était vraiment une couleur de chocolat. 


(Encore que, quand on voit l'étendue du coupage de cheveux en quatre de cette émission au niveau des nuances de couleur, j'avoue que j'étais un peu déçue. Je m'attendais à avoir plus de degrés, genre "chocolat 70%", "chocolat au lait", "chocolat blanc", "chocolat au lait avec des éclats de noisette donc un petit peu plus clair que le chocolat au lait normal", etc.)


Et sinon, l'autre teinte du moment, c'est le taupe. Oui, le taupe.


Taupe, c'est une sorte de mélange entre le beige et le gris, donc ça donne un peu ça :





(Valérie elle kiffe, elle en met partout.)


Sauf que, encore une fois, Valérie a un peu du caca dans les yeux quand il s'agit de trouver des analogies à ses noms de couleur cheloues. 


Parce que la taupe n'est pas couleur taupe. Du tout. Une taupe, c'est GRIS.




Même le sol sur lequel est posé la taupe est plus taupe que la taupe! Tu te fous de la gueule des gens, Valérie!


Bon, et sinon, Valérie a une émission bien pratique, parce qu'elle a jamais besoin de se fouler pour trouver des nouvelles idées déco : elle réutilise les mêmes à chaque émission. Elle a une petite check-liste :

  •  Peindre les murs dans des couleurs pop et acidulées pour être bien sûre que ce soit complètement démodé dans 6 mois et que les gens la rappellent en sanglotant: 

- Valériiiiie! Chez Casto ils ont dit que la nouvelle couleur c'était le violet foncéééééé! Que vais-je faire de ma cuisine acier et bordeaux? Tu m'avais dit que c'était intemporel! Tous mes amis se moquent de moi et j'ai claqué 800 euros dans un service de table chocolat et vert anis, je veux mouriiiiir!

  • Coller des stickers en forme de spirale un peu partout, pour faire fun et décalé, et essayer de faire oublier le fait qu'on est en train de mettre des gommettes partout dans une maison d'adultes.
  • Mettre des miroirs dans tous les coins pour agrandir l'espace, comme ça tu penses pouvoir oublier que tu vis dans 30 mètres carrés, mais en fait tu finis juste par te cogner partout.
  • Envahir l'espace restant de meubles carrés en plastique et de rideaux à franges, pour faire hype, design, et pop (oui, Valérie adore le mot "pop"). Variante : prendre des très très vieux meubles (genre "Louis plus un numéro") et les repeindre en gris métallisé, bordeaux, ou vert anis. 
Et après avoir commis tout ça, Valérie montre le résultat à la famille, et tout le monde pleure et couine "C'est si joliiiii, notre vie a complètement changéééé, on n'arrivera jamais à revendre la maison mais on s'en fouuuuut!"

Mais comme moi, je voulais rendre l'appartement sans me faire tuer par ma proprio (qui n'est peut-être pas une fan de la peinture métallisée), et aussi parce que j'ai vu le résultat des maisons D&CO et que je ne me voyais pas vivre dedans pendant encore 9 mois, j'ai fait de la déco à ma manière : j'ai collé tous mes posters de cartes aux murs (ma carte du monde, ma carte d'Angleterre de l'époque victorienne, ma carte de Russie, ma carte de Pologne), et j'ai commandé des posters de cartes de pays imaginaires sur Internet (Westeros et la Terre du Milieu) pour les ajouter aux vrais pays.

Et, enfin, j'ai décoré ma fenêtre avec ma propre version des stickers de Valérie :




(Le coeur c'est Professeur Flaxou qui l'a rajouté, parce qu'il est trop mignon.)




PS : Ce matin je me suis levée, et devine ce que j'ai trouvé chez mes voisins d'en face?


La contamination est en marche.

mardi 10 janvier 2012

Oh doctor I'm in trouble





Maintenant que mes examens sont terminés, je peux enfin me reposer et cuver les huit tonnes de foie gras que j'ai ingérées entre Noël et Nouvel An m'occuper de toutes les choses que j'ai commencé à repousser à partir de septembre.


Et, évidemment, c'est à base de choses super désagréables, c'est-à-dire : le check-up santé complet.


Je suis allée me faire pomper le sang au laboratoire d'analyses. Mais comme je donne mon sang tous les 3 mois, je suis une warrior. Aux Dons du Sang, déjà, y'a pas de fauteuil confortable en simili-cuir, y'a juste un gymnase relooké en hôpital de la seconde guerre mondiale et trente étudiants allongés sur des brancards. Aux Dons du Sang, on ne me laisse pas toujours choisir le bras dans lequel on pique. Et, surtout, aux Dons du Sang, ils ont des aiguilles de quarante kilomètres de diamètre, alors que dans le labo, ils m'ont piqué avec une petite trompe de moustique absolument ridicule. 


Et c'était fini en deux secondes, j'ai pas eu de bleu ni de cicatrice de junkie, ils m'ont pas emmailloté le bras dans du plastique pour éviter que je me vide de mon sang, ils m'ont pas donné à manger non plus (ça par contre c'était dommage). Par contre, j'ai quand même eu droit au compliment le plus dérangeant du monde:


- Mademoiselle, vous avez des veines superbes!


Tu réponds quoi à ça?


- Merci, merci, le tout c'est de les entretenir vous savez.


(La prochaine fois que je vais en boîte, je vais mettre un haut qui dévoile mes veines des avants-bras, et là, ça va se bousculer au portillon, c'est moi qui te le dis.)


Après, j'ai eu d'autres trucs désagréables à faire, comme aller chez l'ophtalmo. Pour moi, aller chez l'ophtalmo, ça sous-entend pédaler sous la pluie pendant une-demi heure jusqu'à Schiltigheim (tout ça parce que j'étais trop radine pour payer le tram), attendre une heure, aller voir la standardiste et l'entendre dire :


- Oh ben! On vous a mis sur la mauvaise liste! Vous étiez censée passer y'a une heure! Pourquoi vous nous avez rien dit?


Et puis se faire souffler dans les yeux par mon docteur et sa machine du diable (soi-disant pour vérifier si j'ai pas un glaucome, mais je pense que la vraie raison c'est de voir si je vais faire une crise cardiaque dans son fauteuil), et bien sûr, l'épreuve du tableau avec les lettres.


Je t'explique au cas où t'as la chance d'avoir des bons yeux : c'est un tableau avec des lignes de grosses lettres, et des lignes de toutes petites lettres. Et plus ça devient petit, plus ils te mettent des lettres pièges, qui ressemblent à d'autres lettres, comme ça, de loin, tu te trompes. Le but, c'est de voir quelle correction est adaptée à tes yeux de taupe.


Sauf que, mon ophtalmo, on dirait qu'il me fait passer un concours de pilote de chasse ou je sais pas. Parce qu'à chaque fois qu'il y a un P et que je lis F, il me regarde d'un air triste, il secoue la tête très légèrement, il pousse un petit soupir, et puis il appuie sur un bouton, le monde devient un peu moins flou, et il me dit d'une voix teintée de déception :


- Bon. Maintenant, relisez du début.


Et chaque année, il me fait une nouvelle ordonnance, et chaque année, il y a 0.25 points de vision en moins sur mon papier. (C'est le jeu le plus nul du monde.)


Et, bien sûr, il reste le truc le plus désagréable de l'année, j'ai nommé : se faire enfoncer un cric dans la teuch pendant que ma gynéco essaye de faire la conversation avec moi, en mode "Non non, je ne viens pas du tout de pousser une lampe au fond de votre utérus, détendez-vous et faites-moi la conversation pendant que je parle à un centimètre de votre cul."


- Et vos études, ça se passe bien? 
- Oui oui
- Formidable!
- Principalement parce que j'ai pas besoin de passer mes journées les fesses à l'air avec les jambes sur des étriers, contrairement à aujourd'hui.
- Mais c'est très bien, tout ça!


Je préfère encore faire la conversation avec mon dentiste. Même s'il fait ce truc super pourri qui consiste à me poser une question juste avant de me fourrer du coton plein la bouche.


- Et sinon, qu'est-ce que tu as fait pendant les vacances?
- Hai hévihé pou hés pahiels
- Pardon?


(Tu viens de me foutre une fraise dans la molaire, bordel!)


- Hai révihé....pou...hés pahiels!
- Ah! Tu as révisé pour tes partiels! C'est bien, ça!


(T'as remarqué comme les médecins, ils posent les questions, et ils en ont jamais rien à foutre des réponses?)


Non, en vrai, j'aime beaucoup mon dentiste. Même si, maintenant que je suis une adulte, il ne me propose plus de choisir une bague en plastique dans son tiroir à la fin de la session. Maintenant, il me serre la main. Mais il serre, alors là, c'est pas de la rigolade. Un peu comme ça:




(Je suis juste contente qu'il ne fasse pas la même chose avec mes dents.)


Mais ça vaut le coup de se soumettre à ces examens de barbares, vu que j'ai eu (presque) que des bonnes nouvelles (à part ma vue qui décline comme si j'étais déjà une mère-grand) : le sang ça va, pas de cancer des trompes ou je ne sais quoi, et mes dents de sagesse vont pouvoir rester groover dans ma bouche avec le reste de ma dentition.


Et puis, y'a pas que des mauvaises choses à faire, en janvier. 


Y'a aussi les papiers à préparer pour mon stage super-cool de la mort qui commence à la fin du mois ("Et on pense vous faire participer à un projet événementiel aussi... parce qu'on s'est dit que vous avez les épaules"), y'a les traiteurs à contacter pour goûter plein de petits fours gratos, et, surtout, y'a les robes de mariée à aller essayer.


(Avec environ trente mille copines qui veulent TOUTES être là, dans la boutique, au même moment. Ça va être pratique.)

BONNE ANNÉE A TOUS ET A TOUTES !